Agrafil du 18 décembre 2024

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Mayotte/cyclone: le président de la chambre demande une aide alimentaire et agricole

Cité dans un communiqué de la Confédération paysanne (dont il est aussi le président à Mayotte), le président de la chambre d'agriculture et de la pêche de Mayotte Saïd Anthoumani demande, ce 17 décembre, une aide alimentaire et agricole pour l'île, à la suite du passage du cyclone deux jours plus tôt. «Il faut six mois à un plant de manioc et 11 à 12 mois à un bananier pour produire», indique Saïd Anthoumani. «Il sera donc primordial de nourrir la population durant au moins ce laps de temps et, au plus vite, d'accompagner la relance de l’agriculture et de la pêche.» Le taux de dépendance alimentaire actuel (importation + production/production) est moins fort que dans d’autres territoires d’outre-mer: 65% à Mayotte, contre 87% en Martinique ou 82% en Guadeloupe. Le président de la chambre décrit par ailleurs une situation «catastrophique»: «L’île est rasée, tout est par terre. Plus de 200 décès pour le moment. Le courant est rétabli seulement dans la zone de Mamoudzou. Depuis samedi hors Mamoudzou, pas d'eau potable ni d'électricité ni réseaux. Il est très difficile d’avoir des nouvelles des paysans, de leur état de santé ainsi que de leurs familles avant même de faire l’inventaire des dégâts subis sur leurs fermes.» Dans son communiqué, la Confédération paysanne estime que «le plus urgent pour éviter la famine (...) est de dégager les accès avec du matériel d’élagage, aujourd'hui très insuffisant, et de fournir eau et aliments». Le syndicat plaide aussi pour «encadrer strictement les pratiques de la grande distribution».

Mayotte/cyclone: «lourds dommages» pour les productions vivrières (syndicats)

Après le passage d'un cyclone sur l'île de Mayotte le 14 décembre, «les pertes humaines risquent d'être lourdes, notamment parmi la population agricole», rapporte la FNSEA et les JA dans un communiqué commun paru le 17 décembre, après avoir établi un contact avec leur réseaux locaux qui ont témoigné «de la gravité de la situation». Sur le plan matériel, les JA et la FDSEA de Mayotte constatent de «lourds dommages parmi les productions vivrières et maraîchères qui sont pour la plupart anéanties». De même, «la plupart» des infrastructures sont «détruites». Le syndicalisme majoritaire ne pouvait encore se prononcer «sur les dommages infligés aux élevages». Les deux syndicats ont organisé «un appel» auprès de leur réseau pour financer l’achat de «matériel de première urgence». Complètement atypique au regard de l’agriculture de métropole, l'agriculture mahoraise s’exerce sur des surfaces comprises entre 0,6 et 3 ha, par des exploitants principalement âgés de 50 à 75 ans. Leur nombre diminue très rapidement; il est passé de 15 600 en 2010 à 4300 en 2020. «Plus de 60% des Mahorais font de l'agriculture. Même les fonctionnaires sont au champ le week-end, soulignait Ali Ambody», président du syndicat des éleveurs de Mayotte, fin 2023. «La plupart des gens ne cultivent pas pour vendre, mais pour se nourrir.» Le manioc et la banane poussant à Mayotte constituent, après le riz, la base du régime alimentaire local. En 2023, Mayotte subissait sa pire sécheresse depuis 1997.

Biodiversité, climat, santé... : les crises liées entre elles, alerte l'IPBES

Nos modes de consommation et d'alimentation causent des crises «interconnectées» pour la biodiversité, le climat et la santé, menaçant la survie d'écosystèmes essentiels, alertent le 17 décembre des experts du monde entier dans un rapport de référence. Les «pratiques agricoles non-durables», avec leur recours aux engrais et pesticides chimiques, ont ainsi de multiples effets négatifs: perte de biodiversité, utilisation non-durable de l'eau, pollutions et émissions de gaz à effet de serre... Ces conclusions, adoptées par près de 150 pays réunis en Namibie, sont le fruit de trois ans de travaux par 165 experts du monde entier regroupés dans la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Certaines solutions climatiques peuvent «avoir un coût pour la biodiversité», martèle la professeure McElwee. Ainsi planter des arbres pour absorber plus de CO2 peut nuire à l'écosystème local si les espèces sont mal choisies, ou réduire les surfaces pour faire pousser ce qu'on mange. A l'inverse, des solutions cochent toutes les cases. «Réduire la surconsommation de viande» est cité en exemple parmi 71 «réponses» proposées permettant d'avoir de multiples effets bénéfiques. Les experts citent aussi les financements de la ville de Paris pour encourager des agriculteurs à adopter des pratiques plus durables, avec à la clé des bénéfices sur la santé et l'environnement, et potentiellement une facture réduite pour le traitement des eaux.

Biodiversité: les exportations agricoles parmi les sujets épineux au sein de l'IPBES

Au-delà des préconisations consensuelles présentes dans leur rapport du 17 décembre, les spécialistes de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)- dont les conclusions sont approuvées politiquement par les représentants des pays - ont peiné à s'accorder sur d'autres sujets. Des délégués ont réclamé d'ultimes modifications sur des sujets épineux comme les exportations agricoles, les énergies fossiles, les plastiques à usage unique ou les modes de consommation. Ils se sont écharpés sur l'inclusion du «changement climatique» dans le titre du rapport, selon le Bulletin des négociations de la Terre. Finalement, l'expression n'y figure pas. Ces frictions entre pays ont aussi perturbé cet automne d'autres négociations environnementales de l'ONU (sur la biodiversité, les plastiques et la désertification), qui ont échoué pour certaines. Le constat est pourtant sans appel. La moitié de l'économie mondiale dépend de la nature mais les sociétés humaines dépensent plus pour sa destruction que pour la protéger, souligne le rapport. Les coûts sociétaux et environnementaux infligés par les énergies fossiles, l'agriculture et la pêche atteignent jusqu'à 25.000 milliards de dollars annuels, ou un quart du PIB mondial, estiment les auteurs. «On oublie totalement ces contreparties», dit à l'AFP l'économiste James Vause, contributeur de la somme publiée mardi, et dont les auteurs espèrent qu'il influencera les prochaines négociations de l'ONU sur la biodiversité, en février.

Pac: le Parlement européen valide les dispositions d’urgence pour aléas climatiques

Réuni en plénière, le Parlement européen a validé, le 17 décembre, à une très large majorité la proposition de la Commission européenne d’amender la Pac pour notamment octroyer une aide forfaitaire maximale de 42000 € aux agriculteurs affectés par des aléas climatiques en 2024. Ce soutien sera financé par les fonds européens non utilisés de la période 2014-2020 du Fonds de développement rural. Le texte introduit également des simplifications administratives sur les modalités d’octroi de ce type d’aide d’urgence. Le Conseil de l’UE doit désormais formellement adopter le texte pour qu’il puisse être publié au Journal officiel. La Commission européenne va ensuite devoir faire adopter un acte d’exécution puis entamer des discussions avec les États membres qui voudront modifier leurs plans stratégiques nationaux en conséquence. Selon Régions de France, la moitié des conseils régionaux étudient la possibilité d'utiliser cette nouvelle aide. L'autre moitié ne dispose pas assez de reliquats, considère que l'option n'est techniquement pas envisageable, ou que les agriculteurs de son territoires n'ont pas été affectés par des aléas climatiques.

Alimentation animale/déforestation: le Parlement européen valide le report d’une année

Le Parlement européen, réuni en plénière à Strasbourg, a validé le 17 décembre l’accord visant à repousser d’une année la date d’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation qui s’appliquera donc à partir du 30 décembre 2025. À la demande du Parlement européen (qui a même fait pression, en vain, pour introduire de nouvelles simplifications au règlement), la Commission européenne s’est engagée à veiller à ce que le système d’information pour les opérateurs et les commerçants ainsi que la proposition de classification des régions en fonction des risques soient disponibles au plus tard le 30 juin 2025. Un réexamen du texte est attendu en juin 2028. Bruxelles pourrait alors envisager des mesures supplémentaires visant à simplifier et à réduire la charge administrative pesant sur les entreprises. Il faut désormais que Conseil de l’UE valide définitivement ce report pour qu’il soit publié au Journal officiel et entre en vigueur avant la fin de l’année.

Alimentation animale : les fabricants et leurs fournisseurs s’associent dans Oqualim

Trois associations professionnelles gestionnaires de la qualité en alimentation animale, Oqualim (fabricants), Qualimat (matières premières) et Qualimat Sud-Ouest ont annoncé ce 17 décembre leur fusion à partir du 1er janvier 2025. Sous le nom d’Oqualim se rassembleront les fabricants d’aliments, de prémélanges, d’aliments minéraux, d’aliments liquides ou de spécialités, leurs fournisseurs de matières premières, ainsi que des représentants d’entreprises impliquées dans la collecte, le stockage et le transport. «Ce regroupement permettra une mise en cohérence accrue des exigences sectorielles, dans le respect du Guide de bonnes pratiques de la nutrition animale», explique le communiqué de presse. Par la force de l’union, les trois organisations veulent aussi «renforcer la reconnaissance internationale des référentiels français». Ces référentiels de certification sont mentionnés : le référentiel de certification de la nutrition animale (RCNA) et son module «Soja Durable» (SDNA), les «socles techniques» non OGM (STNO) et nutrition équine (STNE), le référentiel de certification des fournisseurs de matières premières (RCF) ou encore le référentiel Qualimat-Transport.

UE/Mercosur : l’Italie conditionne son soutien à des garanties pour les agriculteurs

Alors que la procédure en vue de l’approbation de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur se lance, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a affirmé, le 17 décembre devant son Parlement, que Rome s’opposera au traité commercial si celui-ci ne contient pas de « garanties concrètes » sur la protection des agriculteurs. «Nous étudions attentivement l'accord préliminaire (...) en prenant le temps nécessaire pour évaluer si nos demandes sont satisfaites» a-t-elle indiqué à l’occasion d’un débat à la Chambre des députés. Et d’ajouter «l'accord UE-Mercosur doit donc offrir des garanties concrètes, des opportunités de croissance également au monde agricole européen, dont la rentabilité et la compétitivité ont été mises à mal ces dernières années». Sur ce point, elle a évoqué sa volonté de voir la mise en œuvre de «mécanismes de sauvegarde efficaces», mais aussi la création d’un «système de compensation adéquate» pour les filières subissant des perturbations trop importantes. La position de l’Italie pourrait s’avérer déterminante pour l’avenir du texte en cas de vote à la majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE) au sein du Conseil de l’UE qui doit autoriser la Commission européenne a signer l'accord.

Élections chambres: en Haute-Garonne, les Ultras de l’A64 présentent une liste asyndicale

Des membres de l’association «Les Ultras de l’A64», créée après le blocage de l’autoroute A64 en début d’année, ont déposé une liste pour les élections des chambres d’agriculture, a confirmé Jérôme Bayle, le président de l’association, le 17 décembre à Agra Presse. Lui-même n’y participe pas, afin de «garder [sa] liberté de parole». L’objectif de la démarche: «Défendre l’agriculture et non défendre les syndicats», résume la médiatique figure du mouvement de colère de l’hiver dernier, mais aussi «pérenniser l’agriculture dans notre département et arrêter l’hécatombe». Et de citer comme priorités le revenu, l’accès à l’eau et la construction de filière locales. «Les gens ne croient plus aux syndicats», avance l’éleveur bovin de Montesquieu-Volvestre, selon qui «moins de 10% des agriculteurs de Haute-Garonne sont syndiqués». Il se garde toutefois de «critiquer» le syndicalisme, promettant en cas de victoire de «prendre dans le bureau des élus des autres listes, s’ils viennent dans un but de construction et non d’opposition». La liste des Ultras de l’A64 est emmenée par Christian Déqué, éleveur de bovins charolais à Saint-Ferréol, président du GDS départemental (groupement de défense sanitaire) et «ancien élu chambre», selon M. Bayle.

Élections chambres: surprise en Ariège, le président sortant monte une liste dissidente

Après avoir d’abord annoncé qu’il ne se représenterait pas au scrutin de janvier 2025, le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège Philippe Lacube, issu du syndicalisme majoritaire, a finalement monté une liste dissidente, rapporte La Dépêche du midi (article payant). «J’ai beaucoup hésité avant de prendre cette décision», explique-t-il, ajoutant que «[son] équipe [l’a] poussé à y aller à nouveau». Sa liste, baptisée «Libres de cultiver notre avenir», embarque des «dissidents FDSEA et JA», précise à Agra Presse Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne et éleveuse dans le département pyrénéen. Outre la liste de la Conf’ (la CR n’a pas pu aligner de candidats), M. Lacube sera donc opposé à la liste FDSEA/JA «officielle»; celle-ci est menée par Hervé Peloffi, éleveur et maire de Prades, dans le sud-est du département. Dans un message publié par le journal agricole Terres d’Ariège, il accuse Philippe Lacube de «faire campagne contre nous» et de «faire tout le contraire de ce qu’il nous a promis». Lors des dernières élections en 2019, la FDSEA et les JA avaient récolté 54% des voix, la Confédération paysanne 39% et la Coordination rurale 7%.

Elections chambres: revirement de situation en Corse, la CR ne part pas avec les JA

Annoncée début en octobre dans la presse locale - et d'ailleurs confirmée le 16 octobre par Patrick Legras, membre du comité directeur national de la Coordination rurale (CR) - l'alliance entre les Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale pour les élections aux chambres d'agriculture de Corse avait finalement fait long feu. En novembre, la Coordination rurale a finalement décidé de partir avec la Via Campagnola (Confédération paysanne) et le Mossa Paisana, un syndicat local, indiquent les équipes régionales de la Coordination rurale ce 17 décembre. Et fin octobre, la FDSEA revendiquait dans la presse locale d'avoir finalement conclu une alliance avec les Jeunes agriculteurs. La liste FNSEA/JA est emmenée Joseph Colombani, président de la chambre et de la FDSEA de Haute-Corse (condamné en juillet 2023 pour fraude aux aides Pac). Le syndicat Mossa Paisana est conduit par le vigneron Jean-Baptiste Arena, maire de Patrimoniu et conseiller territorial Core in Fronte (indépendantiste d’extrême-gauche). Questionné sur cet adversaire fin octobre, Joseph Colombani estime qu'il est «porteur d'un projet d'agriculture élitiste» et que son courant est «déjà majoritaire dans les instances de l'Odarc, et que son élection nuirait à la diversité des approches.»

Influenza : la filière foie gras espère la réouverture de marchés d'export dès 2025

Se félicitant d'abord du succès de la vaccination et de la décision de la poursuite du financement de 70% de son coût jusqu’au 30 septembre 2025, le Cifog (interprofession/palmipèdes à foie gras) exprime, dans un communiqué le 17 décembre, son espoir que la France retrouve rapidement son statut indemne, du fait de la suppression des zones réglementées, «et peut-être tous ses marchés» d'exportation. La directrice du Cifog, Marie-Pierre Pé souhaite un regain des travaux entrepris entre autorités sanitaires, notamment avec le Japon et la Thaïlande, afin d'autoriser une reprise des échanges commerciaux dès 2025. Elle souligne que Taïwan s’aligne généralement sur le Japon en termes de politique sanitaire à l’importation. Quant à la Chine, un accord de régionalisation lui permet déjà d’importer des zones indemnes d’influenza, à la nuance près que des entrepôts pour l’export attendent d’être agréés par les services chinois, ce qui «nuit à la fluidité des exportations vers la Chine», explique-t-elle. «Il faut rester prudent, mais notre situation est beaucoup moins difficile qu’en décembre dernier, grâce à la vaccination», commente-t-elle. Cité dans le communiqué, le président du Cifog Fabien Chevalier constate que la France se distingue par sa résistance dans le contexte européen: «Sa stratégie de lutte devrait être une source d’inspiration pour d’autres pays». 

Influenza : fin des zones réglementées en France, vers le statut de pays indemne

La zone réglementée constituée autour du dernier foyer d’influenza en France a été levée, ce qui permet à la France de demander à l’Omsa (organisation mondiale de la santé animale) son statut de pays indemne. Ce dernier foyer était un élevage de canards à foie gras dans la commune de Saint-Etienne d’Orthe dans les Landes, remontant au 13 novembre 2024, et la préfecture des Landes a supprimé officiellement cette zone réglementée par un arrêté ce 15 décembre. Ce délai correspond à ce que prévoit la réglementation française, selon laquelle «la levée de la zone de surveillance peut intervenir au minimum 30 jours après la fin des opérations préliminaires de désinfection du foyer», dit le ministère sur son site internet, soit, est-il précisé, 8 jours après la levée de zone de protection et lorsqu’un contrôle des opérations de nettoyage et de désinfection (en deux phases) a été réalisé dans les foyers par la DDPP. Si aucun autre cas ne se manifeste, l’épisode d’influenza n’aura duré que quatre mois, depuis la révélation d’un premier cas le 7 août dans un élevage multi-espèces d’Ille-et-Vilaine. Pour autant l’avifaune sauvage peut toujours transmettre le virus et la France reste au niveau élevé de risque.

Lait: des «solutions» pour «la quasi-totalité» des éleveurs qui ne livreront plus Lactalis

«Des solutions sont en cours d'être trouvées (…) pour la quasi-totalité» des éleveurs sur le point de perdre leur contrat avec Lactalis «que ce soit dans l’ouest ou dans l’est», a indiqué le 17 décembre le directeur général de Lactalis France, Jean-Marc Bernier, devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Le géant laitier a prévenu environ 300 fermes, dans l'est de la France et autour de la Vendée, qu'il allait prochainement mettre fin à leur contrat de collecte. «À ce jour, aucune résiliation n'a été envoyée aux producteurs concernés», a assuré Jean-Marc Bernier. Une agence «fait le tour de l'ensemble des transformateurs intéressés par notre lait» pour trouver de nouveaux débouchés aux producteurs, a-t-il expliqué. Il s’agit du groupe Triangle qui a été mandaté en septembre par l’Unell, la principale association d’organisations de producteurs (AOP) livrant Lactalis, a confirmé l’AOP à Agra Presse. «Nous finançons cette agence pour trouver une solution pour les producteurs», a assuré Jean-Marc Bernier devant les députés. Cependant, les services de l’agence sont payés par l’Unell dans l’attente d’une éventuelle indemnisation par Lactalis. 

Lait: le groupe familial breton Sill ouvre son capital au Crédit agricole et la Société générale

Deux filiales du Crédit agricole (IDIA Capital investissement et Unexo) et une filiale de la Société générale (SGCP) entrent au capital du groupe familial breton Sill, spécialiste des produits laitiers, informe un communiqué du 12 décembre. L’entreprise table sur près de 650 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. L’ouverture du capital à de nouveaux actionnaires entre dans le cadre d’un «projet de développement à 900 millions d’euros de chiffre d’affaires» d’ici cinq ans, explique Gilles Falc’hun, président du groupe familial. Sill est née en 1962 de l’association des familles Léon et Falc’hun. Depuis «le groupe s’est développé à la fois par croissance organique et via de nombreuses acquisitions», indique le communiqué. Basé à Plouvien (Finistère), Sill travaille «avec près de 600 exploitations agricoles» et emploie 1700 collaborateurs, est-il précisé. Les activités du groupe sont «articulées autour de quatre métiers»: «les produits laitiers frais», «les ingrédients et produits de nutrition», «les produits surgelés» et «les jus et potages». Sill commercialise des marques bien connues des consommateurs comme Malo, Le petit basque, Le Gall et La potagère. Le groupe est déjà associé avec le Crédit agricole Finistère pour l’accompagnement des jeunes agriculteurs.

Vins/saisonniers : nouvelle condamnation pour «traite d'êtres humains» en Gironde

Le parquet de Libourne (Gironde) a condamné, le 17décembre, trois employeurs du vignoble bordelais à des peines allant d’un à trois ans de prison dans une affaire de «traite d’êtres humains». Les faits se sont déroulés entre janvier 2021 et janvier 2024. Les victimes étaient des travailleurs marocains, obligé de payer entre 8000 et 10 000 euros en échange d’un contrat de travail payé au Smic, un logement et un titre de séjour. Des engagements n'ont jamais été tenus, selon les enquêteurs. Les travailleurs vivaient dans des conditions qualifiées de «contraires à la dignité humaine» par l'Inspection du travail et pouvaient travailler 62 heures par semaine sans compensation. Le principal prévenu, présenté comme «le patron officieux d'une société de prestation de travaux viticoles servant d'intermédiaire habituel entre saisonniers et châteaux», a été condamné à trois ans d'emprisonnement. Sa compagne, poursuivie pour les mêmes faits, a été condamnée à deux ans dont un avec sursis probatoire pendant deux ans. Ces peines sont assorties d'une interdiction définitive de gérer une entreprise. La société mise en cause a été condamnée à une amende de 75 000 euros, assortie d'une interdiction définitive d'exercer, et ses biens saisis ont été confisqués. Enfin, un Marocain de 46 ans, présenté comme le recruteur, a été condamné à un an de détention à domicile sous surveillance électronique.  Ces affaires d’exploitations de travailleurs viticoles immigrés sont devenues du priorité du parquet de Libourne. 

Maïs doux/Chine : l’UE ouvre une enquête antidumping, l'industrie chinoise inquiète

La Commission européenne a publié, le 9 décembre au journal officiel de l’UE, un avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de maïs doux en grain originaires de Chine. Une enquête qui inquiète l’industrie chinoise du maïs doux en conserve qui s’organise pour préparer une réponse collective. L’ouverture d’une enquête par Bruxelles fait suite au dépôt d’une plainte le 25 octobre par l’association européenne des transformateurs de maïs doux (AETMD), qui fait valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois entrainant un préjudice pour l’industrie de l’UE. La Commission a estimé qu’il existe des éléments de preuve suffisants pour justifier l’ouverture d’une procédure. Cette enquête, qui porte sur la période entre le 1er octobre 2023 et le 30 septembre 2024, doit être conclue «d'ici février 2026». Des mesures provisoires peuvent être instituées par Bruxelles sept mois après la date de publication de l’avis. Cette enquête s’ajoute à celle lancée en novembre pour le réexamen des mesures antidumping sur les importations de conserves de maïs doux en provenance de Thaïlande.

Mécanisme d’ajustement carbone : la compétitivité agricole «potentiellement» affectée

Dans une note publiée le 13 décembre, le ministère de l’Agriculture analyse les effets de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne (UE) sur l'agriculture. Si le dispositif pourrait l’aider à atteindre ses objectifs climatiques, il aurait potentiellement «des effets négatifs sur la compétitivité des secteurs agricole et agroalimentaire, et des exportations», prévient la note. Adopté en 2023, pour une entrée en vigueur complète au 1er janvier 2026, le MACF soumet certains biens importés dans l’UE à une tarification du carbone pour les placer sur un pied d’égalité avec les produits européens. Parmi ces biens figurent notamment les engrais azotés, dont l’UE a importé 30 % de sa consommation en 2021. Avec l’augmentation du prix relatif des importations due au MACF, ces dernières devraient diminuer et la demande devrait être satisfaite par une plus grande part de produits européens, souligne le ministère. Parallèlement, l’industrie européenne pourrait toutefois perdre en compétitivité à l’exportation, en raison de l’augmentation de ses coûts de production. En outre, les fuites de carbone pourraient se déplacer de la production d’engrais vers les produits agricoles et agroalimentaires, via une augmentation de leur prix. Autrement dit, le dispositif «pourrait peser sur la compétitivité» de ces secteurs, en l’absence d’une réduction ou d’une optimisation de l’utilisation d’engrais, prévient le ministère.

Pesticides/alimentation: Générations futures alerte sur les résidus et leur dangerosité

Générations futures indique, dans un rapport présenté à la presse le 17 décembre, que 62% des aliments d’origine végétale non bio vendus en France présentent «au moins un résidu de pesticide détecté». Ce résultat porte sur 1 996 échantillons correspondants à 35 aliments d’origine végétale (fruits, légumes, céréales, vin), sur la base de données de la DGCCRF pour l’année 2022. Les fruits sont la catégorie la plus fréquemment représentée, avec 80% des échantillons contenant au moins un résidu de pesticide détecté, devant les légumes (48%), les céréales (56%), et les vins (73%). Au-delà, Générations futures a examiné l’appartenance des résidus détectés à «certaines classes de danger pour la santé humaine»: cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR), perturbateurs endocriniens, per- et polyfluoroalkylés (PFAS). D’après l’association, 56% des fruits testés présentent au moins un résidu CMR, de même que 23% des légumes, 17% des céréales et 32% des vins. De plus, 67% des fruits et 32% des légumes, céréales et vins présentent au moins un résidu perturbateur endocrinien. Enfin, 34% des fruits, 21% des légumes, 6% des céréales et 10% des vins présentent au moins un résidu PFAS. 

Emploi/formation :Dominique Boucherel, nouveau président de l’Anefa

Dominique Boucherel (CFTC-Agri) a été porté, le 5 décembre, à la présidence de l’Association nationale paritaire pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa). La présidence alterne tous les deux ans, le Conseil d’administration de l’association étant composé d’organisations d’employeurs et de syndicats de salariés. Elu à l’Anefa depuis 2020, Dominique Boucherel, est salarié dans une association de remplacement notamment en élevage laitier dans les Pays de la Loire. Il est également négociateur et en charge de la branche Production agricole pour la CFTC Agriculture. «Si l’Anefa travaille sur l’attractivité des métiers, en amont, les partenaires sociaux doivent se saisir de la question en négociant des accords pertinents sur les salaires et les conditions de travail. Il y a une logique d’objectifs», a expliqué le nouveau président de l’Anefa 

Régions de France: Justin Amiot nommé conseiller Agriculture et alimentation

Jusqu'ici conseiller agriculture du président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, Justin Amiot a été nommé conseiller Agriculture, alimentation, pêche et forêt chez Régions de France, indique-t-il à Agra presse, confirmant une information de nos confrères de Contexte. Au printemps, cet ingénieur agronome s'était présenté sur la liste du Parti socialiste et de Place publique pour les élections européennes, rapporte Ouest France.