Agrafil du 17 mars 2026

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Eau/captages : la loi d’urgence supprime les « points de prélèvements sensibles »

Le projet de loi d’urgence agricole (PLUA) qui a fuité le 11 mars supprime la notion de « point de prélèvement sensible » en effaçant du Code de l’environnement l’article L211-11-1, qui créait ce nouveau type de captage et prévoyait de définir les paramètres et seuils par arrêté interministériel. Ce même arrêté fait l'objet d’âpres négociations depuis des mois en Groupe national captages (GNC). À la place, le PLUA crée la notion de « points de prélèvement prioritaire », dont les conditions seront définies par un décret en Conseil d’État, selon l’article 8 du projet de texte. Pour l’instant, les contours de la notion de « points de prélèvements prioritaire » ne sont pas clairs. « Nous ne savons pas encore si le gouvernement avait l'intention, dans la rédaction, de recouvrir uniquement les captages prioritaires ou d'aller en-deçà ou au-delà », confie l’association Générations futures. De son côté, le ministère de la Transition écologique indique que le travail à venir portera « sûrement sur les captages prioritaires et les captages sensibles », tout en précisant que ce périmètre est « à confirmer », car il n’y a « rien d’acté pour le moment » sur une éventuelle fusion des deux catégories. Il assure que le travail en GNC « reprendra activement une fois la loi votée ». Le 12 février, la ministre Monique Barbut avait tenté de rassurer la FNSEA sur l’étendue des futurs zonages.

Eau : la révision du Sage Vilaine bloquée faute de quorum, sur fond de tensions agricoles

La réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) du bassin de la Vilaine, le 13 mars, n’a pas abouti, faute de quorum, après l’absence de représentants de l’État. Cette séance visait à poursuivre les travaux autour de la révision du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), engagés en 2022. Cette absence de l’État intervient dans un contexte de moratoire sur les politiques de l’eau, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 13 janvier. Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, regrette un blocage qui empêche « l’aboutissement d’un compromis patiemment construit visant à concilier amélioration durable de la qualité de l’eau et accompagnement des agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques ». La position de l’État est également critiquée par les associations environnementales, dont Eaux et rivières de Bretagne, pour laquelle « il est urgent de valider ce projet de Sage ». À l’inverse, la FRSEA Bretagne et les Jeunes agriculteurs estiment que « la sagesse l’a emporté » en évitant une validation jugée précipitée. Le projet de révision du Sage Vilaine intervient dans un climat de fortes tensions ; plusieurs syndicats agricoles (FNSEA, CR, JA) contestant le projet. Une nouvelle réunion de la CLE est prévue en juin afin que l’État présente ses demandes d’amendement au projet.

Conditionnalité Pac : jusqu'à trois ans de retard pour les sanctions (professionnels)

Trois ans après le début de l'actuelle programmation de la Pac (2021-2027), les sanctions liées au non-respect de certaines conditionnalités (BCAE 8 relative à la biodiversité et aux jachères Ukraine, BCAE 9 relative aux prairies) arrivent actuellement dans les boîtes aux lettres des agriculteurs, provoquant du ressentiment et de nombreuses demandes d'aides auprès des organisations professionnelles agricoles, a appris Agra Presse. « Les pénalités relèvent d'une période où le site internet Télépac n'était pas encore abouti », regrette un expert du dossier, déplorant l'attitude de l'administration, qui « fait la sourde oreille ». Selon l'expert d'une autre organisation professionnelle, une majorité des dossiers remontés ont tout de même pu être re-traités. Contrairement à ce qui avait été fait lors de la programmation 2015-2020, marquée par des retards records de versement, le gouvernement a choisi de développer dans un second temps les procédures informatiques liées à certaines conditionnalités, afin de permettre un versement rapide des aides, explique l'un des experts. Le revers de la médaille est une gestion décalée des sanctions pour les agriculteurs. Les organisations professionnelles craignent notamment des majorations de sanctions pour récidive.

Fonds Casdar : la Cour des comptes veut retirer FranceAgriMer de sa gestion

Dans un rapport sur FranceAgriMer paru le 16 mars, la Cour des comptes constate que l’établissement public « rencontre des difficultés » pour gérer les dispositifs nationaux « complexes et sélectifs » financés par le fonds Casdar (développement agricole), les programmes d’investissement d’avenir (PIA) ou France 2030, « faute d’expertises internes, d’indicateurs de performance et d’impact nécessaires à leur suivi ». Les auteurs proposent de « confier à un autre organisme la gestion des dispositifs financés par le Casdar ». La gestion des projets Fonds 2030 lui a déjà été retirée il y a quelques années. Plus généralement, la Cour des comptes estime que « l'élargissement continu de ses missions tend à fragiliser son expertise de base ». Sa fonction d’organisme payeur est devenue « prépondérante avec la gestion d'aides communautaires et le paiement de mesures de crise ». « Entre 2016 et 2024, le budget d'aides nationales et européennes géré par FranceAgriMer s’est élevé au plus bas à 600 M€ en 2019 pour atteindre 1,7 Md€ en 2022 sous l’effet des crises », calcule la Cour des comptes. Le rapport n'évoque pas d'éventuel élargissement des compétences résultant d'une intégration de l'Agence bio.

Biocarburants : de l'huile de palme indonésienne frauduleusement utilisée dans l'UE

Des producteurs européens de biocarburant dont le géant italien de l’énergie Eni et le finlandais Neste se sont procuré frauduleusement de l'huile de palme auprès de fournisseurs indonésiens, révèle le 16 mars une enquête menée par l’AFP et SourceMaterial. Selon la justice indonésienne, des entreprises locales et des responsables gouvernementaux se sont mis d’accord, contre versement de pots-de-vin, pour faire passer l’huile de palme pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME), soit des effluents d’usine de production d’huile de palme. Les producteurs de biocarburants européens Eni et Neste qui ont officiellement retiré l’huile de palme de leurs chaînes d’approvisionnement, ont tous deux reçu plusieurs livraisons provenant des entreprises indonésiennes accusées d’avoir étiqueté de l’huile de palme comme POME. Pour l’Indonésie, le préjudice en termes de recettes fiscales se chiffre en millions de dollars, car la taxe sur le POME est moins élevée que sur l’huile de palme. Les soupçons de fraude concernant des importations dans l’UE de biocarburants à base de déchets qui pourraient en réalité être issus d’huile de palme se sont multipliés ces dernières années. Certaines analyses suggèrent que la quantité de produits POME utilisée dans l’UE et en Grande-Bretagne dépasse l’offre mondiale disponible, ce qui laisse supposer un étiquetage erroné généralisé, même si certains groupes industriels ont contesté ces calculs.

Miel : après la Conf’, la FFAP quitte Interapi et demande un changement de gouvernance

Dans une lettre ouverte diffusée le 13 mars, la Confédération paysanne et la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) demandent « un changement réel de gouvernance et de fonctionnement » de l’interprofession apicole Interapi. Elles affirment qu’Interapi est « une interprofession hors-sol qui ne représente plus l’amont » et dénoncent l’extension de l’accord interprofessionnel CV-CVE 2026-2029 sur les cotisations. Après le départ de la Conf’ de l’instance, en février 2025, on apprend que la FFAP vient à son tour de quitter Interapi après « une année de chaise vide », selon la présentation de son enquête de satisfaction concernant Interapi datée du 15 janvier. Ce départ s’ajoute à celui de la Coordination rurale en juin 2023 et à ceux l’Unaf et du SNA en 2022 (lire notre enquête sur le syndicalisme agricole). « Peut-on sérieusement considérer que l’amont est représenté lorsque les décisions semblent portées par trois têtes : un président (de la section apicole de la FNSEA, NDLR), la famille Michaud (négociant, NDLR) et un représentant des coopératives (FedApi, NDLR) ? Où est la pluralité syndicale ? Où est la diversité des modèles apicoles ? Où est la voix des producteurs indépendants ? », s’émeuvent les deux organisations.

Règlement déforestation/nutrition animale : 1,5 Md€ de coût en 2027 (fabricants européens)

Dans une étude publiée le 10 mars et actualisée pour la troisième fois, la Fefac (industrie européenne de la nutrition animale) évalue à 1,65 Md€ le surcoût qu’engendrerait, sur l’année civile 2027, la mise en œuvre du règlement européen sur la déforestation (EUDR) pour les approvisionnements en soja du secteur. Si les frais indirects liés à la hausse des cours des tourteaux de colza et de tournesol sont considérés (s’indexant sur le tourteau de soja), la somme monterait même à 2,4 Md€. À titre illustratif, les coûts de production d’aliments pour volailles augmenteraient de 7,5 €/t (à 25 €/t), et ceux pour porc de 30 €/t (à 70 €/t). La Fefac appelle « les institutions européennes ainsi que les autorités nationales à utiliser les accords de libre-échange existants et futurs de l’UE (Mercosur, Ceta, Ukraine, USA) afin de confirmer les régimes historiques d’exonération de droits de douane sur les importations de tourteau de soja ». Les industriels soulignent par ailleurs le besoin de maintenir « des conditions de concurrence équitables grâce à une application équilibrée et pragmatique des mesures liées aux accords de libre-échange et à l’EUDR, afin d’éviter des effets négatifs majeurs sur la compétitivité du secteur européen de l’élevage ».

Vin : InVivo en passe de céder pour 11,5 M€ d'activités à AdVini

En négociations exclusives depuis trois mois, Cordier, branche vin du groupe coopératif InVivo, et AdVini, leader français des vins de terroir, ont annoncé le 12 mars un protocole d’accord pour le rapprochement de certaines activités. L’opération, soumise à l’approbation des actionnaires du négociant le 30 avril, consiste en la cession par Cordier by InVivo et ses filiales d’« une partie de leurs actifs viticoles représentant un chiffre d’affaires d’environ 50 M€ à l’export, la marque de vins effervescents Café de Paris et son site de production, et la marque Cordier », selon un communiqué. Cet apport, complété d’une partie en numéraire, représente 11,5 M€. La contrepartie pour InVivo est « une participation d’environ 7,8 % du capital d’AdVini », lui donnant un siège au conseil d’administration. Leur rapprochement permet au négociant de consolider ses positions commerciales aux Pays-Bas, en Belgique, aux États-Unis, au Canada et au Japon ; d’entrer sur le marché des vins effervescents et des vins désalcoolisés ; de consolider sa présence dans le Bordelais, selon le communiqué. L’objectif est « d’accélérer la croissance d’AdVini, de prendre pied dans le secteur dynamique des vins effervescents et des vins à faible degré, et de densifier notre réseau de distribution international », considère Antoine Leccia, président du groupe héraultais.

Légumes : 2025 sous tension, 2026 mal engagée pour la Sica Saint-Pol-de-Léon

À l’occasion d’une conférence de presse le 16 mars, la Sica Saint-Pol-de-Léon a indiqué que la coopérative a dégagé un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros (M€) sur l’exercice 2024-2025 (clos fin octobre), relativement stable (-1 % pour les légumes, +3 % pour l’horticulture). Les volumes sont en progression de 5,8 %, à 177 800 t (contre 168 000 t lors de la campagne précédente). Certains légumes se sont bien comportés, comme la tomate, l’échalote, l’oignon tresse ou la salade. En revanche, la Sica fait part d’un début d’exercice 2025-2026 plus compliqué. Depuis le 1er novembre, le chiffre d’affaires des légumes est en retrait de 22 %, à 27,4 M€ ; certains enregistrent de fortes baisses, comme l’échalote (-58 %), les courges (-39 %), les endives (-25 %) ou le chou-fleur (-18 %). Marc Kérangueven, président de la Sica, prévoit une année 2026 difficile pour la coopérative. Le chou-fleur, pour lequel un appel au soutien des consommateurs avait été lancé fin 2025, est symptomatique de la situation. «  Une étude a montré que le prix accepté par l’acheteur pour un chou-fleur est de 2,41 €. Cela ne paie pas le producteur », a-t-il expliqué en regrettant généralement des valorisations beaucoup trop faibles et « l’absence d’un cap politique clair sur la souveraineté alimentaire ».

Ail : les producteurs européens veulent la clause de sauvegarde contre l’Égypte et la Chine

À l’occasion d’une réunion en Espagne le 13 mars, le groupe de contact France-Espagne-Italie demande instamment aux institutions européennes de mettre en place une clause de sauvegarde contre les importations en provenance d’Égypte et de Chine, rapporte Valencia Fruits. C’était une demande récurrente de la part des producteurs espagnols. Le groupe de contact a souligné la forte augmentation des importations chinoises, qui seraient passées d’environ 45 000 t en 2022 à 54 700 t en 2024. Il demande par ailleurs la mise à jour du droit de douanes de 1 200 €/t appliqué à l'ail chinois, inchangé depuis 2001. Selon les représentants du secteur, l'absence d'ajustement a progressivement réduit l'efficacité de cet instrument, érodé par l'inflation. Le secteur appelle également à des mesures complémentaires, telles que le renforcement de la surveillance douanière et des systèmes de contrôle, de traçabilité et de vérification de l'origine. La demande de contrôles aux frontières plus stricts est également formulée. Face à un ail extra-européen plus compétitif, les producteurs européens rappellent qu’ils ont dû absorber des augmentations de leur coûts de production de plus de 40 % ces dernières années.

Tomates : au Maroc, une nouvelle aide pour les exportations hors Europe

Au Maroc, un nouveau dispositif du gouvernement vise à encourager les exportations de tomates fraîches vers des destinations situées hors de l’Union européenne et du Royaume-Uni, rapporte l’agence Ecofin le 16 mars. Selon un arrêté publié au Bulletin officiel le 5 mars, une subvention de 69,10 €/t est proposée pour les volumes exportés au-delà d’un niveau de référence correspondant à la moyenne des expéditions enregistrées entre septembre 2010 et août 2020. Dans le détail, la mesure concerne les exportations réalisées par voie maritime ou terrestre vers les marchés africains et vers d’autres régions du monde. L’aide financière ne s’applique qu’aux nouveaux volumes ; le gouvernement marocain n’entend pas subventionner les flux commerciaux déjà établis. La diversification est fortement envisagée par le royaume chérifien afin d’être moins dépendant des marchés européens, qui ont absorbé 75,6 % des volumes en 2024. Les producteurs marocains sont aussi l’objet de tensions commerciales régulières avec les confrères européens depuis quelques années, ce qui les incite à aller voir ailleurs. Selon Trade Map, en 2024, le Maroc a exporté 767 347 t de tomates fraîches, pour une valeur de 1,15 Md$ sur le marché international.

Aquaponie : HydrOccitanie reprend les activités de Bioponi (ingénierie et formation)

Dans un message publié sur LinkedIn le 14 mars, le concepteur de solution aquaponiques HydrOccitanie, basé à Tarabel (Haute Garonne), annonce avoir repris les activités d’ingénierie et de formation de Bioponi, située dans le même département. Les deux entreprises entretenaient déjà une collaboration très étroite depuis cinq ans. « Cette évolution marque une étape naturelle dans notre parcours commun : réunir nos expertises au sein d’une même structure afin de proposer un interlocuteur unique expérimenté et spécialisé pour l’ensemble des projets en aquaponie, hydroponie, et aquaculture », est-il expliqué. À travers ce rapprochement, HydrOccitanie entend consolider son positionnement et accompagner les porteurs de projet et acteurs du monde agricole et de l'aquaculture avec une offre complète (ingénierie, conception et fourniture d’équipements, accompagnement au montage de projets, formation et transmission des savoir-faire). « Cette fusion permettra de proposer des solutions encore plus solides, cohérentes et innovantes, au service des agriculteurs, entrepreneurs, collectivités et acteurs engagés dans le développement de systèmes de production durables », affirme HydrOccitanie.

Agrivoltaïsme : le Conseil d'État rejette les recours de la Conf' et de la Normandie

Dans des décisions rendues le 16 mars, le Conseil d’État a rejeté les requêtes de la Confédération paysanne et de la région Normandie demandant l’annulation du décret encadrant l’agrivoltaïsme. Toutes deux contestaient notamment des dispositions relatives à l’exigence d’une production agricole significative après l’installation de panneaux solaires. « Le pouvoir règlementaire n’a pas commis d’erreur » en prévoyant la comparaison avec une zone témoin ou un référentiel en faisant office, considère la juridiction administrative suprême. Selon le décret du 8 avril 2024, l’installation agrivoltaïque est acceptable si le rendement agricole reste supérieur à 90 %. La Confédération paysanne y voit « une erreur manifeste d’appréciation » : les chercheurs de l’Inrae ont constaté « que l’application de taux de couverture de 40 % aurait pour conséquence des baisses de rendements parcellaires de l’ordre de 40 % », selon elle. Un argument écarté par le Conseil d’État, au motif que les articles contestés visent seulement à définir les conditions dans lesquelles la production agricole peut être vue comme l’activité principale. « L’impact d’une implantation sur les rendements est pris en compte au travers de la notion (…) de " production agricole significative " », selon la décision.

FAO : le ministre espagnol de l'Agriculture à son tour candidat à la direction générale

Après l’italien Maurizio Martina (ancien ministre de l'Agriculture et actuel directeur général adjoint de la FAO) et l’irlandais Phil Hogan (ancien commissaire européen à l’Agriculture), un troisième candidat européen s’est déclaré dans la course à la direction générale de la FAO. Il s’agit du ministre espagnol de l’Agriculture Luis Planas, comme l’a annoncé, le 16 mars, son collègue des Affaires étrangères, José Manuel Albares, en marge d’une réunion du Conseil Affaires étrangères à Bruxelles. L’UE espère se mettre d’accord sur une candidature commune d’ici le mois de mai, en vue de l’élection qui se tiendra en juin 2027, à l'issue du deuxième mandat de l’actuel directeur général, le chinois Qu Dongyu, qui a pris ses fonctions en août 2019. L’UE estime que c’est son tour de prendre la tête de l’institution romaine, les précédents d.g. étant brésilien et sénégalais. Mais, aux États-Unis, les principales organisations professionnelles agricoles appellent aussi le président Donald Trump à désigner l’américaine Beth Bechdol (actuelle directrice générale adjointe de la FAO) comme candidate au poste.

Relations commerciales : l'avis contrasté des agriculteurs face aux prix lissés (sondage)

Les agriculteurs français se montrent à 88 % favorables aux contrats pluriannuels calculés sur la base de leurs coûts de production, contre 5 % pour un système basé sur les marchés internationaux, avec des prix qui varient selon l’offre et la demande, selon une enquête Toluna-Harris Interactive pour Agri-Éthique France publiée le 13 mars. Toutefois, leur opinion varie selon la conjoncture. Les agriculteurs sondés sont très partagés (50 % d’accord, 49 % opposés) sur le fait de signer un contrat pluriannuel basé sur des coûts de production avec une rémunération « correcte », mais inférieurs aux prix du marché « dans le cas où le prix du marché pour votre production est élevé ». En termes de transparence, ils sont plutôt d’accord pour partager leurs prix de vente et coûts de production, mais pas leurs marges ni les revenus de leur exploitation. Ils s’estiment plutôt mal informés sur « les marges et la répartition de la valeur entre [leur] premier acheteur (collectif ou négoce) et l’aval de la filière (industriels, marques et distributeurs) ». Cette enquête d’opinion est publiée alors que les négociations commerciales annuelles viennent de se terminer. La transparence des marges réalisées par la transformation est une revendication du monde agricole et tout particulièrement de l’amont laitier.

Coopératives : le groupe Advitam s’engage lui aussi dans l’agriculture régénératrice

Après Vivescia, Cérévia ou encore Noriap, le groupe coopératif Advitam, basé dans les Hauts-de-France, a annoncé, dans un communiqué du 16 mars, son engagement dans l’agriculture régénératrice, via le lancement officiel de son programme Impact 2030. Déjà en cours d’application sur le terrain depuis un certain temps, l’entité vise l’intégration de 1 000 agriculteurs dans ce nouveau projet RSE d’ici cinq ans, contre 400 actuellement, ainsi que la formation de l’intégralité de ses conseillers aux pratiques de cette agriculture. Elle assure avoir développé diverses innovations afin d’accompagner les producteurs, telles que « de nouvelles variétés de semences certifiées, des mélanges de couverts végétaux », le recours aux biosolutions pour la protection des plantes, ou encore l’intégration « de graines de lin extrudées » pour la nutrition animale. Le groupe coopératif revendique 100 000 ha d’intercultures cultivées par ses adhérents en 2025. Enfin, il précise travailler avec « les partenaires de la région autour de programmes qui valorisent financièrement ces efforts via des primes filières ou des crédits carbones ». Il évoque les programmes Gaïago, Covalo, ou encore Sols Vivants/Récolte.

Entreprises de travaux agricoles : en congrès, la FNEDT alerte sur la « permacrise »

Lors d’une conférence de presse tenue à Poitiers le 12 mars durant son congrès annuel, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) a alerté sur la situation de « permacrise » (situation de crise permanente, NDLR) qui frappe ses adhérents et le secteur agricole de manière générale. Les effets du changement climatique sont croissants, induisant des calendriers d’intervention « de plus en plus contraints », qui fragilisent l’équilibre « économique des chantiers ». La guerre au Moyen-Orient n’arrange rien, à l’origine de la flambée des coûts de l’énergie. La FNEDT rappelle enfin que « les injustices » réglementaires françaises viennent se superposer aux chocs externes. Afin de les corriger, et de permettre à ses adhérents de supporter au mieux les crises, l’organisation a rappelé ses principales doléances auprès des pouvoirs publics. Par exemple, elle demande que soit créé « un cadre équitable entre les différents acteurs », notamment au sujet de l’agrément pour l’application des produits phytosanitaires, mais aussi en matière de foncier. L’organisation réclame ainsi de pouvoir construire leurs bâtiments en zone agricole, et non pas en zone artisanale, les éloignant de leurs clients.

Export : au Vietnam, recherche de solutions pour débloquer les importations

Au Vietnam, une nouvelle réglementation renforçant la sécurité sanitaire des aliments doit entrer en vigueur le 15 avril, avec à la clé un risque élevé de congestion continue, en particulier pour les produits frais, selon la Chambre de commerce européenne au Vietnam (EuroCham). De leur côté, les acteurs locaux de la VCCI (Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam) demandent un report de cette réglementation, rapporte le site Vietnam.vn le 8 mars. À défaut de report, la VCCI propose de rétablir le mécanisme d'exemption des procédures de déclaration et d'inspection de l'État pour les denrées alimentaires, de reconnaître la valeur équivalente des certifications internationales* en remplacement du nouveau certificat de sécurité alimentaire. Autre proposition : établir un mécanisme de pré-dédouanement et d'inspection a posteriori aux marchandises importées d'entreprises ayant un bon historique de conformité. Toujours selon Vietnam.vn, du côté gouvernemental, un comité interministériel a engagé le 13 mars des travaux de clarification et proposé une période transitoire d’application, alors que cette réglementation a déjà été suspendue temporairement.
* FSSC 22000, HACCP, ISO 22000, BRC et IFS