Agrafil du 18 juillet 2022

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PSN: accord sur la rotation des cultures, Paris et Bruxelles bouclent leur négociation

Dans un communiqué du 15 juillet, le ministère de l’Agriculture annonce «la fin des négociations avec la Commission européenne» sur la déclinaison française de la future Pac, le PSN (plan stratégique national), dont le dernier point en discussion portait sur la rotation des cultures (BCAE 7). Dans le cadre de la conditionnalité, les agriculteurs devront assurer une rotation (culture principale différente de l’année précédente) «chaque année, sur au moins 35% de la surface en culture de plein champ (terres arables hormis surfaces en herbe, fourrage herbacé et jachère)». Une autre obligation sera mise en place «à compter de 2025 sur chaque parcelle»: les agriculteurs devront justifier d’au moins deux cultures principales différentes «sur la campagne en cours et les trois campagnes précédentes» (ou d’un couvert hivernal «présent chaque année»). L’enjeu de cette négociation visait notamment à préserver la monoculture de maïs. «Une disposition alternative sera mise en place pour certaines zones composées de sols, riches et fertiles, d’alluvion limoneux ou argileux, et sujettes à des inondations par remontée de nappe», précise la Rue de Varenne. Dans ces zones, les agriculteurs devront obtenir «trois points au titre de la diversification des cultures», qui seront «calculés avec la même grille que pour la diversification des cultures, dans la voie des pratiques de l’éco-régime».

Ukraine: progrès dans les discussions sur l'export de céréales depuis la mer Noire

La Russie et l'Ukraine ont progressé le 13 juillet au cours d'une réunion d'experts militaires à Istanbul sur l'épineuse question du blocage des exportations de céréales à partir des ports ukrainiens, la Turquie annonçant de nouvelles discussions sur le sujet la semaine prochaine. Des «progrès réellement substantiels» ont été réalisés, a commenté devant des médias après la fin des entretiens russo-ukrainiens en Turquie le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a dit espérer qu'un «accord formel» pourrait être prochainement conclu. Une perspective confirmée par Moscou, qui a indiqué le 15 juillet qu'un «document final» sera prêt sous peu. Optimisme prudent également du côté du ministre turc de la Défense Hulusi Akar, qui a souligné que les experts militaires russes et ukrainiens s'étaient entendus sur des «contrôles communs» dans les ports et sur les moyens de «garantir la sécurité des voies de transfert», autrement dit des couloirs sécurisés pour le transport maritime des produits agricoles. L'accord négocié par Antonio Guterres depuis plus de deux mois vise non seulement à faire sortir par la mer Noire quelque 20 Mt de céréales bloquées dans des silos ukrainiens, en particulier à Odessa (sud), mais aussi à faciliter les exportations russes de grains et d'engrais. Par ailleurs, le 15 juillet, l'opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn s'est dit prêt à «considérablement» accélérer les exportations de céréales ukrainiennes par train.

Influenza: trois foyers en faune sauvage dans les Côtes-d’Armor, les élevages confinés

Trois foyers d’influenza aviaire hautement pathogène sur des oiseaux sauvages ont été confirmés ces derniers jours dans les Côtes-d’Armor, entraînant la claustration des volailles dans les élevages alentour. Le 13 juillet, la maladie a été confirmée à Loudéac, après la découverte la veille de 12 cadavres de goélands argentés. Le préfet des Côtes-d’Armor a décrété une zone de contrôle temporaire (ZCT) dans cinq communes, où les élevages doivent mettre leurs volailles à l’abri. Les mouvements de volailles sont également interdits, avec dérogation possible pour l’abattage. Cette zone compte notamment deux couvoirs (dindes et gallus). Deux autres foyers d’influenza aviaire ont aussi été confirmés plus tôt sur le littoral, à Trélévern (11 juillet) et Pleubian (12 juillet), sur des fous de Bassan. Là aussi, cinq communes sont concernées par une ZCT, avec claustration obligatoire des volailles dans les 28 bâtiments d’élevage présents (15 exploitations). Dans les deux cas, les ZCT resteront en vigueur au moins 21 jours «après la date de découverte du cas», selon les arrêtés préfectoraux correspondants (Loudéac et Trégor). Au printemps, la Bretagne, premier bassin avicole français, avait connu quelques foyers d’influenza dans des élevages, mais l’épizootie avait pu être maîtrisée.

Influenza aviaire: au Québec, le virus s’attaque aux phoques communs

Dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, à l’est du Québec, une mortalité inhabituelle est observée chez les phoques communs qui serait, d’après les premières analyses, «associée à des infections par le virus de l’influenza aviaire H5N1, hautement pathogène», selon la Coopérative canadienne de santé de la faune sauvage. «Un total de 93 carcasses ont été retrouvées, dont 73 uniquement au mois de juin», rapporte le journal Le Devoir. Une surmortalité qui représente, selon le Dr Stéphane Lair, de l’université de Montréal, «une augmentation d’environ huit fois la moyenne annuelle des dernières années». «Pour l’instant, les cas positifs chez les phoques communs proviennent tous du Bas-Saint-Laurent, une région où de nombreux cas de grippe aviaire ont été recensés chez des oiseaux sauvages», note Le Devoir. Outre plus de 5000 cas chez les oiseaux sauvages, «le Canada compte, depuis l’éclosion de la maladie au printemps, 108 fermes infectées, dont 11 au Québec», rapporte l’Agence Science presse. Dans un rapport paru le 13 juillet, l’Anses (agence française de sécurité sanitaire) appelle à «la plus grande vigilance» face au «risque zoonotique potentiel» (transmission à l’Homme), notant un «nombre élevé d’évènements de franchissement de la barrière d’espèce des oiseaux aux mammifères (…) au niveau international».

Sucre: signature de la convention canne 2022-2027 à La Réunion

Planteurs, industriels et gouvernement ont signé le 13 juillet à La Réunion la convention canne à sucre 2022-2027, qui régit les prix et les pratiques pour ce secteur économique phare de l'île. En vertu de la nouvelle convention, le prix d'achat de la tonne de canne pourra dépasser les 100 euros, «soit un gain de plus de 15 euros par rapport à la convention précédente», indiquent dans un communiqué le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau et son collègue délégué aux Outre-mer, Jean-François Carenco. Un prix minimum d'achat sera ainsi garanti aux planteurs à hauteur de 40,07 €/t, précise le texte. Selon les deux ministres, la convention apporte de «nombreux progrès» pour ce département d'outre-mer, dont une revalorisation possible jusqu'à 3 €/t de canne de la prime bagasse (résidu fibreux de la canne utilisé dans les centrales électriques fonctionnant à la biomasse). Selon la préfecture de La Réunion, la filière canne-sucre-rhum-énergie, qui constitue le pilier de l'agriculture locale, est pourvoyeuse de plus de 18 000 emplois directs, indirects et induits, dont plus de 2700 planteurs.

Sécheresse: près de 70 départements avec des restrictions d’eau (ministère)

«Près de 70 départements» sont concernés par des mesures de restriction sur les usages de l’eau, a indiqué le 13 juillet le ministère de la Transition écologique, à l’issue d’une réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique. La sécheresse est «plus marquée sur le pourtour méditerranéen, les régions Pays de la Loire et Centre-Val de Loire, avec des territoires au niveau de crise, traduisant un arrêt des prélèvements non prioritaires», selon un communiqué. La secrétaire d’État Bérangère Couillard rappelle la mobilisation du gouvernement, qui se traduit par «une gestion efficace répondant aux besoins prioritaires (alimentation en eau potable, sécurité, santé) et maximisant les usages économiques, le tout dans le respect des équilibres naturels».

Biocarburants: les professionnels rassurés par le vote des eurodéputés

La commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement européen a adopté le 13 juillet sa position sur la révision de la directive énergies renouvelables proposant de viser une part de 45% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique à horizon 2030 (contre 32% dans la proposition initiale de la Commission européenne). Pour le secteur des transports, les eurodéputés ont maintenu le plafond de 7% imposé aux biocarburants issus de cultures alimentaires. Une bonne nouvelle pour le secteur européen, qui se félicite dans un communiqué commun du 15 juillet (Copa-Cogeca, Coceral, Fefac, ePure,EBB, Fediol, Farm Europe) «d’une amélioration par rapport à l'approche malavisée adoptée par la commission Environnement, qui proposait de réduire fortement le plafond de ces biocarburants». Le Parlement européen adoptera définitivement sa position sur ce dossier lors d’un vote en plénière entre le 12 et le 15 septembre à Strasbourg. Des discussions pourront alors être entamées avec les États membres pour finaliser un compromis sur cette réforme.

Nutrition animale: Avril et Vivescia lancent une usine d’aliments composés humides

Associés au sein de leur filiale commune Aliane, Sanders (Avril) et Nealia (Vivescia) ont posé le 12 juillet la première pierre d’une nouvelle usine d’aliments composés humides à Pauvres (Ardennes). Cet outil sera mis en service en juin 2023 et pourra produire 250 000 t par an d’ici 2027, d’après un communiqué. Les deux groupes y investissent «plus de cinq millions d’euros» (M€), dont 1,2 M€ de subventions provenant du plan France relance. «Au total, avec la logistique, le commerce, les achats, le site accueillera dorénavant une quinzaine de personnes», précise le communiqué. Il s’agira de la deuxième usine d’aliments humides de Nealia, sa première plateforme – construite en 2011 et d’une capacité annuelle de 100 000 t d’aliments pour les ruminants – étant «aujourd’hui saturée». L’usine de Pauvres vise trois débouchés: les ruminants, les insectes (40 000 t par an pour l’usine Agronutris de Rethel) et la méthanisation (environ 50 000 t par an). Nealia se revendique «leader sur le marché de l’aliment composé humide», élaboré à partir de coproduits de l’industrie agroalimentaire (écarts de pommes de terre, drèches, son et gluten de blé, etc.).

Restriction aux exportations de céréales: la Hongrie rappelée à l’ordre par Bruxelles

La Commission européenne a décidé le 15 juillet d'ouvrir une procédure d'infraction à l'encontre de la Hongrie pour avoir mis en place un régime de notification préalable des exportations de céréales afin de limiter les expéditions à la suite de l’invasion russe en Ukraine. Dans la lettre de mise en demeure (première étape de la procédure) qu’elle adresse à Budapest, Bruxelles souligne qu’il n'est actuellement pas nécessaire de prendre des mesures pour assurer la sécurité de l'approvisionnement en céréales au sein de l'UE. La notification préalable imposée par les autorités hongroises permet d'anticiper la vente ou l'achat des céréales à exporter, avant que l'exportation n'ait lieu. Une mesure que la Commission européenne juge incompatible avec les règles de l'organisation commune des marchés. La Hongrie dispose d’un délai de deux mois pour répondre à la Commission, sans quoi celle-ci pourra décider d'envoyer à la Hongrie un avis motivé, dernière étape avant une action devant la Cour de justice de l’UE.

Glyphosate: dialogue de sourds au Parlement européen

Un dossier de 180 000 pages (contre 45 000 en temps normal), un rapport d’évaluation de 11 000 pages (contre 5000 habituellement), 200 jours de vérification scientifique menée par 29 personnes (contre 50 jours par 6 à 7 personnes normalement). Tels sont quelques-uns des chiffres du travail mené par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour évaluer le glyphosate (dont l’autorisation dans l’UE est censée expirer fin 2022). Résultat, comme annoncé au mois de mai, la finalisation de ce dossier a pris 18 mois de retard et devra attendre la mi-juillet 2023, a confirmé l’Efsa lors d’un échange, le 11 juillet, avec la commission de l’Environnement (Comenvi) du Parlement européen. Et pourtant, malgré cette masse exceptionnelle d’informations, les eurodéputés peinent toujours à être convaincus par la rigueur du travail mené par les deux agences en charge du dossier (l’Efsa et l’agence européenne des produits chimique, ECHA). «Je constate que dans la salle beaucoup de personnes ne sont pas satisfaites des réponses reçues. Mais je crains que nous n’obtenions pas beaucoup plus aujourd’hui», n’a pu que déplorer la vice-présidente de la Comenvi, Anja Hazekamp (gauche) qui animait la session.

Kazakhstan: le président s'emporte sur la gestion d'une crise du sucre

Le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev a critiqué le 14 juillet son gouvernement sur la gestion de la hausse spectaculaire des prix du sucre qui a provoqué des scènes chaotiques dans les supermarchés de ce pays d'Asie centrale. «Le gouvernement doit développer de manière urgente un projet à part sur le développement de l'industrie du sucre» avec pour objectif «une importante réduction de la dépendance aux importations» et à terme «l'auto-suffisance», a déclaré M. Tokaïev, lors d'une réunion gouvernementale. Il a également noté que la superficie dédiée à la culture de la betterave à sucre avait diminué d'un tiers dans le pays au cours des quatre dernières années. Le prix du sucre a particulièrement augmenté depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, fin février, notamment après que la Russie, un important fournisseur, a arrêté ses exportations de ce produit.

Coopératives: Terres du Sud change de directeur général

Le groupe coopératif Terres du Sud, basé à Clairac (Lot-et-Garonne), a annoncé le 13 juillet la nomination de Sylvain Théon comme directeur général. Il succède à Michel Clairefond, en poste depuis quatre ans. Sylvain Théon, jusque-là d.g. adjoint, possède «une expertise de plus de dix ans dans des fonctions de direction au sein du secteur coopératif agricole», souligne un communiqué. Terres du Sud confie ses anciennes fonctions à Patrick Darricau, arrivé en 2019 comme directeur financier.