Pac: feu vert de Bruxelles aux PSN français, portugais, polonais, espagnol et danois
Le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a annoncé le 18 juillet, lors de la réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles, que les discussions sur les plans stratégiques de la Pac étaient finalisées avec cinq États membres (Portugal, Pologne, Espagne, Danemark et France). Pour ces pays, la Commission européenne va procéder au lancement de la procédure d'approbation qui prendra environ six semaines, ce qui devrait permettre de les approuver officiellement début septembre. «La Commission ne demandera rien de plus à ces États membres qui peuvent donc d’ores et déjà commencer à finaliser leur législation nationale et à informer leurs agriculteurs», a précisé le commissaire européen. Et d'autres pays suivront bientôt: «Nous pensons que jusqu'à dix États membres pourraient soumettre une nouvelle version avant les vacances d'été.» Par ailleurs, concernant la prolongation, en 2023, des dérogations accordées aux obligations de rotation des cultures et de jachères demandée par une grande majorité de ministres de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski a une nouvelle fois indiqué que «ces dérogations temporaires sont, selon lui, nécessaires». La direction générale de l’Agriculture a déjà préparé un projet de texte qui est en phase de consultation au sein de la Commission européenne. Mais certains commissaires, notamment le vice-président Frans Timmermans, y sont beaucoup moins favorables. Une décision devrait toutefois être prise très prochainement.
Pesticides: les ministres de l'Agriculture des Vingt-sept dénoncent le projet de Bruxelles
Les ministres de l’Agriculture de l’UE réunis le 18 juillet à Bruxelles ont critiqué de toutes parts la proposition de la Commission européenne sur l’utilisation durable des pesticides. Ce règlement présenté fin juin obligerait les États membres à se fixer des objectifs de réduction d’utilisation des produits phytosanitaire en vue d’atteindre une baisse de 50% au niveau de l’UE en 2030. Il propose également l’interdiction de l’usage des pesticides dans les zones sensibles, notamment Natura 2000. Une mesure qui a soulevé de nombreuses inquiétudes de la part des Vingt-sept. La Slovénie a rappelé que dans ces zones se trouvent environ la moitié de ses cultures arables et cultures permanentes. L’Espagne a mentionné le «risque que ces zones deviennent des réservoirs de nuisibles importants». Et même le ministre vert allemand Cem Ozdemir a appelé à la prudence sur ce point. Mais ce n’est pas le seul élément que les ministres dénoncent. Ils ont aussi regretté l’absence de solutions alternatives proposées, le manque de prise en compte des spécificités nationales (point de départ, niveau d’exposition aux parasites…), l’absence d’étude d’impact socio-économique ou encore l’augmentation de la charge administrative.
Sécheresse: près de la moitié du territoire de l’UE dans une situation de déficit hydrique
Environ 46% du territoire de l'UE est exposé à des niveaux de sécheresse dits «d'avertissement», c'est-à-dire présentant un déficit important d'humidité au sol, et 11% est en état d'alerte, avec une végétation et des cultures affaiblies par le manque d'eau, selon une évaluation du Centre commun de recherche de la Commission européenne publiée le 18 juillet. La France, la Roumanie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie devront faire face à une baisse du rendement des cultures, notamment de céréales, prévient également ce travail. Dans une certaine mesure, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la Slovénie et la Croatie sont également concernées. La sécheresse qui sévit dans une grande partie de l'Europe est particulièrement critique, car elle vient s’ajouter au déficit de précipitations enregistré durant l’hiver et le printemps (-19% par rapport à la moyenne des dix dernières années, et -22% dans les zones en alerte sécheresse). Le débit des cours d'eau dans de nombreux pays est aussi gravement affecté, et les volumes d'eau stockés sont également réduits. En Espagne par exemple, les volumes d'eau stockés dans les réservoirs sont actuellement inférieurs de 31% à la moyenne décennale.
Distribution: les ruptures ont occasionné 1,9 Md€ de manque à gagner depuis début 2022
Le manque à gagner brut lié aux ruptures d’approvisionnement atteint 1,9 milliard d'euros (Md€) sur les six premiers mois de l’année 2022, d’après une étude de l’institut NielsenIQ publiée le 18 juillet. La durée moyenne des ruptures a été de 4,1 jours et le taux de disponibilité de 95,2% en valeur. Plus de 60% du manque à gagner provient de l’épicerie et du frais. La situation s’améliore sur la farine, dont la disponibilité remonte depuis la mi-mai, après avoir plongé début avril. Entre mi-mars et mi-juin, le manque à gagner hebdomadaire a été de 480 000 € sur ce produit. Les magasins britanniques et états-uniens n’ont pas connu les mêmes difficultés sur les produits à base de blé, souligne l’institut. «Alors que la disponibilité était sensiblement équivalente dans les deux pays en début d'année, fin avril, la disponibilité des pâtes en France était ainsi inférieure de 5,9 points à celle observée en Grande-Bretagne, et de 14,4 points sur les farines», note Renaud Chanat, consultant international senior chez Nielsen IQ. Autre catégorie particulièrement concernée par les pénuries: les moutardes. La disponibilité des pots de moutarde a décliné sur toute la période, mais repart à la hausse fin juin, après avoir «atteint des scores historiquement bas», relève l'institut.
Cantines durables: prolongement du dispositif de soutien aux petites communes
La mesure de soutien pour «une alimentation saine et durable» dans les cantines scolaires des petites communes, lancée début 2021 dans le cadre de France Relance, sera prolongée jusqu’au 31 octobre, annonce un communiqué du ministère de l’Agriculture le 18 juillet. Ce dispositif accompagne les restaurants scolaires qui s’engagent dans des projets «durables» (approvisionnement en produits de qualité, réduction du gaspillage alimentaire, économie circulaire, etc.). Il permet, par exemple, de financer des achats de matériels, de logiciels ou des formations pour les personnels de cuisine. Sur 11 000 communes éligibles, 1700 ont bénéficié de la mesure depuis son lancement en février 2021. Le dispositif «Cantine à 1 €» pour les enfants des familles modestes sera également prolongé à la rentrée. Pour répondre aux objectifs étatiques, notamment ceux de la loi Egalim, les communes doivent faire des investissements conséquents. Or, leurs budgets sont très contraints, d’autant plus avec l’inflation actuelle, rappelle le ministère. D’après les estimations de Restau’Co (réseau des acteurs de la restauration collective en gestion directe), les budgets des communes dédiés à la restauration collective pourraient être épuisés dès la mi-septembre (voir l'Agrafil daté du 14 juin).
Accord UE/Nouvelle-Zélande: une concurrence «déloyale», pour les industriels du lait
Invité sur l’antenne de Radio Classique, le 15 juillet, le p.-d.g. de la fédération des industries laitières (Fnil), François-Xavier Huard, a estimé que l’accord UE/Nouvelle-Zélande mettait la filière laitière française en situation de «concurrence déloyale». Par cet accord de libre-échange, signé le 30 juin, l’UE ouvre de nouveaux quotas d’importation, avec des droits de douane réduits pour certains produits agricoles, dont les produits laitiers. François-Xavier Huard juge cet accord «inacceptable» au regard du décalage entre les exportations françaises et néo-zélandaises: «à peine 2000 tonnes» contre «100 000 tonnes». Selon le représentant des industriels, il «risque de porter un coup fatal à la filière laitière», déjà fragilisée par la hausse des coûts de production. Cet accord est aussi «une aberration environnementale», dénonce-t-il, prenant l’exemple d’un yaourt qui pourrait faire «20 000 kilomètres» avant d’arriver au consommateur français.
Canicule: les «recommandations» de Welfarm pour le bien-être animal
Dans le cadre de sa campagne «Chaud dedans!», Welfarm a transmis ses «recommandations» au gouvernement sur l’élevage et le transport des animaux en période de canicule, annonce l’association dans un communiqué le 18 juillet. À court terme, l’ONG de protection animale invite les éleveurs à «garantir un accès permanent» à l’eau, à «adapter les rations alimentaires», à «gérer les paramètres d’ambiance dans les bâtiments», ou encore à «limiter les interventions et les manipulations des animaux lors des heures chaudes». Les transporteurs, eux, sont appelés notamment à «réduire les densités de chargement», «charger et décharger les animaux sans délai», «éviter les trajets en milieu de journée» et «adapter les heures d’abattage». Les propositions de Welfarm, soutenues par France Nature environnement, portent aussi sur le moyen terme: réduire les densités (p.ex. 25kg/m2 en poulets ou 1,3 m2 par porc à l’engraissement), offrir un accès au plein air, ou encore «permettre aux animaux d’exprimer leurs comportements naturels, afin de favoriser leur thermorégulation». Autant de propositions que Welfarm souhaite voir intégrées au Plan national vagues de chaleur et au Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-2).