Incendies de forêt: les agriculteurs girondins mobilisés avec les pompiers
«J’y suis depuis vendredi, je n’en peux plus.» Avec quatre autres agriculteurs, Mickael Massignani, éleveur à Landerrouet-sur-Ségur (Gironde), aide depuis plusieurs jours les pompiers girondins à contenir les incendies de forêt dans la zone de Landiras, comme il l'explique à Agra Presse. Grâce à leurs tonnes à lisier et leurs citernes, «près de 50 000 litres d’eau à nous cinq», les producteurs ravitaillent les camions de pompiers en eau, et arrosent la tourbe sur les bords de piste pour ralentir la propagation de l’incendie. Remarquée par la chambre d’agriculture, l’initiative des agriculteurs a entraîné un recensement du matériel disponible en Gironde, mais également dans les départements limitrophes (Lot-et-Garonne, Dordogne, Charente et Charente-maritime). «Nous nous préparons pour intervenir rapidement si les pompiers nous le demandent», explique-t-on au siège de la chambre girondine. Quelques animaux auraient été déplacés, et cinq hectares de vignes auraient brûlé, mais les dégâts des incendies seraient pour l’heure limités en dehors du secteur forestier. «Selon l’enherbement, le vignoble peut arrêter le feu ou au contraire le propager», rappelle-t-on à la FDSEA de la Gironde. Selon cette même source, les appellations les plus proches de l’incendie, les graves et le sauternais, ne sont cependant pas les plus touchées par la crise du vignoble, qui peut limiter l’entretien des parcelles. Depuis le début des incendies, près de 19 000 ha de forêt auraient brûlé dans le département.
Vin: la Cnaoc demande le déplafonnement des rendements en vue d’une très bonne récolte
La Cnaoc (vins AOC) a déposé auprès du cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’Inao une demande de déplafonnement des rendements autorisés pour plusieurs appellations qui ont besoin de reconstituer des stocks de précaution, et qui voient arriver une très bonne récolte tant en qualité qu’en volume. Telle est «la priorité des priorités» que souligne Jérôme Bauer, président de la Cnaoc, dans un entretien à Agra Presse, à quelques jours de la rencontre entre la filière viticole et le ministre de l’Agriculture le 25 juillet. C’est la première fois qu'une telle demande est formulée. Les appellations concernées sont celles de champagne, de bourgogne – et en particulier de chablis –, qui ont besoin d’approvisionner un marché dynamique. «Nos rendements sont plafonnés avec des mécanismes de souplesse limitée. Or, avec un millésime comme celui-ci, s’il se confirme, nous aurons plus de vin de qualité que les règles de souplesse ne le permettent. Il faut donc déplafonner à titre exceptionnel», résume-t-il.
Accord UE/Nouvelle-Zélande: des députés demandent un débat à l’Assemblée nationale
Dans une lettre adressée à la présidence de l’Assemblée nationale, datée du 18 juillet et rendue publique le lendemain, 130 députés des oppositions de droite et de gauche demandent un débat et un vote au Parlement sur l’accord de libre-échange UE/Nouvelle-Zélande, approuvé fin juin par l’Union européenne. «ONG et syndicats nous alertent sur cet accord, au contenu flou, mais qui risque de mettre à mal notre industrie, notre agriculture et le climat», soulèvent-ils. Les députés relayent les inquiétudes exprimées par Interbev (viande) et le Cniel (lait) quant aux quotas d’importation accordés sur les produits animaux. Des contingents accordés «sans exigence de respect de nos normes de production agricole», ajoutent-ils, en citant les professionnels. Ils demandent qu’une «étude» de l’accord soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Figurent parmi les signataires plusieurs députés proches des questions agricoles: Delphine Batho (Génération écologie), André Chassaigne (PCF), Julien Dive (LR), Guillaume Garot (PS), Mathilde Hignet (LFI), Dominique Potier (PS), Aurélie Trouvé (LFI) ou encore Marc Le Fuc (LR).
Fruits d’été: face aux GMS, les producteurs brandissent la menace de l’agroécologie
L’AOP Pêches et abricots de France menace de «suspendre» certains projets agroécologiques (vergers écoresponsables, cultivés sans certains phytosanitaires à partir d'une certaine date, NDLR) menés de pair avec des enseignes de la grande distribution, a indiqué le directeur de l’AOPn Raphaël Martinez à Agra Presse le 19 juillet. «Nous n’allons pas tout arrêter en plein milieu de la saison, mais, en fin de saison, je pense qu’on va avoir des rendez-vous musclés [avec certaines enseignes] parce qu’on leur dira qu’on ne peut plus s’engager dans les conditions actuelles (…) si elles ne sont pas capables de payer le coût de revient!», a-t-il déclaré. Dans un communiqué diffusé quelques instants plus tôt, cosigné par la Gouvernance économique des fruits et légumes (Gefel) et la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA), l’AOPn critique «la pression sur les prix, liée à la politique du moins disant» menée par les GMS. Les trois organisations y dénoncent, pour la deuxième fois cet été, des «mises en avant agressives ou "à prix coutant"» qui «deviennent la règle de promotion, et concentrent une part très importante des ventes». Elles déplorent une pression exercée par les enseignes sur les fournisseurs «au risque de se faire "mettre au pain sec"», ce qui est «monnaie courante».
Pomme de terre: un léger rebond des surfaces en 2022 (professionnels)
Les surfaces de pomme de terre de conservation affichent «un rebond contenu» de 1%, à 152 500 ha, après une baisse de 3% l’an dernier, ont indiqué le 19 juillet l’UNPT (producteurs, FNSEA) et le CNIPT (interprofession). «La hausse incontrôlée des charges, l’instabilité de marché sur certains segments et une climatologie délicate depuis plusieurs années ont certainement conduit à freiner les dynamiques initiales des producteurs pourtant prometteuses en 2022», selon un communiqué commun. La région Hauts-de-France conforte son premier rang, avec une hausse de 1800 ha liée «à la très forte demande de l’industrie de transformation française et étrangère (frites, chips, etc.) et à de possibles transferts de surfaces initialement destinées à la pomme de terre "fécule" vers la pomme de terre "industrie"», soulignent les organisations. Deuxième bassin de production, la Champagne-Ardenne enregistre «la plus forte et notable baisse», de 700 ha: cette région «essuie visiblement les difficultés économiques rencontrées sur le marché de la pomme de terre destinée au "frais"».
Egalim: le président du groupement Les Mousquetaires demande la suspension de la loi
Le président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché/Netto) Didier Duhaupand a proposé, le 18 juillet sur l’antenne de RTL, de suspendre la loi Egalim, en argumentant sur la protection du pouvoir d’achat des consommateurs. Selon lui, cette loi «qui avait pour objectif de lutter contre la déflation, n’est pas vraiment faite pour les temps présents». Il fustige une législation «unique en Europe et dans le monde» qui «oblige [les distributeurs] à prendre une marge minimum». «Si la loi était suspendue nous pourrions immédiatement, dès demain matin, dans nos Intermarché et nos Netto, baisser les prix des produits d’usage courant de 10%», clame-t-il, en faisant référence au seuil de revente à perte (SRP) rehaussé à 10% par la loi. Le distributeur affirme que la loi a été «détournée de son objectif par les grands industriels». Il reproche à la loi Egalim d’empêcher la distribution de «suffisamment négocier auprès des grands groupes internationaux (…) qui, pour certains abusent de la situation en prétextant la guerre en Ukraine, les difficultés du transport». Des arguments qui font écho aux dernières interventions médiatiques de Michel-Édouard Leclerc. Avant même le déclenchement de la guerre en Ukraine, ce dernier demandait déjà la suppression du SRP.
Engrais: Yara met en garde contre une pénurie d'azote
Le norvégien Yara International, l'un des principaux fabricants d'engrais minéraux, a mis en garde le 18 juillet contre une pénurie d'azote si l'Europe devait connaître des difficultés accrues à s'approvisionner en gaz naturel. «Il y a un risque clair de pénuries d'azote et d'augmentations continues des prix si la situation pour le gaz en Europe continue à se détériorer», a jugé le directeur général de Yara, Svein Tore Holsether, lors de la présentation des résultats trimestriels. En réaction à la guerre en Ukraine, les pays européens s'efforcent de ne plus acheter de gaz à la Russie qui a, de son côté, réduit ses livraisons. Avec l'envolée du prix du gaz, Yara dit s'attendre à une augmentation de sa facture énergétique de 1,1 Md$ au troisième trimestre et de 920 M$ au trimestre suivant par rapport aux mêmes périodes de 2021. Face à cette hausse des coûts et à la baisse saisonnière de la demande dans l'hémisphère Nord, Yara a réduit sa production d'ammoniac et d'engrais dans plusieurs usines et répercuté la hausse de ses coûts sur ses prix de vente. Malgré une baisse des volumes livrés au deuxième trimestre, Yara est parvenu à dégager un bénéfice net en hausse de 23% sur un an, à 664 M$, pour un chiffre d'affaires en forte hausse (+63,5%), à 6,45 Md$.
Prix des porcs castrés: les éleveurs de la FNP envisagent une médiation
Dans un communiqué du 18 juillet, la FNP (producteurs de porcs, FNSEA) «en appelle au ministère pour faire respecter la loi Egalim et, si besoin, à une médiation pour sortir enfin de cette impasse» sur le prix des porcs castrés. L’association spécialisée indique qu’elle «soutient l’initiative de l’AOP Grand Ouest» d’une hausse tarifaire de 7 ct€/kg pour les porcs castrés. Mais, selon la FNP, «il y a quelques jours le leader de l’abattage (Bigard, NDLR) a catégoriquement refusé», notamment «en mettant en cause un "abus de position dominante" alors que lui-même, souvent unique acheteur régional, impose ses prix à ses fournisseurs». Les éleveurs accusent le n°1 porcin Bigard de «s’immiscer dans les relations entre l’AOP et ses adhérents, ce qui est inacceptable». La castration à vif des porcelets est interdite depuis le 1er janvier, rendant la prise en charge de la douleur obligatoire pour les éleveurs qui continuent à produire des porcs castrés. Avec sa proposition de +7 ct€/kg, l’AOP Grand Ouest se positionne à un niveau intermédiaire entre la proposition des abatteurs (+2 ct€/kg, correspondant au coût de l’anesthésie/analgésie) et celle des éleveurs (+13,7 ct€/kg, couvrant toute la différence de coût de production entre mâles entiers et castrés).
Évènementiel: le salon d’élevage allemand Eurotier met la France à l’honneur
Eurotier, le «salon leader mondial de l’élevage», mettra la France à l’honneur avec un pavillon dédié lors de son édition 2022, du 15 au 18 novembre à Hanovre (Allemagne), annoncent ses organisateurs dans un communiqué 19 juillet. Sur les 1600 exposants inscrits, l’Hexagone en fournira 111 (matériel, santé animale, alimentation animale, génétique, etc.). Cette année, Eurotier est placé sous le thème «Transforming animal farming» («Transformer l’élevage»). Une orientation qui regroupera «l'automatisation de l'alimentation, la gestion des boiteries et le bien-être animal», mais aussi la numérisation et les activités de vente directe et de transformation à la ferme.