Céréales ukrainiennes : Kiev et Moscou signent, chacun de leur côté, l’accord sur l’export
L’Ukraine et la Russie ont finalement conclu, le 22 juillet au palais de Dolmabahçe à Istanbul, avec la Turquie et les Nations unies, un accord relatif à l’instauration de «couloirs sécurisés» afin d’exporter les 20 Mt de céréales ukrainiennes bloquées dans les ports de la mer Noire. Les deux parties ont signé deux textes identiques, mais séparés, à la demande de Kiev qui refusait de parapher tout document avec Moscou. Aux termes de cet accord valable quatre mois, le temps de débloquer les céréales, les exportations devraient commencer à partir de trois ports ukrainiens (Odessa, Pivdenny et Tchornomorsk). Un centre de coordination conjoint (CCC) sera également mis en place afin d’établir le calendrier des rotations de navires en mer Noire. Des inspections des navires au départ et en direction des ports ukrainiens auront lieu sous le contrôle du CCC, dans l'un des ports d'Istanbul, afin de répondre aux inquiétudes de Moscou, qui veut avoir la garantie que les cargos n'apporteront pas d'armes à l'Ukraine. Par ailleurs, un mémorandum d’accord devait accompagner le texte, signé par les Nations unies et la Russie, garantissant que les sanctions occidentales contre Moscou ne concerneront pas les céréales et les engrais, de manière directe ou indirecte. La Russie en faisait une condition sine qua non à la signature de l'accord.
Céréales ukrainiennes: après l’accord, Moscou attaque le port d’Odessa
Le lendemain de la signature de l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, des missiles russes ont touché le 23 juillet une usine de traitement de céréales dans le port d'Odessa, a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne Iouri Ignat. «Le port d'Odessa a été bombardé, en particulier là où se déroulaient les processus d'expédition [de céréales]. Nous avons abattu deux missiles, et deux autres missiles ont touché l'infrastructure portuaire où, de toute évidence, il y avait du grain», a-t-il ajouté. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné «sans équivoque» ces attaques, ajoutant que «la mise en œuvre intégrale [de l'accord] par la Fédération de Russie, l'Ukraine et la Turquie est impérative». «Frapper une cible cruciale pour l'exportation de céréales un jour après la signature des accords d'Istanbul est particulièrement répréhensible et démontre une fois de plus le mépris total de la Russie pour le droit international et les engagements», a réagi Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE, sur Twitter. De son côté, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a déclaré que «le fait qu'un tel incident se soit produit juste après l'accord que nous avons conclu hier (...) nous préoccupe vraiment».
Céréales ukrainiennes: l’UE appelle à la mise en œuvre rapide de l’accord
«L'accord d'Istanbul est un pas dans la bonne direction. Nous appelons à sa mise en œuvre rapide», a déclaré le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell, à la suite de la signature le 22 juillet de l’accord, sous l’égide des Nations unies, entre l’Ukraine et la Russie pour débloquer les exportations de céréales ukrainiennes. Avant de préciser qu’«il s’agit d'une étape cruciale dans les efforts visant à surmonter l'insécurité alimentaire mondiale causée par l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Son succès dépendra de la mise en œuvre rapide et de bonne foi de l'accord». En envahissant l'Ukraine, «la Russie a mis en danger la sécurité alimentaire de millions de personnes dans le monde. L'accord actuel offre une opportunité de commencer à inverser ce cours négatif», veut croire le diplomate européen. En parallèle, via son plan des «Voies de solidarité», l’UE «reste déterminée à aider l'Ukraine à acheminer le plus rapidement possible la plus grande partie de ses céréales vers les marchés mondiaux», a-t-il également assuré.
Protocole nord-irlandais: Bruxelles lance 4 nouvelles procédures d’infraction contre Londres
La Commission européenne a décidé le 22 juillet de lancer quatre nouvelles procédure d’infraction contre le Royaume-Uni, après les trois premières engagées le 15 juin, afin de dénoncer une nouvelle fois le caractère illégal du projet de loi britannique (approuvé le 27 juin pour une seconde lecture par la Chambre des communes) visant à amender unilatéralement le protocole nord-irlandais (notamment les chapitres relatifs aux procédures douanières et aux contrôles sanitaires et phytosanitaires). Ces procédures visent plusieurs infractions. La première pour ne pas avoir respecté les exigences douanières, de surveillance et les contrôles applicables aux marchandises de l’Irlande du Nord vers la Grande-Bretagne. La seconde pour ne pas avoir notifié la transposition de la législation de l’UE établissant les règles générales de l’UE sur les droits d’accises. La troisième pour ne pas avoir notifié la transposition des règles de l’UE relatives aux droits d’accises sur l’alcool et les boissons alcoolisées. Enfin la dernière pour ne pas avoir mis en œuvre les règles de l'UE relatives à la TVA pour le commerce électronique. «Les lettres envoyées aujourd’hui demandent au Royaume-Uni de prendre rapidement des mesures correctives pour se conformer à nouveau aux dispositions du protocole», indique Bruxelles. Londres dispose de deux mois pour répondre. À défaut, la Commission prévient qu’«elle est prête à prendre de nouvelles mesures».
Prosulfocarbe: le tribunal d’Amiens rejette la demande de suspension d’AMM
Par une décision du 19 juillet, repérée par nos confrères de Référence Agro, le tribunal administratif d’Amiens a rejeté la requête de Générations futures et de la Fnab (agriculteurs bio), qui demandaient la suspension en urgence de l’autorisation du Fixy, un produit à base de prosulfocarbe produit par la société Top SAS. Principale critique de l’ONG et du syndicat: la volatilité de la molécule entraînant sa dispersion dans les champs et sa présence dans des productions biologiques et le sarrasin. Or, selon le tribunal, si les organisations ont bien justifié de pertes de production, «elles ne fournissent pas d’éléments, en termes notamment de réduction des surfaces cultivables, de diminution de la production ou du chiffre d’affaires ou encore en termes de perte de valeur vénale du foncier, permettant d’apprécier l’ampleur réelle des conséquences pour les agriculteurs», d'après la décision consultée par Agra Presse. Par ailleurs, s’appuyant sur des rapports de la Commission, de l’Anses et de l’Inrae, les juges estiment que «l’existence d’un risque grave avéré pour la santé humaine lié à la présence de prosulfocarbe dans les aliments n’est pas démontrée». Selon nos confrères, les organisations poursuivront leurs démarches en déposant «des requêtes au fond sur «six autorisations de mise sur le marché de produits contenant la molécule».
Lait bio: pendant que le prix baisse pour le producteur, les prix en rayon augmentent
Alors que le prix du lait bio payé aux producteurs «diminue légèrement» sur an (-1%), les prix des produits laitiers bio en rayon progressent à un rythme comparable à celui des produits conventionnels «dont le coût de la matière première agricole (MPA, NDLR) s’est pourtant envolé», observe l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa publication Tendances du mois de juillet. Une hausse qui atteint par exemple +5% sur les fromages bio. D’après les économistes de l’Idele, les transformateurs de lait bio n’auraient pourtant pas demandé de hausse portant sur le prix de la MPA lors des négociations commerciales. «Seule une petite partie» de ces hausses pourrait s’expliquer par la répercussion de l’inflation des matières premières industrielles. Après avoir chuté sous la barre des 400 €/1000 l en avril et en mai, le prix du lait bio payé aux producteurs est repassé au-dessus du conventionnel au mois de juin et devrait revenir à son niveau de 2021 en juillet. La consommation des produits laitiers bio connaît, elle, une baisse «spectaculaire» depuis le début de l’année, accentuée par l'inflation. Sur les deux premières périodes du second semestre, la consommation baisse de 18% pour le beurre, 19% pour la crème, 20% pour les fromages, 12% pour le lait liquide et 14% pour l’ultra-frais, par rapport à 2021.
Brucellose: nouvel arrêté pour abattre 75 individus (préfecture)
La préfecture de Haute-Savoie a mis en consultation le 5 juillet un nouvel arrêté prévoyant d’autoriser l’abattage de 75 bouquetins dans le massif du Bargy. À la suite de 95 captures réalisées au printemps 2022, rappelle la préfecture, cinq bouquetins contaminés ont été euthanasiés. «La maladie reste donc présente chez les bouquetins», souligne le préfet. Alors que «les derniers individus s’avèrent presque impossibles à capturer», la préfecture prévoit donc d’autoriser le tir de 75 individus non marqués «jusqu’au 15 novembre» afin d’éviter les contaminations en période de rut. Selon un communiqué du 21 juillet de France nature environnement, les scientifiques du Conseil national de protection de la nature auraient émis un avis défavorable contre ce nouvel arrêté, «avis qui bizarrement n’est pas joint aux documents soumis à la consultation», ironise l’ONG. Alors que le tribunal de Grenoble avait suspendu un précédent arrêté d’abattage en mai, FNE propose à ses soutiens de se mobiliser en écrivant directement à la préfecture pour lui demander «de ne pas tirer les bouquetins non testés».
Biodiversité: en Amérique, l'agriculture fait disparaître le papillon monarque (UICN)
Connu pour sa migration annuelle de plus de 4000 km du sud du Canada jusqu’aux forêts montagneuses du Mexique, le papillon monarque est entré sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées dans la catégorie «en danger», annonce l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans un communiqué du 21 juillet. La population de l’Ouest des États-Unis (Californie, Nevada, Arizona, Oregon) serait la plus menacée selon l’UICN, «avec une diminution d’environ 99,9%, de 10 millions de papillons dans les années 1980 à 1914 individus en 2021». L’agriculture serait responsable de la disparition de l’espèce à deux titres. Tout d’abord, en raison de la déforestation, qui «détruit une grande partie des zones d’hivernage des papillons» au Mexique comme aux États-Unis. Mais également en raison de l’utilisation d’herbicides qui éradiquent l’asclépiade, «plante hôte de laquelle les larves du papillon monarque se nourrissent», ainsi qu’en raison de l’utilisation d’insecticides qui peuvent endommager les larves. Les changements climatiques, complète l’organisation internationale, «ont eu un impact significatif sur le papillon monarque migrateur et constituent une menace croissante». Selon le même communiqué, la liste rouge de l’UICN comprend désormais 147 517 espèces, dont 41 459 menacées d’extinction.