Parlement européen: la Tchèque Veronika Vrecionova nouvelle présidente de la Comagri
Les membres de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont élu comme présidente, à l’occasion de leur première réunion le 23 juillet à Bruxelles, la Tchèque Veronika Vrecionova du groupe conservateur ECR (par 31 voix contre 8 et 10 abstentions). Le 1er vice-président sera le Roumain Daniel Buda du groupe PPE (droite). Pour l’élection du poste 2e vice-président qui aurait dû revenir au groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe (où siège le RN), un cordon sanitaire a été imposé et c’est finalement le PPE allemand Norbert Lins (président de la Comagri sous la précédente mandature) qui a été choisi. Le siège de 3e vice-président revient au Français Eric Sargiacomo (social-démocrate). Quant au dernier fauteuil, il n’a pas pu être défini car les socialistes ont contesté le choix du PPE de proposer un homme (le Polonais Krzysztof Hetman) estimant que cela contrevenait à l’obligation de parité. La désignation du 4e vice-président est donc reportée au mois de septembre. D’autres commissions parlementaires se sont aussi constituées le 23 juillet. C’est notamment le cas de la commission de l’Environnement (Comenvi) où le socialiste italien Antonio Decaro en est devenu le président en lieu et place du centriste Français Pascal Canfin. Celui-ci conserve néanmoins son siège dans cette commission et prend même la coordination de son groupe (Renew). La commission du Commerce international (Cominta), sera également présidée par un social-démocrate. L’Allemand Bernd Lange, en poste depuis 2014, rempile pour un troisième mandat. Manon Aubry (La Gauche) en a été élue 1ere vice-présidente alors que Marie-Pierre Vedrenne (Renew), elle-même ancienne vice-présidente, est devenue coordinatrice du groupe centriste.
LOA: Duplomb et Dive préparent une PPL agricole pour la rentrée, sans Egalim
Les présidents des groupes parlementaire de droite à l'Assemblée et au Sénat, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, ont présenté, le 22 juillet, un «pacte législatif», comportant notamment une proposition de loi «agriculture et souveraineté alimentaire». Selon le document très succinct, elle inclurait des mesures sur les «surtranspositions», les «clauses miroir», «Ecophyto», ou le «TO-DE», sans toutefois de précision du calendrier. Au moins deux parlementaires travailleront sur le texte cet été, en vue d'une présentation à la rentrée. Le député LR Julien Dive a déjà «échangé avec la FNSEA» sur le sujet. Il considère désormais la Loi d'orientation agricole (LOA) comme «enterrée», et revendique de «partir d'une copie blanche», d'autant qu'«il y avait beaucoup de manques sur le foncier, les pesticides et l'assurance». Le sénateur LR Laurent Duplomb travaille également sur un texte ; il s'inspirera de deux de ses textes antérieurs (la PPL Compétitivité et les 42 mesures d'urgences présentées en début d'année) et reprendra «des éléments de la LOA», en «supprimant les contraintes». Parmi les mesures phares: «suppression de l'Office français de la biodiversité», réautorisation de l'acétamipride, suppression de la séparation de la vente et du conseil des pesticides... Les deux parlementaires doivent échanger au cours de leurs travaux ; ils s'accordent sur le fait de ne pas inclure de dispositions portant sur les relations commerciales, sujet qui sera traité séparément et ultérieurement.
Plan agriculture méditerranéenne : les détails de la mise en oeuvre toujours attendus
À la veille d’une réunion sur le «plan de soutien à l’agriculture méditerranéenne», de nombreuses questions demeurent, rappelle Jérôme Despey, premier vice-président de la FNSEA, à Agra presse le 23 juillet. «Nous attendons que les modalités opérationnelles de ce plan soient précisées, notamment autour du périmètre couvert par le plan, de la gestion de l’eau ou encore des éléments de diversification [dans les systèmes de production agricole Ndlr]», précise M. Despey. Annoncé en avril par le Premier ministre, le plan «agriculture climat Méditerranée» est entré en phase de concertation mi-juillet avec l’ensemble des acteurs concernés de tous les acteurs concernés. Afin d’accompagner les agriculteurs dans les territoires concernés par les effets du dérèglement du climat méditerranéen, le ministère de l’Agriculture a annoncé vouloir adopter une triple logique ; à savoir «une logique territoriale, en ancrant la production dans un territoire», «une logique de filière et de valorisation du produit, pour tirer le maximum de valeur ajoutée à la production», «une logique de diversification et de changements de pratiques dans les systèmes de production agricole». Pour ce faire, une première enveloppe de 50 millions d'euros sur les crédits de la planification écologique sera déployée.
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Pesticides : la dérive climatique augmenterait leur usage en France d'ici 2050 (étude)
La dérive climatique et la hausse des températures pourraient conduire les agriculteurs français à accroître leur utilisation de pesticides, selon une étude de chercheurs de l'Inrae, présentée le 21 juillet sur le site The Conversation. Toutes choses égales par ailleurs, la hausse induite par le climat est estimée de 7 à 15% d’ici 2050. Les augmentations concerneraient les fongicides et les herbicides et «toucheraient surtout les pesticides les plus nocifs pour la santé et l’environnement.» Pour mener leur étude, les trois scientifiques ont consulté les données d’achats de pesticides enregistrées à la BNVD (banque nationale des ventes de pesticides) qu’ils ont combinées, d’une part, avec l’évolution des températures et précipitations observées par Météo France entre 2014 et 2019, les déclarations de surfaces cultivées par culture pour la Pac, et des projections climatiques à 2050. La hausse des températures, explique le trio, favorise le développement des insectes, des champignons et des mauvaises herbes poussant à traiter davantage. Et ce avec le risque d’une volatilisation accrue des pesticides à cause de la chaleur et de déversement des substances actives dans les cours d’eau avec des pluies plus fortes. Cette étude montre que l'effort des pouvoirs publics en matière de réduction des pesticides «devra être d’autant plus appuyée que le changement climatique sera prononcé», concluent les auteurs.
Moissons et JO : «la mauvaise récolte facilite la circulation sur la Seine» (Valfrance)
À quelques jours de la cérémonie d’ouverture des JO, la circulation des péniches sur la Seine est stoppée, conformément à l'accord entre la profession et la préfecture d'Île-de-France. «C’est triste à dire mais finalement, la mauvaise moisson de cette année nous aide à gérer cet ajustement du calendrier de circulation, concède Christophe Grison, président de Valfrance, interrogé par Agra. Les chantiers ont du retard, les rendements sont en net recul et les PS, en dessous des normes. Avant d’expédier le grain vers Rouen, nous allons devoir le travailler pour le nettoyer et homogénéiser la qualité des lots : cela va prendre un peu de temps. Autant de jours durant lesquels nous n’aurons pas besoin d’utiliser la navigation sur la Seine. Et moins de grains signifie aussi un besoin moindre en péniches.» Pour cet agriculteur, 2024 s’annonce, pour sa ferme et pour sa coopérative, aussi mauvaise que 2016: «Pour ce qui est déjà récolté sur mon exploitation, les rendements des blés tendres ne dépassent pas 65 q/ha alors que, dans les mêmes terres, j’atteins régulièrement 90 q/ha les autres années.» En cause: des pluies incessantes depuis les semis et une forte pression maladies (4 fongicides ont été appliqués). «Avec des coûts de production en hausse et des prix de vente en berne, dans la plaine, le moral n’est pas bon», confie-t-il.
Sucre : les ventes de confiseries se sont stabilisées à leur niveau pré-Covid
Le marché des confiseries est resté stable en 2023 avec une hausse des volumes de 3,7% sur un an, après avoir retrouvé leur niveau d'avance crise Covid en 2022, ont indiqué les Confiseurs de France (fabricants), dans un communiqué du 23 juillet. «Certains produits ont davantage tiré leur épingle du jeu cette année et ont vu leurs ventes en volume progresser significativement», détaille le syndicat des Confiseurs de France, interrogé par Agra. C’est notamment le cas des pâtes à mâcher (+ 5%), des bonbons gélifiés (+4,5 %), des sucettes et sucres d’orge (+ 19,3 %) ou encore des marrons glacés (+ 9,7 %). Les chewing-gums, progressent de 8,4%, renouant avec leur niveau des années d'avant crise. Au total, les ventes de confiseries en GMS en 2023 ont représenté 1,66 milliard d’euros (dont 310 millions pour les chewing-gums), avec un panier moyen annuel des Français de 41,3 euros. Les confiseries restent un marché solide, d’après une étude de la société d’étude et de conseil ObsCo menée en 2022. Plus de neuf Français sur dix achètent des confiseries «quelques fois dans l’année», 22% en achètent une fois par semaine ou plus. Pour 79% des sondés les confiseries sont un «plaisir dont on ne saurait se passer», et un petit plaisir «du quotidien» pour 72%. Le goût reste le premier critère de choix (77% des acheteurs).
Serristes: vers une prime moindre pour trois certificats d'économie d'énergie (syndicat)
Le Conseil Supérieur de l’Energie doit se réunir le 25 juillet, pour étudier notamment la révision de trois fiches CEE (Certificats d’économies d’énergie) concernant le milieu agricole: AGRI EQ 102 (double écran thermique), AGRI EQ 104 (écrans thermiques latéraux) et AGRI TH 101 (dispositif de stockage d’eau chaude de type «Open Buffer»), pour une entrée en vigueur d’ici la fin juillet. Ces fiches concernent directement les serristes engagées dans les démarches d’économie énergétique et de transition. «Ces révisions sont obligatoires et permettent de recalibrer les fiches en fonction des investissements réalisés au sein de la filière depuis leur publication il y a plusieurs années, croit savoir le syndicat Légumes de France (FNSEA) dans son bulletin Direct Légumes du 12 juillet. Concernant ces trois fiches, étant donné que la taille du gisement a considérablement augmentée, la prime initialement prévue sera réduite». Du coup, le syndicat incite ses adhérents ayant besoin de réaliser l’un de ces trois investissements «à rapidement demander une valorisation CEE basée sur les taux actuels». Il rappelle par ailleurs qu’il a mis en place un service sur mesure pour cette démarche (accompagnement pour le montage du dossier, valorisation des CEE au meilleurs prix).
Fruits et légumes : des prix en baisse sur 2024, sauf en fruits bio, selon Familles Rurales
L’association de défense des consommateurs Familles Rurales a publié la 18e édition de son Observatoire des prix des fruits et légumes, qui porte sur 9 fruits et 10 légumes frais, conventionnels et bio. Entre juin 2023 et juin 2024, le prix des fruits de ce panier a baissé de 5 % en conventionnel mais augmenté de 2% en bio. Sur la même période, celui des légumes a baissé de 9% en conventionnel et de 3% en bio : «Une baisse des prix à relativiser au regard des niveaux avant crise : une hausse de 25% entre 2021 et 2023», souligne l’association qui rappelle qu’en 10 ans, « l’augmentation du prix des fruits (50%) et des légumes (70%,) en net décrochage avec l’évolution du salaire moyen par tête (+22%), a contribué à la précarisation alimentaire de 10 800 000 personnes ». Familles rurales demande aux parlementaires et décideurs politiques d’engager un «plan manger sain» pour redonner du pouvoir d’achat et rendre accessible à tous une alimentation saine: «Bouclier Qualité Prix» (existant déjà en outre-mer), transparence sur les marges et la taxation de celles excessives, abandon des «surmarges» imposées par la loi (seuil de revente à perte +10%), implication des professionnels de santé pour accompagner les parents dans leur rôle éducatif.
Tomate d’industrie : en Italie, des boîtes de purée sans origine ni étiquetage saisies
Les gendarmes et les services de fraudes italiens ont saisi 176 000 boîtes de purées de tomates (400 gr), dépourvues de tout élément permettant de déterminer leur origine et sans aucun étiquetage, dans une entreprise (non citée) de la région de Foggia (région des Pouilles), rapporte le quotidien Foggia Today 21 juillet. D’un montant commercial estimé à 265 000 €, la cargaison allait être mise sur le marché au moment de l’intervention des autorités qui ont immédiatement procédé à la saisie administrative des boites incriminées. Cette action entre dans le cadre d'une campagne d'action initiée par le gouvernement pour la prévention et la répression des fraudes portant atteinte à la qualité de la production agroalimentaire et des délits liés à la contrefaçon. Le contrôle d’un bon étiquetage des produits fait partie des procédures. «L'Italie est le pays qui effectue le plus de contrôles et l'engagement du gouvernement Meloni à lutter contre toute irrégularité est incessant. Nous n'abandonnerons jamais cela», s’est félicité le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, Francesco Lollobrigida. L’Italie, troisième producteur mondial (derrière la Californie et la Chine), a produit 5,5 millions de tonnes de tomate transformées en 2023.
Lait: collecte en hausse au premier semestre, sauf pour le lait bio
La collecte laitière française serait en hausse de 1,4% sur le premier semestre, selon les estimations de l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa dernière note Tendances. D’après les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte du mois de juin augmenterait de 2,6% par rapport à juin 2023. L’Idele relève cependant des dynamiques différentes selon les régions. Au mois de mai, la collecte a été «très dynamique» dans le Grand Est (+4,2%) et a résisté dans les Pays de la Loire (+1,7%). En revanche, la collecte décline fortement en Occitanie (-4,7%) et en Auvergne Rhône Alpes (-2,8%). L’Idele attribue la bonne orientation globale de la collecte à des «maïs ensilages très lactogènes» et un «recours plus soutenu aux aliments composés». D'après les données du Snia (fabricants), rapportées par l'Idele, les fabrications d'aliments pour vaches laitières étaient en forte hausse en avril (+9,8%/2023). «Le second semestre apparaît plus incertain» pour la collecte laitière, indique la publication. En effet, les conditions météorologiques au printemps ont certainement affecté la qualité des fourrages (prairies) et ont retardé les semis de maïs ensilage. En mai, la baisse annuelle de la collecte de lait bio atteint 5,2%, en lien avec «la réduction du nombre de livreurs mais surtout à une météo très défavorable».