Loup: 920 animaux en sortie d’hiver (OFB), soit 18% de plus en un an
Selon le décompte de l'Office français de la biodiversité (OFB), la population de loups en France à la sortie de l'hiver 2021-2022 atteindrait 921 individus, indique la préfecture de la région Auvergne-Rhône Alpes à l’occasion d’une réunion du groupe national loup ce 27 juin. En prenant en compte «le résultat des analyses génétiques», l'effectif pour 2020-2021 a parallèlement été revu en hausse de 624 à 783 loups. Sur un an, la population aurait donc progressé de 18% au total. «Il y a une tendance à la dispersion, avec des zones de présence permanente (ZPP) de plus en plus étendues. Mais on observe aussi une densification des meutes», commente Loïc Obled, directeur général délégué à l’expertise à l’OFB. Mais si l’espèce progresse géographiquement, détaille-t-il, aucune reproduction n’a jamais été attestée en dehors de l’arc alpin. La révision de l’effectif «relèvera le nombre maximal de loups pouvant être prélevé de 118 à 174», précise la préfecture, alors que le plafond de tir a été rehaussé à 19%. Depuis le 1er janvier, 29 loups auraient cependant déjà été décomptés. Dans sa précédente note de suivi de 2021, l’OFB avait précisé que l’intervalle de confiance de l’effectif était «relativement important», avec une population estimée entre 414 et 834 loups.
Loup: les demandes des OPA face à l’augmentation de la population
Face à la hausse de la population de loups sur un an, syndicats agricoles et chambres demandent au ministère de l’Agriculture de faciliter la lutte contre la prédation. «À chaque attaque, tous les éleveurs doivent pouvoir accéder aux tirs de défense simples, voire renforcés, sans entrave», défend Claude Font, référent loup pour la FNO (éleveurs ovins, FNSEA). Dans un communiqué du même jour, la Confédération paysanne demande de son côté «la mise en place du cercle 3 sur l’ensemble du territoire national dès 2023». Une mesure qui permettrait à l’ensemble des éleveurs d’être partiellement indemnisés pour les dispositifs de protection. Alors que 112 loups auraient été prélevés sur les 118 autorisés en 2021, FNSEA, chambres, chasseurs et associations spécialisées animales exigent même «que soient prélevés 300 loups en 2022». Au niveau européen, la FNO estime pour sa part que «la révision du statut de protection du loup s’impose», afin de «donner davantage de souplesse aux États membres». Au total, et malgré la révision à la hausse des chiffres, «la perte de confiance est réelle, et subsiste sur la transparence et la remontée d'indices», prévient Alain Pouget, représentant de la Coordination rurale au groupe national loup.
Sécurité alimentaire: le G7 demande le libre passage des exportations ukrainiennes
«Nous demandons de toute urgence à la Russie de cesser, sans condition, ses attaques contre les infrastructures agricoles et de transport et de permettre le libre passage des navires agricoles depuis les ports ukrainiens de la mer Noire», appellent, dans une déclaration sur le soutien à l’Ukraine adoptée le 27 juin, les dirigeants du G7 réunis pour un sommet en Bavière. Leur déclaration pointe une nouvelle fois le rôle de la Russie qui, en empêchant «l'Ukraine d'exporter ses produits agricoles» et en entravant «sa capacité de production», est responsable de «l’augmentation de l'insécurité alimentaire mondiale pour des millions de personnes». Des négociations pour faciliter l’exportation des matières premières agricoles ukrainiennes sont en cours sous l’égide des Nations unies, mais elles n’ont pour l’instant pas donné de résultat. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, devait participer le 27 juin à une session du G7 consacrée spécifiquement à la sécurité alimentaire.
Chlordécone: la justice administrative reconnaît des «négligences fautives» de l'État
Le tribunal administratif de Paris a condamné l'État pour des «négligences fautives» dans le dossier du chlordécone, pesticide utilisé dans les Antilles, mais a rejeté les demandes d'indemnisation des plaignants pour préjudice d'anxiété, selon un jugement obtenu le 27 juin par l'AFP. «Les services de l'État ont commis des négligences fautives en permettant la vente d'une même spécialité antiparasitaire contenant 5% de chlordécone», sous divers noms, et «en autorisant la poursuite des ventes au-delà des délais légalement prévus en cas de retrait de l'homologation», selon cette décision rendue vendredi 24 juin. Me Christophe Lèguevaques, qui représente les 1240 requérants, compte faire appel pour obtenir la reconnaissance du préjudice d'anxiété. Selon l’avocat, cette décision est cependant une «avancée décisive», qui «peut servir dans le dossier pénal du chlordécone». D'autres procédures sont en cours concernant l'utilisation de chlordécone aux Antilles, dont une plainte pour empoisonnement déposée il y a 16 ans et pour laquelle les plaignants craignent un probable non-lieu.
ETA: aussi concernées par une nouvelle hausse de salaires minimaux (CFDT)
Dans la foulée de la branche Production agricole et Cuma, les partenaires sociaux se sont mis d'accord pour augmenter les salaires minimaux de la branche des Entreprises de travaux agricoles ruraux et forestier (Etarf), rapporte la CFDT Agri-Agro dans un communiqué paru le 27 juin. L'augmentation serait équivalente à la dernière revalorisation du Smic, soit 2,65%. Cet accord devrait entrer en application en août, précise le syndicat à Agra Presse. Comme dans la branche Production agricole et Cuma, une augmentation de 0,9% avait déjà été opérée en janvier pour la branche Etarf, également dans le sillon du Smic. La nouvelle augmentation s'applique à toutes les grilles, à l'exception des entreprises de services à l'aviculture (p. ex. ramassage de volailles); ces dernières sont «dans une situation économique rendue difficile par les effets de la grippe aviaire», rappelle la CFDT. À défaut de revalorisation, la CFDT indique avoir obtenu un accord APLD (activité partielle de longue durée), qui permet notamment une «meilleure indemnisation des périodes de chômage technique». L'application légale de ces nouveaux minimums est suspendue à la parution d'un arrêté d'extension de l'accord au Journal officiel.
Maltraitance animale: l’abattoir de Briec condamné à 21 500 euros d’amendes
Poursuivi après la diffusion d’une vidéo de L214, l’abattoir de truies de Briec «écope d’un total de 21 500 € d’amendes», rapporte Ouest-France (article payant) le 27 juin. Le tribunal de Quimper (Finistère) a aussi prononcé des peines de «1000 € d’amendes à six mois de prison avec sursis» pour quatre salariés, jugés pour «avoir commis des sévices graves sur des animaux». L’abattoir devra enfin «verser 5000 € à L214 et 2000 € à l’association [de protection animale] Stéphane Lamart». Dans un communiqué, L214 juge la condamnation «bien insuffisante pour dissuader les abattoirs d’enfreindre la loi». Le verdict est toutefois plus lourd que la peine requise en mai par le parquet (10 000 €). La Société briecoise d’abattage (SBA, groupe Les Mousquetaires) était poursuivie pour «mauvais traitements», ainsi qu'abattage dans des installations et avec des équipements non-conformes et «sans précaution» pour éviter aux animaux de souffrir. Le 4 mai 2021, L214 avait diffusé des images montrant notamment des truies poussées à coups de pied et d'aiguillon électrique, d’autres recevant des coups d'aiguillon dans l'anus ou dans les yeux. «La requête déposée par L214 auprès du tribunal administratif pour carence fautive des services vétérinaires de l'État est toujours en cours», précise l’association.
Lait: les AOP laitières dévoilent leurs engagements pour le développement durable
Le 21 juin, lors de l’assemblée générale du Cnaol, chaque appellation d’origine protégée (AOP) était invitée à dévoiler son plan d’action et les mesures qu’elle prendra dans le cadre de la démarche «AOP laitières durables», lancée à l'été 2020, indique un communiqué de la structure qui réunit l'ensemble des organismes de défense et de gestion (ODG) des 51 AOP laitières. Les trois quarts des AOP ont d’ores et déjà choisi les engagements qu'elles comptent suivre pour s’inscrire «à l’horizon 2030 dans un modèle agroalimentaire durable». Quant au quart restant, il rendra sa copie dans quelques mois. Les AOP ont retenu en moyenne 37 engagements sur les 65 possibilités ouvertes par le Cnaol. La démarche AOP laitières durables s’appuie sur les trois piliers du développement durable (économie, social et environnement), et vise à aller «au-delà des cahiers des charges qui régissent les AOP pour dépasser leur promesse d’origine et de qualité organoleptique». Les mesures environnementales et sociales sont les plus investies par les AOP: 39% des engagements pris font partie du pilier environnement et 44% du pilier social. Ces nouvelles mesures peuvent «dès maintenant» être transcrites dans les cahiers des charges des produits, précise le communiqué.
Sécurité sanitaire: des salariés de la DGCCRF inquiets pour la survie de l’institution
À l’appel du syndicat majoritaire Solidaire CCRF & SCL, rejoint par la CFDT et l’Unsa, les personnels de la DGCCRF (Fraudes) ont manifesté, le 21 juin, contre le transfert de compétences dans le contrôle de la sécurité sanitaire des aliments du service du ministère de l’Économie vers la DGAL (Agriculture). Dans un communiqué du 16 juin annonçant la mobilisation, le syndicat se disait inquiet pour «la survie à moyen terme de la DGCCRF» après que la création d’une police unique chargée des contrôles de sécurité alimentaire sous l’égide de la Rue de Varenne a été actée dans la répartition des attributions ministérielles par décret. Cette réorganisation doit s’accompagner du transfert de 60 emplois vers la DGAL. Or, la DGCCRF (2500 agents) a déjà «perdu 1.000 emplois en 15 ans», dénonce David Sironneau, co-responsable syndical, dans des propos rapportés par l’AFP. Outre des inquiétudes sur le risque de privatisation de certaines missions, les agents en grève ont également souligné des différences de culture entre les deux institutions. «On sanctionne plus que le ministère de l'Agriculture, qui est historiquement plus sur des mises en demeure, des mesures correctives, affirme M. Sironneau. Politiquement, attribuer la sécurité alimentaire à l'Agriculture, c'est la placer du côté des industriels. Nous défendons le consommateur».
Biosolutions: Micropep lève près de 9 M€ pour accélérer aux États-Unis
Le toulousain Micropep technologies, expert en solutions à base de peptides biologiques, lève 8,75 M€ (série A1) pour notamment «accélérer son développement aux États-Unis», a-t-il annoncé le 27 juin. Il s’agit «d’accélérer la mise en place de son activité de développement en France et aux États-Unis tout en renforçant son pôle de recherche en France, d’après un communiqué. Ce nouvel investissement marque ainsi la première étape vers la commercialisation des futures solutions de Micropep.» Le fonds américain Fall Line Capital mène l’opération avec les investisseurs existants Supernova Invest, Sofinnova Partners, FMC Ventures et Irdi Capital Investissement. Micropep rappelle avoir effectué une autre levée de fonds (8,5 M€ en série A) il y a moins d’un an. La start-up travaille sur la pulvérisation de peptides naturels qui régulent les micro-ARN des plantes. Plusieurs usages sont visés, contre les mauvaises herbes multi-résistantes ou les maladies.