Agrafil du 3 juin 2022

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Œufs: Matines (Avril) annonce son projet de cesser ses activités «à l’automne»

Le leader français des œufs coquilles Matines a présenté le 2 juin à ses salariés son «projet de cessation volontaire de la totalité de ses activités de conditionnement et de commercialisation d’œufs à destination de la grande distribution et de la restauration collective», annonce-t-il dans un communiqué. «Confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés économiques», la société du groupe Avril n’a pas réussi à trouver de repreneur «en mesure d’assurer la pérennité des activités et des emplois». L’arrêt de ses activités «pourrait intervenir, à l’automne 2022, par la cession ou la fermeture de ses établissements», après les discussions avec les représentants du personnel et la procédure d’information-consultation. Sur les trois centres de conditionnement de la marque, seul celui de Naizin (Morbihan) fait l’objet d’un «engagement de reprise» par Sanders (Avril). Matines cherche toujours un repreneur pour ses autres sites. La cessation d’activité de Matines pourrait conduire à «la suppression de 114 postes». Matines s’engage à accompagner l’ensemble de ses salariés et à leur proposer «des offres de reclassement ou de mobilité». L’entreprise promet aussi de «tout mettre en œuvre pour identifier des débouchés de substitution pour ses éleveurs-partenaires».

Lait: la fréquence des analyses augmente pour quatre critères de qualité

Un arrêté du 11 mai étend, pour une durée de trois ans, un accord interprofessionnel «relatif au paiement du lait de vache en fonction de sa composition et de sa qualité». Il a été présenté le 2 juin lors d’une réunion au Cniel et fait suite à un accord conclu, le 16 février, entre les différents collèges de l’interprofession. «La fréquence d’analyse augmente sur certains critères: la matière grasse, la matière protéique, le point de congélation et les cellules somatiques», explique à Agra Presse Farnaz Fazaeli, la responsable du service qualité du lait et laboratoires du Cniel. Ces analyses étaient obligatoires une fois par semaine: elles doivent désormais être effectuées à chaque livraison. Avant, seuls les antibiotiques devaient être contrôlés à chaque livraison de lait. Une dérogation est prévue jusqu’à fin 2024 «pour laisser le temps aux acteurs de s’organiser», indique Farnaz Fazaeli. Le paiement du lait en fonction de sa composition et de sa qualité a été instauré par la loi Godeffroy de 1969. En 2012, le dispositif est devenu réglementaire et prend désormais la forme d’arrêtés et de décrets ministériels. Le coût des analyses est réparti équitablement entre le producteur et son collecteur.

Porc: à l’appel d’Evel’Up, les groupements s’engagent à augmenter leurs apports au MPB

«Ce jeudi 2 juin, l’ensemble des présidents des groupements de producteurs de porcs du Grand ouest se sont engagés à apporter 15% de leur production hebdomadaire au marché» du porc breton (MPB), annonce Evel’Up dans un communiqué le même jour. Ce niveau d’apport était celui réclamé par le groupement. Premier apporteur au MPB, Evel’Up avait annoncé le 30 mai sa volonté de quitter le marché de référence en l’absence de réponse positive des autres organisations de producteurs (OP). Dans le détail, les sept OP concernées* (Porélia étant déjà au-dessus du seuil de 15%) ont promis d’«augmenter de 1% [leurs] apports hebdomadaires au marché», pour atteindre 15% le 1er septembre. «Désormais, l’avenir du MBP dépend de leur engagement à tenir leur promesse», lance Evel’Up, qui «sera vigilant» sur ce sujet. «Seule une démarche collective permet de construire un prix rémunérateur pour les éleveurs », ainsi qu’«une relation équilibrée avec nos partenaires de l’abattage et de la transformation», d’après le groupement finistérien. Et d’appeler à «gommer très vite nos petits différents locaux, pour être de vrais compétiteurs face à des pays hyper organisés aux quatre coins de la planète».
* Elporc, Seretal, Syproporcs, Porvéo, Porc Armor, Eureden et Agrial

Collecte de données sur les pesticides: un accord trouvé entre les institutions européennes

Les négociateurs du Parlement européen et de la Présidence française du Conseil de l’UE ont finalisé le 2 juin un accord sur la réforme du système de collecte des données sur les intrants. Les discussions auront, jusqu’au bout, été difficiles à cause de la question sensible du suivi de l’utilisation des pesticides. Plusieurs États membres se montraient réticents à l’idée de collecter annuellement ces données, craignant une charge administrative trop importante. Au final, il a été convenu qu’après une période de transition de trois ans, ces données seront bien collectées annuellement. La première série de données sera collectée en 2026 et diffusée en 2028. Les États membres ont réussi à maintenir un certain nombre d’exemptions qu’ils demandaient (pour éviter les lourdeurs administratives). Le Parlement, lui, se félicite d’être parvenu à garantir que les données relatives aux pesticides comprendront les substances actives par culture et par surface traitée. Le règlement couvre également les données relatives aux médicaments vétérinaires, et à l’agriculture biologique.

Climat: les chambres cherchent du soutien pour le conseil à l'adaptation

Le président de Chambres d'agriculture France (ex-APCA) Sébastien Windsor a rencontré Marc Fesneau le 2 juin, pour la première fois en tant que ministre de l'Agriculture. Il en est ressorti assuré de «la volonté du ministre de s'appuyer sur les chambres d'agriculture», rapporte-t-il à Agra Presse. L'agriculteur normand a notamment insisté sur la volonté des chambres d'agriculture d'accompagner les agriculteurs à s'adapter au changement climatique: «Nous cherchons à aider les exploitations à être plus résilientes. Pour cela, il faut que les aides de l'État et des régions soient alignées», plaide-t-il en pleine finalisation de la déclinaison française de la future Pac, le Plan stratégique national (PSN), et en plein déploiement du volet Eau du plan France 2030. «Les agriculteurs les plus innovants ont déjà des projets d'adaptation, mais ceux qui le sont moins doivent aussi être accompagnés, et cela demande du temps de conseil.» Et de citer l'exemple des chambres d'agriculture de Lozère et d'Aveyron, qui conseillent les agriculteurs à passer de la culture de maïs à celle de méteil, plus résistante aux sécheresses.

Loup: l’enquête en Maurienne classée sans suite (justice)

L'enquête ouverte au printemps 2021 à la suite de la découverte de deux loups et de deux rapaces retrouvés empoisonnés dans les Alpes a été classée sans suite, «aucun auteur [n'ayant] pu être identifié», a indiqué le parquet d'Albertville le 1er juin. Les deux loups avaient été retrouvés empoisonnés en mars 2021 en Maurienne et les deux rapaces, un gypaète barbu et son oisillon, dans leur nid à Val-Cenis, rappelle la procureure Anne Gaches dans un communiqué. Des autopsies et des analyses toxicologiques avaient révélé que ces animaux avaient succombé à un empoisonnement par de l'aldicarbe et du carbofuran, produits «interdits depuis 2008». Les recherches menées sur les lieux avaient permis la découverte de «nombreux animaux morts», dont plus d'une dizaine intoxiqués au carbofuran, «parfois à de très fortes doses». «Ces éléments démontraient que des dépôts d'appâts empoisonnés étaient régulièrement pratiqués», note Mme Gaches. De nombreuses personnes ont été entendues dans le cadre de l'enquête, et des surveillances de nuit et des pièges photographiques ont été mis en place, selon elle. Malgré les «importants moyens» mobilisés pendant plus d'un an par la police de l'environnement et la gendarmerie nationale, ainsi que des perquisitions supplémentaires le 24 mai, «aucun auteur n'a pu être identifié», et «la procédure va donc être classée sans suite», conclut la procureure.

Blé: la récolte ukrainienne devrait baisser de 40% (association professionnelle)

L'Ukraine devrait voir sa production de blé baisser de 40% en 2022, a indiqué le 1er juin l'Association céréalière d'Ukraine, tandis que les exportations devraient chuter de 50%, en raison de la guerre avec la Russie. Cette association, qui réunit producteurs et exportateurs, a indiqué tabler sur une récolte de 19,2 Mt de blé, «nettement inférieure au record» de l’an passé à 33 Mt. «En dépit de l'occupation de territoires et de champs minés, l'Ukraine sera approvisionnée en céréales et pourra exporter une partie de la récolte», selon un communiqué. Avec 19 Mt, la production reste trois fois supérieure à la consommation annuelle de blé par l'Ukraine. S’y ajoutent les stocks de la récolte précédente, qui s'élèvent encore à 10 Mt, selon la même source. Quant aux exportations, elles pourraient atteindre quelque 10 Mt de blé pour 2022-23, selon l'association. Pour 2021-22, l'Ukraine a exporté 20 Mt, selon le rapport de l’USDA (ministère américain de l'Agriculture). La récolte de maïs devrait, elle, atteindre 26,1 Mt, contre 37,6 Mt l'an dernier (-30%), avec quelque 15 Mt pour l'exportation, selon l'association ukrainienne. D'après l’USDA, l'Ukraine a exporté 27,5 Mt de maïs en 2021-22, pour une production de 41,9 Mt.

Élevage: moral en berne chez les éleveurs face à la hausse des charges (sondage)

D'après un sondage Réussir-Ipsos à paraître le 7 juin et réalisé auprès de 236 agriculteurs entre le 12 et le 20 mai, les éleveurs interrogés (bovins viande, lait, ovins, porcs...) sont plus «pessimistes» que l'an passé. Quelque 61% des éleveurs se disent «très pessimiste» ou «plutôt pessimistes», contre 51% en 2021. Parmi les explications de ce pessimisme invoquées par les agriculteurs (en élevage et grandes cultures), la «hausse des coûts de production/approvisionnement/charges» arrive, de loin, en première position, invoquée dans 48% des réponses. Viennent ensuite les «incertitudes sur l'avenir/du conflit» (19%). Les éleveurs ont détaillé les conséquences perçues de la guerre en Ukraine; sans surprise, 94% d'entre eux mentionnent la hausse du coût des carburants, 84% celui des aliments et 76% des engrais. Le sondage évoque également le cas des exploitants en grandes cultures, chez qui le nombre de «pessimistes» baisse de 21 points, au profit des «attentistes» (+19 points). Ils sont à la fois touchés par la hausse des carburants (98%) et des engrais (97%), mais bénéficient aussi de la hausse de leurs prix de vente (76%).

Légumineuses: une campagne de promotion cible les jeunes consommateurs

Une campagne de promotion des légumineuses est menée en 2022 à destination notamment des jeunes consommateurs, ont indiqué le 2 juin ses responsables. L’opération à «plus de 1 M€», dont un cofinancement par France Relance, est initiée par les interprofessions Terres Univia (huiles et protéines végétales) et Interfel (fruits et légumes), ainsi que les fédérations FNLS (légumes secs) et Fiac (conserves). Son slogan: «Les légumineuses, c’est deux fois par semaine.» Un objectif en phase avec le Programme national nutrition santé (PNNS), soit environ 10 kg/an, alors que la consommation actuelle est inférieure à 2 kg/an (contre près de 4 kg/an en Europe). Trois publics sont visés: les enfants et parents, via de la publicité autour de recettes, un kit scolaire, une campagne sur les réseaux sociaux; la restauration collective, avec notamment un livret de recettes accompagné de vidéos, la présence à un salon; et enfin le secteur de la santé et nutrition. Cette campagne répond à la stratégie nationale en faveur des protéines végétales, lancée en décembre 2020. L’ambition est notamment de doubler les surfaces cultivées (en légumes secs, pois, soja, luzerne, légumineuses fourragères…) pour atteindre 8% de la SAU en 2030. «Aujourd’hui, notre production de légumes secs atteint péniblement 50% de la consommation», signale Antoine Henrion (Terres Univia).

Transition écologique: les attributions des deux ministres clarifiées (JO)

Par deux décrets publiés au Journal officiel le 2 juin, l’Élysée a clarifié la répartition des portefeuilles entre Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher. À la tête de la «Transition écologique et de la cohésion des territoires», la première se voit confier intégralement «la protection de la nature et de la biodiversité», le «développement durable», la «lutte contre l’étalement urbain», la qualité de l’air, «la police et la gestion de la chasse». La gestion du dossier climat, et notamment de l’influente direction de l’énergie et du climat (DGEC) sera en revanche partagée avec Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique. C’est à celle-ci qu’il reviendra d’ailleurs principalement de préparer et mettre en œuvre «la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre». Son ministère sera ainsi en charge «du développement des énergies renouvelables», notamment agricoles, et de la lutte contre la «précarité énergétique» en matière de carburant. Autant de portefeuilles qui seront surveillés de près par la Première ministre en charge de la planification écologique Élisabeth Borne et son secrétaire général Antoine Peillon.

Loup: des effets sur la santé mentale des éleveurs, corrélés au «sentiment de maîtrise»

Après une enquête menée entre 2019 et 2021 à la demande de la MSA, des chercheurs de l'Inrae reconnaissent que la violence «symbolique» de la prédation fait «de certains professionnels du pastoralisme des "malades du loup"». «La nature et l’intensité» des symptômes seraient selon les chercheurs «corrélées au sentiment que l’éleveur ou le berger a de maîtriser la situation lupine». Ainsi, les éleveurs situés dans des zones colonisées depuis au moins quatre à cinq ans par le canidé «peuvent ne plus réagir aussi fortement aux attaques», notent les chercheurs sur la base de 74 entretiens et 600 questionnaires. Ce sentiment de maîtrise, inégal au sein d’un territoire, reposerait aussi sur des facteurs environnementaux, tels que les conditions météorologiques (brume, pluie) ou les contraintes topographiques. Il s’expliquerait également par le «degré d’intégration dans le métier» des éleveurs: l’engagement syndical ou la reprise d’une exploitation familiale «sont autant de ressources qui permettent d’être reconnu par les pairs et de se faire une réputation dans le métier». Tous ces résultats conduisent les chercheurs à recommander «des dispositifs de santé communautaire» en matière de loup, comprenant «de la prévention par les pairs et pour les pairs et leurs proches».

Volailles: Agrial renforce son leadership à Rungis en rachetant Reilhe Martin

Le groupe coopératif Agrial a annoncé le 2 juin l’acquisition de Reilhe Martin, grossiste en volailles et gibier basé au Marché d’intérêt national (Min) de Rungis. Employant 25 salariés pour 20 M€ de chiffre d’affaires, la société Reilhe Martin était «détenue par Franck Martin et Pierre Portier»; ce dernier «continuera à diriger l’entreprise», précise un communiqué. Avec ce rachat, Agrial «renforce sa position de leader du pavillon de la volaille» du Min de Rungis. Le groupe normand «assure l’approvisionnement de restaurants, grossistes et bouchers-charcutiers de la région parisienne» via sa société Avigros (30 000 t de volailles commercialisées, 100 M€ de chiffre d’affaires).

Pesticides: le Québec veut séparer la vente et le conseil (presse)

Le gouvernement québécois a présenté le 1er juin un projet de loi visant la séparation des activités de vente et de conseil d’intrants agricoles, rapporte la presse canadienne. Objectif: éviter tout conflit d’intérêts. L’an dernier, un livre de l’agronome Louis Robert (Pour le bien de la terre, éd. MultiMondes) dénonçait la mainmise de l’industrie des engrais et des pesticides sur l’agriculture québécoise. Il reste seulement quelques jours aux parlementaires pour adopter ce projet de loi avant la pause estivale et les élections provinciales de l’automne.

Consultez notre agenda de la semaine agricole du 6 juin

Vendredi 3 juin
Journée de clôture du congrès de la SNPR (propriétaires ruraux, FNSEA)

Lundi 6 juin
Semaine de la coopération agricole, jusqu'au 12 juin

Mardi 7 juin
Vote du Parlement européen sur huit propositions législatives du paquet Climat (notamment sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, l’utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie ou la répartition des efforts)
Conférence de presse de la FNSEA et de la Coopération agricole sur le chèque alimentaire
Conférence de presse de la Confédération paysanne et du Modef sur l'influenza aviaire

Mercredi 8 juin
Colloque Food Risk (sécurité alimentaire), à Nimes jusqu'à jeudi
Salon France Expo Biogaz, jusqu'au 9 juin, à Bordeaux
Congrès de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA)
Congrès de l'UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA), dans l'Aube
Assemblée générale de l'Anamso (multiplicateurs de semences oléagineuses)
Assemblées générales de l'Anicc et de la FNSacc (champignons sur couches)
Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer
Rapport Cyclope sur les marchés mondiaux des matières premières
Soirée révélation de la nouvelle identité de Val'hor (horticulture)
Voyage de presse de Prince de Bretagne sur l'agroécologie

Jeudi 9 juin
Assemblée générale d'Evel'Up (groupement de producteurs de porcs)
Assemblée générale de Nutrinoë (fabricants d'aliments de l'ouest)
Assemblée générale d'Agridées (cercle de réflexion)
Conférence de presse de Tereos (betterave à sucre)
Journée du président de l'Académie vétérinaire
Conférence de presse de Biolait (lait bio)
Conférence de presse FNE sur le thème «Comment cohabiter avec les espèces qui nous dérangent»

Vendredi 10 juin
Assemblée générale de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA)
Voyage de presse de l'Agence bio dans la Drôme

Erratum: le nouveau président des JA est Doubiste et non Jurassien

Contrairement à ce qui était écrit dans l'Agrafil daté du 2 juin, le nouveau président des Jeunes Agriculteurs (JA) Arnaud Gaillot est Doubiste et non Jurassien. Par ailleurs, le CNJA a été créé en 1957 (et non 1958). Et la limite d'âge pour intégrer le syndicat est de 38 ans et non plus 35 ans, à la suite d'un vote le 2 décembre en Université d'hiver à Angers.