Agrafil du 30 décembre 2024

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Sols: les microplastiques omniprésents dans les sols agricoles, selon l'Ademe

Une étude publiée le 26 décembre par l'Ademe révèle une présence quasi systématique des microplastiques dans des sols à vocation agricole en France, mettant en lumière pour la première fois l'importance de cette pollution. Sur les 33 échantillons prélevés sur des forêts, des prairies, des vignes et vergers ou des zones de grandes cultures répartis sur tout le territoire de la métropole, 25 (soit 76%) contenaient des microplastiques. En moyenne, les sols analysés contiennent 15 particules de microplastiques (de taille inférieure à 5 mm) par kg de sol sec. Sans parvenir à identifier la source des microplastiques, l’Ademe «suppose que, pour les sols dédiés aux activités agricoles, une part de leur origine provient des pratiques agricoles mises en œuvre» (paillages plastiques, enrobages de semences, etc.). Les analyses effectuées par l'Institut de recherche Dupuy De Lôme, à Lorient, ont révélé une contamination dans la totalité des sols de prairies (quatre échantillons sur quatre), dans plus des trois quarts des sols de grandes cultures (17 sur 21), dans trois échantillons sur quatre de vignes et vergers et dans un seul des quatre des échantillons de sols de forêt. Les échantillons, prélevés en partenariat avec l’Inrae, contenaient principalement du polyéthylène et du polypropylène, des polymères majoritairement présents dans les emballages en plastique.

Fruits et légumes: le néerlandais Scherpenhuizen Beheer veut racheter Primeale

D'après une note de l'autorité de la concurrence néerlandaise le 20 décembre, l'entreprise néerlandaise de négoce de fruits et légumes Martin Scherpenhuizen Beheer souhaite «indirectement, reprendre toutes les actions de Van Oers United», son compatriote et filiale d'Agrial qui opère sous la marque Primeale. Acteur majeur en Europe des légumes de 1ère gamme, Van Oers avait été acheté en 2015 par la coopérative française, elle-même leader des légumes 4e gamme avec sa marque Florette. Sous la marque Primeale, Van Oers United commercialise 113 millions de kg de légumes chaque année dans 29 pays, pour un chiffre d'affaires de 223 millions d'euros. Elle est née en 2011 de la fusion d'une entreprise de commerce de fruits et légumes, Van Noort, et d'une société maraichère Van Oers. Elle détient des sites de cultures aux Pays-Bas, mais au Sénégal et au Maroc. L'acquisition de VOU en 2015 avait permis à Agrial de conforter son positionnement international sur les marchés d’Europe du nord, et d’élargir sa gamme à d’autres légumes tels que les haricots verts, les choux de Bruxelles, les oignons nouveaux, le maïs doux. Fin août, le groupe Bonduelle avait annoncé vouloir céder son activité de salade en sachet en France et en Allemagne, qui fait face à une baisse structurelle de consommation, aggravée par le contexte inflationniste.

Gouvernement: la FNSEA veut rencontrer Bayrou, la Conf’ interpelle Genevard

Réagissant à l’annonce du gouvernement Bayrou, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs demandent, dans un communiqué du 24 décembre, à être «reçus au plus vite» par le nouveau Premier ministre. «Le chef du gouvernement ne peut rester silencieux sur ses intentions pour la Ferme France», martèlent les syndicats, qui demandent une «feuille de route concrète, avec un calendrier précis pour la mise en œuvre des engagements». Dans un autre communiqué diffusé la veille, la FNSEA et les JA saluent la reconduction d’Annie Genevard comme ministre de l’Agriculture, un choix qui «doit permettre d’assurer une continuité sur les dossiers agricoles». Et d’appeler la locataire de la Rue de Varenne à «concrétiser» les dernières mesures annoncées (aides FCO-8, prêts de consolidation, simplification), à reprendre les mesures fiscales et sociales inscrites dans le PLF et le PLFSS, et à faire inscrire les textes agricoles «de toute urgence» à l’agenda du Parlement (LOA, PPL Entraves, etc.). De son côté, la Confédération paysanne exhorte Annie Genevard à agir «structurellement pour donner un avenir aux paysans» et à faire «vivre le pluralisme syndical». D’après un message envoyé par sa porte-parole à l’AFP, la Conf’ attend «qu'elle fasse respecter les décisions de justice en matière d'eau», alors que quatre «bassines», dont celle de Sainte-Soline, ont été déclarées illégales.

Élections des chambres d'agriculture: le scrutin est reporté à Mayotte (ministère)

Alors que Mayotte a été dévastée par le cyclone Chido il y a presque deux semaines, «des dispositions sont en cours d'élaboration pour reporter la tenue du scrutin» pour y élire les membres des chambres d’agriculture, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 27 décembre. Le communiqué ne précise pas la nouvelle date. La chambre d’agriculture et de la pêche et de Mayotte est présidée par Saïd Anthoumani, également président de la Confédération paysanne locale. Dans son communiqué, le ministère rappelle le calendrier des élections pour le reste de la France. Comme prévu, la campagne électorale officielle démarrera le 7 janvier pour s’achever le 30 janvier à minuit. Le scrutin, lui, s’achèvera le 31 janvier 2025 à minuit, date à laquelle les votes par correspondance ou électroniques devront avoir été réceptionnés pour être comptabilisés. Le vote par correspondance (voie postale) «débutera mi-janvier» et le vote électronique sera ouvert à partir du 15 janvier. Par ailleurs, la Rue de Varenne rappelle les principales nouveautés du scrutin en 2025: «recentrage du corps électoral»; «valorisation de la jeunesse»; engagement à ne pas cumuler une présidence de chambre et de conseil départemental ou régional; attribution d’un siège (sans vote) aux collectivités locales.

Élections chambres: dans les Hautes-Pyrénées, une liste CR dans le collège des salariés

En vue des élections des chambres d’agriculture de janvier 2025, la préfecture des Hautes-Pyrénées a validé une liste portée par la Coordination rurale dans le collège 3A (salariés de la production agricole). D’après l’arrêté paru au Recueil des actes administratifs le 20 décembre, elle porte le même nom que la liste du syndicat pour le collège des chefs d’exploitation: «100% agriculteurs, ensemble, gagnons notre liberté». Parmi ses cinq membres, au moins deux semblent exercer une activité agricole, selon le site Pappers: Michel Lacarce (grandes cultures à Mazerolles) et Christophe Rivals (paysagiste à Burg). Également présente sur la liste CR, Carine Mouchous se disait, sur X en 2016, «éleveuse de veaux boucherie» et mariée à un «entrepreneur agricole». La liste de la Coordination rurale sera opposée à quatre syndicats de salariés: la CGT, la CFDT Agri-Agro, FO et la CFTC Agri. Dans un communiqué, la Fnaf-CGT dénonce les «manœuvres nauséabondes» de la CR, qui tente selon elle de «créer un précédent extrêmement dangereux». Et le syndicat de pointer la «complicité avérée de la préfecture», accusée de «s’assoir sur les textes légaux» et de donner «la possibilité au patronat d’être des deux côtés de la table des négociations».

Fromages: réconciliation dans l'actionnariat du groupe Bel

Parfum d'armistice au dessus de Bel (Babybel, Vache qui rit, Boursin, Materne): trois familles, réunies en «concert» après des «différends» passés, vont déposer une offre publique d'achat commune sur la holding qui contrôle le groupe, selon un communiqué de l'Autorité des marchés financiers (AMF) publié le 24 décembre. Les familles Fiévet, Sauvin et Dufort ont signé un pacte d'actionnaires qui leur confère 98,52% du capital et 93,54% des droits de vote de la holding Unibel, cotée à la bourse de Paris, et vont déposer une offre de rachat sur les actions restantes. Ce pacte «met fin à l'ensemble des différends existant entre les membres du concert», avait précisé dans un communiqué mi-décembre Unibel, qui détient le groupe Bel à plus de 90%. En filigrane, les recours en justice de la société BBDE, présidée par l'ex-PDG de Bel, Bertrand Dufort, suite à l'opération publique de retrait de Bel menée par la holding en 2022. La Cour d'appel de Paris avait rejeté ce recours, ce dont s'étaient félicité Antoine Fiévet, alors membre du directoire d'Unibel, et Florian Sauvin, président de son conseil de surveillance. Les trois familles agissent désormais de concert. Conformément au règlement de l'AMF, le pacte d'actionnaires qu'elles ont signé prévoit le dépôt d'une offre publique d'achat simplifiée de la holding, au prix de 980 euros par action.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions

En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.