Mayotte: Bayrou annonce des mesures de soutien aux filières agricoles
A l'occasion de son déplacement, le 20 décembre, sur l'île de Mayotte dévastée par le cyclone Chido, le Premier ministre François Bayrou a annoncé plusieurs mesures d'aide dans le cadre d'un plan intitulé «Mayotte debout», dont un «soutien au développement des filières agriculture et pêche», dont le montant n'a pas été précisé. Dans un communiqué, les services de Matignon listent la série de mesures suivantes: fournitures de bâches pour la protection des installations agricoles ; approvisionnement en nourriture pour les vaches laitières ; simplification administrative de l’entrée des semences (en préservant le territoire de l’entrée d’organismes pathogènes) ; mobilisation des fonds européens pour la reconstruction des installations agricoles ; fonds de la MSA avec versement au plus tard le 15 janvier de 1000 euros pour les 1350 exploitations affiliées». Pour rappel, la quasi-totalité du cheptel de volailles de chair et une partie des poules pondeuses ont été anéanties par le cyclone Chido, selon le décompte de l'association interprofessionnelle de Mayotte (AIM) chez ses adhérents, qui forment les filières agricoles formelles de l'île. En filières végétales, la production maraîchère et les bananiers sont anéantis; la dizaine de serres sont hors d'état de fonctionner. Seulement 10% des arbres fruitiers seraient encore debout (orangers, citronniers, manguiers caféiers...).
Cognac : la Chine prolonge son enquête antidumping, vu la «complexité» du dossier
La Chine a annoncé le 25 décembre qu’elle prolongeait son enquête antidumping sur les importations de cognac, et autres brandys en provenance de l’UE, vu la «complexité» de ce dossier, objet d’un bras de fer sur les taxes douanières entre Pékin et Bruxelles. Pékin avait ouvert en janvier dernier une enquête sur les importations de brandy européen, après que la Commission européenne eut ouvert une enquête sur les subventions d’Etat bénéficiant aux véhicules électriques fabriqués en Chine, dont les prix bas faussent la concurrence selon Bruxelles. Pékin avait initialement indiqué que son enquête sur les brandys européens serait probablement achevée au bout d’un an, mais le ministère du Commerce a annoncé à Noël qu’elle durerait jusqu’au 5 avril. Le ministère n’a pas fourni de détails, se contentant d’affirmer qu’il prolongeait «le temps de l’enquête» en raison de «la complexité de cette affaire». En novembre, la Chine avait annoncé qu’elle imposait aux importateurs «des mesures temporaires antidumping sous la forme d'une caution ou d'une lettre de garantie». Le cognac, spécialité française, représente à lui seul 95 % des brandys européens. L’Union européenne a contesté ces mesures devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).
Influenza aviaire : résurgence de la maladie dans l’Eure, statut indemne remis en cause
Alors que l’influenza aviaire ne s’était plus manifestée en France depuis deux mois, un nouveau cas a été confirmé dans l’Eure par le résultat d’analyse du laboratoire de Ploufragan le 27 décembre 2024. De ce fait, le statut de pays indemne d’influenza, déclaré à l’Organisation mondiale de la santé animale le 17 décembre à des fins d’exportation, est remis en cause. A l’occasion de cette déclaration, le ministère avait rappelé que le niveau de risque déterminant les mesures de biosécurité demeurait «élevée» en raison de la circulation active du virus dans les couloirs migratoires survolant l’Hexagone. Dans l’Eure 7 communes sont placées en zone de protection autour de celle de l’élevage atteint, La Poterie-Mathieu (1), et 46 autres dans la zone de surveillance. La surveillance des deux derniers sites infectés avait été levée respectivement le 15 décembre dans les Landes, et le 16 décembre dans l’Allier. Dans l’ensemble de l’Hexagone les mesures de biosécurité déterminées par le niveau de risque élevé consistent notamment à confiner les volailles ou, dans certaines conditions à leur ouvrir un parcours de surface réduite ou protégé par un filet.
Porc : cotisations d’équarrissage maintenues pour un an, avant hausse probable en 2026
Les contributions de la filière du porc au financement de l'équarrissage sont maintenues pour 2025 à leurs niveaux des trois années précédentes, selon des accords interprofessionnels – un pour les éleveurs, un pour l’aval – qui ont été étendus par le ministère de l’Agriculture. Ces accords sur la Contribution spécifique équarrissage (CSE) ont été conclus dans le cadre d’Inaporc le 4 septembre. Les accords précédents avaient été étendus pour 3 ans – 2022, 2023 et 2024 – et les prochains devront être conclus pour 2026, 2027 et 2028 à l’issue des négociations avec les équarrisseurs, apprend-on auprès de la directrice d’Anne Richard, directrice d’Inaporc. «Ce sont des négociations équarrisseur par équarrisseur, tenues par le secret des affaires», souligne-t-elle en indiquant que «tout augmente». L’extension des précédents accords avait été contestée par la Cooperl qui met en place son propre système de ramassage des animaux trouvés morts et de conversion énergétique. La grande coopérative porcine bretonne avait saisi le Conseil d’Etat à la fin 2021, qui l’avait déboutée à la fin 2023. «Pour l’instant nous n’avons pas de nouvelle de la Cooperl», glisse la directrice de l’interprofession dont la coopérative ne fait plus partie depuis quatre ans.
Manifestations: la Coordination rurale envisage de «monter sur Paris» à partir de dimanche
La Coordination rurale envisage d'appeler les agriculteurs à «monter sur Paris» et en bloquer les accès à partir de dimanche 5 janvier, si elle n'a pas obtenu de rendez-vous avec le Premier ministre. «Il faut entendre l'urgence pour les agriculteurs. Si on n'a pas obtenu de rendez-vous avec François Bayrou et (la ministre de l'Agriculture) Annie Genevard d'ici jeudi, après le retour du Premier ministre de Mayotte, on appellera à monter sur Paris», a déclaré à l'AFP Patrick Legras, porte-parole de la Coordination rurale (CR). «Nous sommes déjà en train de nous organiser, de fixer des points de rendez-vous. L'idée sera de bloquer les accès» à la capitale à partir de dimanche, a-t-il précisé, confirmant ses appels à la mobilisation de «tous les agriculteurs», syndiqués ou pas, sur RMC. Cet appel intervient à quelques jours du lancement officiel de la campagne pour les élections aux chambres d'agriculture, qui débute le 7 janvier. Le vote, qui aura lieu en ligne ou par correspondance du 15 au 31 janvier, déterminera les nouveaux rapports de force entre les syndicats agricoles. Un des enjeux de ce scrutin sera de voir jusqu'à quel point la CR, dont les bonnets jaunes ont gagné en visibilité depuis la crise de l'hiver dernier, peut bousculer l'hégémonie de l'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs.
UE/Suisse: Bruxelles et Berne approfondissent leurs relations, notamment dans l’alimentaire
Après plusieurs mois de négociations complexes, Bruxelles et Berne ont annoncé, le 20 décembre, la finalisation des pourparlers concernant l’approfondissement des relations entre l’UE et la Suisse. Dans les faits, cela se matérialise par un vaste paquet de mesures bilatérales sectorielles. Celles-ci comprennent, notamment, la mise à jour de cinq accords clés liés à l’accès au marché (dont celui relatif aux échanges de produits agricoles) mais également la conclusion de nouveaux accords dont un sur la sécurité alimentaire. Ce dernier permettra d’établir un espace commun de sécurité alimentaire dont l’objectif est «d'approfondir et d'étendre [la] coopération». Pour ce faire, les multiples ensembles de règles actuels seront remplacés par des règles et un système de contrôle intégré couvrant toute la chaîne alimentaire. Toutefois, il est précisé que des normes différentes de celles de l'UE pourront être maintenues par Berne dans certains cas (OGM, bien-être animal). Comme tout accord avec un pays tiers, le texte doit à présent être révisé juridiquement et traduit avant d’être présenté au Conseil de l’UE. Une fois cette étape passée, il reviendra au Parlement européen de donner son feu vert.
Pac post 2027 : avant la proposition de l’UE, le Sénat prépare ses lignes directrices
En attendant les premiers éléments de la Pac post 2027 prévus pour 2025, la commission des Affaires européennes du Sénat a adopté, le 17 décembre à l’unanimité, une proposition de résolution européenne sur le sujet. Le texte met en avant «le rôle essentiel joué par [la Pac] pour préserver la souveraineté agricole et alimentaire» de l’UE. Pour pouvoir «repositionner l’agriculture au centre des priorités stratégiques européennes», les sénateurs plaident en faveur d’un budget distinct et sanctuarisé, «au moins stable en euros constants par rapport à la programmation actuelle». En outre, l’importance d’investissements massifs afin de «renforcer la compétitivité et la résilience» est soulignée tout comme la nécessité d’approfondir le développement des outils de gestion des risques. Enfin, les sénateurs appellent à poursuivre le travail en matière de simplification, de renforcement de la position des agriculteurs et de lutte contre les pratiques déloyales. Ce document est à présent renvoyé à la commission des Affaires économiques, qui a un mois pour s’en saisir afin de rendre son rapport. À défaut, le texte de la commission des affaires européennes sera considéré comme adopté par le Sénat.
Signes de qualité et d'origine: le CGAAER prône une organisation en réseau et moins centralisée
Dans un rapport paru le 23 décembre sur le «marketing des signes d’identification de la qualité et de l’origine», le CGAAER (ministère de l’Agriculture) avance plusieurs recommandations après avoir réalisé un parangonnage avec l’Espagne et l’Italie. «Il manque une politique fédératrice qui, autour du ministère, impliquerait les ministères en charge du Tourisme, de l’Economie, de la Culture, de l’Environnement», selon le document. En Espagne et en Italie, les régions ont un rôle dans la création, l’évolution et la défense des indications géographiques (IG). Elles s’impliquent alors fortement dans la promotion. Ce n’est pas le cas en France où la gestion des produits est centralisée à l’Inao, soulignent les inspecteurs généraux. «Comme en Espagne, il faudrait a minima créer des commissions de coordination sur les IG entre Etat et régions», d’après eux. Le CGAAER propose aussi de favoriser la «mise en réseaux des ODG» (organisme de défense et de gestion), entre eux et avec leurs partenaires économiques, administratifs et institutionnels, «de manière à organiser une communauté cohérente et unie au service de tous les produits et de tous les acteurs de la production et de la transformation des produits français sous IG». Des initiatives vont dans ce sens à l’Inao, notent les auteurs.
Changement climatique : des conditions météorologiques «extrêmes» en 2024, souligne l'ONU
Le changement climatique a déclenché des conditions météorologiques extrêmes et de chaleur record en 2024, a alerté l’organisation météorologique mondiale (OMM) de l’ONU le 30 décembre. L’année écoulée devrait être la plus chaude jamais enregistrée, a déclaré l’OMM. Dans le même temps, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint de nouveaux records. «Le changement climatique se produit sous nos yeux presque quotidiennement sous la forme d’une fréquence et d’un effet accru d’événements météorologiques extrêmes», a déclaré Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, à l’AFP. «Cette année, nous avons été témoins de précipitations et d’inondations record et de terribles pertes en vies humaines dans de nombreux pays», a ajouté Mme Saulo. L’accord de Paris sur le climat, adopté en 2015, visait à limiter le réchauffement climatique et à maintenir l’augmentation de la température moyenne de la planète bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et de préférence sans dépasser une augmentation de 1,5 °C. En novembre, l'OMM a déclaré que la température moyenne de l'air en surface entre janvier et septembre était de 1,54 °C supérieure à la moyenne préindustrielle mesurée entre 1850 et 1900.
Pesticides : exigences modifiées pour le référentiel de certification du conseil stratégique
Après un report du calendrier l'an passé, et en attendant une réforme (voire une suppression) de la séparation de la vente et du conseil, un arrêté est paru au Journal officiel le 16 décembre, qui modifie le référentiel de certification pour l'activité de «conseils stratégique et spécifique à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques» (CSP). Désormais, le CSP, dont le déploiement est peu soutenu sur le terrain, doit comporter un plan d’action mentionnant notamment les objectifs de réduction d’utilisation et les effets délétères des produits phytosanitaires. Dans les collectivités d’outre-mer*, à Saint-Martin et pour les personnes agréées relevant de la catégorie des microentreprises, les exigences C1 et C2 (liées à la séparation des activités de vente et de conseil) de ce référentiel ne seront pas strictement applicables au 31 décembre 2024, mais les écarts relatifs à ces exigences seront notifiés sur la base de la situation constatée lors du premier audit suivant le 1er janvier 2025. Pour rappel, l’exigence C1 stipule que l’activité de conseil à l’utilisation de produits phytosanitaires par des personnes exerçant les activités de distribution, vente, application ou la mise sur le marché de ces produits ne peut être rémunérée. L’exigence C2, quant à elle, impose que les conseillers de l'entreprise ne soient pas employés par des personnes exerçant les activités de distribution, vente, application ou la mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques. *Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Mayotte