Agrafil du 5 juillet 2022

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Pool d'assureurs: un projet d'ordonnance fait craindre un retard au démarrage

Dans le cadre de la mise en oeuvre de la loi de réforme de la gestion des risques climatiques, une ordonnance doit paraitre prochainement pour encadrer la création d'un pool d'assureurs fournisseurs de la future offre d'assurance multirisque climatique (MRC). Un projet d'ordonnance a été récemment soumis à la Commission d'orientation des assurances récolte (Codar) qui fait craindre à certains professionnels un retard dans le calendrier initialement prévu (lancement de la réforme attendu pour le 1er janvier 2023). En effet, selon ces professionnels, le texte présenté prévoit que le groupement, aussi appelé pool d'assureurs, serait élaboré par les assureurs eux-mêmes, dans le cadre d'une convention qu'il leur reviendrait d'écrire, et ce dans un délai de 18 mois. Certains professionnels craignent, au vu des travaux préparatoires, qu'aucun accord ne soit même conclu à cette échéance. Un Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) doit se tenir cette semaine, qui pourrait être l'occasion d'arbitrages du gouvernement sur ce dossier, qu'il s'agisse du pool d'assureurs ou des modalités de subvention, couverture, éligibilité au nouveau régime d'assurance climatique.

Remaniement: Christophe Béchu nommé à la Transition écologique

Ministre des Collectivités territoriales dans le premier gouvernement d'Élisabeth Borne, Christophe Béchu remplacera Amélie de Montchalin à la Transition écologique, annonce un communiqué de l’Élysée le 4 juillet. Proche d’Édouard Philippe et secrétaire général de son parti Horizons, Christophe Béchu a également été sénateur du Maine-et-Loire entre 2011 et 2017. Un mandat au cours duquel il s’était opposé à l’interdiction des néonicotinoïdes introduite dans la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016. Marc Fesneau, nommé ministre de l’Agriculture en mai 2022, reste Rue de Varenne. Parmi les nouveaux entrants, l’urgentiste mosellan François Braun devient ministre de la Santé en remplacement de Brigitte Bourguignon, battue aux élections législatives. Le député Olivier Becht, co-fondateur du groupe Agir, remplace Franck Riester au Commerce extérieur, alors que ce dernier obtient le portefeuille des Relations avec le parlement. Toujours aux Affaires étrangères, l’économiste Laurence Boone devient secrétaire d’État à l’Europe à la place de Clément Beaune, qui part aux transports. Autre entrée dans le gouvernement: le député des Français de l’étranger Roland Lescure (président de la Coméco dans la précédente législature) est nommé ministre délégué chargé de l’Industrie. Nommée porte-parole du gouvernement après la présidentielle, Olivia Grégoire retourne à Bercy pour un portefeuille de ministre déléguée aux Petites et moyennes entreprises. Malgré les accusations la visant, Chrysoula Zacharopoulou est, enfin, confirmée au Développement et à la francophonie.

Artificialisation : M. Béchu, soutien des serres controversées de Bourgneuf (Conf’)

«Le projet des serres de Bourgneuf a été très soutenu par M. Béchu», rappelle Alain Guiffès, porte-parole de la Confédération paysanne du Maine-et-Loire. Comme nous l’expliquions dans un article récent, ce projet lancé en 2010 par un arboriculteur du Maine-et-Loire touché par le gel visait à construire 5,5 ha de serres sur 11 ha de verger pour produire 200 t de fraises par an. Mais l’agriculteur peinait à financer l’installation de panneaux photovoltaïques sur la toiture. Selon la Confédération paysanne et les articles de presse de l'époque, M. Béchu, alors président du conseil général, aurait facilité le rapprochement du producteur avec l'énergéticien Global Eco Power et avec le fonds de pension allemand Leonidas Associates France. Enveloppe totale du projet: 14 millions d’euros, dont 5,4 M€ pour les panneaux. Faute de compatibilité avec les panneaux solaires, la production de fraises a cependant été arrêtée en 2017, et les terres seraient désormais «en friche». Le permis de construire stipulait pourtant que la production d’énergie devait être couplée à la production agricole. «Alors qu'il vient d'être nommé ministre de la Transition écologique, nous attendons des réponses de M. Béchu sur l’artificialisation, mais également sur la manière dont le tarif de rachat de l’électricité finance un fonds de pension allemand», défend Alain Guiffès. Car, après la liquidation de la société Global Eco Power en 2021, les terres de Bourgneuf appartiennent désormais à la SARL Renosu. Domiciliée à Bastia, cette société serait présidée par Antje Grieseler, également présidente de Leonidas Associates France, comme elle l'a elle-même confirmé à nos confrères de Ouest-France.

Inflation: Bercy annonce des contrôles pour traquer les marges «révoltantes»

Invité sur France Inter le 4 juillet, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonce des contrôles de la DGCCRF (Fraudes) «filière par filière (…) pour voir si, à un endroit ou à un autre de la chaîne de production, il y a des marges révoltantes qui seraient faites» sur les produits alimentaires. «Nous ne laisserons pas passer les profiteurs de la crise inflationniste», affirme-t-il, assurant qu’ils seront «sanctionnés». Le 1er juillet, la commission des Affaires économiques du Sénat a informé s'être lancée dans un bilan «des causes de l’inflation» dont les premiers résultats sont attendus pour le 20 juillet (voir Agrafil du 2 juillet). Une demande portée par Michel-Édouard Leclerc, puis reprise par plusieurs parlementaires de gauche. Toujours sur France Inter, Bruno Le Maire déclare qu'il lancera «dans les tout prochains jours» une mission de l’Inspection générale des finances (IGF) pour s’assurer que les distributeurs respectent le seuil minimal de revente à perte (SRP), fixé à 10% par la loi Egalim 1. «Je propose d’y associer des parlementaires et des représentants du monde agricole pour nous assurer que ces 10% au-dessus du seuil de revente à perte vont bien aux producteurs et ne se perdent pas ailleurs», a-t-il ajouté.

PSN: un «équilibre préservé», saluent les chambres d'agriculture

Réagissant par un communiqué le 4 juillet à la présentation de la seconde version du projet français de plan stratégique national (PSN), la déclinaison nationale de la future Pac, Chambres d'agriculture France (ex-APCA) évoque «un équilibre préservé» et «salue le travail de concertation et d'analyse». Une position qui contraste avec la réaction de la FNSEA, «en désaccord» avec les arbitrages du ministre et regrettant un manque de «fermeté dans la méthode». Sur le dossier épineux de la coexistence de la bio et de la HVE, les chambres estiment par exemple que le ministre a réussi à «préserver un équilibre entre durabilité économique et environnementale». Concernant la bio, les chambres considèrent toutefois «que les aides ne compenseront pas les prix de marché», et que dans le contexte de reflux du marché bio, «il est important de promouvoir la consommation, comme d’imaginer un dispositif de régulation de l’offre pour maintenir les prix.» Les chambres rappellent enfin leur demande que les mesures assurantielles et la MAE de transition puissent voir leur financement renforcé en cours de programmation.

Abattage sans étourdissement: l’OABA va saisir la Cour européenne des droits de l’homme

Déboutée le 1er juillet par le Conseil d’État de sa demande d’une traçabilité des viandes issues d’animaux abattus sans étourdissement, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) a annoncé, dans un communiqué du 4 juillet, saisir «prochainement» la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). En juin 2020, l’OABA avait attaqué les pouvoirs publics au Conseil d’État pour obtenir une «traçabilité parfaite des viandes issues d’abattages réalisés sans étourdissement». Quand ces carcasses kasher ou halal ne trouvent pas preneurs sur le marché confessionnel, elles «sont commercialisées, à l’insu des consommateurs, dans le circuit conventionnel», déplore l’ONG. Une demande rejetée le 1er juillet par la plus haute juridiction administrative. Dans sa décision, le Conseil d’État a estimé que le Code rural et le règlement européen n°1099/2009, «n’imposent pas» une traçabilité «en vue de garantir à certains consommateurs finals (sic) qu'ils ne consomment pas des viandes ou des produits carnés issus d'abattages pratiqués sans étourdissement». Dénonçant une décision «particulièrement décevante, voire scandaleuse», l’OABA se porte donc devant la Cour de Strasbourg en «invoquant la violation de la liberté de conscience des consommateurs».

Cassis: «risque de pénurie» après la canicule et les orages de juin (Afidem)

Dans un communiqué du 4 juillet, l’Afidem (interprofession des fruits à destinations multiples transformés) alerte sur de «très mauvaises prévisions de récolte pour 2022 en raison des pics de chaleur et violents orages de juin, faisant craindre un risque de pénurie de produits à base de cassis». Survenus «à quelques jours de la récolte», la canicule de mi-juin et les orages qui l’ont suivie pourraient provoquer «entre 30 et 70% de pertes suivant les parcelles», et ce pour «toutes les variétés cultivées en France». Or, comme le rappelle l’interprofession, le marché «connaît un regain d’activité, notamment à l’export, après une baisse d’activité liée à la crise sanitaire», d’où un risque de pénurie «si la demande dépasse l’offre disponible cette année». «Nous espérions beaucoup de cette récolte qui s’annonçait bien et malheureusement tout a basculé en quelques jours», témoigne Marc Ludeau, producteur dans le Val de Loire, cité dans le communiqué. Au printemps, la filière espérait une récolte «satisfaisante», car certains bassins de production (Val de Loire notamment) avaient été «relativement épargnés» par le gel d’avril. La France produit habituellement quelque 7000 t de cassis sur 2000 ha.

Génétique animale: Gènes Diffusion consolide son leadership en insémination porcine

À l’issue de ses différentes assemblées générales, Gènes Diffusion fait état de «bons résultats» pour l’exercice 2021, d'après un communiqué du 28 juin. Malgré de nombreux arrêts d’élevages, le groupe a «dépassé ses objectifs». Son chiffre d’affaires consolidé s’établit à 77 M€, en progression de 2% par rapport à 2020, et son résultat net consolidé dépasse 2 M€. Le leader français de l’insémination porcine a dopé ses ventes de doses sur ce segment (+17%), notamment avec l’intégration dans le comptage de la société Imevia, rachetée en 2020. Gènes Diffusion (60% des parts de marché) mise désormais sur des partenariats pour poursuivre son développement en génétique porcine. Le groupe continue sa percée dans la biotechnologie. En bovins, l’année 2021 a été marquée par le lancement du programme GHP (génétique haute performance) en holstein. «Basé sur une technologie d’analyse du microbiote intestinal des vaches holstein, il permet aux éleveurs d’employer la génétique véritablement adaptée au contexte de leur élevage, en ciblant le meilleur reproducteur pour chacune de leurs vaches», explique l’entreprise dans son rapport annuel. Par la suite, cette innovation doit être étendue à d’autres races, et en premier lieu aux charolaises.

Foncier: Grignon 2000 se positionne pour un campus dédié à la transition écologique

À quelques semaines d’une nouvelle procédure de vente du domaine de Grignon, qui se profile pour le second semestre 2022, l'équipe de Grignon 2000 se positionne pour un campus dédié à la transition écologique, a-t-elle indiqué dans un communiqué le 1er juillet. En novembre 2021, la préfecture des Yvelines avait annoncé l'annulation de la procédure de cession en cours du domaine de 120 ha de terres agricoles et, après consultations par le préfet, une nouvelle procédure était prévue. «Nous y sommes à présent. Nous proposons la création à Grignon d'un centre international au service de la transition écologique des systèmes agricoles et alimentaires», précise le communiqué. «Nous développerons les techniques utiles et efficaces pour assurer notre souveraineté alimentaire. Les professionnels du vivant travailleront de concert avec chercheurs et agriculteurs», indique une vidéo diffusée en ligne par Grignon 2000. Cette association porte un projet de campus alternatif au projet immobilier du promoteur Altaréa, qui avait été abandonné lors de la première procédure, devant l’opposition d’anciens élèves de l’Agro, d’élus locaux et nationaux aussi divers que le président du Sénat Gérard Larcher, Sophie Primas, Delphine Batho et Yannick Jadot.

Eau: une chaire partenariale pour une meilleure gestion de la ressource

Une chaire intitulée «Eau, agriculture et changement climatique», lancée en 2021 par l’Institut Agro et l'Inrae, vise à «explorer ensemble des solutions concrètes pour une meilleure gestion de l’eau à l’échelle des territoires» du grand Sud de la France, ont indiqué le 4 juillet ses initiateurs. Il s’agit de «repenser des systèmes de production agricole, des filières et des systèmes alimentaires plus sobres»; de «poursuivre les efforts en matière d’économie d’eau en agriculture irriguée»; de développer le recyclage et la réutilisation des eaux et des nutriments; ou encore de stocker plus d’eau, dans les sols et le sous-sol grâce à des solutions fondées sur la nature, ainsi que via de nouvelles retenues, a expliqué Sami Bouarfa (Inrae). L’initiative associe les chambres d’agriculture régionales (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Paca), les sociétés d’aménagements régionales, des collectivités territoriales, des bureaux d’études spécialisés et des entreprises privées. Six chantiers prioritaires sont lancés, parmi lesquels: «Transition agroécologique et gestion de l’eau: quelles interdépendances?»; la réutilisation d’eaux usées traitées; ou encore «Retenir plus, répartir mieux: quels aménagements pour les territoires?»

Évènementiel: les Terres de Jim 2022 se tiendront du 9 au 11 septembre dans le Loiret (JA)

Le syndicat Jeunes agriculteurs a présenté, le 4 juillet lors d'une conférence de presse, l’édition 2022 des Terres de Jim, fête agricole de plein air qui aura lieu les 9, 10 et 11 septembre à Outarville (Loiret). Cette vitrine de l’agriculture française se tiendra sur 55 ha du site événementiel historique du salon Innov-Agri, à la limite de l'Eure-et-Loir. «Le thème principal sera l’agriculture de nos territoires. Nous avons besoin d’affirmer notre symbiose avec les territoires. Nous voulons montrer au grand public tout ce que nous faisons», a commenté Charles Perdereau, président des Jeunes agriculteurs du Centre-Val de Loire. JA a «voulu brasser un grand nombre de sujets», tels que les pratiques d’agroécologie et d’optimisation de l'usage de l’eau, ou encore la certification HVE (Haute valeur environnementale), a-t-il ajouté. Lors de la précédente édition en septembre 2021, le syndicat avait reçu le président de la République.

Betterave: Nicolas Rialland nommé directeur général de la CGB

La CGB (betteraviers, FNSEA) a annoncé le 30 juin la nomination de Nicolas Rialland comme directeur général. Il doit succéder le 1er septembre à Pierre Rayé, en poste depuis fin 2017, selon un communiqué. Nicolas Rialland (52 ans) a débuté sa carrière sur les marchés à terme de commodités agricoles, au sein du Matif (Euronext), puis de Sigma Terme (InVivo). Entré à la CGB en 2006, il y a d’abord été responsable de l’éthanol et des bioénergies, avant d’être nommé directeur Environnement et affaires publiques en 2017.