Porc: «remontée fulgurante» des cours en Europe, après des mois d'atonie (MPB)
Avec une hausse d'un centime d'euro par kilo (ct€/kg) lors de sa cotation du 7 mars, le Marché du porc breton a clôturé à 1,355 €/kg, confirmant son augmentation de la précédente séance jeudi 3 mars (+5 ct€/kg) dans le sillon des autres marchés européens. Pour ces deux séances, il s'agit de la «hausse maximum autorisée», rappelle le marché de référence. Dans leur rapport, les analystes du marché de Plérin (Côtes-d'Armor) n'hésitent pas à parler d'une «remontée fulgurante», qui intervient «alors que les offres de porcs sont plus limitées et que la demande est attendue plus ferme dans les prochaines semaines». En fin de semaine dernière, l'Europe du Nord a connu des «variations de prix inédites»: +18 ct€/kg en Allemagne, +17 ct€/kg en Belgique ou encore +15 ct€/kg en Autriche. «Seul le Danemark avance prudemment en haussant de 3 ct€/kg son prix d’acompte», relève le MPB. Quant à l'Espagne, premier producteur européen, elle a «publié une hausse maximum de 6 ct€/kg». Les analystes du MPB rappellent enfin que «l’explosion des coûts de production n’est pas étrangère» à cette remontée.
Soja: 60,6 kg consommés par an et par Européen principalement via la viande
Un citoyen européen moyen consomme environ 60,6 kg de soja par an, pour la plus grande part (55 kg) intégré dans la consommation de produits animaux (viande, lait, œufs, poisson…), a évalué l’organisation néerlandaise Profundo dans une étude commandée par le WWF et publiée le 7 mars. Le reste est consommé sous forme d'huile de soja dans l'alimentation (3,5 kg) et dans des produits industriels comme le biodiesel (2,3 kg). Selon ce travail, le soja intégré par kg de produit (au détail) consommé dans l'UE est le plus élevé pour les poulets de chair (956 g de soja utilisés pour un kg de blanc de poulet), le poisson d'élevage (950 g/kg de saumon), le porc (415 g) et les produits laitiers concentrés comme le fromage (245 g/kg) et le lait en poudre (281 g/kg). La Commission européenne a proposé un règlement pour lutter contre la déforestation importée qui s’appliquerait à six produits de base dont le soja. La présidence française du Conseil de l’UE espère finaliser une position commune des ministres de l’Environnement sur ce dossier avant la fin du mois de juin.
Biométhane: la d.g. d’Engie appelle à accélérer la mise en service des unités
Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie, estime qu’il faut accélérer la mise en service des unités de biométhane qui ont déjà obtenu leur autorisation, dans une interview parue dans le quotidien Les Échos du 7 mars (article payant). «Il faut (...) libérer plus vite tout le potentiel du biométhane, issu des matières premières de l'agriculture française. En termes d'autonomie, il n'y a rien de mieux», déclare-t-elle. L'an dernier, «la France a produit six térawattheures de gaz vert, l'équivalent de six navires méthaniers de GNL. C'est du concret!», précise-t-elle. Même si la contribution du biométhane ne remplacera pas tout le gaz russe, «le biométhane peut apporter sa pierre à l'édifice». «Nous devons aussi accélérer les projets solaires et éoliens en fin de construction, débloquer administrativement nombre de dossiers qui traînent et sont disponibles», ajoute la directrice générale d’Engie. Elle indique que l'énergéticien français se prépare à l'éventualité d'une coupure totale des importations de gaz russe, qui entraînerait un «choc de prix sans précédent» à l’hiver 2022-2023, tant pour les industriels que les particuliers.
Belgique: 3,6 Mrd€ pour réduire les émissions d'azote et la production porcine
Le gouvernement flamand a conclu le 23 février un accord pour réduire les émissions d’azote du secteur agricole, qui prévoit une réduction de 30% de la production de porcs d'ici 2030, rapporte l'Ifip (institut français du porc) dans son Baromètre de mars. Cet «accord du printemps» («krokusakkoord» en néerlandais) prévoit un budget de 3,6 milliards d'euros (Mrd€) afin «d'indemniser ou soutenir» les agriculteurs. «La plupart des exploitations pourront poursuivre leurs activités à condition de réaliser des investissements pour réduire les émissions d’azote, avant 2030», précise l'Ifip. Les fermes «les plus polluantes» devront en revanche «cesser leur activité avant 2025». Particulièrement dans le viseur, la filière porcine fait l'objet d'un «programme d’achat public des élevages», qui vise à «encourager les producteurs à quitter la production». La Belgique est le 8e producteur européen de viande de porc (plus de 1 Mt en 2020). Le Plat pays s'inscrit dans le sillon des Pays-Bas, qui ont mis en place un plan de réduction de l'élevage pour réduire son impact environnemental.
Phytos: les députés veulent «corriger les effets de bord» de la séparation vente/conseil
Dans un rapport adopté en commission des Affaires économiques le 23 février, les députés estiment «nécessaire de travailler rapidement à la correction [des] effets de bord» de la séparation vente/conseil des phytos, afin de «s’assurer que l’offre de conseil se développe correctement». Ce rapport porte sur l'évaluation de la loi Egalim 1 du 30 octobre 2018, qui a instauré cette disposition. Cette réforme a acté la séparation capitalistique des entreprises de vente et de conseil en phytos, et scindé le conseil en deux catégories: conseil «spécifique» sur les applications de phytos, et conseil «stratégique» sur la conduite d'exploitation et la réduction des phytos. «Très peu d’exploitations ont bénéficié de ce conseil stratégique à ce jour», relève le rapport, alors qu'il est obligatoire pour tous les agriculteurs d'ici fin 2023. Déplorant «un affaiblissement des conseils pratiques aux agriculteurs» et un risque de remise en cause des «filières vertueuses» (HVE, bio, biocontrôle), les députés souhaitent une mission parlementaire sur la séparation vente/conseil. Deux enquêtes d'Agra presse, en mars et en novembre 2020, avaient mis en avant le faible développement de l'offre de conseil stratégique, et les contournements fréquents de l'interdiction de conseil «spécifique» par les techniciens des sociétés ayant choisi la vente.
Bovins viande: 80% de coût de production pour la filière Label rouge Unicor/Carrefour
La coopérative Unicor et le distributeur Carrefour annoncent, dans un communiqué du 7 mars, la signature d'un nouveau contrat portant sur des bovins viande Label rouge, intégrant les coûts de production des éleveurs dans le prix d'achat des animaux à hauteur de 80%. Ce «premier contrat Egalim», comme le revendique le groupe coopératif aveyronnais (7000 adhérents, 410 M€ de chiffre d'affaires), a été signé au Salon de l'agriculture en présence du ministre Julien Denormandie. Il prévoit la livraison de «dix Limousines Blason Prestige par semaine sur une durée de trois ans» à une «dizaine de magasins». Des volumes qui pourraient «monter en puissance à court terme». Ce contrat amont a été conclu entre la coopérative (prolongement de l'exploitation de ses adhérents) et le distributeur, qui est dans ce cas le premier acheteur des animaux. Le prix payé aux éleveurs dépend à 80% de l'Ipampa (indice semestriel des moyens de production agricoles); les 20% restants sont basés sur «la moyenne des cotations des marchés du dernier trimestre», indique Julien Volpelier, directeur Aval d'Unicor, à Agra Presse. Par la suite, les deux partenaires comptent «travailler» sur l’«encadrement des coûts de prestation tels que le transport ou la découpe», précise-t-il dans le communiqué.
Lait: un premier label qualité pour les produits au lait d’ânesse
Dans un communiqué du 3 mars, l’association de producteurs France Ânes Lait a annoncé la signature d’une convention pour le lancement d’un premier label qualité sur le lait d’ânesse avec la Société française des équidés de travail (SFET) et la Fédération des conseils des chevaux (FCC). «L’objectif de ce label est d’apporter plus de transparence vis-à-vis du consommateur sur l’origine du lait et les conditions de bien-être dans lesquelles sont élevés les ânes», explique Sébastien Solé, le président de France Ânes Lait, à Agra Presse. Une réponse à la concurrence des produits cosmétiques vendus en grandes surfaces et «fabriqués par de gros laboratoires avec du lait importé», alors que les producteurs français transforment et commercialisent en vente directe ou sur Internet la grande majorité de leur production. Le but est également de poursuivre la structuration de cette jeune filière, relancée à la fin des années quatre-vingt-dix. «Nos produits sont à la mode. C’est un marché de niche qui ne demande qu’à être développé», affirme Sébastien Solé, qui est à la tête d’un élevage d’une trentaine d’ânes dans les Pyrénées. Créée en 2018, l’association France Ânes Lait réunit une quinzaine d’éleveurs d’ânes de race sur les plus de 80 producteurs français de lait d’ânesse.
Salon de l'agriculture: plus de 500 000 visiteurs pour l'édition des «retrouvailles»
Après un millésime 2021 annulé pour cause de Covid, la 58e édition du Salon de l'agriculture, qui a fermé ses portes le 6 mars, a attiré 502 757 visiteurs, d'après un communiqué du 7 mars. En retrait par rapport à une année normale (autour de 600 000 visiteurs), ce bilan reste un soulagement pour ses organisateurs, car «on espérait atteindre les 400 000 visiteurs», a indiqué à l'AFP le président du Ceneca, Jean-Luc Poulain. Et de rappeler que «certains salons font -30, -40%» dans le contexte de pandémie. «En treize ans de présidence du Salon international de l’agriculture, je n’ai jamais vu autant de gens heureux d’être là, d’arpenter les allées du Salon et d’échanger avec les agriculteurs et les exposants», déclare l'élu, cité dans le communiqué du Sia. La 59e édition du Salon se tiendra du «25 février au 5 mars 2023», précisent ses organisateurs.