Agrafil du 7 mars 2022

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Influenza aviaire: renforcement des mesures de biosécurité en Pays-de-Loire

Alors que les cas se multipliaient ces derniers jours en Vendée et en Loire-Atlantique, le ministère de l'Agriculture a annoncé, dans un communiqué le 6 mars, un renforcement des mesures avec la suspension des expéditions de poussins et d'oeufs à couver produits dans tous les couvoirs de la zone réglementée, le dépeuplement des élevages de volailles autour des sites stratégiques (couvoirs, élevages de reproducteurs) dans un périmètre de cinq kilomètres, et un élargissement de la zone de surveillance avec interdiction de mouvements et remises en place de volailles, sauf dérogation. 74 foyers en élevages ont été à ce jour confirmés dans la région Pays de la Loire, essentiellement en Vendée, «avec un nombre important de nouvelles suspicions en cours d'investigation», selon un communiqué. L'accélération de l'épizootie s'est observée «ces tous derniers jours», avec 58 foyers confirmés en Vendée au 4 mars, contre 9 le 24 février, et 11 foyers en élevage depuis le 28 février en Loire-Atlantique.Les foyers recensés à ce jour se situent très majoritairement dans une zone "à la fois sensible et stratégique car hébergeant de nombreux élevages d'animaux reproducteurs et de nombreux couvoirs de toutes les filières avicoles», souligne le ministère.

Présidentielle: création d’un nouveau «collectif de l’alimentation durable pour tous»

Dans un communiqué du 3 mars, l’application anti-gaspillage Too Good to Go annonce la création du «collectif de l’alimentation durable pour tous» réunissant dix acteurs de l’alimentaire*, pour porter dix propositions de réformes auprès des candidats à l’élection présidentielle. À l’initiative de la démarche, Too Good to Go propose de généraliser l’apposition d’une mention complémentaire après la date de consommation «qui indique que le produit reste consommable après la date de durabilité minimale», pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Afin d’encourager la consommation de produits bio et de proximité, le collectif demande des «chèques alimentation bio de 100 € par mois et par foyer» et d’«exonérer de TVA» les produits commercialisés en vente directe ou en circuits courts. Autre objectif, porté par la marque C’est qui l’patron: offrir aux producteurs «une plus juste rémunération» en impliquant les consommateurs dans les négociations commerciales. Enfin, deux propositions visent à plus de transparence sur l’impact environnemental des produits: comptabiliser les «externalités négatives» des entreprises de l’agroalimentaire et rendre obligatoire l’affichage de l’empreinte environnementale des plats en restauration collective, tout en fixant un objectif de 50% de produits bio d’ici 2030.
*Too Good to Go, Yuka, C’est qui l’patron?!, La Banque alimentaire, La Ruche qui dit oui !, La Fourche, FoodChéri, Poiscaille, Eco2 Initiative

Céréales: Noriap et Nestlé offrent une prime à l’agriculture régénératrice

La coopérative Noriap et le géant de l’agroalimentaire Nestlé ont signé le 4 mars «le premier contrat de blé en agriculture régénératrice» lié à une prime. Il s’agit de «rémunérer les efforts, la prise de risque de l’agriculteur», explique Philippe Florentin, d.g. adjoint du groupe nordiste, évoquant un supplément «à deux chiffres» pour chaque tonne livrée dès la récolte 2022. Une soixantaine de céréaliers, représentant près de 4000 ha, sont initialement visés pour ce partenariat dans le cadre du collectif Sols vivants porté par la fondation Earthworm. Le contrat sur cinq ans concerne l’usine de pet food Purina à Marconnelle (Pas-de-Calais), que Noriap approvisionne à hauteur d’environ 30 000 t, principalement de blé, également de maïs. Nestlé offre «une incitation graduelle» vers un changement des pratiques agricoles, précise Charles Leonardi, d.g. Supply chain. L’agriculteur doit mesurer la santé des sols, liée à la matière organique, la vie dans le milieu, précise Bastien Sachet, directeur d’Earthworm. La performance des pratiques (couverture, réduction du travail du sol), la diversité des cultures déterminent aussi son classement, du niveau 1 au niveau 3, pour lui attribuer la prime.

Protéines végétales: FranceAgriMer et Terres Univia renforcent leur collaboration

L’établissement national FranceAgriMer et Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) renforcent leur collaboration à travers une convention sur trois ans, ont-ils annoncé le 3 mars. Elle porte, d’après un communiqué commun, sur: le partage des données du marché oléoprotéagineux; le lancement d’études stratégiques sur la consommation et la compétitivité de la filière; la mise en place d’indicateurs économiques dans le cadre de la loi Egalim 2; l’observation des marchés extérieurs. Illustration de cette collaboration, la plateforme «Flux de matières premières destinées à l’alimentation animale», en construction depuis un an avec des partenaires de la viande et des grains, va «bientôt voir le jour», soulignent FranceAgriMer et Terres Univia. «Identification des besoins et anticipation pour les acteurs de la nutrition animale» constituent les valeurs cardinales de cet outil.

Energies: TotalEnergies dévoile ses projets agricoles en cours

La FNSEA et TotalEnergies s’associent pour développer la production d’énergie issue de l’agriculture. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Patrick Pouyanné, p-dg de TotalEnergies ont signé un partenariat en ce sens le 4 mars sur le stand de la FNSEA au Salon. Ce partenariat vise le développement du biométhane, des biocarburants (entre autres aéronautiques) et l’agrivoltaïsme. «La demande de biométhane est très forte dans le monde, l’offre court après la demande », a indiqué Patrick Pouyanné. Le groupe exploite déjà 7 unités de biométhane, une est en construction à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) et trois nouveaux projets sont avancés, précise-t-on par ailleurs chez TotalEnergies. Pour les biocarburants, le groupe passera prochainement un accord avec un groupe d’abattoirs pour collecter des graisses animales en vue de produire du biokérosène. Concernant l’agrivoltaïsme, le groupe a dans ses cartons une soixantaine de projets, selon Patrick Pouyanné, mentionnant un département pilote en la matière, la Côte d’Or. Christiane Lambert a quant à elle évoqué des projets d’agrivoltaïsme dans le sud de la France, sur des exploitations dans lesquels les arboriculteurs protègent leurs cerisiers avec des filets qui soutiennent des ombrières photovoltaïques.

Vin : l’exportation du bordeaux s’est plus que remise de ses déboires de 2020

Après la surtaxe américaine instaurée suite au conflit aéronautique et après la crise sanitaire de 2020 qui a arrêté l’économie mondiale, l’exportation du vin de Bordeaux s’est très bien remise en 2021, indiquent les chiffres du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) diffusés au Salon. Du moins en valeur. Le vignoble a exporté pour 2,3 Mrd€ en 2021, bien sûr nettement mieux qu’en 2020 (1,8 Mrd€), année particulièrement défavorable à l’export, mais aussi qu’en 2019 (2 Mrd€) et qu’en 2016 (1,8 Mrd€). Dès la suspension de la taxe imposée par Washington sur les vins tranquilles français, les exportations de bordeaux sont reparties en flèche sur le marché américain (+ 67% en 2020). Les ventes vers la Chine, premier marché extérieur du bordeaux, ont gagné 16%. Le CIVB note une dynamique de nouveaux pays importateurs, en volumes : le Cameroun, le Danemark, la Corée du Sud et surtout la Côte d’Ivoire. Pour le conseil interprofessionnel, le niveau de la vendange 2022 sera décisif pour l’export des prochains mois et années, car après la distillation de crise de 2020 et le gel de 2021, des quantités importantes de vin ont été soustraites.

Légumes: croissance «stable» pour Bonduelle au 1er semestre malgré un repli aux USA

Bonduelle a annoncé une croissance «stable» mais une rentabilité «en retrait» sur le premier semestre 2021-2022 (du 1er juillet au 31 décembre), en conférence de presse le 4 mars. Le groupe français spécialiste du légume en conserve, surgelé et traiteur pour la distribution et la restauration hors-foyer (RHF) enregistre un chiffre d’affaires de 1,44 milliard d’euros (Mrd€). Soit une progression de 0,1% par rapport à la même période l’an passé, mais une baisse de 0,4% à taux de change et périmètre constants. La zone Europe (46% de l’activité) affiche un CA en croissance de 2,4% (2,5% en données comparables). Cela reflète la stabilisation des bons résultats en conserves, qui ont eu le vent en poupe durant la deuxième vague de Covid, et une reprise des ventes des surgelés notamment en restauration hors foyer (RHF). L’activité légumes frais prêts à consommer redécolle également (+2,1%), notamment en salade 4e gamme. En revanche le CA de Bonduelle baisse de 1,8% en zone hors-Europe (-2,8% en données comparables). Cela s’explique par le repli du frais en Amérique du nord (-11,5% de CA à périmètre constant). Bonduelle a en effet décidé de revaloriser ses contrats et de sélectionner davantage les clients qu’elle approvisionne sur le continent nord-américain.

Erratum concernant l'identité de la salariée de la Conf' agressée verbalement au Sia

Contrairement à ce que nous avons écrit dans l'Agrafil du 3 février, la seconde personne ayant fait l'objet, avec le porte-parole de la Confédération paysanne Nicolas Girod, d'intimidations et d'insultes de la part d'élus de la Coordination rurale, est une «animatrice» du syndicat paysan, et non sa «directrice».