Agrafil spécial Russie/Ukraine du 8 mars 2022

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Russie/Ukraine: «une erreur historique d'enterrer le Green deal», affirme M. Timmermans

«Ce serait une erreur historique de dire que le conflit en Ukraine doit enterrer le Green deal. Au contraire cela doit nous permettre d’être indépendant énergétiquement de Poutine», a affirmé Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne en charge du Green deal, lors de son intervention devant la commission de l’Environnement du Parlement européen le 7 mars. Et en ce qui concerne l’agriculture, alors que les ministres des Vingt-sept ont demandé à Bruxelles de mettre en pause les nouveaux objectifs environnementaux, Frans Timmermans s’est également montré très ferme: «S’il vous plait, ne croyez pas à l’illusion qu’on aiderait le secteur en renonçant à la stratégie De la ferme à la table. Cette crise nous montre au contraire que nous avons besoin de réduire notre dépendance aux engrais. La stratégie De la ferme à la table est une part de la réponse et non du problème.» La Commission européenne présentera le 8 mars une série de propositions «pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable» pour répondre à la situation et comportant un volet agricole. Cette communication devait initialement être présentée le 2 mars, mais, comme l’a annoncé le 1er mars le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, «en raison du contexte géopolitique dramatique, cette communication sur les prix de l'énergie et des denrées alimentaires doit être adaptée à la nouvelle situation».

Russie/Ukraine: réunion le 9 mars du groupe européen d’experts sur les crises alimentaires

Alors que le conflit russo-ukrainien pourrait menacer l’approvisionnement et la sécurité alimentaires dans l’UE, la Commission européenne a décidé de réunir pour la première fois le 9 mars – et ce plus rapidement que prévu – le groupe d’experts* inscrit dans le cadre du mécanisme européen permanent de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire (adopté en novembre). Selon un porte-parole de la Commission, «le groupe fera le point sur l’impact réel du conflit sur l’approvisionnement alimentaire et discutera sur d’éventuelles actions nécessaires dans le contexte de la sécurité alimentaire». Le sommet européen informel, organisé les 10 et 11 mars à Versailles dans le cadre de la présidence française de l’UE, sera également l’occasion d’aborder la question des flux d’approvisionnement et de la sécurité alimentaire. À cette occasion sont également attendues des décisions sur une «stratégie d’indépendance énergétique européenne». Dans un projet de texte en préparation, les États membres indiquent simplement, à ce stade, qu'il veulent améliorer «notre sécurité alimentaire en réduisant notre dépendance à l'égard des produits agricoles et des intrants importés».
* Représentants des États membres, de certains pays tiers et d’acteurs de toutes les étapes de la chaîne alimentaire

Russie/Ukraine: Kiev introduit des quotas d'exportation de certains produits agricoles

Le gouvernement ukrainien a introduit des restrictions à l'exportation de certains produits agricoles pour 2022, en pleine invasion russe, a indiqué l'agence de presse Interfax Ukraine, citant une décision des autorités. Selon un décret publié le 6 mars, une licence décernée par les autorités est désormais nécessaire pour exporter le blé, la viande de volaille, les œufs, l'huile de tournesol. Des quotas ont également été introduits pour l'exportation de bétail, de viande de bétail, de sel, sucre, avoine, sarrasin, seigle, millet, d'après l'AFP. L'Ukraine est un acteur agricole de rang mondial dans la production et l’exportation, notamment de céréales et d’huile. L'offensive militaire russe en cours perturbe les exportations et menace les cours des produits agricoles, la Russie et l'Ukraine étant deux pays majeurs dans l'approvisionnement de matières premières agricoles. Dans la flambée générale des matières premières provoquée par les combats en Ukraine, le blé et le maïs ont également battu des records sur le marché européen.

Légumes: Bonduelle reste en Russie pour éviter une crise alimentaire à l’Est

Bonduelle n'envisage pas de fermer ses trois usines de transformation situées en Russie qui emploient environ 900 personnes. «Notre position, c’est de ne pas ajouter à cette guerre une crise alimentaire. C’est dans ce sens-là qu’on met tout en œuvre pour garantir l’approvisionnement et préparer la campagne 2022», a déclaré le directeur général du groupe Guillaume Debrosse en conférence de presse le 4 mars. Bonduelle possède une usine à Belgorod (légumes surgelés) près de la frontière ukrainienne, et deux autres à Timashevsk et Novotitarovskaya (légumes conserves), dans le sud du pays, près de la Mer noire. Pour l’heure, Bonduelle travaille à «sécuriser» l’importation de semences et de plaques métalliques nécessaires à la fabrication des conserves (pois, haricots, maïs), a ajouté le responsable de Bonduelle. Concernant l’Ukraine, «les magasins sont encore bien achalandés par les stocks, mais à un moment donné se posera la question de continuer à approvisionner, et de voir dans quelle mesure on peut utiliser les corridors sanitaires pour acheminer nos produits de la Hongrie vers l’Ukraine», a-t-il ajouté.

Ukraine: Avril réoriente vers l’alimentaire le tournesol destiné aux biocarburants

Saipol (Avril), qui valorise «plus de la moitié» de la collecte oléoprotéagineuse française, réoriente vers l’alimentaire le tournesol destiné aux biocarburants, a-t-il annoncé le 7 mars en réaction à la guerre en Ukraine. «Disposant d’une réserve d’oléoprotéagineux destinés à l’usage énergétique, Saipol a d’ores et déjà pris la décision d’orienter toute sa production d’huile de tournesol vers le marché alimentaire afin d’assurer la continuité d’approvisionnement des industriels, et notamment de Lesieur», selon un communiqué. Avril, dont la marque Lesieur est «100% origine France», tient à rassurer sur la disponibilité de son huile alimentaire. Le groupe dit travailler en parallèle à «identifier les meilleures alternatives possibles aux huiles d’importation utilisées pour les marques distributeur ou la RHD».

Ukraine: la MSA s'associe au Secours populaire pour recueillir des dons

La MSA a décidé de s’appuyer sur le Secours populaire, association de solidarité, pour faciliter les dons de ses affiliés vers l’Ukraine, pays en guerre contre la Russie depuis le 21 février. La MSA «a d’ores et déjà informé les caisses de la mise en place de cette opération. Les caisses vont informer les adhérents, les élus MSA et les salariés pour faire vivre cet élan de générosité», a indiqué la Sécurité sociale des agriculteurs à Agra Presse le 4 mars. La page internet msa.solidaire renvoie au site web du Secours populaire, sur lequel les personnes peuvent faire un don ponctuel ou régulier, du montant de leur choix, à destination de l’Ukraine. L’initiative est portée par le dispositif MSA Solidaire, créé en mars 2020 pour soutenir les populations agricoles et rurales mises en difficulté par la pandémie de Covid-19. Dans le cadre de ce dispositif, la MSA œuvre déjà avec le Secours populaire pour collecter des dons destinés aux familles précaires et aux personnes isolées des fêtes de Noël.