Maltraitances animales: les abattoirs espagnols devront installer des caméras
Les abattoirs espagnols devront installer des systèmes de vidéosurveillance pour s'assurer que les animaux n'y sont pas maltraités avant leur mise à mort, a annoncé le 23 août le gouvernement, assurant qu'il s'agissait d'une première dans l'UE. La mesure a été approuvée lors du conseil des ministres sous forme d'un décret-loi, ce qui aura pour effet d'accélérer sa présentation au parlement et son approbation par celui-ci. Les caméras devront couvrir «les installations où se trouvent les animaux vivants, y compris les zones de déchargement, les couloirs d'acheminement» et les zones où il est procédé à l'étourdissement des bêtes et où on les saigne jusqu'à leur mort, a expliqué le ministère dans un communiqué. En outre, les responsables des abattoirs devront conserver ces images afin que les autorités puissent procéder à des vérifications ultérieures. «Les grands abattoirs ont un an pour mettre en place la nouvelle norme et les petits (abattoirs), deux», a précisé le ministère. Selon le directeur exécutif de l'ONG Equalia, l'Espagne rejoint ainsi l'Angleterre, l'Ecosse et Israël, qui auraient déjà mis en place un pareil système. Dans le cadre de loi Egalim de 2018, la France a conduit une expérimentation de ce dispositif auprès de cinq abattoirs - sur les postes de saignée et mise à mort. En 2022, un rapport du CGAAER avait recommandé sa généralisation, sans suite pour l'instant.
Sécheresse: nouveau rendez-vous attendu mi-septembre par les professionnels
Au lendemain des premières annonces de Marc Fesneau concernant la sécheresse, les syndicats agricoles prenaient date avec le ministre de l'Agriculture, en vue d'une nouvelle réunion attendue mi-septembre, au cours de laquelle ils souhaitent voir annoncer de nouvelles mesures. La porte a été laissée ouverte du côté du ministre, en fonction de la météorologie et des futures estimations de production. Pour l'heure, la FNSEA n'a pas encore été entendue sur sa demande d'assouplissement exceptionnel du régime des calamités. La Coordination rurale (CR) et la FNSEA sont également dans l'attente de mesures relativement au marché du fourrage. La CR propose une «aide à l'achat et au transport de paille et fourrage», la FNSEA demande également un «plan d'urgence» public pour améliorer «la fluidité entre l'offre et la demande» sur le marché fourrager. Des améliorations sont attendues pour certaines mesures, comme les dégrèvements de taxe foncière ; la FNSEA veut qu'ils soient appliqués de manière «collective, simplifiée et rapide». Enfin, la CR voulait davantage d'effort de l'Etat sur les avances d'aides Pac. Contactée par Agra presse, la Confédération paysanne constate qu'aucune de ses principales demandes n'a été entendue (p.e. interdiction d'alimenter les méthaniseurs). Elle s'inquiète notamment pour les maraîchers, qui ne bénéficient pas des avances d'aides Pac, rapporte le secrétaire national Denis Perreau.
Porc: les cours franchissent le cap symbolique des 2 €/kg
La cotation du marché du porc breton (MPB) de Plérin a connu, lors de la séance du lundi 22 août, une petite hausse de 0.3 cent/kg qui lui a permis de passer le cap symbolique des 2 € le kilo (2,001 €/kg), soit un niveau jamais atteint depuis au moins 25 ans. Il faut remonter à mars 2001 pour retrouver une cotation similaire, à 1,866 euro le kilo, atteinte alors à cause de la crise de la vache folle. Cette année, le record est nourri par une faiblesse de l'offre sur l'ensemble des bassins de production européens, aggravée par les effets de la canicule sur les élevages du sud de l'Europe. La période est notamment marquée par un recul historique du cheptel allemand, d'environ 10% par rapport à l'an passé, selon les analystes de MPB. Toutefois, contrairement à 2001, les producteurs ne profiteront pas complètement de ces cours exceptionnels, puisque le prix de l'alimentation animale atteignait également des records ces dernières semaines. L'indice Ipampa porc a progressé de 30% sur un an, pour atteindre un niveau (153,7) jamais atteint depuis au moins 2005. Avant de marquer le pas, la production européenne avait subi une période de prix bas dus à la reconstitution du cheptel porcin chinois et à l'irruption de la peste porcine africaine (PPA) en Allemagne, l'empêchant de commercer avec la Chine.
Soja : Cargill et Bunge accusés de s’approvisionner sur des terres autochtones (ONG)
Cargill et Bunge «ne peuvent se distancier des injustices et violences assaillant les communautés traditionnelles au Brésil», estime l’ONG britannique Earthsight dans un rapport publié le 19 août. Principal reproche: les traders achèteraient du soja à Brasilia do sul, une exploitation de 10 000 ha située dans l’état du Mato Grosso do Sul, développée en déforestant une partie du territoire des indiens Guarani-Kaiowa. Or d’après l’enquête de l’ONG, le site de Cargill à Caarapó, à 30 km du siège de Brasília do Sul, recevrait du soja directement de la ferme, et l’unité de Bunge à Dourados achèterait ce soja via des intermédiaires. Dans une réponse envoyée à l’ONG, Cargill confirme s’approvisionner chez Brasilia do sul, mais souligne que l’exploitation n’a pas encore été démarquée officiellement comme territoire indigène. «Le fait que le gouvernement brésilien - via son agence des affaires indigènes Funai – a confirmé le caractère ancestral de ces terres indigènes devrait suffire», estime de son côté Earthsight. Dans sa politique sur le soja durable publiée en 2019, Cargill s’est engagé à «respecter les droits des peuples indigènes et locaux», sur la base du «consentement préalable» promu par la FAO.
Céréales : la dépendance africaine, source «de sérieuses vulnérabilités» (tribune)
«L’externalisation de la production céréalière vers une poignée de pays éloignés crée […] de sérieuses vulnérabilités en période de choc», estiment Ibrahim Mayaki, ancien premier ministre du Niger, et Marion Guillou, ex pdg de l’Inrae, dans une tribune à paraître au nom de la fondation Afrique-Europe, et qu’Agra presse a pu consulter. Face à l’inflation liée à l’invasion russe en Ukraine, les auteurs confirment l’intérêt de plusieurs pistes soulevées depuis les derniers mois: évaluation des réserves de céréales, développement des cultures vivrières locales, investissements dans les protéagineux, ou encore développement de la production d’engrais organiques. D’autres pistes plus controversées sont également mises en avant, comme «réduire la production animale intensive», qui «libérerait également des stocks de céréales pour l’usage humain». Ou encore «limiter l’utilisation du maïs pour les biocarburants et réserver ceux-ci aux usages sans solution alternative décarbonée». Alors que la France porte plusieurs initiatives internationales comme Farm ou encore la grande muraille verte, les auteurs préviennent enfin que ces programmes d’aide «doivent s’assurer qu’ils contribuent aux plans existants des pays, plutôt que de les en détourner».
Science : la luzerne pourrait être la base de l’agriculture sur Mars
En raison des coûts de transport élevés, et de besoins en approvisionnements réguliers, les explorations humaines sur Mars «exigeront de s’appuyer sur des ressources disponibles in situ pour développer des systèmes de production alimentaire», rappellent des chercheurs dans un article publié le 17 août dans la revue Plos One, et repéré par nos confrères de Ouest France. Mais sur Mars, rappellent les scientifiques, les eaux de surface sont salines, et le sol est composé d’un basalte altéré pauvre en nutriments. Reproduisant le sol martien en laboratoire, les chercheurs ont observé des faibles taux de germination dans ces conditions pour le radis ou la laitue. Mais la luzerne, en revanche, montre un bon développement avec de l’eau dessalinisée. Les chercheurs ont alors testé un protocole qui pourrait être utilisé par de futurs astronautes. Première étape : dessaler l’eau avec des algues et des roches afin d’arroser des graines de luzerne. La luzerne développée a ensuite été réduite en poudre afin de servir d’engrais pour les légumes, qui ont montré un développement trois à dix fois plus important que dans les conditions d’origine. «La prochaine étape sera de tester la croissance de céréales et de légumineuses», envisagent les chercheurs. Autre défi de taille : la présence dans les sols martiens de perchlorate, une substance toxique.
Erratum sur le montant des avances d'aides Pac
Le cabinet du ministre de l’Agriculture vient de nous signaler une erreur dans la 2e version de leur communiqué sur les mesures de soutien face à la sécheresse. Les avances d’aides directes versées le 16 octobre représenteront bien 70% du total, comme l’an passé, et non 75%, comme indiqué par erreur.