Décryptage

Un futur moins carné : les conséquences pour la Ferme France

Xavier Remongin
Qu’il s’agisse des politiques publiques de lutte contre le changement climatique ou des simples tendances technico-économiques, presque tout désigne une réduction des cheptels français à horizon 2050. Dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-2), dont Agra Presse s’est procuré des documents préparatoires, le ministère de l’Agriculture s'attend à une réduction du cheptel bovin de 25 % et de vaches allaitantes de 30 % d’ici 2050, soit peu ou prou un prolongement des tendances actuelles. A la suite de l'adoption fin 2020 de cette nouvelle stratégie (SNBC-2), le ministère de l'Agriculture doit faire paraître prochainement un Plan climat, qui sera la nouvelle déclinaison de ce document, ainsi que du second Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC-2). De leur côté, les analystes de Solagro ou l’Iddri, ainsi que les ONG, demandent d’aller plus loin, jusqu’à 50 % toutes filières confondues pour le Réseau action climat (Rac). Dans un pays où la consommation de lait et de viande mobilise 80 % de la surface agricole utile (SAU) et induit plus de 700 000 emplois (ETP), les conséquences méritent d’être explorées. Des scénarios établis par l’Iddri désignent deux grandes voies possibles : d’un côté la poursuite de la concentration des élevages dans l’Ouest, et de l’autre, le retour à une forme de diversification. Deux chemins aux conséquences contrastées pour l’emploi, l’économie agricole, et la biodiversité.

Les plus prudents misent sur une diminution du cheptel de 30 %, les plus engagés espèrent déjà le réduire de moitié. Une chose est certaine, entre les tendances économiques, les recommandations nutritionnelles et nos engagements climatiques, le cheptel français aura significativement réduit par rapport à sa taille actuelle d’ici trente ans. Le ministère de l’Agriculture lui-même confirme cette tendance.