Agra Business | Bayer, Euralis, EMC2, Vranken Pommery, Cooperl et Maison LaCheteau

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Agroalimentaire : l'Italie sanctionne un cartel de chips et de pop-corn

Trois des principaux fabricants italiens de chips et de pop-corn ont été sanctionnés en Italie en raison d'une entente sur les prix de leurs produits vendus en supermarché, a annoncé le 28 avril l'autorité italienne de la concurrence (AGCM). Les groupes Pata et Preziosi Food ont écopé chacun d'un peu plus de 7,5 millions d'euros (M€) d'amende, et une troisième sanction a été infligée à Amica Chips pour 8,24 M€, soit un total de 23,3 M€ d’amendes, a indiqué l'AGCM dans un communiqué. « Les trois sociétés ont mis en œuvre une entente secrète unique, complexe et continue afin de se répartir l’approvisionnement en snacks salés » produits pour les marques de la grande distribution, en « coordonnant leurs politiques commerciales respectives », a précisé l'AGCM. Les trois entreprises ont vu leur amende réduite après avoir reconnu leur culpabilité et collaboré à l'enquête, a ajouté l'autorité de la concurrence. L'enquête avait démarré en 2024 après une dénonciation anonyme sur le site de l'AGCM. Les sociétés coordonnaient les offres présentées aux chaînes de supermarchés pour ne pas avoir à baisser leurs prix, a précisé l'autorité de la concurrence dans sa décision.

Roundup : la Cour suprême américaine examine un recours de Bayer sur les plaintes

La Cour suprême des États-Unis a débattu le 27 avril du recours du géant allemand de l'agrochimie Bayer pour annuler des dizaines de milliers de plaintes reposant sur le risque supposé de cancer lié à l'herbicide Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto. Les neuf juges – six conservateurs et trois progressistes – devront statuer sur la recevabilité des plaintes déposées dans les différents États américains contre des produits approuvés sans avertissement sanitaire par l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA). Bayer, qui a racheté Monsanto en 2018, invoque la loi fédérale FIFRA sur les pesticides, faisant valoir qu'elle interdit aux États d'imposer des avertissements sanitaires supplémentaires. Soutenu par l'administration Trump, Bayer rappelle que l'EPA considère que le glyphosate, principe actif du Roundup, n'est pas cancérogène. Il est toutefois classé comme un « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS. Depuis 2018, Bayer a déjà déboursé plus de 10 milliards de dollars (Md$) pour régler des litiges liés au glyphosate et il a provisionné ces derniers mois plus de 8 Md$ pour ceux encore en cours. La Cour suprême devrait statuer d'ici le terme de sa session annuelle, fin juin.

Maïs : Euralis enregistre un double record, de précocité des semis et de recul des surfaces

« Au 28 avril, plus de 90 % des semis de maïs sont déjà réalisés », constate Franck Camet-Lassalle, responsable grands comptes au pôle agricole d’Euralis. « Un record ! Tout s’est déroulé très vite, dans d’excellentes conditions. Même constat pour les levées avec un nombre de pieds au m2 prometteur. » Contrairement à d’autres régions, le Sud-Ouest ne souffre pas du manque d’eau : « Les 30 mm de pluie tombés le 10 avril sur la quasi-totalité de notre zone de collecte a permis une levée rapide des graines déjà en terre et a constitué une bonne réserve pour les chantiers à venir. » Autre record, moins positif celui-ci : la baisse de la sole de maïs, entre 15 et 20 %. « Elle va de 10 % " seulement " dans les zones traditionnelles (sud Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), jusqu’à 30 % dans les zones de polycultures », confirme-t-il. En cause : le prix des engrais. « Les agriculteurs qui s’étaient couverts avant le début de l’année, à des prix corrects, ont réservé leurs tonnages aux céréales à paille. Aujourd’hui, ils préfèrent se tourner vers le tournesol... ou la jachère », explique le responsable d’Euralis. Au sein de la coopérative du Sud-Ouest, le tournesol devrait repasser au-dessus des 11 000 ha (+70 % en un an), contre 60 000 ha pour le maïs et 10 000 ha pour le soja. Au 28 avril, 85 % des semis de tournesol étaient réalisés, contre à peine 10 % pour le soja. (Anne Gilet)

Céréales : chez EMC2, la pluie attendue pour réaliser les apports d’azote

Si la situation n’est pas encore jugée inquiétante dans le Grand Est chez EMC2, le retour des pluies serait quand même une bonne nouvelle, notamment dans les petites terres, tant pour les cultures d’hiver que pour celles implantées au printemps. « Les prévisions sont incertaines pour la fin de la semaine », confirme David Meder, directeur terrain au sein de la coopérative de la Meuse. « Les blés sont bien implantés et présentent un bon état sanitaire, mais la totalité de l’azote n’a pas toujours pu être apportée car, pour être valorisée, il lui faut de l’eau. » En colza, le potentiel est déjà annoncé très hétérogène, et inférieur à celui de 2025, même si la période de floraison a été très favorable. Fait marquant de l’année : une forte présence de larves d’altises. Quant aux semis de printemps, ils sont bien engagés pour les tournesols et les maïs. L’arrivée de pluie faciliterait la germination et la levée. Alors que le maïs enregistre un recul de ses surfaces, au profit notamment du tournesol et de l’orge de printemps, la baisse ne devrait pas, selon David Meder, dépasser les 4 %. (Anne Gilet)

Céréales : PTx renouvelle son programme d’essais sur les semis de précision

Dans un communiqué du 28 avril, la société PTx, division dédiée à l’agriculture de précision d’AGCO et Trimble, a annoncé qu’elle poursuivra en 2026 son « programme d’essais agronomiques visant à démontrer l’impact des technologies de précision sur la qualité d’implantation des cultures et, in fine, sur le rendement ». Le programme se déroulera dans le Loiret, à Villemoutiers, sur une parcelle de maïs. La poursuite du programme en 2026 s’explique par les bons résultats obtenus en 2025 sur une parcelle voisine, qui ont « permis de réaliser jusqu'à plus 15 % de rendement », via « les réglages du semoir et des modalités d'implantation ainsi que la fertilisation au semis ». PTx tempère néanmoins la portée des résultats, rappelant qu’il ne s’agit que de « tendances agronomiques, et non de conclusions scientifiques ». « Ces résultats sont spécifiques à la parcelle, au champ et à l'année, et ne peuvent être généralisés à tous les sols, toutes les saisons ou toutes les cultures. » Cette année, l’essai sera conduit sur des sols aux textures différentes. Par ailleurs, « un dispositif d’essai agronomique de grande ampleur sera lancé en 2026 à la Ferme du bois d’UniLaSalle Beauvais », relate PTx. Le projet concernera une surface de 3 ha, sur lesquels seront implantés du maïs, de la betterave, du tournesol et du colza.

Champagne : Maison Pommery retient ses comptes définitifs, nomme Nathalie Vranken p.-d.g.

Le conseil d'administration de Maison Pommery et associés a reporté le 27 avril la publication de ses comptes définitifs pour 2025 dans l'attente du bouclage de son refinancement avec les banques, et a réuni les fonctions de président et de directeur général, en nommant p.-d.g. Nathalie Vranken, l'actuelle directrice générale. Endetté, le négociant champenois indique des « discussions toujours en cours, notamment s'agissant du report de la prochaine échéance de 50 M€ due au 29 avril 2026 que la société a demandé au prêteur », selon le communiqué. Maison Pommery dit souhaiter « poursuivre les discussions avec l'ensemble de ses partenaires financiers dans un cadre ordonné et efficace ». Ses fondamentaux sont « solides », juge l’entreprise, les résultats du premier semestre « confirmant la capacité du groupe à développer ses marques ». Les comptes préliminaires publiés le 30 mars font état d'un résultat net en nette reprise en 2025, à 32 M€ (contre 900 000 € en 2024), sur un chiffre d'affaires en retrait de 3,6 %, à 293,2 M€. Mais, selon ces comptes, la dette financière nette ne s'est réduite qu'à 754,4 M€ fin 2025, contre 758,3 M€ au 31 décembre 2024, après avoir reçu un premier versement de 25 M€ issu de la cession de Heidsiek & Co Monopole, vendu en octobre à Lanson pour 50 M€.

Vin : le chiffre d'affaires de Maison LaCheteau en croissance grâce aux pétillants

Présent dans le vignoble du Val de Loire, de Nantes à Tours, Maison LaCheteau (membre des Grands chais de France) annonce être le premier acteur ligérien sur le segment des pétillants. « C’est une chance d’avoir l’historique et le savoir-faire sur ces vins, car c’est un secteur en développement », annonce Pierre-Jean Sauvion, maitre de chai au sein de la structure, à Agra Presse. En 2025, Maison LaCheteau annonce une augmentation de son chiffre d'affaires, à plus de 115 M€, portée par une hausse des volumes dans ce segment des pétillants. « Les fines bulles représentent 27 % de notre production, avec une dynamique en cours de " premiumisation " des domaines et cuvées », précise le dirigeant. D’une manière générale, il se félicite de la bonne santé des vins de Loire, notamment les blancs, avec une « buvabilité » dans l'air du temps et des profils qui portent sur « l'élégance, frais et fruité, ce qui est recherché aujourd’hui ». En 2025, Maison LaCheteau a commercialisé 260 000 hl grâce à ses partenariats avec 450 viticulteurs du Val de Loire. La moitié est vinifiée en interne, dont 10 à 15 % des raisins issus des sept propriétés. (Tanguy Dhelin)

Vin : le désalcoolisé en progression chez Maison LaCheteau, pionnier en la matière

« Nous sommes sortis de l’effet de mode. Il y a une vraie dynamique sur les vins désalcoolisés », évoque Pierre-Jean Sauvion, maître de chai chez Maison LaCheteau dans le Val de Loire, pour Agra Presse. La structure, membre des Grands chais de France, annonce une progression des vins désalcoolisés (no-low), qui atteint 10 % du chiffre d'affaires en 2025. À elle seule, la gamme 0° développée depuis trois ans génère 2 % du CA. « Nous sommes précurseurs sur ces segments, bien qu'il soit compliqué de nous comparer à nos confrères, car nous n’appliquons pas tous la même définition marketing pour les vins dits « low », à faible teneur en alcool. Certains peuvent y mettre des boissons aromatisées à base de vin, par exemple. Ce n’est pas notre cas », assure-t-il. Le maître de chai évoque une consommation qui rentre dans les mœurs et qui ne choque plus comme ça pouvait être le cas il y a une dizaine d'années. « Nous pouvons identifier les consommateurs, c’est rassurant. Les raisons de boire des vins no-low sont notamment liées à la conduite routière, la santé ou au sentiment d’appartenance à un groupe. » Sans s'avancer sur les chiffres, il prévoit une augmentation de ce segment dans les prochaines années, tout en assurant que les vins no-low ne remplaceront jamais les vins traditionnels. (Tanguy Dhelin)

Porc : le site francilien de Cooperl a surmonté l’incendie de ses camions (presse)

Un incendie avait fortement réduit la flotte de camions du site Paris Terroir de Cooperl, à Houdan (Yvelines), le 7 avril. Pour autant, ce site a maintenu ses activités d’abattage de porcs et de commerce de gros, rapportent Les Marchés le 27 avril. « Nos clients ont été livrés et nous n’avons pas arrêté notre activité. À force de travail des salariés et grâce à l’implication du groupe, nous avons réussi à maintenir l’activité », a rapporté Mathieu Pecqueur, responsable de la communication du groupe coopératif breton, à nos confrères. Selon lui, des solutions de remplacement ont rapidement été mises en place, et des partenaires, comme la Cooperl, ont prêté des véhicules. Le responsable a reconnu quelques retards de livraison pendant la semaine suivant Pâques, mais la situation est désormais résorbée, selon lui. De même, la collecte des porcs auprès des éleveurs a continué, avec très peu de reports d’animaux. Concernant l’origine du sinistre, aucune conclusion officielle n’a encore été rendue. « À ce stade, l’enquête est encore en cours. Mais il est très probable que ce soit une piste criminelle », a estimé Mathieu Pecqueur.

Foncier : Hectarea poursuit son objectif de fluidifier la transmission et l’accès aux terres

Hectarea, qui reconnecte les épargnants aux agriculteurs, annonce une levée de fonds de 1,5 M€ pour accompagner « le lancement de Place des Terres, une plateforme dédiée aux agriculteurs pour fluidifier l’accès et la transmission du foncier agricole en France », explique la société dans un communiqué le 28 avril (lire l’article complet sur Agra Business). Cette opération est soutenue par InvESS Île-de-France amorçage (initié par la région Île-de-France, géré par Inco entures), Kiss Studio, Albo et des business angels. « La plateforme qui s’adresse aux agriculteurs et à tout l’écosystème de l’installation agricole, permet d’agréger et de mettre en valeur tout un flux de données, dans le but de fluidifier le marché de l’offre et de la demande », nous explique Paul Rodrigues, cofondateur de la société avec Adime Amoukou en 2022. Hectarea a déjà financé une cinquantaine d’agriculteurs depuis les débuts de la société, ce qui représente un peu plus de 4,5 M€ collectés auprès des particuliers. (Perrine Delfortrie)

Anti-gaspillage alimentaire : Quasimodo et PimpUp unissent leurs forces

Quasimodo et PimpUp, deux spécialistes de l’anti-gaspillage alimentaire viennent d’annoncer leur rapprochement. « Cette opération marque une nouvelle étape structurante pour les deux entreprises, réunies autour d’une ambition commune : accélérer la transition vers une consommation plus responsable en France », expliquent les sociétés dans un communiqué commun le 28 avril. Dans les faits, c’est Quasimodo qui « a repris la marque, les actifs et les salariés de PimpUp », nous précise Titouan Palomino, cofondateur de la société avec Julien Machuron et Samuel Bigeard (lire l’article complet dans Agra Business). Fondée en 2021 à Montpellier par Anaïs Lacombe et Manon Pagnucco, PimpUp a livré depuis sa création 150 000 paniers dans plus de 47 villes (via des points relais), sauvegardant ainsi 750 t de fruits et légumes. La société traversait une phase difficile, faute d’avoir réussi à relever des fonds pour poursuivre son développement. Ce rapprochement permet de construire un acteur national du panier anti-gaspi en France à partir de deux profils complémentaires. PimpUp d’un côté, avec une offre en circuit court de produits anti-gaspillage à prix accessibles dans le sud de la France ; Quasimodo, de l’autre, avec une offre de paniers bio, distribués en points relais à Paris. (Perrine Delfortrie)

Emballage : Ifco (bacs réemployables) renforce sa collaboration avec Citeo Pro

Dans un communiqué du 28 avril, le pourvoyeur de bacs réemployables pour produits frais Ifco annonce que le d.g. d’Ifco France, Florent Chaffal, a rejoint le conseil d’administration de Citeo Pro, éco‑organisme chargé d’accompagner la mise en œuvre du régime de REP (responsabilité élargie du producteur) pour les emballages de livraison aux professionnels, qui s’imposera le 1er juillet en France. L’entreprise, qui met en place des boucles de réemploi des bacs entre professionnels (collecte, lavage, redistribution), dit apporter au gestionnaire « des capacités numériques de suivi et de traçabilité, offrant une visibilité sur les mouvements des bacs et les volumes de réemploi ». Ces données permettent aux opérateurs de suivre les flux, de répondre aux obligations de déclaration et de documenter leur performance environnementale, explique-t-elle. Le communiqué précise qu’Ifco exploite dans 50 pays un parc de plus de 400 millions de bacs réutilisables pour plus de 2,5 milliards d'expéditions de produits frais (fruits et légumes, viandes, œufs, produits de boulangerie ou produits de la mer).

Biosolutions : Hans Peters nouveau président-directeur général de Koppert

La société Koppert, spécialisée dans les biosolutions et la pollinisation naturelle, a annoncé le 28 avril la nomination de Hans Peters au poste de président-directeur général. Il succède à René Koppert. Ce changement s’inscrit « dans une nouvelle phase de développement de l’entreprise pour accélérer sa croissance et renforcer sa position de leader mondial du biocontrôle », et ainsi « répondre aux enjeux agricoles de demain ». Hans Peters a occupé des fonctions de direction au sein de différents groupes comme Unilever, avant de devenir récemment p.-d.g. de Priva (services et conseil en informatique). Après une période de transition de deux mois, Paul Koppert et Henri Oosthoek reprendront leurs fonctions au sein du conseil de surveillance. À compter du 1er juillet, le comité de direction sera composé de Hans Peters en tant que p.-d.g., Martin Koppert au poste de directeur des opérations et Siger Spaans, directeur financier. (Anne Gilet)

Biosolutions : Éric Barbedette rejoint le comité stratégique de Biom Innov

La société Biom Innov, spécialisée dans les biosolutions, annonce l’arrivée au sein de son équipe d’Éric Barbedette, l’ex-d.g. d’Actura, qui a fait valoir ses droits à la retraite fin septembre 2025. Il rejoint le comité stratégique comme « membre indépendant ». Sa mission : « affiner la stratégie de développement des technologies innovantes de biocontrôle ». Il devrait également épauler l’équipe en place pour, dans les prochains mois, « établir les partenariats commerciaux ». (Anne Gilet)