UE-Mercosur : la Pologne saisit à son tour la Cour de justice de l’UE
Le ministre polonais de l’Agriculture, Stefan Krajewski, a confirmé, le 27 avril en marge de la réunion du Conseil Agriculture à Luxembourg, que son pays a déposé à un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) au sujet de l’accord de libre-échange UE-Mercosur. « Nous contestons la manière dont l’accord UE-Mercosur est mis en œuvre et son application partielle à compter du 1er mai. Nous souhaitons que la Cour réexamine les décisions rendues », avance le ministre. Varsovie s’interroge notamment sur l’architecture juridique de l’accord entre une partie politique et une partie commerciale. « Il y a aussi la question selon laquelle les décisions devraient être prises au Conseil de l’UE et non par la Commission européenne », affirme le ministre. Selon lui, ce recours vient compléter celui déposé par le Parlement européen en janvier. Cette saisine de la CJUE par l’hémicycle strasbourgeois avait entraîné la suspension du processus de ratification au Parlement européen le temps que la CJUE rende sa décision. C’est à la suite de cette décision – et sous pression de la ratification l’accord par l’Argentine et l’Uruguay – que la Commission européenne a décidé de mettre en œuvre de manière provisoire le traité commercial dès le 1er mai.
UE-Mercosur : craintes sur la répartition des quotas agricoles avant l’entrée en vigueur
Alors que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur doit entrer en vigueur de manière provisoire au 1er mai, plusieurs eurodéputés issus d’un large spectre politique ont transmis, le 25 avril, une question écrite à la Commission européenne s’inquiétant de l’allocation des contingents tarifaires agricoles, précisée dans un règlement d'exécution publié le 21 avril. L’un des signataires, le centriste belge Benoît Cassart, affirme que l’UE a cédé la répartition des volumes aux pays sud-américains, « perdant en pratique une partie du contrôle sur qui accède réellement à notre marché ». Leur crainte principale : le risque de captation du marché de la viande et de « super concentration » des flux par quelques grands groupes, comme le brésilien JBS. De son côté, le commissaire à l'Agriculture, Christophe Hansen, a assuré le 27 avril que l’UE conserve « une compétence pleine et exclusive sur la gestion des contingents tarifaires », notamment dans l’allocation entre les importateurs, la délivrance des licences d’importations et le suivi des volumes. Selon lui, le certificat d’autorisation de contingent du Mercosur, qui accompagne le certificat d’origine, a pour seul but de permettre aux pays du bloc sudaméricain de suivre la part de contingent utilisée par chacun d’eux.
Libre-échange : signature d’un accord commercial entre l’Inde et la Nouvelle-Zélande
L’Inde et la Nouvelle-Zélande ont signé, le 27 avril à New Delhi, un accord de libre-échange qualifié d’« historique » par le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon. Dans le détail, Wellington obtient notamment la suppression immédiate des droits de douane indiens sur la viande ovine et la laine. La Nouvelle-Zélande va également va également disposer d’un contingent en franchise de droits pour les exportations de kiwis (passant de 6 250 t à 15 000 t après six ans) avec un prix minimum d’importation de 1,80 $/kg. Le gouvernement néo-zélandais obtient aussi une réduction tarifaire de 50 % pour le quota de pommes (avec un prix minimum d’importation de 1,25 $/kg), dont le volume passera de 32 500 t à 45 000 t après six ans. Par ailleurs, les exportations néo-zélandaises de vin voient leurs droits de douane se réduire, passant de de 150 % à 25 % ou 50 % (selon la valeur du vin) sur dix ans. De son côté, l’Inde – qui bénéficie d’un accès en franchise de droits pour l’ensemble de ses exportations – se félicite que les produits laitiers (lait, crème, lactosérum, yaourt, fromage, etc.), les produits animaux (en dehors de la viande ovine) ou encore le sucre aient été exclus de l’accord.
Pac : les ministres de l’Agriculture sceptiques sur le plafonnement et l'exclusion des retraités
Les ministres de l’Agriculture de l’UE sont entrés dans le cœur des discussions sur la future Pac, lors de leur réunion du 27 avril à Luxembourg avec un premier débat sur le nouveau système de paiement aux agriculteurs. La plupart ont critiqué les dispositifs de dégressivité et de plafonnement des soutiens, ainsi que la proposition de la Commission européenne d’exclure progressivement les agriculteurs retraités du système des paiements directs. Cesser de soutenir les retraités conduirait dans de nombreux cas à un abandon des terres agricoles, ont fait valoir un certain nombre de ministres qui estiment que cette mesure serait discriminatoire. Et beaucoup ont souligné que la politique de renouvellement des générations devait être incitative plutôt que se faire au détriment d’autres bénéficiaires comme les retraités. « Le statu quo n’est pas justifiable », a pourtant prévenu le Commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, qui a néanmoins admis que qu’il faudrait trouver un équilibre. « Nous pourrions imaginer un mécanisme de solidarité entre retraités et jeunes agriculteurs », a-t-il suggéré. Quant au plafonnement et à la dégressivité, il indique que les fonds ainsi économisés resteront dans les États membres, qui pourront les utiliser pour des investissements dans des grandes exploitations ou pour récompenser les services environnementaux.
Pesticides : l'Allemagne et une douzaine de ministres demandent une simplification du registre
L’Allemagne, soutenue par une douzaine de délégation, a appelé, le 27 avril à l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg, à simplifier le système de collecte des données des intrants, notamment de pesticides. L’entrée en vigueur du registre que doivent tenir les agriculteurs était prévue pour début 2026, mais a finalement été reportée d’un an. Pour l’Allemagne, il va représenter une charge importante, notamment pour les exploitations spécialisées, telles que les exploitations maraîchères ou les pépinières, qui cultivent et traitent simultanément de nombreuses cultures différentes. « Nous ne comprenons pas l'intérêt que la Commission européenne peut tirer de l'enregistrement d’informations supplémentaires telles que le numéro d'autorisation des molécules, le code OEPP (permettant d’identifier chaque espèce végétale) ou le code BBCH (stade de développement de la plante) », indique l’Allemagne. Plus prudente, la française Annie Genevard s’est dite favorable à des simplifications, tout en prévenant que les informations sur les conditions d’application des produits phytosanitaires devraient être maintenues à des fins de contrôle. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a essayé de rassurer, soulignant que les agriculteurs n’avaient aucune obligation d’utiliser ces codes et pouvaient avoir recours aux noms familiers qu’ils utilisent dans le cadre de leur travail.
Bovins viande : les JA alertent sur une baisse généralisée des prix à la production
Dans un communiqué du 24 avril, les Jeunes agriculteurs alertent sur la récente chute des prix des bovins viande, soulignant que « c’est l’ensemble des marchés du maigre et du gras qui recule ». Cette baisse intervient « avant même que les premiers veaux d’automne arrivent sur le marché », rappelle le syndicat, et alors que « l’offre reste structurellement basse » et que « la consommation européenne se maintient ». Accusant les « opérateurs de l’aval », les JA menacent de « durcir le ton » si ces entreprises « continuent de comprimer les prix dès que l’occasion se présente ». Selon les indicateurs publiés par Interbev (interprofession), les cours décrochent dans toutes les catégories d’animaux depuis la semaine 15 (du 6 avril). La semaine suivante, les baisses s’échelonnent entre 1 ct€/kg vif (broutards limousins de 300 kg) et 8 ct€/kgéc (jeunes bovins R et U). Toutes les cotations restent largement supérieures à celles de la même période en 2025. Dans son bulletin Tendances du 23 avril, l’Institut de l’élevage note que, malgré leur fléchissement, les prix des vaches françaises restent supérieurs de 54 centimes à la moyenne européenne ; un écart habituel en raison de l’appétit des Français pour la viande de femelles. Quant aux cours des jeunes bovins, s’ils « s’érodent », cette baisse est « habituelle en cette saison », rappelle l’Idele.
Génétique bovine : le Maroc rouvre ses frontières aux semences bovines françaises
Au lendemain de son déplacement au Maroc, où elle a rencontré son homologue Ahmed El Bouari, la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard a salué, le 22 avril sur le réseau social X, la « réouverture du marché marocain aux semences bovines françaises ». « Ce succès laisse augurer des perspectives optimistes pour la reprise des exportations de bovins vivants », espère Mme Genevard. Selon elle, les échanges « vont se poursuivre et permettre d'établir un protocole à même de fournir toutes les garanties sanitaires nécessaires à nos partenaires marocains ». Selon FranceAgriMer, en 2023, les exportations de sperme de taureau, toutes destinations confondues, ont totalisé 19 M€ (dont 9 M€ vers les pays tiers). Les exportations d’animaux (reproducteurs de race pure) sont dix fois plus conséquentes, à 117 M€, et le Maroc fait partie des premières destinations, avec l’Algérie, l’Espagne et l’Italie. Vu les « énormes besoins [en animaux] pour reconstituer son cheptel », le royaume chérifien pourrait « devenir le nouveau hub de la génétique bovine en Afrique », estime La Montagne (article payant). Par ailleurs, lors de son déplacement le 21 avril au Siam, le Salon de l’Agriculture du Maroc, Annie Genevard a « lancé, avec le ministre Ahmed El Bouari, le Comité mixte agricole franco-marocain », d’après un précédent message.
Porc : Cirhyo prend ses marques au Marché de Plérin
Depuis son communiqué du 16 avril annonçant la présentation d’un premier lot de Cirhyo au Marché du porc Français (MPF), deux lots du groupement du centre de la France ont été commercialisés via le cadran breton de Plérin. Le responsable des marchés du MPF, Julien Ligneau, rapporte que le premier lot de 190 porcs (un camion) s’est vendu au prix du marché le jeudi 16 avril, et qu’il en a été de même le jeudi 23 avril. Il souligne que la convention du MPF astreint le vendeur à une régularité d’apport et que, par conséquent, « la mécanique est lancée » s’agissant de Cirhyo. Ainsi, ce groupement, très étendu sur 33 départements autour du centre de l’Hexagone, « participe désormais à la formation du prix du porc en France », déclare le MPF. « Cette évolution renforce la représentativité des acteurs et consolide la pertinence d’un prix de référence à l’échelle nationale », a déclaré le marché dans son communiqué. Pour rappel, le Marché du porc breton (MPB) s’est mué en Marché du porc Français (MPF) en 2024, avec son extension à des départements limitrophes. Au-delà des bretons, il compte parmi ses opérateurs les abatteurs Tradival (Loiret), Vallegrain (Sarthe), ainsi que Terrena, à travers son abattoir Holvia et son groupement Porveo (Mayenne).
Lait/loi d’urgence : la FNPL réclame des « règles contraignantes » de détermination des prix
Dans un communiqué du 27 avril, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) réclame l’instauration, dans le cadre de la loi d’urgence agricole en discussion, des « sanctions dissuasives » à l’encontre des opérateurs qui ne respecteraient pas les organisations de producteurs (OP) et des « règles contraignantes » de détermination des prix d’achats du lait. Parmi ses « propositions concrètes », le syndicat suggère « une séparation claire entre le prix de base et la rémunération liée aux exigences environnementales spécifiques » et un encadrement strict de la durée des négociations commerciales. Ces dernières, lorsqu’elles « s’éternisent », profitent aux acheteurs et fragilisent les fermes, constate la FNPL, qui demande aussi « d’assurer un recours effectif au CRDCA (règlement des différends commerciaux, NDLR) pour mettre fin aux situations de blocage ». En termes de transparence, elle souhaite que des données économiques complètes soient transmises à l’OFPM (observatoire de la formation des prix et des marges) et que le « mix de produits » utilisé dans les formules de prix soit certifié par un tiers.
Céréales : en Vendée, la Cavac très inquiète pour le potentiel des blé et des orges
Après les fortes pluies du début d’année (plus de 350 mm en un mois), c’est le manque d’eau qui fait l’actualité en Vendée. « Aucune pluie n’est tombée depuis le 13 mars », constate Jean-Luc Lespinas, responsable du service agronomie de la Cavac. « Les blés, mal enracinés, doivent désormais composer avec un horizon de surface très sec. Dans les parcelles hydromorphes, le ressuyage a été difficile, compliquant le passage du dernier apport d’azote, souvent mal valorisé. Les agriculteurs équipés d’irrigation ont ressorti les enrouleurs depuis deux semaines ; pour les autres, la situation s’annonce compliquée, d’autant que la météo ne prévoit aucune pluie significative dans les jours à venir. » Les orges sont dans la même situation et affichent, elles aussi, entre 10 et 15 jours d’avance. « Les rendements, difficiles à estimer à date, sont attendus en nette baisse », assure-t-il. Les colzas s’en sortent un peu mieux, « grâce à leur puissant système racinaire ». Mais, dans les situations hydromorphes, le nombre de siliques a pu être pénalisé et le remplissage perturbé. Pour les semis de printemps, le tournesol profite du recul du maïs (près de 20 % de surface en moins) : cours porteurs, moins gourmand en engrais... Dans la plaine et le marais, les semis sont réalisés à 90 %, mais à peine un tiers le sont en zone de bocage : le manque d’eau crée de grosses mottes, compliquant la préparation du sol. (Anne Gilet)
Céréales : l’observatoire des cultures européennes relève ses prévisions de rendement 2026
Dans son rapport mensuel du 27 avril, l’observatoire des cultures européennes, Mars (rattaché à la Commission européenne), a revu à la hausse ses prévisions de rendements de céréales pour la récolte 2026 au niveau de l’UE. « Les conditions des cultures en Europe restent globalement favorables, soutenues par des températures douces et une humidité des sols adéquate dans de nombreuses régions », peut-on lire dans le document. Plus en détail, la prévision de rendement moyen en blé tendre s'élève à 6,05 t/ha ce mois-ci, contre 5,98 t/ha le mois antérieur (et une moyenne de 5,86 t/ha sur les cinq dernières années). En orge, la moyenne est attendue à 5,15 t/ha, contre 5,08 t/ha en mars, et 5 t/ha sur la moyenne cinq ans. En colza, la projection s’établit à 3,25 t/ha, contre 3,22 t/ha le mois précédent (et 3,2 t/ha de moyenne quinquennale). L’observatoire prévient néanmoins qu’un déficit hydrique s’installe dans les pays du nord, du centre et de l’est de l’Europe. « Les prévisions météorologiques annoncent la poursuite de conditions sèches en Europe centrale et des températures plus fraîches à l’Est, susceptibles d’accentuer les déficits hydriques et de ralentir le développement » des plantes, poursuit l’organisme.
Céréales : un journal israélien révèle comment la Russie vend à Israël du blé ukrainien volé
Une enquête du journal israélien Haaretz publiée le 26 avril (article payant) révèle comment la Russie procède afin de vendre à divers clients internationaux, dont Israël, des céréales volées à l’Ukraine. Israël aurait d’ailleurs laissé décharger dans ses ports, rien qu’en 2026, quatre cargaisons provenant de Russie, transportant des marchandises ukrainiennes, mais dont l’origine a été dissimulée. Parmi les quatre navires figurait le vraquier Abinsk, contenant 43 700 t de blé ukrainien. Ce dernier avait reçu l’autorisation des autorités locales d’entrer dans le port d’Haïfa le 12 avril. Un autre bateau suspect est arrivé dans la baie de Haïfa le matin du 26 avril, et attendrait son tour pour entrer dans le port, d’après Haaretz. D’autres navires contenant des grains ukrainiens auraient été déchargés dans les ports israéliens depuis le début de l’invasion russe du territoire ukrainien, initiée en 2022. Pour résumer, afin de contourner les sanctions internationales et de brouiller les pistes, les Russes chargent les bateaux en mer, désactivent temporairement leur système d’identification automatique – ce qui est considéré comme une violation des règles de l’Organisation maritime internationale – et les réactivent lorsqu’ils repartent vers les pays destinataires.
Pommes de terre : la profession précise les règles quant à l’épandage des excédents
Dans une note du 27 avril, la filière française de la pomme de terre (CNIPT, GIPT, UNPT, Arvalis) a précisé les règles à respecter dans le cas où des exploitations devraient opter pour l’épandage de l’excédent de pommes de terre dans les champs. Rappelons que la production de pommes de terre en France en 2025 a largement dépassé la demande, déclenchant une chute des prix et engendrant des besoins de gestion du surplus d’offre. La profession a proposé plusieurs solutions : dons alimentaires, alimentation animale, méthanisation. Mais elles s’avèrent parfois insuffisantes. « Force est de constater que des volumes excédentaires de pommes de terre devront être gérés au sein des exploitations », explique la profession. Les pommes de terre peuvent être épandues en l’état ou compostées. « En dernier recours, une dernière voie de dégagement est autorisée pour détruire les surplus de pommes de terre ; à savoir la " mise en tas " », précisent les organisations. Ces opérations doivent être menées selon un protocole strict afin d’éviter tout risque sanitaire. « Les pommes de terre épandues sont considérées comme des fertilisants organiques de type II au titre de la directive nitrates », indique par exemple la filière.
Reliquats d’aides bio : la Fnab presse l’État et les régions de soutenir les fermes bio
Dans un communiqué du 27 avril, la Fnab (producteurs bio) appelle le ministère de l’Agriculture à réaffecter les reliquats de l’aide à la conversion biologique (CAB) aux fermes déjà engagées en bio. Elle affirme que « l’année 2025 voit s’établir un nouveau record d’argent non dépensé à 150 millions d’euros (M€) par an ». « Dans les prochains jours, l’État va décider d’une première réallocation des reliquats avant de la négocier avec les régions, et il reste de la marge de manœuvre pour prioriser la bio », affirme le syndicat. Concrètement, il demande la réaffectation des aides par un « dézonage » des MAEC Systèmes herbagers, Réduction des pesticides et Gestion de la fertilisation, afin que toutes les fermes bio de France puissent en profiter si elles répondent aux critères. Elle demande aussi la réaffectation des reliquats vers des aides à l’investissement pour les projets bio. Pour rappel, la Fnab regrette « une aide à la conversion cinq fois plus dotée que l’aide au maintien » (à travers l’éco-régime bio), alors que le nombre de fermes bio a enregistré un recul historique en 2025, et ce après deux années de recul des surfaces en bio. « Le gouvernement pèche par excès d’arrogance. Ce sont les fermes bio qui en font les frais et qui arrêtent la bio, il faut arrêter l’hémorragie », déclare le co-président Loïc Madeline, cité dans le communiqué.
Sdage : Eau & rivières de Bretagne conteste les critiques des chambres d’agriculture
Après les critiques formulées le 22 avril par les chambres d’agriculture sur la mise en œuvre des Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2028-2033, l’association Eau & rivières de Bretagne a appelé l’État à garantir le bon fonctionnement des instances de gouvernance de l’eau, afin d’éviter que « quelques syndicats corporatistes ne [prennent] l’habitude de confisquer la démocratie ». Les chambres d’agriculture avaient critiqué une élaboration « contre le monde agricole », appelant à représenter le poids des élus agricoles dans lesdites instances. L’association estime au contraire que « le monde agricole bénéficie déjà d’une place importante, voire dominante » dans les comités de bassin et les commissions locales de l’eau. Elle appelle à « préserver une gouvernance pluraliste de l’eau, qui ne soit pas captée par un seul secteur d’activité ». Pour rappel, les Sdage visent à assurer la gestion de la ressource et des écosystèmes aquatiques, à l'échelle des grands bassins, avec pour objectif le bon état des masses d’eau. Or, l’état des ressources en eau reste « préoccupant », marquée par des pollutions diffuses, à l’artificialisation des sols, à la surexploitation des nappes et à la dégradation des zones humides. Dans ce contexte, l’association estime que les mesures des Sdage répondent à la nécessité de préserver « un bien commun essentiel ».
Agroalimentaire : des rachats de PME moins nombreux et plus sélectifs en 2025 (experts)
En 2025, les cessions-acquisitions de PME de l’agroalimentaire ont été moins nombreuses, mais elles se sont maintenues dans les segments « à forte valeur ajoutée », comme l’alimentation fonctionnelle ou le bio, selon le panorama annuel des cessions et acquisitions de PME publié par In Extenso Finance le 27 avril. « Les entreprises capables de démontrer leur résilience opérationnelle, une gouvernance structurée et un positionnement clair sur des tendances de consommation durables continueront de susciter l’intérêt », assurent les experts en fusions-acquisitions dans un bilan spécifiquement agroalimentaire. Ceux-ci remarquent que le secteur agroalimentaire a connu seulement 39 opérations de cessions-acquisitions de PME en 2025. Bien qu’en repli de 24 % par rapport à 2024, ce nombre reste proche de la moyenne historique, souligne In Extenso. En effet, un rebond d’opérations s’était produit en 2024 du fait de la réalisation de plusieurs opérations différées durant la période de forte inflation des intrants entre 2021 et 2023. En 2025, c’est la faible balance commerciale agroalimentaire qui pèse sur la confiance des acquéreurs, qu’ils soient industriels ou financiers, avance le cabinet.
Canal de Panama : des agriculteurs panaméens manifestent contre un projet de barrage
Des agriculteurs panaméens ont manifesté le 25 avril, parfois à cheval, contre un projet de construction de barrage sur le Río Indio, destiné à garantir le bon fonctionnement du canal de Panama en cas de sécheresse. L'Autorité du canal de Panama (ACP) considère le barrage du Río Indio, situé à environ 70 km au nord-est de la capitale, comme un « projet stratégique » pour le fonctionnement du passage interocéanique au cours des 50 prochaines années. Les agriculteurs de la région dénoncent un projet qui les obligera à quitter leurs terres. Ils craignent de ne pas en trouver d’aussi bonnes que celles qu’ils exploitent et refusent d'être déplacés vers des zones arides où « même le manioc ne pousse pas avec de l'engrais », a-t-il ajouté. Avec un investissement de 1,6 Md$, le chantier du barrage – qui débuterait début 2027 et s'achèverait en 2032 – s'étendra sur 4 600 ha. De la retenue, l'eau serait acheminée par un tunnel de 9 km jusqu'au lac Gatún, dans le bassin du canal. La construction du barrage, qui obligerait à reloger quelque 2 500 personnes selon l'ACP, vise à prévenir les effets de sécheresses sévères comme celle de 2023, qui avait contraint à réduire drastiquement le trafic maritime dans le canal, très gros consommateur d'eau pour le fonctionnement de ses écluses.
Agenda de la semaine agricole du 27 avril 2026
Mardi 28 avril
Examen du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée (commission Développement durable)
Soirée de présentation de l'Atlas de l'eau
Salon Medfel (fruits et légumes), à Perpignan, jusqu’au 29
Colloque du député Julien Dive sur l’avenir du vignoble français, à l’Assemblée nationale
Colloque sur les 80 ans du statut du fermage (Modef), en Corrèze
Conférence de presse de l'Observatoire de la rémunération agricole équitable
Visioconférence de l'Idele sur le numérique en élevage ovin
Mobilisation FRSEA-JA Pays de la Loire à l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (Sdage)
Jeudi 30 avril
Présentation du projet Var Bleu (eau)
Rencontres de l'agroéquipement 2026, en Loire-Atlantique
Visioconférence Colocavo (logement des veaux laitiers)
Conférence de presse de l'Opecst (Parlement) sur les effets sanitaires et environnementaux de l'acétamipride
Erratum sur Vivalya
Contrairement à ce qui était indiqué dans l’Agra Fil et l’Agra Business du 16 avril, le réseau de grossistes Vivalya (1,5 M€ de CA, 80 000 clients) a réalisé un bilan carbone auprès de ses adhérents en 2023, et non en 2025, selon son directeur général des opérations, Yves Braun.