Agrafil du 27 avril 2026

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Tuberculose bovine : Genevard annonce une revalorisation des indemnisations

En déplacement au congrès de GDS France (groupements de défense sanitaire), à Avignon le 24 avril, la ministre de l’Agriculture a annoncé une revalorisation du forfait « d’abattage diagnostique » pour la tuberculose bovine. Cette indemnisation est versée aux éleveurs dont les bêtes sont abattues pour détecter la présence de lésions internes, une opération nécessaire à la confirmation de l’infection après un test positif. Ce forfait passera à 3 350 € pour les bovins de plus de 24 mois, contre 2 500 € auparavant (soit une hausse de 850 €). La revalorisation se fera « avec effet rétroactif sur la campagne de prophylaxie 2025-2026 », a précisé Annie Genevard sur le réseau social X. Autant de modalités proches de ce que demandaient, lors d’une mobilisation fin mars, plusieurs FDSEA de départements touchés (Côte-d’Or, Calvados, Orne). Maladie transmissible à l’homme, la tuberculose bovine n’est présente que dans certaines régions bien définies (Sud-Ouest, Normandie, etc.), mais elle y provoque localement des impacts considérables. Par exemple, « environ 200 à 250 bovins » sont abattus en Côte-d’Or pour un diagnostic de confirmation, selon la FDSEA. Le début de l’année 2026 a été marqué par de nombreux cas, avec 50 foyers détectés à la mi-mars, selon le bilan officiel du ministère.

Influenza aviaire : le niveau de risque abaissé et les éleveurs soulagés

Le niveau de risque en France lié à l’influenza aviaire est abaissé à partir de lundi 27 avril sur le territoire métropolitain, passant d'« élevé » à « modéré », une décision qui met fin à la quasi-totalité des mesures contraignantes de confinement des volailles, accueillie avec soulagement par les éleveurs. Le ministère de l'Agriculture a pris la décision en « considérant l'amélioration de la situation sanitaire au sein des élevages et dans l'avifaune sauvage », selon un arrêté paru le 27 avril au Journal officiel. Elle va permettre un allègement des mesures sanitaires : « Les obligations de mise à l’abri des volailles ne concernent plus que certaines zones sensibles du territoire national », a précisé le ministère à l'AFP. Prise « après concertation avec les scientifiques et les professionnels du secteur », selon le ministère, cette décision a été accueillie avec soulagement notamment dans le Sud-Ouest. Depuis août 2025, 121 foyers d'infection ont été recensés en France dans des élevages commerciaux et 30 foyers dans des basses-cours et chez des oiseaux captifs non commerciaux, selon un point du ministère de l'agriculture arrêté au 16 avril. En Europe, des cas subsistent en Pologne. Mais depuis le 16 avril, « il n'y a plus de cas actifs sur le territoire » métropolitain, a indiqué le ministère.

Fièvre aphteuse : la Slovaquie obtient un soutien exceptionnel de Bruxelles pour ses éleveurs

Les États membres ont donné leur feu vert, le 23 avril, à une proposition de la Commission européenne destinée à verser à la Slovaquie un soutien exceptionnel de 2,1 millions d’euros en faveur des éleveurs laitiers et de viande porcine touchés par des foyers de fièvre aphteuse survenus en mars et avril 2025. La mesure en question vise à « atténuer les pertes de revenus subies par les agriculteurs en raison des restrictions de mouvement et de l’allongement des périodes d’élevage imposés afin de contenir la maladie », précise l’exécutif européen dans son communiqué. Concrètement, ce soutien exceptionnel doit permettre de compenser les agriculteurs pour le lait cru non livré, l’allongement des périodes d’engraissement des porcs, ainsi que pour la prolongation ou le retard des périodes d’élevage des porcelets et des truies. Les paiements aux bénéficiaires devront être effectués au plus tard le 30 septembre 2026.

Miel : tous les mélanges de miels devront désormais indiquer les pays d’origine (JO)

L'ensemble des pots de mélanges de miel devront détailler à partir du mois de juin chaque pays de récolte, selon un décret paru au Journal officiel le 25 avril qui transpose une directive européenne. C'était déjà le cas depuis 2022, mais uniquement pour les mélanges de miels conditionnés en France. Ce décret élargit cette obligation à l'ensemble des pots de miel. Adoptée en 2024, la directive européenne dite « petit-déjeuner » visait notamment à lutter contre les importations dans l'UE de miels frelatés via l'ajout de sucres. Elle s'appuyait sur les résultats d'une enquête de la Commission européenne, qui montrait que, sur 320 échantillons de miel importé, près de la moitié étaient suspectés de déroger aux règles de l'UE, notamment via l'ajout de sirops de sucre destinés à faire chuter le coût de revient. Le décret paru samedi au Journal officiel met en application en France à partir du 14 juin les mesures qui découlent de cette directive. Tous les pots de miel de mélange devront désormais détailler l'ensemble des pays de récolte, par ordre décroissant de poids, avec le pourcentage précis que chacun représente dans le pot et une marge d'erreur de 5 %.

Élevage : bientôt des actions FDSEA-JA dans les Côtes-d’Armor, ciblant les importations

Le 24 avril, les syndicats FDSEA et JA des Côtes-d’Armor ont publié un communiqué revendiquant « des actes politiques immédiats » et annonçant dans les jours suivants des opérations de contrôle de la provenance des produits en GMS. La profession espère notamment que la loi d’urgence agricole débouche sur « des mesures concrètes, immédiates et efficaces pour garantir des prix rémunérateurs et protéger la production française ». Contacté par Agra Presse, le secrétaire général de la FDSEA Mathieu Lozac’h rappelle que les éleveurs laitiers et porcins souffrent de la hausse des énergies, de l’alimentation animale et des engrais alors que leurs prix de vente sont bas. « De nombreuses fermes sont en cessation de paiement », alerte-t-il. « Même les bovins viande, qui tiraient leur épingle du jeu, ont perdu 15 centimes du kilo en un mois, on nous explique que les frigos sont pleins », déplore-t-il. Quant aux filières volaille et œuf, les syndicats attendent de la loi d’urgence qu’elle fasse cesser les attaques contre les projets, mentionne le secrétaire général de la FDSEA. Mathieu Lozac’h ne doute pas que d’autres départements de l’Ouest se joindront aux démonstrations d’impatience des éleveurs.

Soins vétérinaires : un pôle de santé animale attendu à l’automne 2027 dans l’Yonne

Lors de la journée des chambres d’Agriculture sur le maillage territorial vétérinaire le 22 avril, Arnaud Delestre, président de la chambre de l’Yonne, a annoncé que le tour de table financier était achevé pour monter un pôle de santé animale près d’Auxerre au second semestre 2027. Ce projet répond à un risque de désertification en médecine vétérinaire rurale dans la vallée de l’Yonne, diagnostiqué dès 2022. Il représente un investissement de 1,75 millions d’euros, auxquels s’ajouteront jusqu’à 250 000 € d’aménagements intérieurs effectués par la clinique de la Croix blanche, future locataire des lieux. Différents échelons de collectivité – de l’État à la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, porteuse du projet – participent au financement, ainsi que la chambre d’agriculture (à hauteur de 300 000 €). Implanté près du lycée agricole de La Brosse, sa vocation sera double : services (allant de la consultation à l’opération pour les ruminants et animaux de compagnie) et formation. Ce pôle où travailleront 3,5 vétérinaires (ETP) et trois assistants doit s’ajouter à l’automne 2027 aux onze structures vétérinaires (de ville et rurales), au service de plus de 1 000 élevages de la zone, qui comptait 176 684 ruminants en 2022.

Ours : une femme de 58 ans tuée par un ours en Pologne

Une femme de 58 ans a été tuée par un ours le 23 avril près du village de Plonna, dans le sud-est de la Pologne, a-t-on appris auprès des pompiers. Les services de secours ont été alertés par le fils de la victime, a précisé Pawel Giba, porte-parole des pompiers locaux. Pompiers et policiers se sont rendus sur place, mais ils ont constaté qu'il était inutile de prodiguer les premiers soins à la victime, en raison de l'ampleur de ses blessures, a-t-il ajouté. Leur arrivée sur le site a été retardée par « la difficulté du terrain et l'absence d'indications précises sur le lieu » de l'accident, a encore précisé le porte-parole. Le décès de la victime a rapidement été constaté. Une enquête sur les circonstances de l'accident est en cours. La Pologne compte une population d'environ 100 ours bruns, dont 80 % dans la région montagneuse des Bieszczady où a eu lieu l'attaque, selon des données officielles de 2024.

Climat : le retour d’El Niño est « de plus en plus probable » à partir de la mi-2026

Le développement d’un épisode El Niño est « de plus en plus probable » à partir de la mi-2026, avec des incidences sur les températures et précipitations à l’échelle mondiale, a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM) le 24 avril. Selon la dernière mise à jour de l’agence onusienne, qui note « un net changement dans le Pacifique équatorial », les « températures de surface augmentent rapidement, laissant présager un retour probable d’El Niño dès la période de mai à juillet 2026 ». Les prévisions pour ces trois prochains mois indiquent une « prédominance quasi mondiale de températures supérieures à la normale à la surface des terres émergées », accompagnée de variations régionales des régimes de précipitations, précise l’OMM. El Niño se caractérise par une hausse des températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Il se produit d’ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois. Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois. L’OMM a indiqué qu’elle publierait son prochain bulletin « Info-Niño/Niña » à la fin du mois de mai « afin de fournir des orientations plus fiables pour la prise de décisions durant la période de juin à août et au-delà ».

Champignons : Lou Légumes condamnée en appel pour francisation

Le 14 avril, la 11e chambre de la Cour d’appel de Rennes a condamné Lou Légumes/Légulice, producteur de champignons à Poilley (Ille-et-Vilaine) pour francisation de champignons, selon le bulletin Direct Légumes diffusé par Légumes de France (producteurs, FNSEA). La cour d’appel a confirmé les amendes en faveur du ministère public, soit 235 00 € pour la SAS Lou Légumes, 500 000 € pour la SASU Légulice et 9 000 € pour la SAS Fineclore, chapeautant les deux entités. L’entreprise avait été condamnée en première instance en 2023. En 2020, les enquêteurs de la DDCSPP (préfecture) d’Ille et Vilaine avaient établi que, entre le 1er mars 2019 et le 30 novembre 2020, plus de 8 000 t de champignons polonais avaient été remballés sous origine France, pour une valeur de près de 30 M€, à la suite d’un contrôle. Les représentants de la filière – (FNSACC (cultivateurs) et ANICC (interprofession du champignon de couche), Légumes de France et Interfel – étaient parties civiles, de même que les enseignes de distribution victimes de la tromperie (Lidl, Cora, Casino, Carrefour, U, E.Leclerc).

Litchis : Orsero retenu pour la campagne d’exportation malgache vers l’Europe (presse)

Le groupement des exportateurs de litchis de Madagascar (GEL) a choisi l’entreprise Simba, filiale du groupe italien Orsero, spécialisé dans l'importation de fruits et légumes, pour piloter sa campagne d’exportation 2026-2027, rapporte le magazine spécialisé allemand Fruchthandel le 22 avril. Avec ce contrat, Orsero s’impose comme l’un des deux opérateurs exclusifs pour l’importation et la distribution de litchis malgaches en Europe. Il consolide ainsi sa position dans le segment des fruits exotiques, avec un ancrage marqué sur le marché français, premier débouché européen pour le litchi. « Nous nous engageons pleinement à construire un partenariat solide et durable avec les producteurs malgaches », ont déclaré Raffaella Orsero, vice-présidente et directrice générale d’Orsero, et Matteo Colombini, co-directeur général, à Fruchthandel. Le groupe entend promouvoir le litchi de Madagascar sur les marchés européens, en garantissant non seulement « la qualité » des fruits, mais aussi en défendant « une vision à long terme pour la filière ». Madagascar est le troisième producteur mondial de litchis et le premier exportateur vers l’Europe, avec environ 15 000 t commercialisées entre décembre et janvier, au moment du pic de consommation des fêtes de fin d’année.

Biologie végétale : les plantes germent plus rapidement en percevant le bruit de la pluie (étude)

Les plantes perçoivent les vibrations de la pluie, révèle une étude de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) publié le 22 avril dans la revue Scientific Reports. En travaillant sur des semences de riz, les chercheurs ont montré que le bruit des gouttes d’eau suffit à rompre leur dormance et à accélérer leur germination. Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont analysé quelque 8 000 semences de riz, immergées dans des bassins d’eau peu profonde, un milieu propice à leur germination. Ils ont fait varier la taille et la hauteur de chute des gouttes afin de reproduire des pluies faibles, modérées et intenses. Résultat : les semences exposées au bruit de la pluie ont germé 30 à 40 % plus rapidement que celles non exposées, avec par ailleurs des conditions identiques. Les semences près de la surface se sont par ailleurs révélées plus sensibles aux vibrations des gouttes et ont germé plus rapidement que celles plus profondément immergées. Selon les chercheurs, les gouttes engendrent des ondes sonores qui font vibrer l’environnement et déplacent les statolithes, des organites impliqués dans la perception de la gravité au sein des cellules végétales. Leur mise en mouvement agirait comme un signal déclencheur de la germination. « Cette étude montre que les semences peuvent percevoir le son d’une manière qui favorise leur survie », souligne Nicholas Makris, professeur en génie mécanique au MIT et auteur de l’étude, dans un communiqué de l'institut.

Distribution : ventes quasi stables pour Carrefour, pas d'« impact » du Moyen-Orient

Carrefour a réalisé un chiffre d'affaires de 21,1 milliards d'euros (Md€) au premier trimestre 2026 (en progression de 0,5 %, carburant inclus), porté par des ventes en hausse en France et en Espagne, a annoncé le 22 avril le distributeur, qui n'a pas constaté d'« impact » lié à la guerre au Moyen-Orient. « Depuis le début de la crise au Moyen-Orient, le groupe n'a pas constaté de changements significatifs dans les habitudes de consommation ni d'impact matériel sur son activité », a assuré le directeur exécutif finances et gestion du groupe, Matthieu Malige, lors d'un point téléphonique avec les agences de presse. « Ce que nous disent nos partenaires locaux et Majid Al Futtaim » – qui exploite Carrefour en franchise notamment en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis –, « c'est que l'ensemble des magasins sont ouverts », a précisé M. Malige, réfutant toute tension « à ce stade » sur « les stocks » ou « problème d'approvisionnement ». Du côté des consommateurs européens, aucune « évolution particulière » n'a été observée « en mars, début avril » par rapport au début de l'année, selon M. Malige. En France, ses ventes ont augmenté de 1,9 %, tirées notamment par les magasins de proximité (+8,3 %) et un « marché alimentaire toujours soutenu » après un ralentissement temporaire en fin d'année 2025.