Budget de la Pac : le Parlement européen confirme vouloir une rallonge de 139,31 Md€
Le Parlement européen, réuni en plénière le 28 avril, a validé sa position sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, dans laquelle il demande une rallonge de 139,31 milliards d’euros (Md€) pour le budget de la Pac. Contrairement à ce que propose la Commission européenne, les eurodéputés souhaitent « un financement distinct, suffisant et clairement affecté à la Pac ». Ils se prononcent pour réintroduire le second pilier de la Pac (supprimé par la Commission européenne dans sa proposition initiale) avec une enveloppe pour les zones rurales de 106,41 Md€. L’enveloppe consacrée aux aides aux revenus serait, elle, revue à la hausse de 26,6 Md€. Au total, le budget de la Pac devrait donc atteindre donc 433 Md€ sur la période (contre 293,7 Md€ dans la proposition de Bruxelles). Enfin, les eurodéputés confirment le renforcement de la réserve agricole, dotée de 6,3 Md€ sur la période, soit 900 M€ par an. De leur côté, les dirigeants des pays de l'UE ont eu, le 24 avril à Nicosie (Chypre), une première discussion informelle sur le CFP qui doit alimenter les réflexions de la présidence chypriote pour élaborer un cadre de négociation chiffré en vue du sommet européen de juin. Ensuite, l’objectif affiché est de parvenir à un accord avant 2027, année électorale dans plusieurs États membres, notamment en France.
Protéines de pois : Bruxelles institue un droit provisoire sur les importations de Chine
Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 28 avril, la Commission européenne impose un droit antidumping provisoire sur les importations de protéines de pois en provenance de Chine. En l’espèce, Bruxelles institue des taux de droit antidumping provisoires pouvant aller de 40,5 % à 67,4 % du prix CIF à la frontière de l’UE, avant dédouanement, en fonction des entreprises chinoises. Pour l’exécutif européen, ces mesures doivent permettre d’éviter l’aggravation du préjudice causé à l’industrie de l’UE et de rétablir des conditions de concurrence équitables. Cette décision est le résultat d’une enquête ouverte à la suite du dépôt d’une plainte, le 15 juillet, par une « coalition ad hoc des producteurs européens de protéines de pois » représentant plus de 25 % de la production totale de l’UE, faisant valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois. Dans le cadre de l’enquête, Bruxelles avait décidé, le 22 octobre dernier, de soumettre les importations de protéines de pois originaires de Chine à enregistrement afin de percevoir rétroactivement les potentielles sanctions. Ce règlement d’exécution entre en vigueur le lendemain de sa publication au JO de l’UE.
Riz : Strasbourg valide la révision du SPG sans toucher à la clause de sauvegarde
Les eurodéputés, réunis le 28 avril en séance plénière à Strasbourg, ont donné leur approbation (avec 459 voix pour, 127 contre et 70 abstentions) à l’accord provisoire concernant la révision du système de préférences généralisées (SPG) obtenu en décembre après quatre années de négociations difficiles. Malgré la pression de certains parlementaires issus des groupes politiques de droite, l’hémicycle strasbourgeois n’a pas souhaité amender la clause de sauvegarde pour le secteur du riz, dont les seuils de déclenchement sont jugés excessifs par les représentants professionnels. Pour le think-tank Farm Europe, ces taux sont même « déconnectés des réalités du marché », et ils empêchent « une intervention en temps utile dans des situations où une action précoce est essentielle pour éviter des dommages structurels au secteur ». Plusieurs eurodéputés proposaient justement l’abaissement du seuil de déclenchement des mesures à 20 % d’augmentation des importations sur dix ans glissants, contre 45 % dans le compromis obtenu en décembre. Une proposition qui a donc été rejetée. Une telle modification de l’accord provisoire aurait signifié une réouverture des discussions interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE.
Maïs : Euralis enregistre un double record, de précocité des semis et de recul des surfaces
« Au 28 avril, plus de 90 % des semis de maïs sont déjà réalisés », constate Franck Camet-Lassalle, responsable grands comptes au pôle agricole d’Euralis. « Un record ! Tout s’est déroulé très vite, dans d’excellentes conditions. Même constat pour les levées avec un nombre de pieds au m2 prometteur. » Contrairement à d’autres régions, le Sud-Ouest ne souffre pas du manque d’eau : « Les 30 mm de pluie tombés le 10 avril sur la quasi-totalité de notre zone de collecte a permis une levée rapide des graines déjà en terre et a constitué une bonne réserve pour les chantiers à venir. » Autre record, moins positif celui-ci : la baisse de la sole de maïs, entre 15 et 20 %. « Elle va de 10 % " seulement " dans les zones traditionnelles (sud Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), jusqu’à 30 % dans les zones de polycultures », confirme-t-il. En cause : le prix des engrais. « Les agriculteurs qui s’étaient couverts avant le début de l’année, à des prix corrects, ont réservé leurs tonnages aux céréales à paille. Aujourd’hui, ils préfèrent se tourner vers le tournesol... ou la jachère », explique le responsable d’Euralis. Au sein de la coopérative du Sud-Ouest, le tournesol devrait repasser au-dessus des 11 000 ha (+70 % en un an), contre 60 000 ha pour le maïs et 10 000 ha pour le soja. Au 28 avril, 85 % des semis de tournesol étaient réalisés, contre à peine 10 % pour le soja. (Anne Gilet)
Céréales : chez EMC2, la pluie attendue pour réaliser les apports d’azote
Si la situation n’est pas encore jugée inquiétante dans le Grand Est chez EMC2, le retour des pluies serait quand même une bonne nouvelle, notamment dans les petites terres, tant pour les cultures d’hiver que pour celles implantées au printemps. « Les prévisions sont incertaines pour la fin de la semaine », confirme David Meder, directeur terrain au sein de la coopérative de la Meuse. « Les blés sont bien implantés et présentent un bon état sanitaire, mais la totalité de l’azote n’a pas toujours pu être apportée car, pour être valorisée, il lui faut de l’eau. » En colza, le potentiel est déjà annoncé très hétérogène, et inférieur à celui de 2025, même si la période de floraison a été très favorable. Fait marquant de l’année : une forte présence de larves d’altises. Quant aux semis de printemps, ils sont bien engagés pour les tournesols et les maïs. L’arrivée de pluie faciliterait la germination et la levée. Alors que le maïs enregistre un recul de ses surfaces, au profit notamment du tournesol et de l’orge de printemps, la baisse ne devrait pas, selon David Meder, dépasser les 4 %. (Anne Gilet)
Céréales : PTx renouvelle son programme d’essais sur les semis de précision
Dans un communiqué du 28 avril, la société PTx, division dédiée à l’agriculture de précision d’AGCO et Trimble, a annoncé qu’elle poursuivra en 2026 son « programme d’essais agronomiques visant à démontrer l’impact des technologies de précision sur la qualité d’implantation des cultures et, in fine, sur le rendement ». Le programme se déroulera dans le Loiret, à Villemoutiers, sur une parcelle de maïs. La poursuite du programme en 2026 s’explique par les bons résultats obtenus en 2025 sur une parcelle voisine, qui ont « permis de réaliser jusqu'à plus 15 % de rendement », via « les réglages du semoir et des modalités d'implantation ainsi que la fertilisation au semis ». PTx tempère néanmoins la portée des résultats, rappelant qu’il ne s’agit que de « tendances agronomiques, et non de conclusions scientifiques ». « Ces résultats sont spécifiques à la parcelle, au champ et à l'année, et ne peuvent être généralisés à tous les sols, toutes les saisons ou toutes les cultures. » Cette année, l’essai sera conduit sur des sols aux textures différentes. Par ailleurs, « un dispositif d’essai agronomique de grande ampleur sera lancé en 2026 à la Ferme du bois d’UniLaSalle Beauvais », relate PTx. Le projet concernera une surface de 3 ha, sur lesquels seront implantés du maïs, de la betterave, du tournesol et du colza.
Commerce de grains volés par la Russie : l’Ukraine convoque l'ambassadeur d'Israël
L'ambassadeur d'Israël en Ukraine a été convoqué pour le 28 avril après l'arrivée au port d’Haïfa de navires chargés selon Kiev de grains ukrainiens volés par la Russie, a indiqué le 27 avril le chef de la diplomatie ukrainienne. Le ministre Andriï Sybiga a estimé dans un message sur X que l'Ukraine et Israël entretenaient des relations « amicales » qui pourraient néanmoins être malmenées par « le commerce illégal de la Russie de grain ukrainien volé ». Kiev avait déjà informé Israël mi-avril de l'arrivée au port d’Haïfa d'un précédent navire transportant selon elle du grain en provenance de territoires ukrainiens occupés par Moscou. Évoquant le « manque de réponse appropriée d'Israël à la requête légitime de l'Ukraine en ce qui concerne le navire précédent qui a livré des biens volés », M. Sybiga a affirmé le 27 avril qu'un « autre navire de ce genre est arrivé à Haifa ». « Nous mettons une fois de plus en garde Israël contre l'acceptation de ce grain volé et contre toute atteinte à nos relations », a-t-il ajouté. Le même jour, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que « nous nous attendons à ce que les autorités israéliennes respectent l'Ukraine et s'abstiennent d'actions qui sapent nos relations bilatérales ».
Biogaz/biocarburants : 70 députés saisissent les Sages contre la suppression des ZFE
Selon l'AFP, 70 députés issus des groupes du bloc central ont porté la loi de « simplification » devant le Conseil constitutionnel le 28 avril pour protester contre la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), mais aussi d'autres mesures qui constituent, selon eux, des « reculs environnementaux majeurs ». Définitivement adopté le 15 avril, le projet de loi prévoit la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants. Le développement des ZFE a accéléré le développement des filières biogaz (BioGNV) et, dans une moindre mesure, celle des biocarburants. Les requérants (34 députés Modem, 31 EPR – macronistes –, trois Horizons, un Liot, et un non-inscrit) estiment que ces mesures sont dépourvues de tout lien avec le texte initial et doivent donc être censurées en tant que « cavaliers législatifs ». Ils jugent également que ces dispositions remettent en cause des « principes essentiels comme l'artificialisation des sols ou encore la lutte contre la pollution » et portent atteinte à la Charte de l'environnement, explique la présidente de la commission du Développement durable, la députée macroniste Sandrine Le Feur, dans un courrier à la presse.
Roundup : la Cour suprême américaine examine un recours de Bayer sur les plaintes
La Cour suprême des États-Unis a débattu le 27 avril du recours du géant allemand de l'agrochimie Bayer pour annuler des dizaines de milliers de plaintes reposant sur le risque supposé de cancer lié à l'herbicide Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto. Les neuf juges – six conservateurs et trois progressistes – devront statuer sur la recevabilité des plaintes déposées dans les différents États américains contre des produits approuvés sans avertissement sanitaire par l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA). Bayer, qui a racheté Monsanto en 2018, invoque la loi fédérale FIFRA sur les pesticides, faisant valoir qu'elle interdit aux États d'imposer des avertissements sanitaires supplémentaires. Soutenu par l'administration Trump, Bayer rappelle que l'EPA considère que le glyphosate, principe actif du Roundup, n'est pas cancérogène. Il est toutefois classé comme un « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS. Depuis 2018, Bayer a déjà déboursé plus de 10 milliards de dollars (Md$) pour régler des litiges liés au glyphosate et il a provisionné ces derniers mois plus de 8 Md$ pour ceux encore en cours. La Cour suprême devrait statuer d'ici le terme de sa session annuelle, fin juin.
Eau : la Cour des comptes appelle le bassin Artois-Picardie à rééquilibrer les redevances
Dans un rapport sur l'Agence de l’eau Artois-Picardie publié le 20 avril, la Cour des comptes a appelé à renforcer l’application du principe de « pollueur-payeur », pointant un déséquilibre persistant au détriment des ménages. « En 2025, seuls les ménages compensent leur atteinte à la ressource en eau alors que les dommages occasionnés par les autres usagers agricoles et industriels sur l'environnement ne sont pas compensés », précise-t-elle. La juridiction financière plaide ainsi pour un rééquilibrage des redevances entre catégories d’usagers. Parallèlement, la redevance pour pollutions diffuses, perçue sur les ventes de produits phytopharmaceutiques, est supportée majoritairement par les agriculteurs, « n’a pas produit les effets escomptés », pour les magistrats : « Les quantités de substances, après avoir chuté en 2019 à la suite de la réforme de la redevance, ont de nouveau augmenté à partir de 2020 », regrette la Cour. Ces déséquilibres interviennent alors que les objectifs de l’Agence de l’eau Artois-Picardie sont ambitieux : le bassin vise un bon état écologique pour 50 % de ses masses d’eau superficielles et 100 % des eaux souterraines d’ici 2027, ainsi qu’une réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2030. Reste que depuis les années 2000, malgré quelques améliorations, « seulement 10 à 20 % des masses d’eau de surface sont en bon état écologique et chimique et des tensions apparaissent sur la disponibilité de la ressource en eau », prévient la Cour des comptes.
Élevage : les principaux salons plaident pour une approche commune sur le sanitaire
Après des éditions perturbées par les maladies animales, le Salon de l’agriculture, le Space et le Sommet de l’élevage ont envoyé un courrier à la ministre de l’Agriculture pour « se concerter et travailler ensemble » sur le volet sanitaire, annonce le directeur du Ceneca* Arnaud Lemoine le 28 avril sur LinkedIn. La démarche vise « à trouver ensemble les solutions pour continuer à montrer à nos visiteurs professionnels ou grand public, la diversité de l’élevage français ». Cette initiative est menée avec Races de France (organismes de sélection) et GDS France (groupements de défense sanitaire), et elle est « soutenue » par quatre associations spécialisées de la FNSEA (bovins viande, bovins, ovins, caprins). Elle « reste ouverte » à d’autres salons qui seraient intéressés, précise M. Lemoine à Agra Presse, ajoutant qu’une « réunion de travail se tiendra après la loi d’urgence agricole ». En parallèle du cadre réglementaire, « l’idée est de définir des règles préalables pour maintenir autant que faire se peut les rassemblements d’animaux », précise le président de GDS France, Christophe Moulin, à Agra Presse. Le tout en évitant de « faire courir des risques aux exposants et aux acheteurs d’animaux ».
* Société propriétaire du Salon de l’agriculture
GDS : réélu président, Christophe Moulin veut préparer la « nouvelle ère sanitaire »
Lors d’un conseil d’administration le 28 avril, Christophe Moulin a été réélu président de GDS France (groupements de défense sanitaire) pour un troisième mandat de trois ans, a appris Agra Presse auprès de l’intéressé. Il est accompagné d’un bureau de 15 membres, dont deux nouveaux. L’un d’eux est un apiculteur, ce qui constitue « un signe fort attendu par notre réseau », souligne M. Moulin. Pour les GDS, qui tenaient leur congrès les 23 et 24 avril à Avignon, ce nouveau mandat sera celui de « l’adaptation à la nouvelle ère sanitaire », dans un contexte de multiplication des épizooties et de réforme en cours (Assises du sanitaire). Dans son discours, Christophe Moulin a insisté sur l’importance du « maillage territorial » en matière sanitaire. « Sans la présence sur le terrain, on perd rapidement la légitimité pour mettre en œuvre les protocoles sanitaires » visant à lutter contre les maladies animales, rappelle-t-il à Agra Presse. Un risque illustré par la récente crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et la controverse autour de l’abattage total. Le congrès d’Avignon a été marqué par la présence de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui a souligné « l’engagement sans faille » des GDS face aux crises sanitaires. Un signe de « reconnaissance » salué par le président de GDS France, après une année 2025 « éprouvante ».
Melon : des surfaces stabilisées autour de 10 000 hectares en 2026
À l‘occasion du salon Medfel à Perpignan le 28 avril, les prévisions de plantations en melon charentais ont été présentées pour la France. D’une manière générale, la tendance observée depuis trois ans se confirme : les conditions d’implantation sont rendues difficiles par une météo printanière plus aléatoire. Il est attendu une stabilisation des surfaces autour de 10 000 ha, spécialement dans le Sud-Est après plusieurs années de hausse, alors que le Sud-Ouest passerait sous le seuil des 2 000 ha. Les plannings de plantations différent aussi selon les régions. Les conditions de préparation de sol et d’implantation des melons précoces ont été bonnes dans le Sud-Ouest et le Centre-Ouest, permettant le respect des plannings. C’est moins le cas dans le Sud-Est à cause d’épisodes pluvieux fin février et début mars qui ont entrainé un décalage de plantation et une qualité des reprises hétérogène. Un retard de 7 à 10 jours serait alors possible sur les précoces, l’arrivée des volumes significatifs dépendant de l’évolution des conditions météorologiques. Enfin, le déficit hydrique des sols suscite de l’inquiétude chez les producteurs du Poitou. Les données sont susceptibles d’évoluer, car les plantations ne sont pas terminées et les conditions météos peuvent encore influer.
Muguet : Sud Commerce attaque l'autorisation de travail le 1er mai au Conseil d'État
Dans un communiqué de presse du 28 avril, la fédération SUD Commerces et services annonce avoir déposé deux requêtes, dont un référé-suspension, auprès du Conseil d’État, visant à suspendre l'autorisation de travailler le 1er mai pour les salariés de certains métiers (fleuristes, boulangers) annoncée par le Premier Ministre le 17 avril. L'audience publique au Conseil d’État est prévue mercredi 29 avril à 11h devant le juge des référés. « L'instruction donnée – car c'en est une – méconnait la législation relative au caractère férié, chômé et payé du 1er mai et excède les pouvoirs du locataire de Matignon (pour le recours au fond, nous pointons comme moyen supplémentaire le droit au repos, qui est garanti constitutionnellement », explique le syndicat. Pour le 1er mai 2026, l’autorisation est accompagnée de critères stricts : seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur pourront travailler, et seront payés double conformément à la loi. Le gouvernement avait aussi annoncé son intention de présenter dans les prochains jours un projet de loi qui instituerait cette mesure à compter du 1er mai 2027 sous réserve d’adoption.
Saisonniers : un test pour accélérer l’accès aux droits des travailleurs marocains
Le cabinet de recrutement FM Recrutement, spécialisé dans les métiers en tension, annonce, dans un message LinkedIn, la signature d’une convention de partenariat avec la MSA Armorique et la Sica Saint-Pol-de-Léon (légumes) sur l’accès aux droits santé des travailleurs saisonniers marocains. Il s’agit d’une première dans le domaine. Si ces saisonniers cotisent dès leur premier jour de travail, l’ouverture effective de leurs droits reste souvent tardive en l’absence d’un accompagnement structuré. « L’accès aux droits conditionne la qualité des parcours, la fidélisation des travailleurs et le bon fonctionnement des exploitations », explique FM recrutement. La convention prévoit un suivi de terrain pour sécuriser les démarches dès la signature du contrat de travail. « Un site dédié développé par la MSA Armorique permettra à FM recrutement de déposer les documents nécessaires pour l’ouverture des droits, ce qui simplifiera la demande et accéléra le processus », se félicite Marc Kerengueven, président de la Sica, contacté par Agra Presse. Le test va être mené pendant un an et concernera 24 producteurs de la Sica et entre 130 et 150 saisonniers. Si le modèle démontre son efficacité, il a vocation à être déployé sur d’autres territoires et d’autres filières.
Durabilité des exploitations : le CGAAER propose de créer un réseau de suivi de 7 000 fermes
Dans un rapport publié le 27 avril, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) propose une méthodologie pour évaluer, dans la durée, les performances économiques des pratiques favorables à la transition écologique au niveau de l’exploitation agricole. Les inspecteurs préconisent de s’appuyer sur les données technico-économiques à recueillir dans le cadre du Ridea, réseau européen d’information sur la durabilité des exploitations agricoles (ex-Rica) et d’aller plus loin en collectant des données plus fines sur l’endettement structurel, la robustesse des exploitations, les nouvelles sources de revenus, ou encore l’engagement dans de nouveaux marchés (biomasse, bioénergies, services environnementaux, décarbonation). Ils suggèrent aussi d’intégrer « la gestion des capitaux naturels, humains et sociétaux » à la comptabilité agricole. Pour alimenter les données, le CGAAER propose de créer un réseau de 7 000 exploitations « représentatives de la ferme France » qui feraient l’objet d’un « suivi rapproché » et recevraient « une contrepartie sur mesure en termes de rapportage, de conseil et/ou contrepartie financière au niveau approprié ». Il faudrait aussi définir les « conditions d’accès aux données du dispositif » aux personnes souhaitant utiliser les références (coopératives, banques, entreprises, collectivités, démarches de transition…).
Revenus : quatre agriculteurs sur dix dégagent un résultat inférieur au Smic (étude)
À l’occasion d’un évènement à l’Assemblée nationale le 28 avril, Max Havelaar a présenté la première édition de son Observatoire de la rémunération agricole équitable, montrant que 43 % des agriculteurs dégagent un résultat courant avant impôt (RCAI) inférieur au Smic. Un indicateur qui, à lui seul, ne suffit pas à traduire fidèlement le niveau de vie des foyers agricoles (lire notre enquête). Pour rappel, au 1er janvier 2026, le Smic a été fixé à 1 443 € net par mois. L’association s’est basée sur les « micro-données » du Rica (Réseau d’information comptable agricole) pour la période 2015-2024. En moyenne, 14 % des exploitations enregistrent un résultat négatif, selon l’étude. Pour arriver jusqu’au niveau du Smic, il manque « en moyenne 3,3 milliards d’euros par an » (Md€), estime l’Observatoire. Un « déficit structurel » qui s’est récemment aggravé, atteignant 4,7 Md€ en 2023 et en 2024. Pour rappel, les fermes françaises perçoivent chaque année un peu moins de 9 Md€ d’aides européennes (premier et deuxième pilier de la Pac). Dans le détail, seules deux filières « apparaissent globalement plus résilientes » : viticulture (38 % d’exploitants sous le Smic) et grandes cultures industrielles (pommes de terre, betteraves, 34 %). Au niveau géographique, comme attendu, la précarité agricole frappe plus fort dans une grande moitié sud : 57 % d’agriculteurs sous le Smic en Occitanie, 51 % en Corse et Nouvelle-Aquitaine, 47 % en Auvergne-Rhône-Alpes.
Foncier : Hectarea poursuit son objectif de fluidifier la transmission et l’accès aux terres
Hectarea, qui reconnecte les épargnants aux agriculteurs, annonce une levée de fonds de 1,5 M€ pour accompagner « le lancement de Place des Terres, une plateforme dédiée aux agriculteurs pour fluidifier l’accès et la transmission du foncier agricole en France », explique la société dans un communiqué le 28 avril (lire l’article complet sur Agra Business). Cette opération est soutenue par InvESS Île-de-France amorçage (initié par la région Île-de-France, géré par Inco entures), Kiss Studio, Albo et des business angels. « La plateforme qui s’adresse aux agriculteurs et à tout l’écosystème de l’installation agricole, permet d’agréger et de mettre en valeur tout un flux de données, dans le but de fluidifier le marché de l’offre et de la demande », nous explique Paul Rodrigues, cofondateur de la société avec Adime Amoukou en 2022. Hectarea a déjà financé une cinquantaine d’agriculteurs depuis les débuts de la société, ce qui représente un peu plus de 4,5 M€ collectés auprès des particuliers. (Perrine Delfortrie)
Agroalimentaire : l'Italie sanctionne un cartel de chips et de pop-corn
Trois des principaux fabricants italiens de chips et de pop-corn ont été sanctionnés en Italie en raison d'une entente sur les prix de leurs produits vendus en supermarché, a annoncé le 28 avril l'autorité italienne de la concurrence (AGCM). Les groupes Pata et Preziosi Food ont écopé chacun d'un peu plus de 7,5 millions d'euros (M€) d'amende, et une troisième sanction a été infligée à Amica Chips pour 8,24 M€, soit un total de 23,3 M€ d’amendes, a indiqué l'AGCM dans un communiqué. « Les trois sociétés ont mis en œuvre une entente secrète unique, complexe et continue afin de se répartir l’approvisionnement en snacks salés » produits pour les marques de la grande distribution, en « coordonnant leurs politiques commerciales respectives », a précisé l'AGCM. Les trois entreprises ont vu leur amende réduite après avoir reconnu leur culpabilité et collaboré à l'enquête, a ajouté l'autorité de la concurrence. L'enquête avait démarré en 2024 après une dénonciation anonyme sur le site de l'AGCM. Les sociétés coordonnaient les offres présentées aux chaînes de supermarchés pour ne pas avoir à baisser leurs prix, a précisé l'autorité de la concurrence dans sa décision.
Boissons sucrées : l’Allemagne prépare une taxe face au déficit budgétaire
Le gouvernement allemand prévoit, selon l’AFP, d’introduire une taxe sur le sucre parmi les mesures permettant de combler son déficit budgétaire, appelé à se creuser les années à venir. Selon ce dispositif qui devrait être inséré dans le projet de budget pour 2027, les consommateurs de boissons fortement sucrées comme le Coca-Cola contribueraient davantage aux recettes publiques. De leur côté, les industriels produisant des sodas ou des confiseries seraient incités à réduire la teneur en sucre de leurs produits. Berlin prévoit d’emprunter 110 milliards d’euros (Md€) en 2027, contre 98 Md€ cette année et 66,9 Md€ en 2025, selon les nouvelles projections budgétaires. Le projet de taxe sur le sucre a été examiné en mars par un groupe de travail réunissant des députés de la CDU (conservateurs) et du parti social-démocrate (SPD), alliés au sein de la coalition gouvernementale, à partir de propositions d’experts pour une réforme du système de santé qui incluait également une hausse de la taxe sur le tabac. En France, la taxe sur les boissons sucrées est entrée en vigueur en 2012, dans le cadre d’un plan d’austérité du gouvernement d’alors, puis est devenue progressive à partir de 2018 et a été augmentée au terme du budget de la sécurité sociale de 2025.
Restauration collective : les Crous promettent un repas à 1 € de qualité
Les restaurants universitaires devant étendre leur offre d’un repas à 1 € aux étudiants non boursiers dès le 4 mai, les Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) déclarent, dans un communiqué du 14 avril, que ces repas comprendront des produits labellisés, bio et locaux, et cuisinés « maison » par les chefs cuisiniers du réseau. Ce menu se composera d’un plat principal et, « au plus », de deux « périphériques (entrée, fromage, dessert, fruit…) ». « Les étudiants qui le souhaitent pourront prendre des suppléments à ce repas dont la tarification est définie en conseil d’administration de chaque Crous », est-il précisé. Ce repas à un euro sera aussi proposé au dîner, dans les restaurants ouverts le soir. Prévoyant plus d’affluence dans certains restaurants, les Crous soulignent que des moyens supplémentaires sont accordés au réseau par la loi de finances 2026 pour recruter des agents (204 emplois équivalents temps plein) en plus des 7 500 agents actuels. En 2025, plus de 44 millions de repas ont été servis dans les structures gérées par les Crous, dont la moitié au bénéfice des étudiants boursiers et précaires (bénéficiaires d’un repas à un euro). Le tarif social réglementaire était de 3,3 €.
Commission européenne : une nouvelle directrice à la tête du commerce international
La Commission européenne a annoncé, le 28 avril, la nomination de la danoise Ditte Juul Jørgensen en tant que directrice générale de la direction générale du commerce (DG Trade). Elle prendra ses fonctions à compter du 1er juin. Présente à la Commission européenne depuis 1992, Ditte Juul Jørgensen est actuellement à la tête de la direction générale de l’énergie (DG Ener), où elle sera remplacée par la française Céline Gauer. Avant cela, elle a été directrice chargée des affaires juridiques et du commerce des marchandises à la DG Trade. Et, plus tôt dans sa carrière au sein de la DG Trade, elle a occupé deux postes successifs de cheffe d’unité, d’abord en charge du développement durable, puis des aspects juridiques de la politique commerciale. Elle remplace l’allemande Sabine Weyand, qui, de son côté, devient conseillère hors classe chargée des partenariats stratégiques européens au sein de son Secrétariat général. Sabine Weyand avait elle-même succédé en 2019 au français Jean-Luc Demarty.
Services de conseil : Bruxelles valide un régime d’aides d’Etat français de 300 M€
La Commission européenne a donné son feu vert, le 21 avril, à un régime d’aides d’Etat français de 300 millions d’euros (M€) destiné à octroyer des aides pour des services de conseil aux entreprises actives dans la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles. L’exécutif européen a estimé que ce régime est limité au strict minimum nécessaire et qu’il aura un impact limité sur la concurrence et les échanges entre États membres. Dans le détail, Bruxelles précise que l’aide sera accordée sous la forme de services subventionnés. Les services de conseil doivent être liés à l’un des objectifs spécifiques de la Pac complétés par l’objectif transversal de modernisation de l’agriculture et des zones rurales, notamment par l’amélioration de l’accès à la recherche et à la formation ainsi que par la promotion des connaissances, de l’innovation et de la transition numérique. Si l’aide couvre essentiellement des services de conseil individuels, des services collectifs pourront également subventionnés dans certains cas. Le régime s’applique jusqu’au 31 décembre 2032.