Agra Business | Cargill, Lorca, Ciacam/Sofiproteol, Smithfield, Bel, Ysco

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Négoce/agroalimentaire : Cargill va réduire de 5% ses effectifs dans le monde (presse)

Le géant du négoce et de l'agroalimentaire Cargill est sur le point de réduire de quelque 5% son effectif, soit environ 8 000 salariés à travers le monde, après des résultats financiers en-deçà de ses objectifs, selon des notes internes examinées par les agences Reuters et Bloomberg. Selon Bloomberg, le bénéfice net du géant de l’agrobusiness est tombé au titre de 2023-2024 (jusqu’à fin mai) à 2,48 milliards de dollars ; c’est le plus faible depuis 2015-2016 et moins de la moitié du record de 2021-2022 à 6,7 milliards de dollars. Dans une note interne datant de la mi-2024, le nouveau P-DG Brian Sikes avait d’abord indiqué vouloir réduire de cinq à trois le nombre de business units dans le cadre de la stratégie pour 2030 du groupe. Dans la note à laquelle les médias ont eu accès cette semaine, le dirigeant a indiqué que les réductions se concentreraient sur la structure organisationnelle «en supprimant des couches, en élargissant le champ d'action et les responsabilités de nos cadres». 

Coopératives: Lorca développe ses services aux adhérents et accélère sa diversification

Au cours de l’année 2024, le groupe lorrain Lorca a travaillé sur son offre de services aux adhérents, notamment sur le volet informatique: «Nous avons développé un CMR, un site adhérent, un SAV, avons renforcé la sécurité grâce à un pare-feu plus puissant et créé un service de livraison express en prestation de service», explique Philippe Dessertenne, d.g. de Lorca. Lancé le 2 décembre, ce service, développé en partenariat avec une société externe habilitée à transporter des intrants agricoles, permet à l’agriculteur de se faire livrer le jour-même une commande passée avant 10h, pour des volumes n’excédant par 100 kg. «Cela nous permet d’être réactifs, et nous sommes parmi les précurseurs sur le sujet», estime Morgane Pospiech, directrice Production végétale. La coopérative du Grand Est développe aussi ses activités jardin, énergie et bâtiment, avec l’ouverture de trois enseignes de jardinerie et deux animaleries en 2024, ainsi que trois inaugurations de magasins prévues en 2025. Ce secteur, qui dégage un chiffre d’affaires de 125 M€, et permet l'embauche de 500 personnes, a vu son approvisionnement restructuré, via la création, le 1er octobre 2024, d’une nouvelle centrale d’achat, Adoxa. (Elena Blum)

Légumineuses: Sofiprotéol soutient le leader français Ciacam pour relocaliser son sourcing

Dans un communiqué du 3 décembre, Sofiprotéol (groupe Avril) annonce qu’il «soutient» le leader français des légumes secs, notamment afin de «l’accompagner dans sa stratégie de renforcement de ses approvisionnements français». «Cet engagement financier vise à consolider son bilan par l’apport de quasi-fonds propres», ajoute la société d’investissement, sans préciser le montant de l’opération. D’après son site web, Ciacam est le premier importateur français de légumes secs (pois chiches, lentilles, haricots, etc.). «Sur un marché où plus de 60% des légumes secs sont importés, Ciacam souhaite renforcer ses approvisionnements français», mettant en avant «les atouts agronomiques (…) et nutritionnels des légumineuses». Ce négociant revendique un chiffre d’affaires de 70 M€, «en croissance grâce notamment au dynamisme du marché», pour une «commercialisation annuelle de 65 000 tonnes de produits». Il possède deux sites à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et à Merville (Nord). L’entreprise a été créée en 1950 par Samson Cherqui, «originaire d'Algérie et descendant de plusieurs générations impliquées dans la production et le négoce de légumes secs», selon son site web.

Maïs: «d’importants taux de mycotoxines» dans la récolte en raison des pluies (presse)

Alors que l’automne pluvieux retarde la récolte du maïs grain, «il y aura plus de mycotoxines que l’an dernier», indique Céline Duroc, directrice de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), à La Dépêche – Le petit meunier. «Nous en constatons dans toutes les régions», note-t-elle, nos confrères ajoutant que les secteurs les plus touchés «se situeraient dans la zone Ouest-Centre: Indre-et-Loire, Eure-et-Loir, Loiret, etc.» Toutefois, «les débouchés en alimentations humaine et animale seront approvisionnés», assure la responsable de l’AGPM, grâce à une récolte importante en volume (13,9 Mt selon elle, voire «14,3 à 14,6 Mt» selon certains «analystes privés»). En revanche, ce contexte sanitaire implique «un travail d’allotement de la part des organismes stockeurs (OS) plus important», selon Mme Duroc. «La mycotoxine, qui se fixe sur l’extérieur du grain, est nettoyable», rappelle un opérateur interrogé par La Dépêche, estimant le coût entre 7 et 8 €/t, «à la charge des organismes stockeurs». Pour Céline Duroc, certains lots seront probablement «déclassés en alimentation animale», où les plafonds de mycotoxine autorisés (8000 μg/kg) sont supérieurs à l’alimentation humaine (1500 μg/kg). Avec une limite: «Des taux trop élevés peuvent être mortels pour les animaux», rappellent nos confrères.

Séparation vente/conseil: second rapport d'inspection, propositions de réfome (presse)

Après un premier rapport paru publié fin mai, dans lequel il préconisait déjà une «réintroduction maîtrisée» des acteurs économiques au sein du dispositif de conseil stratégique des pesticides, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) a produit, en juin, un second rapport sur la séparation de la vente et du conseil des pesticides, «confidentiel» selon nos confrères de Contexte, qui ont pu consulter une copie. Selon le média spécialisé, les auteurs du rapport proposent de conditionner ce retour, selon des modalités à préciser par décret, notamment en mettant en place «deux services distincts, avec une facturation séparée et coucher sur le papier les conseils fournis aux agriculteurs.» Le rapport avait été commandé au printemps par Agnès Pannier-Runacher alors ministre de l'Agriculture déléguée. La lettre de mission était d'établir les modalités de mise en place d'un nouveau conseil stratégique facultatif, «simple d’accès pour les agriculteurs», comme promis par le Premier ministre d'alors Gabriel Attal, ainsi qu'«un aménagement» de la séparation vente-conseil afin de «rendre le dispositif opérationnel et économiquement viable, tout en s’assurant de l’absence de conflit d’intérêts dans la délivrance du conseil». Alors que la proposition de loi sur les Entraves du sénateur Duplomb proposait une suppression pure et simple de ce dispositif émanant de la loi Egalim, le flou persiste encore sur les intentions précises du gouvernement.

Pesticides: la PPL épandage par drone laissée en suspens à l’Assemblée

L’examen de la proposition de loi visant à autoriser l'épandage par drone de pesticides a tourné court à l’Assemblée, dans la soirée du 2 décembre, alors qu’il restait six amendements à discuter en plénière. Le texte prévoit d’autoriser l’épandage par drone de produits de biocontrôle, autorisés en agriculture biologique ou «à faible risque» dans les bananeraies, sur les parcelles de vignes mères de porte-greffes conduites au sol et sur les parcelles avec des pentes supérieures ou égales à 20% -contre 30% envisagé initialement (voir amendement adopté n° 57). Il prévoit aussi d’autoriser des essais d’épandage par drone pour d’autres types de parcelles ou de cultures. En séance, les députés ont adopté les trois amendements défendus par le rapporteur Jean-Luc Fugit (Renaissance, Rhône). L’un supprime l’interdiction d’épandage par drone à moins de 250m des zones habitées (amendement n°48). Le deuxième supprime l’interdiction d’utiliser des drones dans les espaces naturels (amendement n°61). Le troisième précise le cadre des essais d’épandage par drone (amendement n°47). L’avenir du texte dépend de la reprise de son examen là où il s’est arrêté, indique-t-on à l’Assemblée nationale. 

«Mégabassines» : la justice examine le bien-fondé des réserves de substitution du Poitou

Des associations environnementales ont attaqué le 3 décembre, devant la cour administrative d’appel de Bordeaux, les autorisations délivrées par l'État pour construire des réserves de substitution agricoles contestées depuis plusieurs années dans le Poitou. Le rapporteur public a estimé que l'implantation de quatre des seize retenues dans « un des derniers secteurs propices à la reproduction de l'outarde » canepetière portait atteinte à la préservation de l'espèce, « en voie d'extinction ». Aussi, il a préconisé d’annuler les arrêtés préfectoraux de ces quatre réserves d’irrigation, au motif qu’ils « ne comportent pas de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées », prévue par le Code de l’Environnement. Plusieurs associations, dont la ligue de protection des oiseaux (LPO) et Nature Environnement 17, ont mené la lutte sur le terrain juridique en attaquant les autorisations délivrées au projet porté par la Coop’ de l’eau, un groupement d’environ 450 irrigants. Plus précisément, elles demandent à la cour administrative d’appel de Bordeaux d’annuler l’autorisation de construction et d’exploitation délivrée à la Coop’ de l’eau, de lui enjoindre de cesser tous les travaux sous un mois et de remettre les lieux en état dans un délai de six mois. Pour l’heure dans les Deux-Sèvres, une seule des seize retenues autorisées fonctionne, à Mauzé-sur-le-Mignon. 

Porc : Smithfield Foods restitue 150 000 truies au géant de l’élevage Murphy (presse)

L’industriel américain du porc Smithfield Foods transfère la propriété de 150 000 truies à la branche élevage de la famille Murphy (Murphy family ventures) ; une étape importante de son plan visant à se défaire de 20% de ses capacités de production de porc, dont Reuters et la presse spécialisée américaine se font l’écho. Selon l’accord conclu entre Smithfield et son producteur intégré depuis 24 ans, Murphy récupère sa capacité de production et la commercialisation annuelles de 3,2 millions de porcs. Toutefois les élevages de Murphy continueront de recevoir les aliments et l’accompagnement technique de Smithfield dont ils resteront fournisseurs. En 2023, l’industriel s’est séparé d’une cinquantaine d’élevages dans plusieurs Etats, par rupture de contrat ou cession, sur fond de difficultés dues à l’augmentation des coûts de production et de baisse de la consommation. Filiale du géant chinois du porc WH, Smithfield a fait savoir son intention d’améliorer sa rentabilité aux Etats-Unis. En septembre 2024, l’américain s’est aussi séparé de ses activités européennes. D’après le site internet Pig333, Smithfield possédait 1,2 million de truies en 2022.

Viande rouge : l’Australie annonce la levée de restrictions chinoises pour ses exportations

Le gouvernement australien a annoncé, le 3 décembre, la levée par Pékin des dernières restrictions ouvrant la voie à la reprise des exportations de viande rouge vers la Chine. Ainsi les deux derniers établissements du Queensland ont vu leurs restrictions être supprimées, s’ajoutant aux huit abattoirs ayant connu une telle situation en 2024. En décembre 2023, les suspensions visant trois des plus grands exportateurs de viande rouge d’Australie avaient été déjà été levées. «Nous sommes proches du point où les obstacles commerciaux de la Chine, qui ont affecté 20 milliards de dollars d'exportations australiennes, ont tous été levés», a déclaré le ministre australien du Commerce et du Tourisme, Don Farrell. Et d’ajouter que «les producteurs de bœuf du Queensland, les vignerons d'Australie-Méridionale et les producteurs d'orge d'Australie-Occidentale ont tous bénéficié de la main ferme de ce gouvernement sur la barre du commerce». Après une série de conflits diplomatiques entre 2020 et 2022, le gouvernement travailliste d’Anthony Albanese s’est efforcé de rétablir les relations diplomatiques avec l’empire du Milieu qui est son plus grand partenaire commercial.

Lait: Bel enregistre «une croissance deux fois supérieure au marché» en 2024

Les produits laitiers du groupe Bel (Kiri, Babybel, Boursin, Cousteron) ont enregistré «une croissance deux fois supérieure au marché cette année», a indiqué Anne-Sophie Carrier, directrice générale de Bel France, en conférence de presse le 3 décembre. «C’est ce qui nous permet d’augmenter la collecte auprès des producteurs», ajoute-t-elle. L’industriel s’est engagé sur 10 millions de litres de lait supplémentaires en 2025 auprès des 670 exploitations qui composent l’association des producteurs Bel de l’Ouest (APBO). La Vache qui rit a vu ses ventes bondir de 10%, portée par le partenariat entre Bel et le Tour de France. «Kiri et Babybel se portent très bien. Nous avons aussi relancé la marque Apéricube qui était à la peine l’année dernière», souligne Anne-Sophie Carrier. Les références bio du groupe enregistrent de bonnes performances, malgré un contexte difficile sur ce marché. Les ventes progressent de 10% sur le circuit de la restauration hors domicile en 2024, aidées par les obligations introduites par la loi Egalim en restauration collective. Quant au Kiri bio, le fromage en portion voit ses ventes croître de 20%. 

Glaces: rachat validé du 2e fabricant européen Ysco par un fonds américain

La Commission européenne vient de valider, dans un communiqué paru le 3 décembre, l'acquisition du leader européen des crèmes glacées sous marque de distributeur, Ysco, par le fonds d'investissement américain Davidson Kempner. L'actuel propriétaire d'Ysco, la coopérative laitière belge Milcobel, avait annoncé en juillet son intention de vendre Ysco, qui produit 190 millions de litres de crème glacée dans deux sites de production, à Langemark (Belgique) et Argentan (Orne) en France. «Cette opération ferait de Milcobel l'une des dernières entreprises laitières à vendre ses activités dans le domaine des crèmes glacées», estimait alors la coopérative dans un communiqué. Basé aux États-Unis, le fonds Davidson Kempner gère 38 milliards de dollars d'actifs.

Lait : Ludovic Blin (FNPL) élu vice-président du groupe «lait» du Copa Cogeca

Le premier vice-président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Ludovic Blin a été élu, le 22 novembre, à la vice-présidence du groupe de travail «lait» au Copa Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE). L’Italien Giovanni Guarneri de l’Alleanza Cooperative Italiane a, quant à lui, été reconduit à la présidence du groupe lait. Éleveur de vaches laitières dans la Manche, Ludovic Blin est également président de Fil France (organisation internationale).