Coopératives : les résultats financiers de Terrena en hausse en 2025
Lors d’une conférence de presse tenue en visio le 14 avril, le groupe coopératif Terrena a annoncé une hausse de ses résultats financiers entre 2024 et 2025. Dans le détail, le chiffre d’affaires grimpe à un peu plus de 5,9 milliards d’euros (Md€), contre 5,58 Md€ l’an dernier. L’Ebitda progresse lui aussi, passant de 160 M€ à 230 M€, et le résultat net passe de 29,6 M€ à 100,2 M€. « Le résultat de l'activité coopérative augmente lui aussi annuellement, à 25,7 M€ », précise Eric Forin, le directeur général. Ces bons résultats sont la conséquence de l’inflation de certains produits alimentaires, « d’une bonne maîtrise des charges » et d’une adaptation adéquate « aux marchés. Les équipes ont bien travaillé », s’est réjoui le directeur général. Il précise que si des difficultés ont été rencontrées en céréales, le pôle nutrition animale « a bien performé, permettant largement de compenser ». Grâce aux bons résultats, Terrena proposera lors de son assemblée générale de 2026 de redistribuer 14 M€ à ses adhérents, soit 55 % de son résultat en 2025. Pour l’avenir, le groupe coopératif espère porter ses investissements à 186 M€ en 2026, contre 134 M€ en 2025 (rénovations de silos, de magasins, modernisation de sites de production etc.).
Biosolutions : Phyteurop Industry (InVivo Ag) investit 5 M€ sur son site du Maine-et-Loire
Les équipes de Phyteurop Industry - filiale de la division agricole du groupe InVivo (InVivo Ag)- ont posé, le 9 avril, la première pierre du futur bâtiment de 1300 m2, qui verra le jour en octobre, sur le site industriel de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) : cet outil étant dimensionné pour accompagner la transformation du marché des intrants agricoles. Ce projet, dédié aux biosolutions, est baptisé « Jeffrey2 ». Montant de l’investissement : 5 millions d’euros. Le groupe souhaite ainsi renforcer ses capacités industrielles pour « accompagner la montée en puissance des solutions alternatives », sur le marché français et à l’international. L’usine produit déjà près de 25 millions de litres/kg de spécialités (engrais, biosolutions) chaque année. L’enjeu est de passer à 40 millions de litres, en renforçant notamment le développement des bio-intrants. Cette dynamique s’accompagnera d’une hausse des effectifs, estimée entre 7 et 8 %. « Cet investissement illustre notre volonté de consolider, en France, un outil industriel performant, capable de répondre aux enjeux de souveraineté, d’innovation et de transition agricole », explique Pierre Cothenet, directeur nutrition innovante chez InVivo Ag. (Anne Gilet)
Betterave à sucre: Cristal Union attend une nouvelle baisse des surfaces en UE
Lors d’une conférence de presse à Paris le 14 avril, le groupe Cristal Union a indiqué s’attendre à un possible déficit d’offre en sucre sur le marché européen (UE plus Royaume-Uni) de 1 à 2 Mt pour 2026-2027. Ce recul de l’offre serait consécutif à un nouveau repli des surfaces européennes, qui passeraient d’environ 1,5 Mha à 1,4 Mha entre 2025-2026 et 2026-2027. En France, la sole est attendue à 370 000 ha par le sucrier, contre 379 000 ha par Agreste (ministère de l’agriculture) dans son rapport du 14 avril. Le prix du sucre européen, qui s'affiche actuellement à seulement 520 €/t environ, devrait constituer « un point bas. Nous espérons que le marché rebondira, et puisse peut-être atteindre les 600-650 €/t dans les prochains mois », rassure Stanislas Bouchard, le directeur général adjoint. Néanmoins, aucune alerte particulière concernant la production mondiale de sucre 2026/2027 n’est à signaler. Raison pour laquelle les cours européens ne dépasseraient probablement pas ces niveaux, si aucun accident climatique ne survenait. Néanmoins, le phénomène El Nino pourrait frapper certains pays. Ensuite, « il faudra surveiller la production d’éthanol au Brésil. Les industriels sont davantage incités à produire du bioéthanol que du sucre actuellement », prévient l’expert. Le conflit au Moyen-Orient est également à suivre.
Sucre : la faiblesse des cours pèse sur les résultats de Cristal Union
Lors d’une conférence de presse à Paris tenue le 14 avril, le groupe Cristal Union a annoncé un repli notable de ses résultats financiers entre 2024-2025 et 2025-2026, essentiellement justifié par la faiblesse des cours du sucre. Le chiffre d’affaires s’effrite de 14 % annuellement, tombant à 2,275 Md€. De son côté, l’Ebitda décroche lui aussi nettement, passant de 287 M€ à 138 M€. Toutefois, Cristal Union juge ses performances financières résilientes, car survenues dans un contexte de marché particulièrement dégradé. En plus de la faiblesse des cours du sucre, le groupe rappelle la conjoncture actuelle de hausse des coûts de production, notamment de l’énergie, et le renforcement de la concurrence de produits importés. Le groupe indique être parvenu à dégager un résultat net positif de 20 M€ « avant dépréciation des actifs incorporels à hauteur de -462 M€ ». Il ajoute avoir été en mesure d’accorder une rémunération moyenne de bon niveau, à plus de 35 €/t pour les betteraves contractées, « grâce à l’utilisation partielle de la caisse de péréquation collective » mise en place en 2024 et 2025.
Méthanisation : Sublime Energie inaugure son système de liquéfaction du biogaz
Dans un communiqué du 14 avril, la société Sublime Energie a annoncé l’inauguration de son démonstrateur « Charlie » basé à Plélo (Côtes-d’Armor), développant un système de liquéfaction du biogaz issu de la méthanisation à la ferme, permettant de produire du carburant renouvelable, « sans dépendre des réseaux gaziers ». L’entreprise tente de mettre en place un système inspiré « de la tournée du laitier » : « le biogaz produit à la ferme est liquéfié, puis collecté directement sur les exploitations avant d’être acheminé vers une unité de valorisation mutualisée ». Pour rappel, le projet avait été annoncé en 2024. La capacité de production de l’installation est d’environ 180 tonnes de bioGNL et 330 tonnes de bioCO₂ liquide par an, indique Sublime Energie. « Les premières productions interviendront dès cette année, à l’issue des phases d’essais et de mise en service », précise le communiqué. L’entreprise travaille en parallèle sur le projet « Delta », destiné à réunir « une dizaine de fermes autour d’un hub mutualisé dans les Côtes-d’Armor. Ce premier de série industrielle permettra une production à plus grande échelle de bioGNL et de bioCO₂, avec une mise en service prévue à l’horizon 2028 ». Elle déclare enfin espérer un développement de l’activité en Europe à l’avenir.
Lait : l’avocat des salariés de Lactalis veut être entendu par le PNF (presse)
Renaud Portejoie, l’avocat des salariés et ex-salariés de Lactalis qui demandent le versement de leurs primes, a adressé la semaine dernière un courrier au Parquet national financier (PNF), indique le média Ici Mayenne. Le PNF est chargé depuis 2018 de l'enquête sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravée de la part de Lactalis. « L'avocat, représentant l'association Justice pour nos primes, souhaite que les enquêteurs entendent les salariés dans cette procédure. Selon lui, on s'approche « d'une fin d'enquête du Parquet national financier » et « il y a aujourd'hui des tractations entre Lactalis et le procureur général près le Parquet national financier pour une sortie pénale négociée », affirme l'avocat. Il existe un mécanisme appelé « convention judiciaire d'intérêt public » que seul le procureur peut proposer et qui prévoit un abandon des poursuites en payant une lourde amende. » Un précédent courrier de Renaud Portejoie, adressé au PNF en octobre dernier, est resté sans réponse. Ce qui a poussé l’avocat à réitérer sa demande.
Emballages : Le Fourgon (livraison sous consigne) s’étend en Belgique et en Espagne
La start-up le Fourgon commence à livrer les particuliers en contenants consignés en Belgique et en Espagne, informe le distributeur français dans un communiqué du 14 avril. Un entrepôt est ainsi établi à Liège, d’où partent les livraisons dans les 50 km ; un test en vue d’« étendre progressivement ce modèle circulaire à d’autres régions sur le territoire belge ». En Belgique la priorité est donnée aux produits issus de moins de 150 km : bières belges, vins de Namur, lait Inex, jus des marques Looza ou Pajottelander, sauces Maria & Franz, etc. De son côté filiale espagnole Re-pot Market devrait dès 2027 « développer rapidement son maillage territorial » après avoir développé son marché à Barcelone. Voilà cinq ans que Le Fourgon se développe en France. L’entreprise fondée à Lille en 2021 a gagné plusieurs régions de l’Hexagone et dernièrement la région parisienne en fusionnant avec La Tournée en décembre 2025. Le Fourgon déclare couvrir 45% du territoire français, « soit plus de 3000 villes ». Le Fourgon compte 100 000 clients en France « qui divisent quotidiennement leur poubelle par 2, grâce à des contenants lavés et réemployés jusqu’à 40 fois », argumente-t-il.
Distribution : Carrefour vise davantage de magasins en location-gérance
Carrefour a indiqué le 13 avril qu’il avait l’intention de basculer cette année 36 supermarchés et une quinzaine d'hypermarchés en location-gérance, dont au moins six anciens Cora. C’est une dizaine de plus qu'en 2025, selon plusieurs sources concordantes. Dénoncée par la CFDT, cette stratégie permet à Carrefour de conserver sa part de marché commerciale et sortir de ses comptes des magasins déficitaires, tout en léguant certains coûts, comme les salaires, à un commerçant indépendant. Elle a aussi permis « d'éviter la fermeture d'hypermarchés en difficulté », selon le distributeur. La première liste, qui sera complétée ultérieurement par un autre de sept hypermarchés, comprend 44 magasins, dont 36 supermarchés et huit hypermarchés, concernant quelque 3500 salariés, rapporte la CFDT dans un communiqué. Parmi les magasins dévoilés, « six hypermarchés Cora et trois supermarchés Casino, récemment rachetés par Carrefour » passeront en location-gérance, tandis que l'hypermarché de Saint-Jean-de-Luz, pourtant « très nettement bénéficiaire, est cédé en franchise », déplore le syndicat. Les sept autres magasins susceptibles de passer en location-gérance seront précisés aux syndicats d'ici l'été.
Foncier/innovation : les six nouveaux lauréats du programme Entrepreneurs du vivant
Le gouvernement a annoncé le 14 avril six nouveaux investissements du programme Entrepreneurs du vivant (EDV), doté de 395 M€ de France 2030 (116 M déjà engagés). La foncière Terre de Liens en a bénéficié à hauteur de 6 M€, d’après le communiqué. Elle détient plus de 12 500 ha de terres agricoles, permettant l’installation de près de 700 nouveaux porteurs de projet en bio. La foncière Terre Adonis a reçu 2 M€. Cet investissement lui permet d’installer une vingtaine d’exploitants, avec une priorité aux jeunes ayant des pratiques agroécologiques. Autre foncière, Le Printemps des Terres s’est vu attribuer 5 M€. Cela a permis d’installer sept agriculteurs sur 714 ha, pour 10 274 t de CO2eq en Label Bas Carbone. Enfin, la foncière Fermes en Vie (Feve) a touché 7 M€ (dont 5 M supplémentaires en 2025). Elle a installé plus de 50 fermes. Le fonds à impact de capital croissance Capagro Agri-Food Innovation Fund II a lui été souscrit par l’Etat à hauteur de 15 M€. Son but est d’investir dans des sociétés agroalimentaires pour soutenir l’innovation dans les pratiques agricoles durables. Le fonds à impact Résalt a été souscrit par l’Etat via EDV à hauteur de 15 M€, ainsi que pour compte propre par la Banque des Territoires. Il investit dans toute la chaîne de valeur des filières agricoles et alimentaires avec un objectif de transition et de résilience des territoires.