Agra Business | Margaron/Delivagri, Keon, Maash, Bernard Matthews et Tereos

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Négoce : le groupe Margaron a fait l’acquisition de Delivagri (presse)

Selon un article (payant) d’Agrodistribution du 20 août, le groupe isérois Margaron, spécialisé dans le négoce de coproduits agricoles et agroalimentaires à destination de l’élevage, a fait l’acquisition du négoce en ligne d’origine angevine Delivagri (céréales conventionnelles et biologiques, pailles, fourrages, fertilisation organique, etc.) début août. Auprès du média, le directeur général de Delivagri Damien Pierre a justifié l’opération par le fait que « les marchés et les clientèles [auxquelles nous] nous adressons sont complémentaires à ceux du négoce Margaron ». Le négoce en ligne espère par ailleurs profiter des moyens supplémentaires et des infrastructures de Margaron pour offrir de nouvelles solutions à ses clients. Il vise la commercialisation de 300 000 t de produits par an à l’horizon 2029, et projette de poursuivre son développement sur les marchés de spécialités. Damien Pierre explique à nos confrères que Delivagri souhaite « devenir le numéro 1 de la collecte en bio » en France à l’avenir, et « consolider [sa] position de leader français sur les marchés de la paille et des fourrages ».

Méthanisation : Keon entre au capital d'une unité allemande de biogaz

Dans un communiqué paru le 31 août, le groupe français Keon, spécialiste de la méthanisation, annonce sa première entrée au capital d'un site allemand de production de biogaz. Située en Bavière, l'unité a une production estimée à 30 GWh/an et sera gérée par un opérateur local. La prise de participation de Keon au projet Bauer BioEnergie permettra la conversion de cette unité de cogénération existante vers l’injection de biométhane. Keon est présent depuis près de deux ans en Allemagne, un pays qui « se tourne massivement vers l'injection sous l’effet de la fin progressive des tarifs de rachat de l’électricité, du renforcement des exigences européennes RED II et RED III ». Leader mondial du biogaz, l'Allemagne dispose « d'un parc historique d’environ 10 000 unités, majoritairement tournées vers la cogénération », explique Keon dans son communiqué. Créé en 2005, Keon est présent sur de nombreux maillons de la filière biogaz (conception, construction, maintenance, exploitation...). Il détient des participations dans 14 sites en France, a construit 83 unités depuis sa création et accompagne 250 clients méthaniseurs. L'entreprise est également présente au Québec.

Dindes : au Royaume-Uni, l’industriel Bernard Matthews ferme une usine (presse)

À la fin août, la presse britannique a rapporté la décision de l’industriel de la dinde Bernard Matthews de fermer progressivement d’ici à la fin 2026 une de ses trois usines, celle du Derbyshire (centre de l’Angleterre), qui emploie quelque 600 personnes. Dans un article de Farmers Weekly publié le 24 août, un porte-parole invoque la hausse des coûts et « une complexité croissante » qui « freinent la croissance, alimentent l’inflation alimentaire et compromettent la sécurité alimentaire du Royaume-Uni ». Dans le même hebdomadaire agricole, Will Raw, président de la commission avicole du syndicat NFU, estime que cette fermeture n’affectera pas directement les éleveurs, mais ajoute qu’« elle reflète le manque de confiance et les problèmes de résilience qui traversent toute la chaîne d'approvisionnement, de la ferme à l'assiette ». L’espèce dinde est plus pénalisée que le poulet. Aussi la marque Bernard Matthews la remplace-t-elle par du poulet dans certains produits élaborés. L’entreprise était entrée en 2016 dans le groupe BPO (Boparan Private Office, actionnaire de 2 Sisters). Elle conserve deux usines dans le Suffolk (centre-est de l’Angleterre).

Fermentation : Maash lève 12 M€ pour développer sa mycoprotéine

La start-up spécialiste des mycoprotéines Maash a réalisé une levée de fonds d’un montant de 12,15 millions d’euros (M€), a-t-elle annoncé le 24 août. « Cette enveloppe comprend une levée de 5,85 M€ auprès de cinq nouveaux investisseurs – Ambra Capital, InvestPro, BPI France Amorçage industriel, Nordzucker et Tereos –, 4,3 M€ de soutien de BPI France au titre du programme « Première usine » soutenu par France 2030, ainsi qu’un prêt de 2 M€ accordé par BPI France dans le cadre du Prêt d’amorçage investissement », selon un communiqué. Grâce à ce financement, Maash va lancer son usine de démonstration de 12 m³ à Carling-Saint-Avold (Moselle), sur l'ancien site de Metex repris il y a deux ans, et « préparer sa montée en échelle industrielle ». Selon la société, « la priorité est désormais de livrer le projet pré-industriel et de bâtir une dynamique commerciale ». À cet effet, Maash connaît un changement de gouvernance marqué par l’arrivée de Samah Garringer comme p.-d.g., qui a assuré « des fonctions de direction chez DSM, le groupe Avril et Enough Foods ». Gaspard Gilbert, l’actuel directeur général et cofondateur de Maash, « prendra le rôle de directeur commercial » et « assurera temporairement également la fonction de directeur financier ».

Fruits : l'ANPP ouvre la gouvernance du label Vergers écoresponsables

Géré jusqu'ici par l'ANPP (pommes-poires) qui en était à l'origine et concédait des licences d'utilisation, le label Vergers écoresponsables se transforme en association, ouvrant ainsi la gouvernance aux AOP Pêches-abricots et prunes. Le but : créer « un label rassembleur pour l’ensemble des filières arboricoles concernées », afin de « pouvoir mieux communiquer ensemble », indique Sandrine Gaborieau, responsable marketing et communication à l’ANPP (producteurs). L’ANPP reste majoritaire, les parts dans l'association étant proportionnelles au chiffre d'affaires réalisé par les filières. Des négociations avec d'autres espèces sont en cours. Cette évolution se traduit par un nouveau logo, qui intègre plusieurs éléments : forme circulaire, symbole de l’infini pour matérialiser « l’agriculture durable », suppression de la base line, modernisation de la typographie, maintien de l’identification « France ». Une nouvelle stratégie de communication est adossée dès 2026-2027, visant à soutenir la consommation, « de façon plus émotionnelle et moins technique pour créer de la proximité avec les consommateurs ». Rappelons que la loi d’urgence agricole a ouvert la reconnaissance de Vergers écoresponsables dans les quotas d’achat Egalim pour la restauration collective, sans limitation de durée. (Florence Rabut)

Agrobusiness : un niveau « grave » de concentration des entreprises dans le monde (ONG)

Les ONG internationales Grain (agriculture) et ETC Group (nouvelles technologies) ont publié, fin juillet, leur mise à jour des top 10 de l’agrobusiness, le précécent datant de 2023. Ce classement, par chiffre d’affaires sur l’année 2024, pointe, selon les auteurs, « une concentration grave des entreprises » dans six secteurs : semences, pesticides, engrais de synthèse, machines agricoles, produits pharmaceutiques vétérinaires et génétique des animaux d’élevage. En semences et en phytos, quatre entreprises (Bayer, Corteva, Syngenta et BASF) se partagent 50 % du marché, dont 20 % uniquement pour Bayer en semences et 22 % pour Syngenta en phytos. Dans le secteur des engrais, les dix premières entreprises pèsent plus de 30 % du marché : quatre structures (Nutrien, Mosaic, OCP et ICL) se partagent un quart du marché mondial des engrais phosphatés, tandis qu’ils sont six (Nutrien, Mosaic, ICL, Uralkali, K+S et Eurochem) à peser plus de 65 % des ventes d’engrais potassiques. Du côté des machines agricoles, quatre entreprises représentent 44 % du marché : John Deere (19 %), Kubota (10 %), CNH (8 %) et AGCO (7 %). Même constat pour les produits pharmaceutiques vétérinaires et la génétique porcine, où quatre entités (Zoetis, Merk, Boehringer et Elanco) et cinq (Genus, Topigs Norsvin, DanBred, Hendrix Genetics et Axiom) s’attribuent respectivement 49 % et 51 % du marché. (Anne Gilet)

Sucreries : Tereos accueille un « directeur commerce groupe »

Tereos annonce avoir renforcé ces dernières semaines son équipe de direction avec l’arrivée de deux nouvelles recrues : Pierre-Henri Dietz en tant que directeur commerce pour le groupe et Valérie Gillot au poste de directrice de la communication pour le groupe. Depuis plus de 20 ans dans le secteur agro-Industriel, Pierre-Henri Dietz a occupé différentes fonctions au sein de Tereos : analyste de marché, trader, directeur du pôle de recherche « Marchés commodités », avant de rejoindre Cristalco (Cristal Union) en tant que directeur général, de février 2018 à février 2026. De retour chez Tereos au sein du comité de direction, « il apporte sa vision stratégique, son expertise des marchés de matières premières agricoles et son expérience commerciale pour piloter le développement des activités clés du groupe : sucre, alcool-éthanol, amidon et produits sucrants ». Quant à Valérie Gillot, c’est dans le secteur automobile (PSA, Stellantis, Renault Group et Citroen) qu’elle a forgé son expérience en communication corporate, produits, marques, média et crise. (Anne Gilet)