Agroalimentaire : l'américain Ingredion va racheter le britannique Tate and Lyle
Le groupe américain Ingredion, spécialisé dans les ingrédients, a officialisé le 8 juin une offre d'achat de son rival britannique Tate & Lyle pour 2,7 Md$ (soit 3,1 Md€), selon un communiqué des deux entreprises. En 2010, Tate & Lyle avait cédé à un autre concurrent américain, American Sugar Refining, son activité historique de raffinage de sucre, qui avait fait sa fortune et sa renommée. Le groupe britannique, qui emploie environ 5 000 salariés dans près de 40 pays, fournit aujourd'hui des ingrédients pour l'industrie agroalimentaire (édulcorants, texturants, fibres ou stabilisants). De son côté, Ingredion, qui emploie environ 12 000 personnes, produit lui aussi des édulcorants, ainsi que des amidons, des ingrédients nutritionnels et des biomatériaux utilisés dans l'alimentation et les boissons, mais aussi dans l'industrie papetière ou pharmaceutique. La fusion créera « un leader mondial des solutions d'ingrédients » capable de « contribuer à façonner l'avenir de l'alimentation », affirme Jim Zallie, p.-d.g. d'Ingredion. Elle permettra « des synergies évidentes, les deux sociétés étant tournées vers la croissance sur le marché des substituts de sucre », estime pour sa part Victoria Scholar, analyste chez Interactive Investor.
Cognac : aux États-Unis, Henessy se lance dans les cocktails prêts à servir
Depuis le 1er juin, Hennessy (LVMH) commercialise aux États-Unis une gamme de « ready-to-serve » (RTS) à base de cognac : des cocktails prêts à servir, très à la mode outre-Atlantique, indiquent Les Echos le 7 juin (article payant). Son but est de conquérir de nouveaux consommateurs. Alors que les ventes de cognac sont sous pression depuis plusieurs années aux États-Unis, sur fond de déconsommation d'alcool et d'inflation, les ventes de cocktails prémélangés ont augmenté de 16,4 % en 2025, pour atteindre 3,3 Md€, souligne le journal. Si Hennessy veut se concentrer jusqu'à septembre sur le lancement outre-Atlantique, avec un déploiement qui se fait progressivement, la maison de cognac n'exclut pas de proposer ses nouveaux RTS sur d'autres marchés, d’après l’article. Y compris en France, alors que 97 % de la production de cognac est exportée. Les Echos rappellent que l'idée de relancer la consommation de cognac par le biais des cocktails est mise en avant depuis plusieurs mois par la filière. Historiquement, ce spiritueux a été utilisé dans de nombreuses recettes, avant d'être remplacé par d'autres alcools pour des raisons économiques.
Fruits secs bio : dans la Drôme, Happy Hours se diversifie dans la pâte à tartiner
Le torréfacteur et transformateur de fruits secs 100 % bio Happy Hours en Biovallée (Drôme) fait évoluer son modèle en 2026 « en passant du solide au segment des pâtes à tartiner », indique Xavier Ranoux, responsable commercial et marketing, qui a présenté la nouvelle gamme de produits lors des Bio N’Days, convention d’affaires annuelle pour les produits bio organisée par le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes. Cette diversification permet surtout à l’entreprise de se réapproprier de la valeur en présentant aux consommateurs une marque et ses attributs (ingrédients locaux le plus possible, gourmands et sains – technique du toasté sans additif ni ajout de matière grasse, teneurs en sel et sucre limitées) ; au contraire, ses fruits secs sont vendus jusqu’alors en vrac, et donc sans identité. Deuxième avantage : la limitation des pertes et gaspillage par la valorisation de produits nommés en interne « gueules cassées », c’est-à-dire présentant uniquement des défauts d’aspect les empêchant d’être mis sur le marché en l’état. Depuis janvier, la gamme naissante en pots de 240 g s’étoffe avec de nouveaux mélanges (cajou-coco, amande-sésame, choco-cacahuète, choco-noisette…) et bientôt un cajou-amande-truffe qui sera dévoilé en septembre au salon Natexpo. (Florence Rabut)
Grande distribution : Casino avance vers la renégociation de sa dette
Le groupe de distribution Casino a indiqué, le 5 juin, avoir « franchi une étape importante avec ses principaux partenaires bancaires, les discussions ayant permis de converger sur les paramètres clés de financements pour son périmètre retail », selon un communiqué. Bien qu’aucun accord n’ait été formellement signé avec les banques, Casino a avancé avec ses partenaires vers un prolongement de cinq ans des financements nécessaires à sa trésorerie pour un montant global de 1,2 milliard d'euros (Md€). « Le groupe a pour objectif de franchir la prochaine étape de ses discussions avec ses principaux partenaires bancaires d'ici le 30 juin », précise Casino. « La mise en place de ces financements sera (outre les conditions suspensives habituelles) conditionnée à la mise en œuvre du plan d'adaptation et de renforcement de la structure financière du groupe. » Casino annonce par ailleurs avoir demandé à la justice commerciale de pouvoir réunir son assemblée générale d’ici le 31 décembre pour approuver les comptes 2025. « L’arrêté des comptes nécessaires à la tenue de l’assemblée générale demeure subordonné à l’issue favorable des négociations en cours », précise Casino. Pour rappel, le groupe Casino doit rembourser 1,4 Md€ en mars 2027, un montant qu'il souhaite largement réduire via un accord espéré à l'été.