Engrais : aucune entreprise cliente aux achats chez le négociant Amaltis
Chez le négociant d’engrais Amaltis (200 000 t d’engrais, dont 95 000 t d’urée), « il ne se passe quasiment rien depuis un mois et demi ». La société n’a « aucune visibilité sur les importations d’urée dans un contexte où les prix sont inabordables et où les volumes manquent », concède son délégué commercial Denis Le Fèvre. « Nos clients – coopératives et négoces – ne veulent prendre aucun risque. Personne n’est aux achats : tout le monde attend une éventuelle baisse des prix. » Chez le négoce Isidore (Charente-Maritime), qui se fournit chez Amaltis pour les produits formulés, les agriculteurs sont prudents pour la campagne à venir. « Pour chaque client, nous calculons la marge brute de chaque îlot parcellaire en intégrant le prix d’achat de l’engrais, le rendement attendu et le prix de vente des céréales à date », explique Laurent Perdriau, directeur commercial. « Et pour beaucoup d’exploitations, dans notre zone intermédiaire, cela ne passe pas. Alors les agriculteurs n’achètent pas d’engrais, ils pensent même, si la situation perdure, remplacer les céréales à l’automne par de la jachère, comme cela a déjà été le cas pour le maïs ce printemps. De notre côté, aucun achat n’a encore été réalisé pour la campagne à venir auprès de nos centrales. » (Anne Gilet)
Tournesol : Cargill investit 150 M€ dans son usine de Saint-Nazaire
Dans un communiqué du 29 avril, Cargill a annoncé un investissement de 150 millions d’euros (M€) dans son usine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) afin de pouvoir traiter davantage de tournesol. Le site – qui produit déjà de l’huile et des tourteaux de tournesol – pourra ainsi « basculer des farines actuelles pauvres en protéines à des farines de tournesol à haute et très haute teneur en protéines ». L’industriel prévoit de démarre les travaux en novembre, pour une mise en service attendue en mars 2029. « Le projet devrait permettre de créer sept emplois » sur ce site historique (1964), où Cargill emploie 75 personnes. Le géant mondial de l’agroalimentaire rappelle que la culture de tournesol « continue de progresser en France » et que « la région autour de l’usine [en] est un important fournisseur ». « Cet investissement fournira un débouché fiable aux agriculteurs locaux pour leurs graines et renforcera la collaboration avec de nombreuses coopératives. » Par ailleurs, le projet comprend une chaudière biomasse qui produira de l’énergie à partir des coques de tournesol usagées. Cargill espère ainsi « réduire sa consommation de gaz naturel de plus de 100 GWh par an » et diminuer les émissions du site de 90 % (environ -20 000 t de CO2 par an), tout en vendant les coques excédentaires.
Alimentation : Novo Nordisk et Eli Lilly sanctionnés pour des publicités grand public
L’agence nationale du médicament (ANSM) a annoncé, le 4 mai, des sanctions financières en France à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques Novo Nordisk (Danemark) et Eli Lilly (États-Unis) pour des publicités incitant le grand public à se tourner vers leurs médicaments, non remboursés par la Sécurité sociale. En tout, l’autorité sanitaire française a infligé près de deux millions d’euros (M€) d’amendes. Dans le détail, Novo Nordisk France a écopé de plus de 1,78 M€, pour des campagnes de nature à « inciter le grand public » à recourir à ses traitements anti-obésité (Saxenda et Wegovy), deux spécialités de la famille des analogues du GLP-1. Dans une moindre mesure, Eli Lilly France est sanctionnée à hauteur de 108 766 € pour une campagne autour de son médicament anti-obésité Mounjaro. L’ANSM considère que ces communications, diffusées sur divers supports, sont « susceptibles de constituer une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire », alors que la réglementation interdit toute publicité auprès du grand public pour ces traitements non remboursés par l’Assurance maladie. Dans sa réaction à l’AFP, Novo Nordisk France « conteste fermement la position de l’ANSM » et « examine toute éventuelle voie de recours contre cette décision », tandis qu’Eli Lilly estime que sa campagne de sensibilisation « conforme au cadre applicable aux communications relatives à la santé humaine ».
Fonds d’investissement : AgroParisTech et Genopole lancent le fonds de pré-amorçage AGIR
AgroParisTech et Genopole viennent d’annoncer le lancement du fonds de pré-amorçage AGIR (AgroParisTech Genopole Innovation Responsable), dont la gestion est confiée à Demea Sustainable Investment (lire l’article complet ici). Ce fonds vise à accompagner « le démarrage des start-up à impact qui travaillent à accélérer les grandes transitions (alimentaire, agricole, environnementale, énergétique, numérique…) autour de cinq grands piliers thématiques stratégiques : la forêt, l’agriculture, l’agro-alimentaire, l’environnement et les biotechnologies », expliquent les partenaires dans un communiqué commun le 30 avril. « Le fonds, qui est en cours de structuration, vise une taille cible de 30 M€ avec un premier closing intermédiaire d'ici la fin de l’année », nous précise un porte-parole d’AgroParisTech. (Perrine Delfortrie)
Biogaz: Air Liquide cède des activités de biogaz dans quatre pays à Mobius Renewables
Le géant français des gaz industriels Air Liquide a annoncé le 4 mai la cession de ses activités de production de biogaz aux États-Unis, en France, en Norvège et en Suède à l’américain Mobius Renewables pour un montant non communiqué. L’entreprise qui emploie environ 65.000 personnes dans le monde n’a pas précisé le nombre d’emplois concernés par cette cession qui «reflète la stratégie d’Air Liquide de création de valeur et de revue régulière de son portefeuille d’activités», selon son communiqué le 4 mai. Mobius Renewables précise sur son site que l’opération concerne «six sites de production de gaz naturel renouvelable (GNR) à partir de biogaz de décharge aux États-Unis, cinq sites de valorisation des déchets agricoles en France et une participation de 51% dans Redo BioSolutions, société possédant des actifs de production et de distribution en Norvège et en Suède». L’entreprise basée à Houston, Texas revendique la production et la distribution «de plus de 5,5 millions de MMBtu» (metric million british thermal unit, une unité de mesure d’énergie utilisée dans certains pays anglophones) de GNR «issu du biogaz de décharge et de la digestion anaérobie».