Tunnels de prix : divergences en vue sur le rôle des interprofessions
En vue de l'examen du projet de loi d'urgence agricole par la commission des affaires économiques, qui doit débuter le 4 mai, les députés ont présentés, par voix d'amendement, des réécritures assez divergentes de la possibilité d'extension des tunnels de prix à de nouvelles filières, proposée par le gouvernement. Au centre et à droite, le rôle des interprofessions divise. Quatre députés de poids (Julien Dive, Stéphane Travers, Jean-René Cazeneuve, Anne Sophie Ronceret) proposent que ce soit un «accord interprofessionnel étendu qui décide du principe et de la date de début de l’expérimentation», car le texte peut être lu comme cantonnant son rôle à la question de la date de début de l’expérimentation. Quatre députés, du centre à l'extrême droite, demandent même que l'expérimentation soit adoptée à l'unanimité par l'interprofession. A rebours, Thierry Benoit et François Gernigon (Horizons), Thierry Martineau et Géraldine Bannier (Modem), mais aussi Danièle Bru, inspirée par la FNSEA, proposent de supprimer la consultation obligatoire des interprofessions ainsi que la condition liée à leur demande pour fixer la date de départ de l’expérimentation. De leur côté, les députés LFI et socialistes proposent de rendre les tunnels de prix obligatoires dans la loi. Les écologistes et LFI proposent de rendre le respect des indicateurs obligatoires, les socialistes veulent encadrer les dérogations.
GNR : l'aide pour le mois d'avril au JO, manifestation du Réveil des Terroirs à Paris
Un décret séparé publié le 2 mai acte l’aide destinée aux utilisateurs de carburants agricoles (gazole non routier, GNR) annoncée pour le mois d’avril, soit 3,86 centimes par litre qui correspondent au droit d’accise. Cette exonération de taxe sur le GNR agricole représente 14 millions d’euros. Le gouvernement a annoncé fin avril de nouvelles mesures pour passer l’aide de 3,86 à 15 centimes par litre pour les agriculteurs et de 30 à 35 centimes pour les pêcheurs contre 20 centimes précédemment. En avril, le montant de l’aide est fixé à 50.000 euros maximum par exploitation et les agriculteurs peuvent la demander pendant deux mois grâce à un formulaire dédié (site portail.chorus-pro.gouv.fr) en envoyant leurs factures et une déclaration sur l’honneur. A Paris, quelques dizaines d’agriculteurs, pêcheurs et boulangers se sont réunis le 2 mai devant le dôme des Invalides à l’appel du collectif Réveil des Terroirs, qui regroupe une dizaine d’associations (Union française des pêcheurs artisans (UFPA), Agriculteurs en colère ou le Collectif des artisans et commerçants de France, mais aussi des collectifs de transports et chauffeurs de VTC). Les agriculteurs demandent un GNR «à un euro» le litre, a déclaré à l’AFP Christian Convers, ancien secrétaire général de la Coordination rurale. Il était entouré de quelques bonnets jaunes de ce syndicat mais aucune grande organisation professionnelle, agricole ou d’autres secteurs, n’avait appelé au rassemblement.
UE-Mercosur : l'accord est entré en vigueur vendredi, de façon provisoire
Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l’Espagne et l’Allemagne: l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur est entré en vigueur vendredi, de façon provisoire. Les premières conséquences de son application sont immédiates, d’après Bruxelles. «Les avantages sont réels et déjà perceptibles. Les droits de douane commencent à baisser. Les entreprises accèdent à de nouveaux marchés. Les investisseurs bénéficient de la prévisibilité dont ils ont besoin», a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur son compte X. Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l’UE exporte vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay seront «supprimés ou considérablement réduits». Pour marquer l’entrée en vigueur de l’accord, la cheffe de l’exécutif européen a échangé, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur. Pour rappel, le Parlement européen a saisi la justice pour vérifier la légalité de l’accord, signé mi-janvier. En attendant la décision de la Cour de justice de l’UE, d’ici peut-être plus d’un an, la Commission a décidé d’appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu’elle est en droit de faire.
Pomme: le pôle angevin d'Innatis repris par les Vergers d'Anjou (presse)
En procédure de sauvegarde depuis octobre, le groupe familial angevin Innatis, numéro deux français de la pomme, va céder son pôle ligérien (entreprises, vergers, station fruitière) pour sept millions d'euros à la coopérative des Vergers d’Anjou, a décidé le tribunal des affaires économiques de Paris le 30 avril, rapporte Ouest France. Deux projets de reprise étaient en concurrence. Cette acquisition permettra aux Vergers d'Anjou «d’augmenter en proximité (leur) capacité de stockage avec un froid de meilleure qualité», rapportent les dirigeants à Ouest France. Actuellement de 36 000 tonnes, la capacité de stockage des Vergers d'Anjou va être augmentée de 13 000 tonnes. La station fruitière d'Innatis Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire) avait été livrée à l’automne 2023 pour un investissement de 30 millions d’euros, selon nos confrères des Échos. Par ailleurs, cette opération «va nous permettre d’ouvrir de nouveaux marchés avec Blue Whale, notre société de commercialisation de pommes fraîches, notamment à l’export, puisque nous allons travailler des variétés que nous n’avions pas jusqu’à présent : HoneyCrunch, Choupette… Cela permet aussi de lisser nos expéditions et nos besoins en main-d’œuvre puisque notre période de conditionnement sera plus étalée dans le temps.» Les dirigeants indiquent enfin que les vergers d'Innatis «vont être repris par plusieurs producteurs adhérents (une quarantaine à ce jour).»