Agra Business | Euralis/Maïsadour, Rémy Cointreau, Coopérative U, Eurolysine

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Coopératives : Euralis et Maïsadour notifient leur projet de fusion à l’antitrust

Les coopératives Euralis et Maïsadour confirment à Agra Business avoir « notifié leur projet de fusion à l’Autorité de la concurrence » le 20 avril, « marquant ainsi une étape importante dans leur processus de rapprochement ». Conformément aux procédures habituelles pour une opération de cette envergure, cette notification s’accompagne d’engagements ciblés sur certains marchés (canards gras, collecte de céréales, oléagineux et protéagineux et nutrition animale) pour, notamment, « garantir un équilibre concurrentiel durable sur les territoires concernés ». Ces mesures font désormais l’objet d’une instruction formelle auprès de l’Autorité, dont l’avis est attendu d’ici à l’été 2026. Outre sa validation par l’Autorité de la concurrence, Euralis précise que « le projet reste soumis à plusieurs autres étapes préalables dont son financement, l’information et la consultation des représentants des personnels et l’approbation finale par les assemblées générales des deux coopératives ». Pour rappel, ce projet, dévoilé le 27 mars 2025, vise une ambition claire : « construire un nouvel acteur coopératif de référence dans le Sud-Ouest » dont le chiffre d’affaires pèserait plus de 3 Md€ et rassemblerait près de 10 000 salariés et autant d’adhérents. (Anne Gilet)

Spiritueux : les ventes de Rémy Cointreau rebondissent grâce à la Chine

Remy Cointreau a annoncé le 30 avril des ventes annuelles positives pour la première fois depuis 2023. Le fabricant du cognac Remy Martin et de la liqueur Cointreau a enregistré une croissance organique de 0,2 % de son chiffre d’affaires 2025-2026, évitant de justesse un troisième recul consécutif. Ses ventes de cognac ont progressé de 15,5 % au quatrième trimestre, soutenues par de solides performances en Chine, où Remy Cointreau a bénéficié d'un effet de base « très favorable » par rapport à l'année précédente, selon un communiqué. Sur le continent américain, le groupe a enregistré un « léger recul », malgré les efforts déployés pour relancer les ventes américaines de la version plus abordable de son cognac Remy Martin, qui ont permis une amélioration par rapport au troisième trimestre. Remy Cointreau affronte une série de crises, allant de la flambée du coût de la vie aux droits de douane imposés sur ses principaux marchés, les États-Unis et la Chine. Plus récemment, la guerre en Iran a perturbé les ventes de boissons de luxe dans les aéroports et menace de réduire davantage la demande, tout en augmentant les coûts de production des bouteilles, des céréales et autres matières premières.

Prunes : Coopérative U et l’AOP nationale signent un «contrat de progrès»

Alors que la filière prune a rejoint la démarche « Vergers écoresponsables » en 2026, l’AOP nationale et Coopérative U ont signé le 28 avril au salon Medfel à Perpignan un «contrat de progrès» autour de deux axes : l’engagement de Coopérative U à s’approvisionner à 95% en origine France (dans un contexte de 75% d’auto-approvisionnement au national) et maintenir un « échange constructif tout au long de la campagne » autour d’actions marketing et de théâtralisation communes des volumes de prune sous le label Vergers écoresponsables. « La prune est une petite filière en volumes, mais une filière importante. Nous devenons partenaire dans cette démarche, en coconstruction et coengagement », ont indiqué Mickaël Alagapin et Jeff Mahintach, responsables des filières fruits et légumes pour le distributeur. Coopérative U poursuit ainsi ses engagements en «contrats de progrès» (engagements par saison, renouvelables) ou au travers de «contrats de filière» (contractualisation minimum sur trois ans), à l’instar de la filière poireau U (700 tonnes contractualisées sur 5 ans avec prix minimum garanti aux producteurs engagés dans la démarche, GPLM, Priméale France, Planète Végétal). (Florence Rabut) 

Alimentation animale : ouverture d’une enquête anti-absorption sur la lysine

Dans un communiqué du 30 avril, Eurolysine salue l’ouverture par la Commission européenne d’une enquête anti-absorption visant à vérifier si les exportateurs chinois de lysine ont effectivement ajusté leurs prix aux droits antidumping instaurés par l’UE début 2025, comme le suggère sa plainte auprès de l’instance en mars 2026. Le fait est que le prix de la lysine importée en Europe a reculé d’environ 30 % depuis janvier 2025, précise la filiale d’Avril dans le communiqué. « La part de marché de la lysine de Chine a reculé grâce aux droits anti-dumping, mais elle reste de 60 à 70%. Les prix européens sont donc toujours définis par les Chinois », explique à Agra Presse Nicolas Martin, directeur des affaires publiques. La lysine européenne, dont l’industriel français est le seul producteur, ne pourrait-elle bénéficier de la préférence des fabricants européens d’aliments pour les animaux ? A cette question, le responsable répond qu’il est aujourd’hui difficile de faire valoir l’enjeu de souveraineté en matière d’acides aminés. De même, qu’Eurolysine peine à valoriser sa décarbonation, alors que les acides aminés peuvent représenter plus de 10% de l’empreinte carbone d’un aliment, souligne-t-il.