Agra Business | Pernod Ricard, Unéal, Action Pin, Amoéba, 2 Sisters et Casino

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Spiritueux : Pernod Ricard et Brown-Forman annoncent l'échec des discussions de fusion

Le groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard a annoncé le 28 avril l'échec des discussions pour racheter son concurrent américain Brown-Forman, propriétaire notamment de la marque de whisky Jack Daniel's. « Ces discussions ont pris fin et n'ont pas abouti à un accord, les entreprises n'étant pas parvenues à s'entendre sur les conditions », a écrit le groupe français dans un communiqué. Dans un communiqué distinct, Brown-Forman confirme et se projette désormais sur « le déblocage d'une croissance future en élargissant notre empreinte géographique ». Lorsque leurs négociations avaient été annoncées fin mars, dans un contexte morose pour les boissons alcoolisées à travers le monde, les deux groupes avaient précisé qu'il n'y avait aucune garantie qu'elles aboutiraient favorablement. Une dizaine de jours plus tard, le Wall Street Journal (WSJ) écrivait que le groupe américain Sazerac, qui produit et commercialise plus de 500 marques de spiritueux, avait contacté Brown-Forman pour une « possible entente ». Sazerac est une entreprise familiale ayant près de 400 ans d'histoire. Elle dispose de distilleries dans le monde entier, en particulier dans le Kentucky (États-Unis), à Cognac (France) ou encore à Goa (Inde).

Protection des plantes : Action Pin passe entre les mains d’un consortium d’investisseurs

La société landaise Action Pin, spécialisée dans la transformation des dérivés du pin maritime des Landes en produits d’hygiène et de protection écologique des cultures, vient d’être acquise par deux frères, Benjamin et Felix Frowein, via un consortium d’investisseurs qu’ils dirigent. Ce consortium associe Econa et la société nantaise Ouest Croissance. Fondée en 1995, Action Pin était détenue jusque-là par le géant de la chimie DSM Firmenich, entreprise dans laquelle Felix Frowein a passé près de 25 ans. Dès cet été, les deux frères prendront les manettes d’Action Pin en tant que co-p.-d.g. en souhaitant « renforcer le focus stratégique, accélérer l’innovation et poursuivre l’expansion internationale ». Action Pin affiche un chiffre d’affaires de 55,7 M€ en 2024 et emploie 102 salariés. En France, le portefeuille de l’entreprise s’articule autour de solutions de biocontrôle (Heliosoufre) et d’adjuvants, comme Heliosol. (Anne Gilet)

Vin/biocontrôle : nouvelle autorisation d’« urgence » d’un produit Amoéba contre le mildiou

Comme l’an dernier, un produit d’Amoéba a obtenu une AMM (autorisation de mise sur le marché) d’« urgence » contre le mildiou de la vigne, indique le spécialiste du biocontrôle le 28 avril. Cette autorisation, valable « de mai à août 2026 », fait suite à « une demande de la filière viticole », selon un communiqué. Elle intervient avant l’AMM permanente, qui est « attendue dans les semaines à venir » auprès de l’Anses. La réglementation européenne permet aux États membres d’autoriser un produit, « pour une période n’excédant pas 120 jours », en cas de « danger qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables ». Amoéba justifie l’« urgence » par des restrictions récentes sur les usages du cuivre, qui « rendent plus difficile la protection des vignes face à une forte pression de la maladie » ; des résistances croissantes aux phytos conventionnels, qui « nécessitent une alternance des modes d’action » ; la pression accrue de la maladie, exacerbée par le changement climatique et des retraits de produits. Pour rappel, l’Anses avait décidé, en juillet 2025, de ne pas réautoriser la mise sur le marché de 17 produits au cuivre contre le mildiou de la vigne.

Céréales : chez Unéal, pour l’heure, le potentiel est là, avec une semaine d’avance

Alors que la pluie devrait faire son retour ce week-end dans le nord de la France, les céréales ne semblent, pour l’heure, pas été affectées par le manque d’eau. « Dans notre région, la plupart des sols sont des terres profondes avec une réserve suffisante », rappelle Maxime Thuillier, responsable de la collecte au sein de la coopérative Unéal (Pas-de-Calais). « Les blés tendres présentent un bel indice de végétation, sans maladie fongique. Le potentiel est là. » Idem pour les orges d’hiver. Ces dernières ont vu leurs surfaces reculer de 10 à 15 % : « Nous ne comprenons pas trop pourquoi, car les débouchés et les résultats économiques sont là. » Parmi les hypothèses envisagées : la date de récolte, anticipée de deux à trois semaines par rapport au blé, pourrait freiner certains producteurs dont l’agenda est déjà bien chargé à cette époque avec les cultures industrielles. Si la plaine est plutôt belle, Maxime Thuillier émet toutefois une crainte : « l’impact possible du gel qui a sévi pendant la floraison des colzas ». Les parcelles étant encore en fleurs, il est difficile d’en mesurer aujourd’hui les éventuelles conséquences. Côté cultures de printemps, la levée des pommes de terre et des maïs est en cours. À noter la hausse des surfaces de maïs grain, de 10 à 20% ; une culture qui pèse 25 % des volumes totaux de maïs collectés par la coopérative. La sole en maïs fourrage est, elle, stable. (Anne Gilet)

Volailles : feu vert européen à l’acquisition par Boparan de l’allemand Heidemarck

Le 29 avril, la Commission européenne a autorisé la reprise intégrale par la holding britannique Boparan (notamment propriétaire de 2 Sisters) de Heidemarck, géant allemand de la dinde. Dans son communiqué du 19 février, cette entreprise familiale, née dans les années 60 en Basse-Saxe, annonçait que son entrée dans l’ensemble européen nommé Storteboom Food Group permettrait une accélération de son développement en intégration verticale. Conservant sa direction, elle continuera d’investir dans l’automatisation de son usine et dans l’innovation, le bien-être animal et la décarbonation. Dans l’ensemble continental de Storteboom, Heidemarck vient compléter les implantations du groupe britannique aux Pays-Bas (cinq usines) et en Pologne (deux usines). Sur le plan commercial, Heidemarck avait implanté en 2017 des bureaux commerciaux en France, en Italie et au Royaume-Uni, d’après son site internet. La presse britannique informe que Heidemarck réalise environ 760 M€ de chiffre d’affaires avec 2 300 salariés. Selon 2 Sisters, l’ensemble continental de Storteboom (six usines aux Pays-Bas et en Pologne) comptait 2 700 salariés en 2024.

Volailles : le britannique 2 Sisters réduit et décarbone son soja

Dans un communiqué du 27 avril, le volailler britannique 2 Sisters Food Group annonce ses exigences supérieures en matière d’importation de protéines de soja et l’augmentation de ses achats de protéines végétales à l’agriculture nationale. Aujourd’hui, le groupe importe du tourteau de soja non déforestant, explique-t-il. À compter de juillet prochain, ce tourteau de soja sera également issu de terrains agricoles depuis au moins 18 ans (non-convertis). L’industriel paiera une prime pour importer cette matière première certifiée selon le principe « mass balance » (par bilan massique à la source). Ceci représentera jusqu’à 70 % de décarbonation, avance 2 Sisters. Par ailleurs, les usines de fabrication d’aliment vont acheter davantage de protéines à base de pois et de colza au Royaume-Uni, afin de réduire de 20 % l’empreinte carbone de l’alimentation des poulets. En outre, il est prévu qu’une usine située en Écosse exclura le soja importé en 2027. Ces efforts s’inscrivent dans la stratégie Next Gen de 2 Sisters à l’horizon 2035. En vertu de celle-ci, 80 % des élevages seront à densité réduite et « une part significative » recourt à des souches conformes à l’European Chicken Commitment, selon le communiqué.

Distribution : au premier trimestre, Casino vend un peu moins mais améliore sa rentabilité

Le distributeur Casino s'est dit le 29 avril « convaincu » de parvenir à un accord avec ses créanciers, à l'occasion de la publication de son chiffre d'affaires du premier trimestre, qui est en repli de 2,7 %, à 1,95 Md€, mais en légère hausse (+0,3 %) à données comparables, selon l’AFP. Les « discussions sur le renforcement et l'adaptation de la structure financière se poursuivent avec les créanciers et FRH » (France Retail Holdings, détenu majoritairement par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et actionnaire principal de Casino), avec pour objectif de « parvenir à un accord de principe au plus tard d'ici fin juin », a indiqué le groupe dans son communiqué. Le directeur général Philippe Palazzi s'est dit « convaincu » d'un accord. « Je suis au cœur des négociations et je vois ce qui se passe en ce moment. Et je suis assez serein pour qu'il y ait une solution au refinancement de notre dette avant fin juin », a-t-il déclaré lors d'un point presse. Tombé dans l'escarcelle de Daniel Kretinsky en 2024 après des années de surendettement, Casino doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027 et a engagé fin 2025 des discussions avec ses créanciers (banques et fonds anglo-saxons) pour diminuer ce montant. Au premier trimestre, le groupe a affiché une amélioration de sa rentabilité, avec un excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté à 110 M€, en hausse de 10,4 %.

Agenda de la semaine agricole du 4 mai 2026

Jeudi 30 avril
La commission Développement durable de l’Assemblée poursuit l’examen du projet de loi d'urgence agricole
L’Opecst (Parlement) examine une note scientifique sur les impacts environnementaux et sanitaires de l'acétamipride

Vendredi 1er mai
Entrée en application de l'accord commercial intérimaire entre UE-Mercosur

Dimanche 3 mai
Réunion informelle des ministres de l'Agriculture de l'UE, à Chypre, jusqu'au 5

Lundi 4 mai
Les députés de la Coméco examinent le projet de loi d'urgence agricole, jusqu’au 7
Conférence de presse de la chambre d'agriculture de Bretagne sur la restauration des tourbières agricoles

Mardi 5 mai
Séminaire du CTIFL (fruits et légumes) sur la prophylaxie en production bio
Colloque sur les polluants émergents dans l'eau par l'association Amorce (collectivités)
Conférence de presse de Max Havelaar (chiffres annuels)

Mercredi 6 mai
Conférence de presse de Syndilait (lait de consommation)