Bourgogne: Pierre Damoy racheté Louis Roederer, plusieurs centaines de millions d'euros en jeu
La maison Louis Roederer a annoncé le 24 juillet dans un communiqué l’officialisation, après des mois de négociations ardues, du rachat de l’illustre domaine Pierre Damoy, AOC Gevrey-Chambertin, en Côte d’Or. Louis Roederer réalise là sa première acquisition en Bourgogne. Pierre Damoy, surnommé «Monsieur Chambertin», possède avec ses associés près de huit hectares, soit 10% des grands crus de Gevrey-Chambertin. La maison est surtout la principale propriétaire du très prestigieux Chambertin Clos-de-Bèze, dont elle détient un tiers. Louis Roederer, maison indépendante et familiale à la tête de plus de 1.110 hectares de vignes en France et dans le monde, cherchait depuis longtemps à poser un pied en Bourgogne, passant notamment près d’emporter, en 2017, l’illustre Clos de Tart, à Morey-Saint-Denis. Ce clos avait finalement été adjugé à François Pinault pour un montant record de 280 millions d’euros. Cette somme a-t-elle été battue ? Le prix de la transaction n’a pas été divulgué, ni par Roederer ni par Damoy, qui est resté muet. Selon les prix communément admis, un grand cru bourguignon prestigieux s’arrache pour 2 à 3 millions d’euros l’ouvrée, un hectare faisant 24 ouvrées. Damoy vaudrait donc, au prix «catalogue», entre 350 et plus d’un demi-milliard d’euros. Selon des sources proches du dossier, le prix aurait cependant été plus proche des 300 millions, ce qui relance quand même les craintes sur la flambée du foncier viticole en Bourgogne.
Vin : reprise par le domaine Lafage, la coop GICB devient Terrasses Vermeilles
Le tribunal de Perpignan a autorisé le rachat des activités de la coopérative viticole GICB (Groupement interproducteurs Collioure Banyuls) par le domaine Lafage, a annoncé cette entreprise familiale dans un communiqué le 24 juillet. À cette occasion, la coopérative – qui regroupe « 60 % de la production des appellations Banyuls et Collioure » (500 producteurs sur 500 ha – sera rebaptisée Terrasses Vermeilles. En 2025, elle avait produit 10 000 hl et commercialisé « près d’un million de bouteilles ». La coop était endettée à hauteur de 20 millions d’euros (M€), retrace Ici (ex-France bleu) le 24 juillet. Et le média public de préciser : « Unique candidat à la reprise, Lafage rachète le GICB pour 1,5 M€ et s'engage à investir 10 M€ dans les prochaines années ». Auprès d’Ici, le président du GICB Laurent Barreda a fait part de son « immense soulagement », estimant que « la survie de la viticulture sur la Côte Vermeille […] est assurée ». « Lafage va augmenter le prix moyen du kilo de raisin », ajoute l’élu (à 2 €/kg au lieu de 1,70 €/kg). Dans son communiqué, le domaine Lafage – qui rassemble « six propriétés d'une cinquantaine d'hectares chacune », selon son site – indique que son projet vise notamment « assurer la continuité des activités » et à « redonner des perspectives durables ».
Lait : la concentration des centrales d’achat explique la vente de Triballat, selon son président
Hugues Triballat, président de la laiterie Triballat à Rians (Cher), s’est expliqué au sujet de l’entrée en négociations exclusives avec Lactalis annoncée le 23 juillet. Selon lui, il est très difficile de continuer à se développer lorsqu’on n’a « pas la taille suffisante pour rivaliser avec des centrales d’achats si peu nombreuses », soulignant que « quatre centrales d’achat achètent 80% de la crèmerie en France » dans une déclaration à Agra Presse. « La grande distribution refuse parfois 1% de hausse que nous demandons, ou impose des baisses, ce qui affaiblit l’entreprise sur le long terme », selon lui. En intégrant le groupe Lactalis, Triballat va pouvoir bénéficier de la force de frappe d’un acteur de poids dans les négociations avec la distribution. Lactalis de son côté va compléter son portefeuille dans l’ultra-frais avec la marque Rians et dans les fromages AOP avec des produits tels que l’époisses, le crottin de chavignol et le selles-sur-cher. Triballat a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025, selon la société, en incluant ses filiales en Espagne et aux Etats-Unis, mais sans dévoiler sa rentabilité. Elle détient 17 sites industriels dont 14 en France, et emploie 1600 salariés.
Biosolutions : Amoéba et Koppert prolongent leur accord autour d’Axpera jusqu’en 2031
Le 23 juillet, Amoéba, greentech spécialisée dans le développement de solutions microbiologiques naturelles, et le leader de la protection biologique des cultures et de la pollinisation Koppert ont annoncé avoir étendu d’un an la durée de leur accord de distribution, sur vigne et cultures légumières, du biofongicide Axpera, développé par Amoéba. Le partenariat acté en 2025 est ainsi prolongé jusqu’en juin 2031. Les deux entités confirment leurs ambitions communes autour du potentiel commercial de cette solution : les premiers lancements ont eu lieu en 2025 aux États-Unis avec l’arrivée sur le marché de Tiagan pour la vigne et de Yazu pour les légumes. En France, l’autorisation de mise sur le marché de ces solutions a été obtenue en juin. La première commande passée par Koppert à Amoéba début mars illustrait déjà l'accélération de ces lancements commerciaux. L’ambition des deux structures est claire : proposer rapidement ce biofongicide dans 18 pays européens, ainsi qu’aux États-Unis. Pour eux, cette innovation s’affiche « comme une solution de rupture, respectueuse de l’environnement ». (Anne Gilet)
Distribution : Casino obtient le feu vert des banques pour restructurer sa dette
Les créanciers bancaires du groupe Casino ont « donné leur accord de principe » aux conditions posées par le conseil d'administration du distributeur concernant la restructuration de sa dette, a indiqué le 22 juillet Casino dans un communiqué. Le groupe va donc désormais pouvoir « lancer la procédure de modification des plans de sauvegarde et la signature des protocoles de conciliation en vue d'une mise en œuvre » de sa restructuration financière « d'ici la fin du second semestre 2026 ». Casino doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, un montant qu'il souhaite largement réduire. Le 10 juillet, le conseil d'administration de Casino avait émis un avis favorable au plan de restructuration de Daniel Kretinsky, principal actionnaire, à condition que les «créanciers TLB» (investisseurs hors banque ayant prêté de l'argent au groupe via des prêts à long terme) aient accès «au package de sûretés des banques», ensemble des garanties que l'emprunteur apporte à ses créanciers. Et que les banques «lèvent la condition suspensive de leurs financements», fixée jusqu'ici à l'accord de la majorité des deux tiers des créanciers TLB. Les banques ont accédé à ces demandes. Les discussions entre Daniel Kretinsky et les créanciers prévoyaient jusqu'ici que Casino ne soit pas considéré comme étant en défaut de paiement jusqu'au 26 juillet, le temps de renégocier sa dette.
Distribution : Carrefour perquisitionné après une plainte de Naouri
Les bureaux du PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, et ceux de ses proches lieutenants ont fait l'objet d'une perquisition le 3 février, dans le cadre d'une procédure déclenchée par une plainte de l'ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri, lui-même condamné en janvier, a indiqué le 22 juillet une source judiciaire. La plainte de M. Naouri, avec constitution de partie civile, a été déposée le 9 juillet 2024 pour « manipulation de cours », « délits d'initiés » et « association de malfaiteurs » et a automatiquement entraîné l'ouverture d'une information judiciaire, selon la source judiciaire. « Le réquisitoire introductif », en date du 3 juin 2025, vise, outre les qualifications susmentionnées, les chefs de « diffusion d'informations fausses ou trompeuses », « corruption privée active » et « complicité et recel de ces délits », a-t-elle précisé. Deux juges d'instruction ont été cosaisis. Carrefour, « réfute fermement toutes les accusations dont le Groupe fait l'objet ». Selon la Lettre, les juges d'instruction s'intéressent à une éventuelle tentative de rapprochement entre Carrefour et Casino en septembre 2018, ainsi qu'à ses supposées attaques contre Casino, par l'intermédiaire de fonds de vente à découvert, pour arriver à ses fins.
Distribution : Carrefour annonce un 1er semestre bénéficiaire
Carrefour a annoncé le 23 juillet un bénéfice net de 30 millions d’euros au premier semestre, après une perte « atypique » de 401 millions d’euros l’année dernière liée à une « moins-value » sur la cession de sa branche italienne. Délesté de ses activités italiennes et depuis peu de sa branche roumaine, Carrefour a fait état de ventes (taxes et carburants compris) en hausse de 2,1% à périmètre comparable, à 43,8 milliards d’euros, malgré le contexte volatile lié à la guerre au Moyen-Orient. En dépit notamment de la hausse des prix des carburants qui a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages, « la consommation alimentaire a bien résisté au premier semestre », a souligné le directeur exécutif finances et gestion du groupe, Matthieu Malige, lors d’une conférence téléphonique avec les agences de presse. Le groupe, qui a dévoilé en février son plan stratégique à horizon 2030, s’est recentré sur ses trois « pays cœur », dont la France, où il est deuxième du marché et où les ventes ont progressé, à périmètre comparable, de 1,1%. Tous les formats (hypermarchés, supermarchés, proximité) y affichent une « croissance positive » au deuxième trimestre, grâce notamment à des investissements dans les baisses de prix.