Agra Business | Eurolysine, Innovafeed, Maurer Tempé, T’Rhéa

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Alimentation animale : Avril et l'État investissent 70 M€ pour maintenir Eurolysine

Dans un communiqué du 5 juin, Avril annonce la signature d'un accord avec l'État pour investir 70 millions d'euros supplémentaires au capital d’Eurolysine, permettant d’assurer la continuité économique de sa filiale, concurrencée sur le marché européen de l’alimentation animale par les acides aminés importés de Chine. Codétenue aux côtés de Bpifrance (qui en possède 45%), celle-ci « fait face depuis plusieurs mois à d'importantes difficultés économiques », constate Avril. Le groupe souligne que la continuité d’Eurolysine va permettre à l’unique fabricant européen d’acides aminés de « poursuivre la mobilisation, en France et en Europe, pour mettre un terme aux pratiques anticoncurrentielles de la Chine et assurer ainsi le retour à la compétitivité de l'entreprise ». Depuis 2024, année de sa reprise par Avril, Eurolysine « mène une action structurée auprès des autorités européennes », rappelle le communiqué, dont une première étape a été la mise en place de droits anti-dumping sur la lysine. Comme les producteurs chinois ont baissé leurs prix en conséquence, une enquête pour « absorption des droits » a été ouverte le 30 avril à la demande d’Eurolysine. 

Insectes : Innovafeed se réorganise et supprime 60 emplois

Innovafeed a annoncé le 5 juin une réorganisation de ses activités d’élevage et de transformation d’insectes qui se traduira par la suppression d’une soixantaine de postes (sur 300 au total) dont les deux tiers concernent le site historique de Gouzeaucourt (Nord). La société arrête les activités de R&D zootechnique à Gouzeaucourt qui sont intégrées partiellement à l’usine de Nesle (Somme), annonce-t-elle dans un communiqué. Après avoir atteint une « maturité industrielle » et avoir enregistré une forte hausse de son chiffre d’affaires, Innovafeed va « accélérer le développement commercial des gammes (…) en particulier sur les segments fonctionnels de l’aquaculture et du petfood », investir dans ses capacités de production et optimiser son site. Pour cela, la société a réalisé une augmentation de capital de 51 millions d’euros de « ses actionnaires historiques, notamment Creadev, QIA, Temasek, FFC, ABC Impact et ADM ainsi que de ses partenaires bancaires. » Innovafeed n’en reste pas moins dans une situation fragile. Selon ses comptes publics pour 2024, son chiffre d’affaires atteint 5,1 millions d’euros (+65% vs 2023) et son résultat d’exploitation atteint -45,2 millions d’euros (+6,4% vs 2023). La société déclare un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros en 2025 et vise un premier exercice bénéficiaire en 2028.

Porc : clap de fin pour la charcuterie alsacienne Maurer Tempé

La plus ancienne charcuterie industrielle d'Alsace a été placée en liquidation le 3 juin par la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Mulhouse (Haut-Rhin), entraînant le licenciement de la centaine de salariés de cette Scop, reprise par ses salariés en 2019. Elle était en redressement judiciaire depuis début mai l’unique offre de reprise d’un investisseur privé n’a pas été jugée viable par le tribunal ni le CSE. Maurer Tempé a succombé aux difficultés de trésorerie consécutives à la hausse des cours des matières premières, selon son PDG Mathieu Rouillard. « Nous avons réussi à tenir pendant trois ans et demi, sachant que le prix du porc a été jusqu’à doubler, en actionnant tous les leviers: baisse du stock, hausse de la productivité, hausse du tarif, mais nous n'avons pas réussi à répercuter cette hausse », a-t-il expliqué à l’AFP. Depuis le début de l'année, les salariés avaient multiplié les initiatives pour trouver de la trésorerie, avec l'organisation d'une cagnotte en ligne, puis l'émission de titres participatifs, sur le modèle de Duralex. L'entreprise a aussi obtenu un prêt de 560.000 euros de l'Union régionale des Scop du Grand Est, mais cela n'a pas suffi à redresser la trésorerie.

Viande : en Dordogne, fin des travaux de modernisation à l’abattoir de Thiviers (T’Rhéa)

La société d’abattage de Thiviers (SAT, groupe T’Rhéa), située au nord de Périgueux (Dordogne), a inauguré le 5 juin ses nouvelles chaînes bovine et porcine après trois ans de travaux de modernisation. Un chantier réalisé « sans interruption d’activité », relèvent nos confrères de Réussir Bovins viande. Selon le média spécialisé, qui cite un communiqué de l’entreprise, la chaîne bœuf « a été repensée » afin notamment d’« améliorer la qualité de refroidissement des carcasses » et de gagner en souplesse d’utilisation. Quant à la chaîne porc (140 animaux par heure), elle bénéficie d’un « nouveau hall d’abattage » et d’une « nouvelle porcherie de 700 places », axée sur la « bientraitance animale ». Par ailleurs, l’atelier triperie a été modernisé et « un atelier consacré au traitement et au stockage des peaux a été créé ». Comme le rappelle Réussir Bovins viande, le site de Thiviers gère « le traitement et la valorisation des peaux de bovins de l’ensemble du pôle Limousin ». Enfin, des chauffe-eaux de grande capacité ont été installés afin de mieux valoriser la chaleur produite par le groupe froid. Montant global du chantier : 18 M€, dont 1,2 M€ d’aides publiques (région Nouvelle-Aquitaine et cofinancement européen).

Circuits courts : vers un accès facilité des producteurs franciliens au « deuxième Rungis »

Dans un communiqué du 5 juin, la chambre d’agriculture d’Île-de-France et la Semmaris (société gestionnaire du MIN de Rungis) annoncent la signature d’une « convention de coopération » visant à « structurer les circuits courts » dans le cadre d’Agoralim, le projet de « deuxième Rungis » au nord de Paris. Le partenariat comprend trois priorités : « faciliter l’accès des producteurs régionaux aux espaces marchands et aux outils de transformation d’Agoralim » ; développer des ateliers de transformation afin « soutenir la diversification des exploitations franciliennes » ; « structurer des débouchés commerciaux » via la contractualisation. La Semmaris s’engage à « mettre à disposition des agriculteurs des espaces clés au sein d'Agoralim », voire une « zone dédiée à la mise en relation producteurs-acheteur » (à l’étude), tout en apportant un « soutien logistique ». Quant à la chambre, elle assurera « le lien direct avec le terrain » (repérage des groupes d’agriculteurs, accompagnement technico-économique, animation de la contractualisation). Les travaux d’Agoralim doivent démarrer en 2027 à Goussainville (Val-d’Oise). Selon le communiqué, le projet a été « sélectionné par le président de la République parmi les sites stratégiques dits " Notre-Dame " », faisant l’objet d’une accélération des procédures administratives.