Agra Business | Agdatahub, Naturalia, Danone, Tereos/Lénéo

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Numérique: Agdatahub repris par un éditeur de logiciels français, pour le «pérenniser»

Placée en cessation de paiement le 14 novembre, la société AgDataHub (infrastructure de partage de données agricoles) a été reprise le 4 février par NetFrame (logiciels informatiques) en vue de la conforter dans son rôle historique, annonce cet éditeur de logiciel français spécialiste  du «cloud souverain» dans un message adressé à Agra presse et l'AFP le 21 février. Netframe «reprend les actifs techniques afin de pérenniser les infrastructures d'échange de données et surtout de développer un opérateur numérique au service des acteurs agricoles : des exploitations, des filières, des institutions, des coopératives et du Ministère de l'agriculture», peut-on lire dans le communiqué. Victime collatérale de la dissolution de l'Assemblée, AgDataHub avait été placée en redressement faute d'avoir pu recevoir à temps les engagements financiers de l'Etat, qui devait devenir actionnaire majoritaire. Agdatahub avait été créé en 2016 par l’Acta (instituts techniques) et l’APCA (chambres d’agriculture) sous le nom d’ApiAgro. La société devait animer le projet européen CEADS (data space agricole). «Nous espérons ainsi préserver le statut de Dataspace agricole de la France acquis par le Agdatahub, ainsi que son rôle d’authentification de l’agriculteur dans ses échanges de données, notamment avec les pouvoirs publics», indique l'équipe de Netframe.

Origine : Naturalia vise 80% de ses MDD portant l’étiquetage Origin’Info en 2026

L’enseigne spécialisée bio Naturalia (filiale de Monoprix) prévoit, qu’en 2026, 80% de ses produits alimentaires sous marque de distributeur (MDD) porteront l’étiquette Origin’Info. Selon un communiqué diffusé le 21 février à la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, Naturalia précise que cet étiquetage concernera 200 références l’année prochaine, sur un total de 220 références alimentaires sous MDD. « Le premier produit porteur du logo Origin’Info (la sauce tomate Naturalia) est visible en magasin depuis fin janvier 2025. Les autres devraient commencer à arriver courant mars 2025 en rayon », indique l’enseigne, surtout présente en région parisienne. A terme, son but est de généraliser l’étiquette Origin’Info à 100% de ses références sous MDD. Lancé en 2024 par l’Etat, l’étiquetage Origin’Info vise à indiquer la provenance des matières premières agricoles des principaux ingrédients d’un produit transformé. L’étiquetage n’est pas obligatoire et repose sur une démarche volontaire de l’industriel. Lors du lancement en mai 2024, 119 marques avaient adhéré à la démarche.

Emballages en plastique: Danone et des ONG annoncent un accord

Danone et des ONG qui lui reprochaient de ne pas respecter son devoir de vigilance en matière d'usage des plastiques ont annoncé le 21 février un accord prévoyant un renforcement des engagements du géant agroalimentaire et mettant fin à une procédure judiciaire. ClientEarth, Surfrider Foundation Europe et Zero Waste France, qui avaient assigné Danone «pour non-respect à leurs yeux du devoir de vigilance en matière de plastique», ont confirmé cet accord dans un communiqué distinct et salué «une avancée significative». Selon Danone, l'accord «s'appuie sur un enrichissement de ce plan (de vigilance), qui décrit désormais de manière plus approfondie les conséquences de l'utilisation des emballages plastiques et détaille l'ensemble des actions que Danone met en oeuvre dans ce domaine». L'entreprise a ainsi mentionné «la réduction, le réemploi, le recyclage et la récupération des emballages en plastique». L'assignation de janvier 2023 voulait initialement contraindre Danone à s'affranchir de sa dépendance au plastique, qui échoue souvent dans la nature, et à planifier une sortie de ces matériaux. Les ONG avaient lancé cette procédure sur la base d'une loi de 2017, sur le «devoir de vigilance», qui oblige les grandes entreprises françaises à s'assurer du respect des droits humains fondamentaux et de l'environnement jusque chez leurs fournisseurs du monde entier.

Betterave : Tereos s’associe à Lénéo pour produire du biométhane sur son site de Morains

La coopérative Tereos et Lénéo, start-up proposant des solutions innovantes dans le domaine des énergies vertes, annoncent, le 18 février, avoir signé un accord pour créer une unité de production de biométhane, de carburant et de produits décarbonés à Morains (Marne) sur le site de l’ancienne distillerie du groupe sucrier, fermée en mars 2023. La capacité de l’usine monterait à 200 GWh de gaz renouvelable par an. Cette énergie serait produite à partir de matières organiques locales et serait destinée aux acteurs du territoire, notamment le monde agricole : une tonne de résidus de cultures permettrait de produire, sous forme de biométhane ou de bioGNV, l’équivalent énergétique de près de 200 litres de diesel. Pour mener à bien ce process, Lénéo utilisera également de l’eau et des coproduits issus de l’activité de transformation de la betterave sucrière de Tereos et génèrera la production d’un amendement organique : du carbone stable sera ainsi restitué aux sols. Le projet, d’un montant de plus de 60 millions d’euros, devrait créer 35 emplois sur les volets agricole, logistique et industriel : sa mise en service est prévue à l’horizon 2028-2029. (Anne Gilet)

Ovosexage : les éleveurs de la CFA suspendent le blocage des livraisons

Dans un communiqué paru le 22 février, les producteurs d'œufs de la CFA (FNSEA) annoncé qu'ils «suspendent» leur blocage des livraisons certaines enseignes de distribution, qu'ils avaient lancé en représailles de l’annulation d’une conclusion d’accord sur le financement de l'ovosexage qui devait avoir lieu sous l’égide du ministère le 20 février. La raison de cette lévée: «l'engagement de la distribution d'une participation durable au financement de l'ovosexage». La veille la FCD et la FCA (distributeurs) avaient demandé au gouvernement de mettre en oeuvre l'accord interprofessionnel de financement «de principe» trouvé en novembre dernier, et appelé les éleveurs à lever le boycott. A quelques jours de l’échéance, prolongée jusqu’à la fin février, du précédent accord interprofessionnel, les distributeurs se déclaraient en faveur de la solution consistant, selon nos informations, à faire supporter une part du coût de l’ovosexage (20% selon le CNPO en novembre) sur les circuits de la restauration, ce coût étant jusqu’alors supporté uniquement par la GMS. La FCD et la FCA demandent au gouvernement de «valider juridiquement» l’accord de novembre alors que celui-ci avait émis des doutes en janvier 2025 sur ce plan. Le communiqué des distributeurs rappelait qu’avant cet accord, le collège de la distribution avait demandé au ministère de proposer une solution de financement, ce qu’il n’a pas obtenu.

Lait/négociations commerciales : «inquiétude grandissante» des éleveurs de la FNPL

Le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), Yohann Barbe, a fait part de «l’inquiétude grandissante» de son organisation alors que les négociations commerciales entrent dans leur phase finale (fin prévue le 1er mars). Lors d’un point presse à l’occasion du Salon de l'agriculture le 23 février, il a déploré l’attitude des centrales d’achat de la grande distribution qui souhaitent réduire l’offre de produits laitiers en rayons au détriment des produits issus des PME et porteurs d’AOP. Refusant que les producteurs et les consommateurs ne soient des variables d’ajustement, la FNPL demande «une négociation amont clôturée avant de négocier le tarif avec la grande distribution» et «des indicateurs de référence non discutables par les parties qui correspondent au mix produits des entreprises». Pour appuyer sa revendication, la FNPL pointe du doigt les charges toujours élevées pour les producteurs. Yohann Barbe indique que la tendance est d’ailleurs à une baisse des revenus des producteurs en 2024 par rapport à 2023, anticipant ainsi les données devant être dévoilées en mars par l’Idele.

Porc : Inaporc valide sa démarche de RSE «Demain, Le Porc» par un sondage

A travers une enquête CSA auprès de consommateurs en janvier 2025, l’interprofession du porc valide sa trajectoire de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) qu’elle avait présentée en juin 2024 sous l’intitulé «Demain, Le Porc». Ainsi, 92% d’un échantillon représentatif d’un millier d'adultes «déclare son soutien» à la démarche, d’après le compte rendu d’Inaporc remis à la presse le 20 février. La stratégie se compose d'objectifs d’amélioration du bien-être animal et de diminution de la production de gaz à effet de serre tout en maintenant une production nationale équivalente à la consommation. Plusieurs objectifs sont fixés à l’horizon 2035 : la couverture d’au moins 100% des besoins en viande (contre 98% en 2024 selon Inaporc), 50 % de produits porteurs du logo «Le Porc Français» en rayon, une truie sur deux élevée en bâtiment « liberté » (100% dans les nouvelles construction), des émissions de gaz à effet de serre et d’ammoniac réduites de 25%. La démarche comprend aussi la poursuite de la réduction des traitements antibiotiques et des teneurs en nitrites des charcuteries. 

Cognac et armagnac  : sanctionnées par la Chine, les filières en appellent à Bayrou

Les filières cognac et armagnac affirment perdre 50 M€ par mois depuis l'instauration à l'automne de sanctions antidumping par la Chine, l'un de leurs principaux marchés, et appellent François Bayrou à agir en urgence. Toutes les exportations européennes de brandys sont, depuis le 11 octobre, soumises à une caution bancaire par les douanes chinoises. Prises par Pékin en réponse à une procédure similaire de l'UE sur ses véhicules électriques, «ces mesures punitives ont déjà entraîné une baisse de 50% de nos expéditions chaque mois», avancent dans un communiqué commun les deux interprofessions. De plus, le cognac est «exclu» du circuit duty free en Chine. «Il faut absolument que le Premier ministre se déplace en Chine, comme le président de la République s'y est engagé», demande le BNIC. «C'est un dossier entièrement politique qui ne peut être résolu que politiquement». Des échanges directs ont eu lieu ces derniers mois avec l'Elysée et différents ministères, mais aucune porte de sortie ne semble se dessiner pour le moment. Le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui mène une politique commerciale agressive, à coups de taxes douanières, fait encore planer un peu plus d'incertitude sur le cognac et l'armagnac.