Etiquetage nutritionnel: Bruxelles n’envisage plus de généraliser le dispositif
Le volet alimentation est le parent pauvre de la Vision sur l’agriculture et l’alimentation présentée le 19 février par la Commission européenne. Quelques propositions émergent néanmoins du côté de l’étiquetage. Bruxelles s’engage à étendre «l’étiquetage du pays d’origine en fonction des spécificités sectorielles et des règles du marché unique». Et un dispositif volontaire sur le bien-être animal devrait aussi voir le jour une fois la révision du cadre réglementaire présentée (en 2026). Rien, par contre, sur l’étiquetage nutritionnel. Un dossier bien trop épineux. Alors qu’une proposition pour généraliser le Nutriscore (ou un système équivalent) a été envisagé ces dernières années, Bruxelles préfère finalement laisser le dossier entre les mains des pays au niveau national. L'exécutif européen devrait, par ailleurs, présenter une législation sur les marchés publics pour que «le prix le plus bas ne soit plus le seul critère» lors de l’achat de nourriture afin de récompenser les efforts de qualité et de durabilité des agriculteurs européens.
Méthane entérique: le Planet score choisit un indicateur alternatif, dans un usage contesté
Pour le calcul de ses notes environnementales, l’entreprise Planet-score a décidé d’intégrer le PRG*, un indicateur alternatif de comptabilité des émissions de méthane (voir notre enquête en 2021), dont l’usage est contesté, a fortiori pour orienter les consommateurs, a appris Agra presse auprès de sa directrice Sabine Bonnot, le 27 janvier. Le PRG* est réputé mieux tenir compte de la dynamique spécifique des GES à courte durée de vie, dont le méthane, mais son usage dans les scénarios d’émissions du Giec est débattu. «Il tend à réduire les effets climatiques liés à l’élevage de ruminants par rapport au PRG100», observe Arnaud Hélias, directeur d’unité à l’Inrae. «À condition que leurs émissions soient stables ou baissent», nuance Xavier Poux, agro-économiste et consultant pour l’Iddri. À l’inverse, le PRG100 favoriserait «les fabricants d’engrais de synthèse», ou « certains industriels de la biomasse », souligne-t-il. Au sein du Planet-score, des systèmes bovins peuvent être notés «A» ou «B». «Si le PRG100 avait été utilisé, la note aurait pu être "D" ou "E", même au sein de systèmes herbagers… », souligne Mme Bonnot. Co-auteur d'une note sur les enjeux de ces indicateurs, Christian Couturier, directeur du pôle énergie et déchets de Solagro, reconnaît que «les limites du PRG100 sont bien réelles, mais elles ne justifient pas son remplacement par un indicateur encore plus complexe». Selon lui, «il est essentiel d’utiliser le PRG* dans une comparaison de scénarios», et d’éviter «d’employer cette métrique de manière statique», comme ce serait le cas dans la notation de produits alimentaires.
Canard gras : Arterris va fermer sa conserverie de Piégut-Pluviers en Dordogne (presse)
La coopérative Arterris a annoncé la prochaine fermeture de sa conserverie de Piégut-Pluviers en Dordogne, qui produit notamment du foie gras et des confits de canard, selon la presse régionale. Elle n’a pu sauver ce site d’une quarantaine de salariés, très fragilisé par sa baisse d’activité de 2022 due à l’influenza aviaire, explique la direction. Le DRH adjoint Sébastien Trébuchon informe que le recours d’un cabinet spécialisé "de diversifications, d'adossement, de recherches de repreneurs" a été vain jusqu’alors. Toutefois la coopérative reste à l’écoute d’éventuelles nouvelles offres. Le maire Alain Marzat regrette également de ne pas avoir trouvé de repreneur pour la plus importante industrie de sa commune. Arterris avait acquis ce site en 2017, anciennement appelé CCA du Périgord, avec la Conserverie du Languedoc. Il en a conservé les marques respectives, les Bories du Périgord et La Belle Chaurienne. Le site produit des conserves de canard gras et des plats traditionnels régionaux.
Bien-être animal : plaintes de L214 contre Lidl France et deux élevages porcins
L'association animaliste L214 a porté plainte contre Lidl France et deux élevages porcins partenaires du distributeur, dénonçant avec de nouvelles images choc des cas de maltraitance animale et une «tromperie du consommateur», a-t-elle annoncé le 20 février. Les photos et vidéos enregistrées début février par L214 dans deux élevages, un dans la Sarthe et un dans le Finistère, montrent «des violations flagrantes de la réglementation, comme la coupe systématique des queues», interdite, précise l'association dans un communiqué. Ces deux élevages font pourtant partie d'un programme de Lidl France en faveur du bien-être animal dans la filière porcine, qui subventionne des exploitations respectant certains critères d'amélioration des conditions d'élevage. L214 a porté plainte pour «mauvais traitements commis par un professionnel» auprès des parquets du Mans et de Quimper. Les deux plaintes - envoyées mercredi et dont l'AFP a pu consulter une copie - ciblent également Lidl France pour «complicité de mauvais traitements envers animaux« et «pratiques commerciales trompeuses». Sollicité par l'AFP pour un commentaire au sujet de ces plaintes, Lidl France n'a pas réagi dans l'immédiat.
Coopératives: Oxyane va créer un pôle dédié à l'agrivoltaïsme et la méthanisation
Dans un contexte économique et climatique difficile, la collecte sur l’exercice 2023-2024 de la coopérative Oxyane a accusé une baisse de 5,5%, à 615 000 tonnes (dont près de 22 000 tonnes en bio), a-t-elle indiqué lors d'une conférence de presse le 18 février. «Malgré tout, Oxyane a su améliorer son résultat, en partie lié à nos activités de diversification, et contrairement à d’autres coopératives, nous avons choisi de maintenir notre collecte en bio», précise Jean-Yves Colomb, président d’Oxyane. Le groupe mise sur de nouveaux développements pour répondre au défi de la performance et de la compétitivité. Citons-en deux nouveaux: sur le volet de la transition énergétique, l’année verra la création d’un cinquième pôle, celui de l’énergie, par la création d’une filiale «Solasun » pour les projets d’agrivoltaïsme ou de méthanisation (quatre méthaniseurs et 40 centrales solaires à date). Un nouveau métier qui devient un «vrai relais de croissance, malgré le changement de législation brutal qui est très perturbant pour les entreprises», commente Georges Boixo, directeur général. Le groupe lance également MyOxyane officiellement ce mois-ci, une application digitale centralisée développée en interne, « qui permet aux adhérents d’accéder à toutes les données utiles de façon sécurisée ». (Florence Rabut)
Céréales : Mondelez veut accélérer la croissance de son blé Harmony via trois projets
Dans un communiqué paru le 20 février, le groupe Mondelez présente trois projets pilotes afin d’accélérer la croissance de la production européenne de blé biscuitier répondant aux critères de durabilité de sa charte Harmony Ambition 2030, lancée en 2023. En d’autres termes, il s’agit de fournir de nouveaux outils aux céréaliers adhérents à la charte. Le premier est le développement d’une plateforme digitale (intitulé Harmony Data Platform), «qui sera déployée progressivement à partir de 2025 dans les 1 100 exploitations agricoles des sept pays européens» concernés, à savoir la France, la Belgique, l’Espagne, la Hongrie, l’Italie, Pologne et République Tchèque. Il consistera à faciliter la saisie des données par les agriculteurs participant au programme Harmony. Le deuxième est un projet d’essai de nouvelles variétés (dénommé Soft Wheat Future), débuté en 2021 et qui s’achèvera en 2026. D’après le communiqué, il s’agit de tester des variétés moins exigeantes en intrants et plus résilientes aux aléas climatiques, afin de guider les producteurs dans leurs choix. Le troisième est l’usage de drones (projet Smart Aerial Mapping). Lancé en 2023, «Harmony prévoit de reconduire l’initiative en 2025 et d’évaluer le potentiel d’un déploiement du projet à plus grande échelle».
Céréales : Maïsadour lance un maïs «régénératif», 10000t attendues en 2025
Dans un communiqué paru le 20 février, le groupe coopératif Maïsadour, via sa filiale Vega, annonce le lancement de la production d'un maïs dit régénératif. Maïsadour vise une production de 10 000 t dès 2025. Le cahier des charges repose sur cinq piliers. Le premier comprend la couverture des sols, incluant l'usage de légumineuses. Le deuxième concerne l'optimisation de la fertilisation, incluant un usage moindre des engrais azotés. Le troisième repose sur une gestion plus exigeante de la ressource en eau, via l'utilisation «d’outils de pilotage de l’irrigation et de culture de variétés tolérantes au stress hydrique». Le quatrième concerne la protection des cultures, incluant, entre autres «les pratiques de désherbage alternatif» et le recours au biocontrôle. Le dernier s'appuie sur «l'utilisation de semences produites en agriculture régénératrice et localement par Mas Seeds», autre filiale de Maïsadour. Dans le détail, il s'agit d'une variété waxy (maïs dont l'amidon contient 100 % d'amylopectine, contre 70-75 % pour un maïs traditionnel, recherché par l'amidonnerie) et de classe A (charte démontrant une meilleure traçabilité et une meilleure qualité sanitaire des grains).
Céréales : le CIC revoit de nouveau à la baisse sa projection de production mondiale
Entre ses rapports du 16 janvier et du 20 février, le Conseil international des céréales (CIC) a de nouveau revu à la baisse sa projection de production mondiale de grains pour la campagne commerciale 2024-2025. Elle passe de 2 305 Mt à 2 301 Mt. L’an dernier, elle s’affichait à 2 309 Mt. Cette nouvelle révision à la baisse se justifie essentiellement par le maïs, dont la récolte globale est désormais attendue à 1 216 Mt, contre 1 219 Mt le mois antérieur. «Nous tablons sur une dégradation des perspectives de production en Amérique du Sud», peut-on lire dans le résumé du rapport. Autre changement notable: les perspectives de production de soja sont également revues à la baisse sur la même période, passant de 420 Mt à 418 Mt. Les stocks de fin de campagne décrochent mécaniquement du même ordre, à 82 Mt. Le CIC justifie ces changements par des récoltes moins bonnes qu’attendu en «Argentine et au Paraguay». Pour 2025-2026, l’organisation internationale table sur une légère croissance des surfaces de maïs et d’orge, sans toutefois donner de chiffre précis.
Fleurs/plantes : moins de produits hollandais importés par la France en 2024
Troisième marché derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, la France a importé moins de fleurs et de plantes originaires des Pays-Bas en 2024, souligne l’association néerlandaises des producteurs de fleurs et plantes (VGB) se fondant sur les statistiques de Floridata fin janvier. L’hexagone qui représente 10,5% des envois néerlandais, a réduit de 6% ses importations pour une facturation de 739 millions d’euros. Une situation qui détonne avec les autres pays européens où les Pays Bas exportent : +8,5% pour le Royaume-Uni, +9,9% pour l’Espagne, +18,6% pour la Pologne. La tendance semble se confirmer au début de cette année, Floradata indique un recul de 4% des importations françaises depuis janvier. Au global, les exportations néerlandaises de fleurs et de plantes en 2024 ont augmenté de 4% pour atteindre un chiffre d’affaires de 7,1 milliards d’euros. Celles de fleurs coupées ont cru en valeur de 7% (4,4 milliards d’euros) alors que celles des plantes sont restées stables à 2,6 milliards d’euros. En janvier 2025, la valeur des exportations s’élevait à 540 millions d’euros soulignant une croissance de 7 % par rapport à 2024. «Bien que les volumes soient en baisse et que les prix d'achat augmentent, la demande reste stable», explique Matthijs Mesken, directeur du VGB.
Tomates cerise : l'AOPn lance un emballage origine France commun à la filière
Dans un communiqué de presse le 20 février, les producteurs de tomates cerise français membres de l’AOPn Tomates et Concombres de France annoncent qu’ils vont proposer à la distribution un emballage de barquette 250g de tomates cerises mettant en avant fortement et uniquement l'origine France, et qui sera commun à toutes les entreprises de la filière. La démarche commence à partir de cette année, et dès le démarrage de la saison. Ce produit vise à permettre aux consommateurs d’identifier plus facilement l’offre de tomates cerises françaises en rayons. «Cette initiative s’inscrit dans un contexte où fournir une information claire et facilement identifiable aux consommateurs sur l’origine des produits est devenu un enjeu économique», explique l’AOPn dans son communiqué : les producteurs français sont en concurrence avec l’origine marocaine. «Si les tomates marocaines répondent aux besoins du marché français en période hivernale pendant laquelle il n’y a pas de production, elles font aujourd’hui de plus en plus concurrence aux productions françaises en période de production, notamment dans le pic estival», soulignait un récent rapport du CGAAER. L’AOPn Tomate et concombre de France compte 20 adhérents en OP et 2 producteurs indépendants.
Fruits et légumes: chiffre d'affaires stable pour Rougeline en 2024, projets d’ecoserres
En 2024, le chiffre d’affaires de l’Union de coopératives (UDC) Paysans de Rougeline est resté «parfaitement stable» par rapport à 2023, à 204 millions d’euros, tout comme les volumes arrêtés à 88 500 tonnes, est-il indiqué dans un communiqué de presse le 20 février. «Des valorisations moyennes sont au rendez-vous, mais les coûts de production n’ont jamais été aussi hauts» est-il expliqué. Pour la campagne 2025, le groupe table sur 77 500 tonnes de tomates (73 000 tonnes en 2023) avec 49% de tomates grappes, rondes et charnues et 51% de variétés dites de “diversification” (côtelées, allongées, tomates cerises, cocktail et des tomates de couleur). Second produit de l’UDC, la fraise devrait atteindre 4250 tonnes (3 400 tonnes), essentiellement en Gariguette (40%). En concombre, l’UDC devrait aligner 7 500 tonnes (5 100 tonnes) et 15 00 tonnes de légumes ratatouille (aubergine, courgette, mini-poivron, mini-aubergine) conte un millier de tonnes en 2023. Les Paysans de Rougeline demeurent confiants dans leur modèle agricole et annoncent porter actuellement des projets de construction d’écoserres qui représentent environ 50 hectares sur les 3 prochaines années (tomate, fraise, concombre, ratatouille, salade). Le groupe des Paysans de Rougeline compte 318 hectares de cultures abritées et environ 700 hectares de culture de plein champ.
Exportation : un nouvel outil pour profiter des meilleurs tarifs des accords commerciaux
La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris Ile-de-France, en tant que tête de réseau des CCI, met en service un outil numérique aidant les exportateurs à profiter meilleurs tarifs liés aux règles d’origine préférentielle dans le cadre des accords commerciaux de l’UE. Cet outil de certification nommé Genesis «peut être d’une grande aide pour le secteur agroalimentaire», affirme Myriame Ly, juriste de la CCI de Paris Ile-de-France. Il «permet de certifier l’auto-déclaration des exportateurs sur leurs documents commerciaux, dans le cadre de 44 accords commerciaux signés par l’UE et concernant plus de 78 destinations». Cette aide s’adresse notamment à des exportateurs non aguerris aux règles d’origine préférentielle. Elle vise aussi à renforcer la confiance dans les relations commerciales de ceux qui les maîtrisent. La juriste donne en exemple deux cas de difficultés pouvant nécessiter un accompagnement dans la déclaration d’origine : la Convention Paneuromed modernisée venant d’entrer en vigueur, et l’Accord UE-Chili modernisé, «qui oblige les opérateurs à rester vigilants quant aux changements juridiques».
Entreprises de travaux agricoles : encore un nouveau directeur général à la FNEDT
Selon un communiqué paru le 20 février, Erwan Charpentier est le nouveau directeur général de la FNEDT (entreprises de travaux agricoles). Il succède à Christian de Barrin, en poste depuis janvier 2024, qui avait lui-même pris la suite de Patrice Durand, en poste durant 18 ans. Erwan Charpentier, qui a officiellement pris ses fonctions le 17 février, remplissait auparavant la fonction de directeur adjoint. Il bénéficie «d’une expérience de plus de 25 ans en organisations professionnelles de l’agriculture et de la forêt», précise le communiqué. Le nouveau directeur général a par ailleurs «conduit de nombreuses actions de la FNEDT en faveur de la représentation et de la défense économique des entreprises du secteur», et travaillé sur des dossiers d’affaires sociales, d’emploi et de formation.