Agrafil du 14 août 2023

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Climat: températures mondiales «assez exceptionnelles» attendues dans les 12-18 mois

«Les prochains 12-18 mois devraient être assez exceptionnels en termes de températures», prévient Cathy Clerbaux, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l'observation de l'atmosphère par satellite, dans une note publiée le 10 août dans le média The Conversation. La raison: «un alignement de phénomènes locaux et globaux qui se combinent». D'abord, parce que les gaz à effets de serre ont continué de s'accumuler à un niveau qui «conduirait déjà à une augmentation moyenne de +1,5 °C s’il n’y avait pas les aérosols pour tempérer un peu (-0,3 °C)». Et le contenu total en aérosol est par ailleurs en diminution (véhicules moins polluants). Ensuite, l'activité solaire - qui suit un cycle principal de onze ans - «approche de son maximum», ce qui conduit à une augmentation de 0,1 °C. D'autre part, l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga en janvier 2022 contribuera «à réchauffer légèrement la surface terrestre», pour une période et selon une intensité «difficiles» à évaluer. Enfin, après trois années en régime La Niña «un évènement El Niño est en train de s’installer». Selon la chercheuse, l'augmentation de 1,5 °C en moyenne globale, soit la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris sur le climat, «pourrait être dépassée sans attendre 2030».

Climat: McKinsey identifie 28 mesures pour déployer la décarbonation de l’agriculture

Dans un rapport sur la «transition de l'agriculture» pour «un futur durable», le cabinet de conseil McKinsey identifie 28 mesures pour «décarboner» les exploitations afin de limiter la hausse des températures à 1,5 degrés d’ici 2050. Prises toutes ensemble, elles ont «un potentiel annuel de réduction des émissions d’environ 2,2 Gt eqCO2», indique le document publié le 27 juin. Ces mesures sont divisées en quatre grands secteurs: protéines animales, qui engagerait un effort de baisse de 23% de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), cultures (-36%), riz (-59%) et énergie (-15%). Elles sont accompagnées d’une courbe de coût marginal d’abattement (MACC) qui fait apparaître les mesures les plus coûteuses à déployer (méthanisation, sans labour, engrais à efficacité améliorée pour réduire émissions d’oxyde nitreux…) et les plus économiques (biosolutions, inhibiteurs d’azote, sélection génétique, adaptations de l’alimentation animale, machines électriques et à l’hydrogène). Pour faciliter l’utilisation de ces leviers, McKinsey estime que les investisseurs public et privés ont un rôle à jouer notamment dans les dispositifs incitatifs comme «les marchés du carbone et de la biodiversité», la «traçabilité de la chaîne de valeur» et le développement des innovations pour la décarbonation.  

Soulèvements de la terre: le Conseil d’Etat suspend la dissolution du mouvement

Le Conseil d’Etat a suspendu provisoirement, le 11 août, la dissolution ces Soulèvements de la Terre actée par un décret du 21 juin. Dans son ordonnance, la haute juridiction donne ainsi raison au collectif et autres associations, partis politiques et particuliers requérants, entendus lors d’une audience de référé suspension le 8 août. Le Conseil d’Etat a estimé que les deux conditions nécessaires à la suspension du décret –caractère urgent et doute sérieux sur la légalité de la mise en cause– étaient remplies. Sur le caractère urgent, les juges indiquent que «la liberté d’association» des Soulèvements de la terre est «atteinte» alors même que le ministère de l’Intérieur «n’apporte pas (…) d’éléments suffisants» pour justifier que «la protection de l’ordre public» est menacée. Sur la légalité de la mise en cause, les juges estiment que la place Beauvau ne démontre pas que le mouvement «cautionne» la violence à l’égard des personnes. Quant aux violences à l’égard des biens, elles ont été commises «en nombre limité» et présentent un «caractère circonscrit». Le sort définitif des Soulèvements de la terre sera décidé à l’issue d’un recours au fond, dont l’audience «devrait pouvoir intervenir rapidement, vraisemblablement à l’automne» a précisé le Conseil d’Etat dans un communiqué.

Soulèvements de la terre: la FNSEA veut «voir cesser les violences»

La FNSEA veut voir «cesser les violences et les dégradations» sur les exploitations, a déclaré le 11 août son président, quelques heures avant que le Conseil d'Etat ne suspende la dissolution prononcée par le gouvernement. Cette procédure de dissolution avait été engagée le 28 mars, quelques jours après les violents affrontements entre gendarmes et opposants aux retenues d'eau destinées à l'irrigation agricole de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), dont l'exécutif avait imputé la responsabilité au mouvement. «La décision du Conseil d'Etat lui appartient (...). Pour nous ce qui compte c'est de voir cesser les violences et les dégradations qui ont lieu sur nos exploitations», a déclaré le 11 août au matin sur Europe 1 le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. «Ce genre d'actions, ça crée inutilement de la tension, ça donne parfois dans certains endroits l'envie de se faire justice soi-même. Ce qu'on ne souhaite pas, absolument pas», a-t-il poursuivi. «On fait en sorte que la pression ne monte pas (...) que les réponses soient apportées» par le gouvernement «pour que cette pression ne monte pas», a conclu M. Rousseau.

Céréales: vers un léger recul de la production mondiale de blé en 2023-2024 (USDA)

La production mondiale de blé devrait être moins abondante pour la campagne 2023-2024 du fait d'un repli de la production au Canada et en Europe, légèrement compensé par davantage de production en Ukraine, selon des estimations publiées le 12 août par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans son rapport mensuel "Wasde". L'offre mondiale de blé va reculer marginalement de près de 3 millions de tonnes à 793,37 millions alors que l'Union européenne devrait voir ses récoltes diminuer de 3 millions de tonnes à 135 millions de tonnes, du fait d'un déclin en Espagne, en Lithanie et en Roumanie. Le Canada va également afficher une réduction de 2 millions de tonnes du fait de la sécheresse, estime le rapport Wasde. L'Ukraine devrait produire 3,5 millions de tonnes de plus que lors de la campagne précédente, selon l'USDA, avec une production de 21 millions de tonnes. Mais du fait de l'expiration de l'accord de passage avec la Russie dans la mer Noire, le montant de ses exportations est estimé inchangé à 10,50 millions de tonnes. La production de blé des États-Unis est vue en léger repli à 47,20 millions de tonnes et ses exportations également à 19,05 millions.

Céréales: tirs de sommation russes sur un navire ukrainien, qui a pu poursuivre sa route

Un navire de guerre russe a procédé à des tirs de sommation sur un cargo qui se dirigeait vers le port d'Izmaïl dans le sud de l'Ukraine, a annoncé le 13 août le ministère russe de la Défense. «Afin de forcer le bateau à s'arrêter, des tirs de sommation ont été effectués avec des armes automatiques légères depuis un navire de guerre russe», a indiqué le ministère sur Telegram. Selon Moscou, le capitaine de ce navire battant le pavillon de Palaos, le Sukru Okan, n'avait pas réagi à un ordre de s'arrêter pour «une inspection concernant le transport de marchandises interdites». Un hélicoptère avec des militaires russes à son bord a ensuite décollé pour inspecter le navire, qui a été autorisé à poursuivre sa route vers le port ukrainien, selon la même source.  Mi-juillet, Moscou avait mis fin à l'accord qui permettait aux céréales ukrainiennes, depuis l'été dernier, de quitter les ports du sud du pays malgré le blocus mis en place par la Russie. Quelques jours plus tard, le 19 juillet, Moscou avait averti que tout navire se rendant vers les ports ukrainiens ou les quittant seraient considérés comme une cible potentielle. Kiev avait réagi le lendemain en affirmant la réciproque pour les navires russes.