Agrafil du 12 mai 2025

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Eau : François Bayrou lance des « conférences territoriales », de juin à octobre

Des « conférences territoriales sur l’eau » se dérouleront de juin à octobre, ont annoncé les services du Premier ministre, le 7 mai dans un communiqué. Elles visent à « créer des espaces de dialogue entre l’ensemble des usagers de l’eau », décrit François Bayrou dans sa circulaire du 2 mai aux préfets coordonnateurs de bassin, préfets de région et préfets de département, et à « identifier les leviers pour une meilleure gestion » de cette ressource « au regard des enjeux sanitaires, économiques et d’adaptation au changement climatique ». Le comité de pilotage, présidé par la ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher, préparera les travaux qui auront notamment pour thèmes : « prévenir et résoudre les conflits d'usages avec une anticipation des tensions qui vont augmenter » ; réduire les pollutions « en passant d'une logique curative à une démarche préventive dans les suites du lancement de la feuille de route captage » ; la « gouvernance de la gestion de l'eau » ; financer la politique de l’eau « en réaffirmant les principes essentiels (pollueur-payeur/ solidarité de bassin) » ; gérer et anticiper les risques (sécheresse, inondation) ou encore « mobiliser le grand public ». Pour rappel, en janvier, Bayrou a repris une annonce de son prédécesseur Michel Barnier, en proposant une conférence nationale sur l’eau déclinée dans les régions. 

Pesticides: le HRI1 et le Nodu en légère baisse, respectivement sur 2022 et 2023

Le ministère de l'Agriculture a publié, le 7 mai, une mise à jour des indicateurs de suivi du plan Ecophyto, dont les deux principaux sont en légère baisse sur leurs dernières années de comptage respectives. Sur l'année 2022, (2023 sera disponible en juillet-août), le nouvel indicateur de suivi du plan, le HRI-1 (volumes/risques santé) est en légère baisse (-2pts). Il est en baisse par rapport à 2011, et en stagnation depuis quatre ans (voir graphique), après avoir chuté de 45 points en 2019. Quant à l'ancien indicateur, le Nodu agricole (doses/ha), il est en baisse de 5% sur l'année 2023. Il suit aussi une courbe de stagnation depuis 2020, (voir graphique) après avoir chuté en 2019, mais reste en hausse par rapport à 2009. En volume, les quantités de substances activités vendues sont en légère (-3%) baisse sur 2022, suivant une tendance de stabilité depuis 2020. En revanche, les ventes de glyphosate augmentent en 2023, après une dynamique de baisse (-32%) sur la période 2020-2022, liée notamment à la menace d'interdiction, et des restrictions réglementaires (interdiction si labour en grandes cultures par exemple). Enfin les ventes de substances classées CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) sont en baisse (-9%) sur l'année 2023, qui suit une tendance à baisse depuis 2009.

Pesticides: les résultats de l'étude sur l'amélioration des indicateurs présentés mardi

A l'occasion d'un comité de suivi du plan Ecophyto (COS) le 13 mai, le pdg de l'Inrae, Philippe Mauguin devrait présenter les résultats de l'étude commandée par le gouvernement en vue d'«améliorer» l’indicateur HRI 1, choisi l'an passé pour être l’indicateur du plan Ecophyto 2030, en lieu et place du Nodu. Lors d'une conférence de presse le 9 mai, le gouvernement a indiqué qu'un indicateur serait notamment présenté pour évaluer l'effet des pesticides sur la biodiversité. Pour justifier le changement d’indicateur, Marc Fesneau avait souligné que le Nodu (nombre de doses unités) n’était pas un indicateur européen, et qu’il ne prenait en compte que « l’usage » des produits, et non pas leur « impact » sur la santé ou l’environnement. Dans un texte de décryptage, le comité scientifique et technique (CST) du plan Ecophyto rappelait que le calcul d’une « dose unité » était élaboré non seulement sur « la base de l’efficacité » du produit, mais aussi « de la toxicité et écotoxicité ». Et ils proposaient d’en simplifier le calcul pour le rendre calculable à l’échelle européenne. Quant aux biais du HRI 1, ils sont connus : risque trop important associé, à « nocivité » égale, aux produits interdits par rapport à des produits sur la sellette ; groupes de risque trop larges, associant notamment un trop fort risque à certains produits utilisés en bio par rapport à des produits conventionnels.

Acétamipride: Phytéis attaque l'interdiction, audience au Conseil d'Etat ce mercredi

Alors que les députés de la commission des affaires économiques statueront, les 13 et 14 mai, sur la réautorisation de l'acétamipride proposée par la proposition de loi Entraves, le Conseil d'Etat tiendra quant à lui une audience le 14 mai, pour examiner la demande des fabricants français de pesticides de Phytéis (ex-UIPP) de faire annuler le décret de 2020 interdisant cette molécule, ainsi que le sulfoxaflor et la flupyradifurone. Phytéis avait déjà attaqué, en vain, l'interdiction de l'acétamipride en 2021. Autorisée au niveau européen et interdite en France, cette molécule est demandée par plusieurs filières (noisette, pomme, betterave), mais soupçonnée d'effets neurotoxiques, et décriée par d'autres filières (apiculture), et les ONG environnementales, pour ses effets sur la biodiversité, en particulier sur les pollinisateurs. En septembre, les limites de résidus avaient été revues à la baisse pour l'acétamipride, au vu de nouvelles données de l'Efsa. Lors de l'examen pour avis de sa réautorisation par la commission du développement durable, le 7 mai, les députés ont proposé de rayer cette mesure, avec l'assentiment de la rapporteure Ensemble pour la République, Sandrine Le Feur, de plusieurs députés Modem (Lecamp, Ott), et au moins un député LR (Vermorel-Marques) et Horizons (Violland). Il s'agit d'une petite surprise, alors que le président du groupe Modem, Marc Fesneau, s'était dit favorable à une réautorisation dérogatoire.

PPL Entraves: FNSEA et JA crient à la «trahison» et préparent des actions syndicales

A l'issue de l'examen de la proposition de loi Entraves par les députés de la commission du développement durable, qui ont rayé plusieurs mesures phares (Anses, acétamipride, zones humides, ICPE...), la FNSEA et les JA ont fait part, dans un communiqué le 7 mai, de leur «déception», et promis que «leur réaction sera à la hauteur de cette trahison». Les deux syndicats «appellent immédiatement leurs réseaux à se mobiliser pour aller à la rencontre de l’ensemble des députés pour les convaincre de revenir à la raison», et «se préparent dès à présent à des actions syndicales pour faire respecter les engagements». La commission du développement durable était saisie au fond sur deux articles seulement, ceux qui concernent le rôle des préfets auprès des agents de l'OFB, la définition des zones humides, et l'encadrement des projets de stockage d'eau, contenant des mesures portées par la FNSEA et les JA, qui ont été supprimées par les députés. La commission des affaires économiques examinera le reste du texte à partir du 13 mai ; l'issue semble compromise pour le modification de la gouvernance de l'Anses, la réautorisation de l'acétamipride, qui ont été rayées, pour avis, en commission développement durable, avec l'assentiment du Modem et de la rapporteure Renaissance. Quant à l'assouplissement des ICPE, son issue est très incertaine.

Etats-Unis/Royaume-Uni: les détails de l’accord commercial de principe

Fumée blanche entre Washington et Londres après l’annonce, le 8 mai, par le président Donald Trump d’un accord commercial de principe entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Il s’agit du premier accord conclu par la Maison Blanche depuis la mise en place de la politique protectionniste. Dans le détail, les Britanniques s’engagent à supprimer le droit de douane de 20% auquel sont soumises les exportations américaines de bœuf dans le cadre du contingent actuel. A cela s’ajoute la création d’un contingent préférentiel en franchise de droits de 13.000 tonnes pour le bœuf américain. En échange, Washington s’engage à mettre en place un contingent tarifaire réciproque de 13.000 t pour la viande bovine britannique. En outre, le texte de l’accord indique que le Royaume-Uni va ouvrir un contingent tarifaire préférentiel en franchise de droits de 1,4 milliard de litres pour l'éthanol américain. Par ailleurs, les deux parties s’engagent à «travailler de manière constructive afin d'améliorer l'accès aux marchés agricoles». Au niveau sanitaire, les normes SPS du pays importateur ou à «d'autres normes convenues d'un commun accord » doivent être respectées, ce qui semble fermer la porte au bœuf aux hormones et au poulet chloré au Royaume-Uni.

Céréales/climat : un effet sur les rendements de 4 à 13% depuis un demi-siècle (étude)

Des chercheurs de Stanford ont publié une étude le 5 mai dans la revue PNAS, qui se penche sur les effets du changement climatique sur les conditions de croissance de cinq grandes cultures, sur les 50 dernières années dans le monde. « Nous estimons que les tendances climatiques ont entraîné une baisse des rendements mondiaux actuels du blé, du maïs et de l’orge de 10%, 4% et 13% par rapport à ce qu’ils auraient été autrement », écrivent les chercheurs dans une synthèse. Ainsi, sur la période, « ces pertes ont probablement dépassé les bénéfices des augmentations de CO2 », comme la stimulation de la photosynthèse, « alors que les bénéfices du CO2 ont probablement dépassé les pertes liées au climat pour le soja et le riz ». Si les auteurs soulignent l’efficacité des modèles climatiques, ils pointent deux « surprises » : les modèles « surestiment substantiellement la chaleur et l’assèchement expérimentés par les cultures d’été en Amérique du Nord », notamment dans le Midwest américain, et ils « sous-estiment » l’assèchement dans « la plupart des régions tempérées », comme l’Europe et la Chine. Interrogé par le site de Stanford, l’auteur principal David Lobell rappelle que 5% de baisse de rendement, « c’est suffisant pour transformer les marchés ». « Nous parlons de quantités de nourriture suffisantes pour des centaines de millions de personnes. » 

Faim dans le monde : le PAM alerte sur une «aggravation» en Afrique de l'Ouest et centrale

Le Programme alimentaire mondial (PAM) «tire la sonnette d'alarme» sur «l'aggravation de la faim en Afrique de l'Ouest et centrale alors que les besoins atteignent des niveaux records», indique un communiqué publié le 11 mai. Selon l'agence humanitaire des Nations unies, plus de 36 millions de personnes «peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires». Un chiffre qui pourrait atteindre 52 millions de personnes cet été pendant la période de soudure, entre deux récoltes, «dont près de trois millions en situation d'urgence», selon le PAM. «Les conflits persistants, les déplacements de population, la détérioration de la situation économique, ainsi que les conditions météorologiques extrêmes récurrentes en Afrique de l'Ouest et centrale, poussent des millions de personnes vers des niveaux d'urgence de la faim», indique le document. L'agence des Nations unies avait évoqué fin mars une «crise sans précédent» due à la baisse de 40% de ses financements pour l'année 2025. Outre l'arrêt des programmes d'aide sous l'égide de l'Agence américaine de développement (USAID) décidé par Donald Trump lors de son retour à la Maison Blanche, plusieurs pays occidentaux ont taillé dans leurs dépenses en la matière.

Elections municipales 2026 : appel à projets de la fondation Carasso pour l'alimentation «durable»

La fondation Daniel et Nina Carasso (liée à la famille du fondateur de Danone) annonce dans un communiqué le 28 avril le lancement d'un appel à projets pour faire des systèmes alimentaires «durables» un thème des élections municipales de mars 2026. Dans sa note de cadrage, la fondation annonce qu’une enveloppe de 200 000 euros servira à financer 2 à 6 projets à compter de 30 000 euros. Elle souhaite qu’entre juillet 2025 et mars 2026 les listes candidates de toutes couleurs politiques soient au fait des enjeux de la «transition agroécologique et alimentaire», qu’elles s’engagent publiquement et proposent des réponses concrètes aux « nombreux impacts négatifs des systèmes agricoles et alimentaires », selon le communiqué. Elle souhaite aussi doter des futurs élus de leviers d’action. L’appel à projets s’ouvre en premier lieu aux associations d’intérêt général jusqu’au 4 juin. La fondation Carasso considère que les élus municipaux ont un rôle déterminant dans la transition agroécologique et que l’échelon communal est efficace. Un constat issu du programme Tetraa (Transition agroécologique et alimentaire) qu’elle a financé dans 9 territoires pendant 5 ans. 

Événementiel/élevage : création d’un pôle Santé à Tech-Ovin, confié à GDS France

Le salon Tech-Ovin a confié au réseau GDS France (groupements de défense sanitaire) « l'organisation et la coordination » d’un pôle Santé qui sera proposé pour la première fois lors de sa prochaine édition, les 3 et 4 septembre à Bellac (Haute-Vienne), apprend-on sur LinkedIn. Les deux organisations ont signé leur convention de partenariat le 17 avril à Nancy, durant le congrès de GDS France. Ce nouvel espace vise notamment à « rassembler les acteurs de la santé des ovins » et à « sensibiliser » les visiteurs du premier salon ovin de France. Les GDS y organiseront « des mini-conférences sur des sujets clés comme la biosécurité, la fièvre catarrhale ovine (FCO, NDLR) ou encore la gestion du parasitisme ». « La santé animale est un enjeu clé pour la filière ovine », rappelle GDS France dans son message sur LinkedIn. Le secteur souffre actuellement des conséquences de la FCO, qui a provoqué une forte mortalité chez les reproducteurs et un effondrement de la production d’agneaux en début d’année. Parmi les autres nouveautés, l’édition 2025 de Tech-Ovin – qui se tient tous les deux ans – proposera un « village connecté » dédié aux nouvelles technologies, ainsi qu’un pôle Travail, où seront présentées « des solutions astucieuses permettant aux éleveurs de faciliter leur quotidien ».