Bruxelles refléchit à un système de crédits "nature" pour rémunérer les agriculteurs
La Commission européenne travaille sur la mise en place d’un dispositif de crédit « nature » afin de rémunérer les communautés locales ou les agriculteurs fournisseurs de services écosystémiques, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d’un discours à la conférence DLD nature à Munich le 13 septembre. «Nous savons que c'est possible, avec les normes appropriées, comme nous l'avons déjà fait avec le marché du carbone», a-t-elle assuré. Des travaux sont en cours au niveau des Nations unies pour définir une norme mondiale de ces crédits et «nous travaillons activement avec les États membres à l'élaboration des premiers projets pilotes à l'appui de ce processus», a indique la présidente de la Commission européenne. Selon elle, «une compagnie des eaux, pour qui l'état de santé d'une source est crucial ou une société horticole, pour qui le travail des pollinisateurs est essentiel pourraient recourir à ces crédits nature». Dans leurs conclusions rendues récemment, les parties prenantes du Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture de l’UE recommandent la création d’un fonds de restauration de la nature financé en dehors de la Pac par de l’argent public mais aussi privé.
Pac : feu vert de Bruxelles à des avances plus élevées pour certains fonds
La Commission européenne a annoncé, le 13 septembre, avoir autorisé les Etats membres à verser à leurs agriculteurs des avances plus élevées pour certains fonds de la Pac, dérogeant ainsi pour l'année 2024 à plusieurs règlements de l’UE. Concrètement, Bruxelles précise que «les agriculteurs pourront recevoir jusqu’à 70% de leurs paiements directs à l’avance à partir du 16 octobre», alors que cette part est fixée à 50% actuellement. En outre, les nouvelles dérogations prévoient une augmentation jusqu’à 85% des avances pour les interventions basées sur les surfaces et les animaux dans le cadre du développement rural, en lieu et place des 75% en temps normal. Pour l’exécutif européen, ces mesures doivent permettre d’aider les agriculteurs à faire face à leurs problèmes de liquidités en raison des évènements météorologiques extrêmes, des conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie ou des conflits au Moyen-Orient. Ces deux règlements d’exécution ont été publiés le 12 septembre au Journal officiel de l’UE et entrent en vigueur trois jours après.
Nutrition/santé: le Royaume-Uni va restreindre la publicité sur internet et à la télévision
Le Royaume-Uni va interdire la publicité pour la malbouffe sur internet et à la télévision en journée afin de lutter contre l'obésité infantile, dans un pays où l'intervention de l'Etat sur ces sujets est souvent critiquée comme une intrusion dans la vie privée. L'introduction de cette mesure, qui faisait partie du programme du Labour pour l'élection qui a porté Keir Starmer au pouvoir en juillet, est prévue au 1er octobre 2025, a confirmé le gouvernement jeudi. Cette annonce intervient après que le Premier ministre Keir Starmer a annoncé jeudi vouloir réformer le système public de santé, en grave crise, notamment en mettant davantage l'accent sur la prévention. Concrètement, le gouvernement prévoit d'interdire la publicité pour des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés avant 21H00 à la télévision et totalement en ligne. Portées par les conservateurs sous Boris Johnson, ces restrictions sur la publicité pour la malbouffe avaient été reportées pour laisser plus de temps aux industriels du secteur pour s'adapter. Le gouvernement travailliste prévoit d'autres mesures visant à renforcer la prévention en matière de santé, comme l'interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Élections chambres: 11% d'élus en place concernés par la séparation vente/conseil
D'après les estimations de Chambres d'agriculture France, 11% des élus en place dans les chambres d'agriculture sont potentiellement concernés par les règles émanant de la séparation de la vente et du conseil des pesticides qui excluront du bureau, à l'issue du prochain scrutin de janvier 2025, les élus de chambre départementale ayant par ailleurs des responsabilités dans des coopératives. Ce chiffre concerne l'ensemble des élus de chambres départementales et pas seulement les membres actuels des bureaux; il peut atteindre 25% dans certains départements. À l'occasion d'une conférence de presse le 11 septembre, le président de Chambres d'agriculture France, Sébastien Windsor, a indiqué qu'il sera encore temps pour le nouveau ministre de l'Agriculture, d'ici le scrutin de janvier, de revenir sur ces règles. Une dérogation pourrait, selon les chambres, être décidée jusque début 2025, avant que ne soient proclamés les résultats et constitués les bureaux. Selon une source professionnelle, la DGAL (ministère de l'Agriculture) estime que seule la voie législative permettrait d'y parvenir; la voie réglementaire ne suffirait pas. «Ce serait dommage qu'ils restent exclus, car la présence des coopératives, qui disposent d'un collège dédié, est importante pour accompagner les stratégies d'adaptation face au changement climatique, a plaidé Sébastien Windsor. C'est important que nous portions les mêmes messages avec les coopératives, par exemple sur les nouvelles cultures.»
Ovins/FCO: près de 2000 foyers de FCO-3 en France, triplement en sept jours
Le nombre de foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) a presque triplé en France en l'espace d'une semaine, avec 1929 foyers confirmés au 12 septembre dans 22 départements, essentiellement dans le quart nord-est du pays, a annoncé le ministère de l'Agriculture le 13 septembre. La maladie a gagné deux nouveaux départements: l’Eure-et-Loir et le Loiret. Lors du précédent bilan au 6 septembre, 712 foyers avaient été comptabilisés. La FCO-3 est apparue à l’automne 2023 aux Pays-Bas. Depuis sa première détection en France début août, dans le nord de l'Hexagone, cette maladie virale transmise par les moucherons de la famille des Culicoïdes se propage rapidement. Par ailleurs, au Sud, les éleveurs font face à une nouvelle souche plus virulente d’un autre sérotype de la FCO (n°8), avec d’importants dégâts en élevages. Pour empêcher l’extension du sérotype 3 (exotique), les pouvoirs publics ont lancé le 12 août une campagne de vaccination volontaire dans le nord du pays, avec prise en charge des doses. Une seconde commande a été annoncée le 30 août, de 5,3 millions de doses, en plus des 6,4 millions déjà commandées. En revanche, contre le sérotype 8 (endémique), les vaccins sont à la charge des éleveurs, et certains d’entre eux sont en rupture.
Ovins: la FCO nécessitera «des dizaines de millions d’euros» d’indemnisations (FNSEA)
Les indemnisations des pertes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) devraient totaliser «plusieurs dizaines de millions d’euros», a estimé le président de la FNSEA Arnaud Rousseau lors du congrès de la FNO (éleveurs d’ovins) le 13 septembre. «Rien qu’en ovins, on peut atteindre rapidement 100 à 150 M€ pour la France, à raison de 300 € par brebis» (pertes directes et indirectes), a-t-il complété. M. Rousseau a appelé à intégrer «rapidement» un «chapitre indemnisations» de loi de finances (PLF) pour 2025, pour l’ensemble des crises sanitaires en cours dans le projet, tout en rappelant sa «crainte» que les discussions budgétaires ne s’achèvent pas dans les temps. De son côté, la présidente de la FNO Michèle Boudoin a indiqué que le poids collecté par les équarrisseurs dans les Pyrénées-Orientales a augmenté de 880% en un an sur la période estivale (juillet-aout), en raison de la FCO-8. Une hausse qui a atteint 404% pour l‘Ariège, ou encore 90% pour le Puy-de-Dôme, où elle est installée. Avant l’indemnisation des pertes, «la première urgence est de disposer des vaccins», a martelé Emmanuel Fontaine, membre du bureau de la FNO. Le syndicat demande l’extension à toute la France de la zone de vaccination contre la FCO-3, ainsi qu’un «appui très fort pour un vaccin FCO-8 disponible et le moins onéreux possible».
Ovins: en congrès, la FNO demande un «plan Marshall» pour relancer la production
Réunie en congrès à Troyes (Aube) le 13 septembre, en l’absence de Marc Fesneau, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) a réclamé un «plan Marshall» pour relancer la production ovine. Le but: faire remonter, d’ici cinq ans, la production de viande d’agneau pour couvrir 55% de la consommation française, contre 47% aujourd’hui. Le syndicat compte aussi réduire les émissions de GES de 12% (en ligne avec le programme Life Green Sheep) et maintenir le taux d’auto-approvisionnement en lait de brebis. Pour y parvenir, la FNO veut notamment renforcer la formation et le conseil, afin d’améliorer la productivité des élevages ou encore les conditions de travail. Ce qui passerait par un «pack d’accompagnement technique» co-construit avec les éleveurs, financé dans un premier temps par les pouvoirs publics, avant que les producteurs ne le reprennent à leur charge. Côté conjoncture, la collecte de lait de brebis a reculé de 3% cette année (octobre-juin), à moins de 290 Ml. Quant à la production de viande ovine, elle a chuté de 5% en un an (janvier-juillet), à 45 000 téc. Bien qu’ils touchent des prix records pour leurs agneaux (9,18 €/kg en moyenne depuis début 2024), les producteurs ovins restent ceux qui gagnent le moins bien leur vie au sein de la ferme France (moins de 20 000 € de RCAI/ETP non salarié en 2022).
Céréales bio: Lons-le-Saunier développe une filière blé dur en zone de captage
Lancée il y a deux ans par l’agglomération de Lons-le-Saunier (Jura), l’expérimentation d’une filière blé dur biologique en aire d’alimentation de captage connaît «un véritable engouement», s’est félicitée la chargée de mission eau Bérangère Thill, au Carrefour des gestions durables de l’eau à Dijon le 11 septembre. «On passe de 2ha de test (…) a 12ha prévus l’an prochain», a-t-elle déclaré. Les quatre agriculteurs engagés cette année ont été payés «500€ la tonne de blé dur livrée au moulin», après un travail de «coconstruction» de grille tarifaire. «Le but, c’est vraiment de développer l’agriculture biologique pour répondre à l’enjeu eau potable, mais c’est aussi pour assurer un prix rémunérateur au producteur», a souligné la chargée de mission. Dans l’expérimentation actuelle, les agriculteurs vendent leur blé dur à une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui paye un moulin pour en tirer farine, son et semoule. Un deuxième moulin-pastier rachète la semoule, qu’il transforme en pâtes et vend au restaurant municipal (5000 repas/jour). Le son est destiné à l’alimentation animale, et la farine «non panifiable» est en quête de débouchés en restauration collective, a-t-elle précisé.
Maïs: la production revue en hausse aux Etats-Unis, en baisse en UE et Russie (USDA)
Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu le 12 septembre en hausse son estimation pour la récolte de maïs aux Etats-Unis, grâce à de meilleurs rendements, une hausse plus que compensée par la contraction d'autres grands pays producteurs. L'USDA table désormais sur 385,7 millions de tonnes de grain jaune pour la campagne américaine 2024-25, soit un million de plus qu'annoncé initialement, selon le rapport mensuel WASDE. «Cela a surpris le marché», a commenté Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtages, car le manque de précipitations dans certaines grandes régions de production américaines ces dernières semaines avait alerté les opérateurs. Le prix du contrat sur le maïs le plus échangé à la Bourse de Chicago, pour livraison en décembre, est tombé dans le rouge après la publication du rapport. Vers 17H10 GMT, il reculait de 0,80%. La hausse attendue de la récolte américaine de maïs devrait être plus que compensée, selon l'USDA, par des productions moindres en Union européenne (-1,5 million de tonnes) et en Russie (-600.000 tonnes), affectées par des conditions météorologiques défavorables. De l'avis général, les nouveaux chiffres de récolte américaine de maïs ont constitué le seul élément inattendu du rapport WASDE.
Coriandre bio: la Draaf d'Occitanie évoque des «adaptations mineures» de l'aide
«Qu'on arrête de faire passer les agriculteurs pour des voyous, il y a un règlement, quelqu'un l'a élaboré», a déclaré à l'AFP Bernard Malabirade, président de la chambre d'agriculture du Gers, après qu'une aide généreuse à la production de coriandre bio a conduit des agriculteurs occitans, principalement dans le Gers, à en semer à foison, poussant l'Etat à plafonner l'enveloppe financière dédiée par un arrêté le 19 août. «C'est l'Etat qui faillit à sa parole, qui remet la règle en cause en cours de campagne, c'est inadmissible», tempête M. Malabirade. Mais du côté de la Draaf, le directeur Olivier Rousset souligne: «Les aides à la conversion bio, ce sont deux éléments: un montant à l'hectare par culture et un mécanisme de plafonnement». «Quand on regarde toutes les demandes d'aide de conversion, on observe si on est dans l'enveloppe ou pas: si on n'y est pas, on plafonne», explique-t-il. Et ce plafonnement était bien prévu dans un précédent arrêté, dès le mois de mars, fait-il valoir. Alors que les syndicats continuent de réclamer le paiement effectif des aides et que les chambres envisagent des recours en justice contre l'arrêté d'août, M. Rousset n'évoque la possibilité que d'«adaptations mineures». «Cela ne pourra être que très limité du fait de la contrainte budgétaire», prévient-il.
Légumes : le centre d’expérimentation Vegenov pousse les murs en Bretagne
Vegenov, centre de ressources technologiques spécialiste du végétal, a inauguré, le 10 septembre dernier, sa nouvelle serre de recherche à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Le nouvel aménagement comprend 900 m² d'espaces de culture (six compartiments de 150 m² chacun) et un hall technique de 450 m². Disposant déjà de 600 m² de culture, Vegenov porte désormais à 1500 m² ses capacités. Cet investissement de 2,2 millions d'euros a été soutenu par des fonds européens, régionaux et départementaux. Créé en 1989, à la suite d’une initiative de la filière légumes frais bretonne (Cerafel / Prince de Bretagne, OBS), Vegenov propose aux producteurs, biotechnologies, tests de phénotypage, caractérisation de la qualité sensorielle ou nutritionnelle des variétés. Il travaille aussi à l’évaluation des produits de biocontrôle. Ainsi, en juin dernier, à l’occasion du Plant BioProTech 2024 en Espagne, le centre a présenté les résultats du projet Protect+ visant à déployer le biocontrôle en combinant différentes modes d’action, notamment pour la culture de la tomate. Avec cette nouvelle extension, Vegenov entend renforcer ses capacités d'innovation et d'expérimentation en conditions semi-contrôlées pour la filière légumière régionale et les entreprises du végétal.
Lait: le prix du beurre industriel en forte hausse, celui de la poudre de lait stagne
Le prix du beurre industriel est en hausse de 40% depuis l’automne 2023, tandis que «la tendance est plutôt à la stabilisation pour la poudre de lait écrémé», observe le Cniel (interprofession laitière) dans sa dernière note de conjoncture. Dans sa publication Tendances du mois de juillet, l’Institut de l’élevage (Idele) explique les évolutions divergentes des cotations de beurre industriel et poudre de lait par des demandes mondiales différentes. Les cours du beurre sont portés par une demande accrue venue des États-Unis, du Mexique et de l’Arabie saoudite. En revanche, les échanges de poudre maigre ne connaissent pas le même dynamisme, en raison notamment d’un tassement de la demande chinoise. «La situation économique du pays pèse sur l’économie laitière chinoise depuis plusieurs mois. Ainsi, la Chine qui est le 1er acheteur mondial de poudre maigre n’est plus aux achats», explique l’Idele. Côté collecte, «la production laitière est actuellement peu dynamique dans les grands bassins exportateurs mondiaux», indique le Cniel. Les volumes sont en «légère baisse» en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et dans l’Union européenne. En France, la collecte progresse de 1,2% sur un an après une hausse de 2,4 % en juin, d'après une note Agreste (ministère). En cumul annuel, la collecte progresse de 1,3 % par rapport à l’an passé.
Vin : recul des ventes de champagne Vranken-Pommery, les cuvées prestige résistent
Les ventes de la maison de champagne Vranken-Pommery sont en retrait de 6,9 % à 109,6 M€ au premier semestre 2024, un recul notamment lié à une moindre consommation, même si les cuvées les plus prestigieuses du groupe résistent. « La France (37 % du chiffre d'affaires consolidé) où le groupe s'appuie sur des positions fortes (...) est stable par rapport au premier semestre 2023. L'export (63 %) est en retrait de 8,9 % », selon un communiqué le 12 septembre. « Après deux années particulièrement dynamiques, le marché du vin connaît un ralentissement partout dans le monde qui s'explique par le climat d'incertitude à la fois économique et géopolitique depuis la fin de l'année 2023. Les expéditions de champagne suivent cette tendance et diminuent en volume de 15,2 % à fin juin », souligne le groupe. Dans ce contexte, « les cuvées les plus prestigieuses (…) parviennent à tirer leur épingle du jeu avec un impact favorable sur les marges », précise Vranken-Pommery. La perte nette du groupe est stable, à -1,9 M€. En revanche, le résultat opérationnel augmente de près de 17 %, atteignant 14,7 M€, signe pour le groupe de la validation de sa « stratégie de montée en gamme et d'internationalisation des marques ».
Miel: le guichet d’aide ouvert une semaine de plus, précisions de justificatifs
Les apiculteurs disposent d’une semaine supplémentaire, jusqu’au 27 septembre, pour émarger au guichet d’aide de crise, selon une instruction du ministère de l’Agriculture publiée au BO le 12 septembre. L’instruction précise que les apiculteurs «non soumis obligatoirement à déclaration de la TVA» doivent présenter «les déclarations à l’impôt sur le revenu» en tant que justificatifs permettant de déterminer leur chiffre d’affaires (CA). Cela concerne les «entreprises soumises au remboursement forfaitaire (RFA), soit les personnes physiques ou morales démarrant une activité agricole ou réalisant moins de 46 000€ de recettes en moyenne sur deux années consécutives et non soumis au régime simplifié agricole», selon une note de bas de page. Ouvert le 5 août, le dispositif, doté de 4,3 M€, vise à prendre en charge une partie de la baisse du chiffre d’affaires 2023 des exploitations apicoles ayant essuyé les conséquences de la guerre en Ukraine. Pour en bénéficier, les apiculteurs doivent avoir subi, en 2023, une perte de CA supérieure ou égale à 30% par rapport à la période de référence à périmètre équivalent (moyenne olympique 2018-2022).
Gestion de l'eau : le tiers ouest de l'Hérault placé en «crise» sécheresse
Le bassin versant du Jaur dans l'Hérault a été placé en «crise» sécheresse par la préfecture qui a également maintenu ce niveau pour quatre autres zones dans l'ouest de ce département. Le niveau de crise est donc appliqué aux bassins versants de l'Orb aval, de l'Aude aval Berre-Rieu, de l'Argent double Ognon et de la Cesse. La préfecture a également placé en «alerte renforcée» les zones du canal du Midi et de l'Orb amont, au nord du département. Pour le reste de l'Hérault, la préfecture précise que «les récents épisodes pluvieux ont permis de maintenir de manière hétérogène le niveau des cours d'eau, en particulier à l'Est du département; le niveau de certaines nappes souterraines continue également à se stabiliser». Le niveau de "crise" met en place une interdiction des prélèvements en eau pour l'agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics. Le niveau «alerte renforcée» entraîne de son côté des restrictions d'arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage des véhicules et d'irrigation de cultures.
Bois: la filière conteste l'agrément de l'ONG environnementale Canopée
L'interprofession française de la forêt et du bois (France Bois Forêt, FBF) a décidé de contester en justice l'agrément de l'association environnementale Canopée, a appris l'AFP le 15 septembre de sources concordantes. Cet agrément, délivré en décembre 2023 par le ministère de la Transition écologique au titre de la protection de l'environnement, permet notamment de faciliter la participation de l'ONG aux instances gouvernementales concernées par le sujet forestier, explique Sylvain Angerand, fondateur de l'association Canopée, spécialisée dans la protection des forêts. Dans leur requête déposée en août et consultée par l'AFP, France Bois Forêt et douze autres organisations du secteur demandent l'annulation de cet agrément au tribunal administratif de Paris, interpellant à la fois l'Etat (le ministère de la Transition écologique) et l'association. Interrogé par l'AFP, France Bois Forêt avance que l'agrément a été obtenu de façon tacite, parce que les services ministériels avaient «dépassé les délais d'instruction du dossier».
Nigéria: la rupture d'un barrage inonde 550 000 hectares de terres agricoles
Des milliers de maisons ont été submergées par la rapide montée des eaux provoquée par la rupture du barrage d'Alau, sur la rivière Ngadda, à 20 kilomètres au sud de Maiduguri, et après un weekend de pluies diluviennes. «Nous estimons que les inondations ont fait 1,1 million de déplacés», a déclaré Barkindo Mohammed, le directeur général de l'agence des secours locale, la State Emergency Management Agency (SEMA), qui a précisé que les données étaient toujours en cours de compilation. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué le 13 septembre, «plus de 550.000 hectares de terres agricoles ont été inondés» cette année dans tout le pays, faisant peser un risque accru d'insécurité alimentaire, notamment dans le nord-est où la malnutrition est déjà chronique notamment du fait de l'insécurité qui règne dans cette région, épicentre d'une insurrection qui dure depuis plus de quatorze ans. L'agence onusienne a demandé que soient débloqués 147.9 millions de dollars pour les six prochains mois afin «de soutenir les personnes affectées par les inondations à Maiduguri et les personnes en situation d'insécurité alimentaire dans le nord-est» du Nigeria. Depuis le début de la saison des pluies, les inondations au Nigeria ont fait «259 morts» et «625.239 déplacés», selon Zubaida Umar, de la NEMA.
Similis de lait: Yvan Chardonnens est le nouveau président de Standing Ovation
La start-up française Standing Ovation, spécialisée dans la fabrication de caséine par fermentation de précision, annonce, dans un communiqué du 13 septembre, la nomination d’un nouveau président: Yvan Chardonnens. Le co-fondateur de la jeune pousse, Romain Chayot, occupe désormais le poste de directeur général et scientifique de Standing Ovation. L’entreprise annonce avoir effectué une nouvelle levée de fonds de 3,75 millions d’euros, portant l’ensemble des fonds levés à 23 M€ en quatre ans. La start-up compte notamment la laiterie Bel parmi ses investisseurs. Elle bénéficie également d’un financement de BPI et d’un soutien de l’État pour débuter sa «phase d’industrialisation». Standing Ovation précise qu’elle «ambitionne d’achever sa préparation à la phase industrielle avant la fin de l’année». Elle vise un lancement en 2025 sur le marché américain pour sa protéine brevetée («advanced casein»). En revanche, la start-up ne donne plus d’horizon pour le marché européen, où aucune entreprise n’a obtenu l’autorisation de commercialiser ce type de protéine. En 2023, elle indiquait vouloir se lancer d'ici la fin 2025 en Europe.
Modification de l'agenda de la semaine agricole
La conférence de presse de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) se tiendra mercredi 18 septembre à 16h au Space au lieu de jeudi, a indiqué le syndicat dans une invitation envoyée à la presse.
Erratum sur la capacité de l'usine de bioéthanol de Tartas
Contrairement à ce que nous avons écrit par erreur dans l'Agrafil du 13 septembre, l'usine landaise de Tartas compte produire 21 millions de litres de bioéthanol d'ici trois ans, et 21 millions de tonnes.