Agrafil du 15 mai 2025

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Pac: Bruxelles présente son projet de simplification

La Commission européenne a bien présenté le 14 mai ses propositions d’amendement de la Pac pour y introduire de nouvelles flexibilités. Le principal volet de ce paquet concerne la simplification de la conditionnalité des aides avec des aménagement apportés aux BCAE1 (prairies permanentes), 2 (tourbières et zones humides) et 4 (bandes tampons le long des cours d’eau). Il est proposé de faire passer la définition des prairies permanentes de 5 à 7 ans sans labour (ce qui devrait permettre que les prairies temporaires soient retournées moins souvent) et porter le pourcentage de réduction annuel autorisé de 5 à 10% au niveau national. Sur les bandes tampons, Bruxelles propose que les Etats membres appliquent leur propre définition de ce qu’est un cours d’eau. Mais, promet la Commission européenne vivement attaquée sur ces points, ces dispositions ne changent rien à l’ambition environnementale. Elle assure aussi que son projet de décorréler la Pac des législations issues de Green deal n'aura quasiment pas d'incidence puisqu'aucun règlement à venir n’aura un impact sur celle-ci. Bruxelles propose aussi de rendre plus attrayant le paiement forfaitaire annuel pour les petits agriculteurs qui passera de 1250 à 2500 euros par an. Un autre volet du texte porte sur la gestion des crises avec d’une part la réserve de crise qui sera consacrée aux perturbations de marché et de l’autre la possibilité offerte aux Etats membres de consacrer jusqu’à 3% au maximum de leurs paiements directs à des soutiens d’urgence pour faire face à des catastrophes naturelles. Enfin, une nouvelle option de financement va permettre de débloquer jusqu'à 50.000 € d’aides à l’investissement «afin de contribuer à améliorer la compétitivité des exploitations», notamment des jeunes agriculteurs.

Pac: simplification, réforme, stratégies, Bruxelles précise sa feuille de route

Le paquet de simplification de la Pac présenté le 14 mai par la Commission européenne ne constitue que la première étape d’une feuille de route, publiée le même jour. Celle-ci comprend un certain nombre de modifications de la législation secondaire attendues dans les prochains mois sur: l’agriculture biologique (au second trimestre), les transferts entre fonds de la Pac (le 21 mai), l’éligibilité du chanvre aux aides Pac (3e trimestre) ou encore l’enregistrement de l’utilisation des produits phytosanitaires (fin d'année). Bruxelles publiera également, au second semestre, un certain nombre de clarifications pour aider les États membres à tirer parti des nouvelles flexibilités introduites. Viendra également rapidement la proposition de réforme de la Pac, le 16 juillet en même temps que celle sur le prochain cadre financier pluriannuel, qui se concentrera sur le ciblage des aides vers ceux qui en ont le plus besoin. Puis seront présentées, après l’été, des stratégies sur le renouvellement des générations, l’avenir de l’élevage et les protéines végétales (probablement en 2026). Enfin un second paquet de simplifications est prévu à la fin de l’année concernant la réglementation en dehors de la Pac touchant l’agriculture (environnement, sanitaire…).

Importations ukrainiennes : les détails des mesures transitoires envisagées par Bruxelles

Alors que les mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine arrivent à échéance le 5 juin et qu’aucun nouvel accord ne devrait être annoncé d'ici là, Bruxelles se prépare à la mise en place de mesures transitoires. «Si nous sommes réalistes, nous avons un problème de calendrier», a reconnu Elisabetta Siracusa de la DG Agriculture, le 14 mai, devant la commission de l'Agriculture du Parlement européen. Selon un projet d’acte d’exécution consulté par Agra, la Commission européenne envisage, au moins jusqu’à la fin de l’année 2025, de mettre en place des contingents tarifaires en franchise de droit sur les produits sensibles en se fondant, au prorata, sur les volumes de l’accord de libre-échange complet et approfondi. Toutefois, l’Ukraine n’aurait accès qu’à 7/12e des volumes de ses quotas annuels, sur la période comprise entre le 6 juin et le 31 décembre. «L'UE a recours à des mesures à la Trump contre son partenaire le plus important», a vivement réagi la centriste suédoise Karin Karlsbro, rapporteur du Parlement européen sur ce sujet. Selon elle, «au lieu de maintenir l'accès en franchise de droits pour l'Ukraine, l'UE se plie aux exigences du lobby agricole agressif qu'est le Copa-Cogeca». Pourtant, dans une lettre en date du 12 mai adressée à la présidente von der Leyen, le Copa-Cogeca (et sept autres associations agricoles sectorielles) s’alarme de la proposition, estimant que Bruxelles devrait s’en tenir à l’accord d’association tout en considérant les contingents tarifaires comme entièrement épuisés pour 2025. Pour eux, appliquer des quotas au prorata équivaut à «une dilution inacceptable du cadre protecteur de l’accord.»

Pesticides : les députés de la Coméco rayent la réforme de l'Anses, pas le retour de l'acétamipride

À l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves par la commission des Affaires économiques, le 14 mai, les députés ont adopté un amendement de suppression des alinéas portant réforme de la gouvernance de l'évaluation des autorisations de mise sur le marché (AMM) des pesticides par l'Anses, qui consistait notamment à créer un comité d'orientation, incluant les professionnels. La suppression a été soutenue par le groupe Ensemble pour la République (macronistes), avec le soutien de députés Modem et de la gauche (socialistes, écologistes, LFI), contre l'avis du rapporteur LR Julien Dive, de la droite, jusqu'au groupe Horizons. Selon le média Contexte, le gouvernement prépare, en vue de la séance publique, un amendement qui enjoindrait le directeur de l'Anses à intégrer, dans l'ordre d'examen des AMM, les usages qui seraient jugés prioritaires pour les filières, ceux-ci étant définis par des scientifiques. Par ailleurs, les députés ont rejeté l'ensemble des amendements qui visaient à supprimer les dispositions permettant de réautoriser l'acétamipride sous conditions et de manière dérogatoire. Le principal amendement visant à supprimer tous les alinéas concernés a été rejeté à 23 voix contre 18. Les députés ont précisé que la dérogation était d'une durée de trois ans, renouvelable.

Acétamipride : vers un rejet du recours de Phyteis au Conseil d’Etat

En séance au Conseil d’Etat, le 14 mai, le rapporteur public s’est prononcé pour le rejet de la demande de Phyteis (ex-UIPP) d’annuler un décret de 2020 qui interdit trois substances actives de la famille de néonicotinoïdes ou ayant un mode d’action identique : à savoir, l’acétamipride, la flupyradifurone et le sulfoxaflor. Sur la forme, le rapporteur a estimé qu’il n'y avait pas de « méconnaissance » de l’Union européenne sur le décret pris en France. Sur le fond, il a estimé que les éléments apportés par les fabricants des pesticides « ne sont pas de nature à remettre en cause » le contenu du décret, et que l'« on ne peut déduire l’absence de risques ». En 2021, Phytéis avait déjà attaqué, en vain, l'interdiction de l'acétamipride. De plus, en septembre, les limites de résidus avaient été revues à la baisse pour l'acétamipride, au vu de nouvelles données de l'Efsa. Le rapporteur public a souligné que le rejet du Conseil d’Etat en 2021 ne « paraît pas entaché d’erreur manifeste d’appréciation ». 

Séparation vente/conseil : pas de création d'un ordre des conseillers à l'horizon

À l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves en commission des Affaires économiques le 14 mai, les députés, qui avaient adopté la veille l'idée d'une facturation séparée de la vente et du conseil des pesticides, ont rejeté les autres propositions du Modem visant à encadrer le métier de conseiller. Il n'ont pas adopté l'idée d'interdire aux vendeurs de pesticides d'inclure des éléments variables, primes ou bonus liés aux ventes de pesticides dans le salaire de leurs employés. Ils n'ont pas accepté non plus la mise en place d'un « ordre des conseillers », qui devra « renforcer et formaliser les règles déontologiques de la profession ». Le rapporteur LR Julien Dive a émis un avis défavorable à cette mesure, tandis que LFI et les écologistes s'abstenaient. En revanche, les députés ont adopté, avec avis de sagesse de Julien Dive, un amendement du député socialiste Dominique Potier qui élargit le conseil stratégique à la réduction des gaz à effet de serre, la gestion de l'eau, de la fertilisation et des sols. De même, un amendement de l'écologiste Benoit Biteau a été adopté qui prévoit qu'un conseil stratégique peut donner lieu à un accompagnement dans le traitement des démarches administratives, pour les agriculteurs en difficulté.

Résidus de pesticides: taux de conformité stable dans l'UE en 2023

En 2023, 98% des échantillons contrôlés par les Etats membres de l’UE étaient conformes à la législation sur les limites maximales de résidus de pesticides (LMR), selon le rapport annuel de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Sur les 132.793 échantillons analysé, 58% ne contenaient pas de résidus quantifiables, 38,3 % contenaient des résidus dans les limites légales et 3,7% dépassaient la LMR, dont 2% ont été jugés non conformes. En 2021 et 2022 les taux de conformité étaient respectivement de 97,5 % et 97,8%. Le taux de dépassement des LMR a atteint 1,8% dans les pays de l’UE contre 6,2 % pour les importations de pays tiers. Des résidus multiples ont été signalés dans 25,5% des échantillons avec un record de 37 pesticides différents découverts dans un échantillon (jugé non conforme) de piments en provenance du Cambodge. Pour les produits biologiques 80% ne contenaient pas de résidus quantifiables, 19 % des résidus inférieurs à la LMR, 0,9% dépassaient les limites.

PPL Agrivoltaïsme : l’examen du texte est repoussé au mieux « à la rentrée »

Attendu le mois prochain, l’examen en séance à l’Assemblée nationale de la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme est repoussé au mieux « à la rentrée », indique à Agra Presse l’entourage du rapporteur Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne). « On visait la semaine réservée aux textes transpartisans, mais seuls quatre sur trente-trois ont été inscrits à l’agenda de juin », précise la source. Quant à la suite envisagée, « nous verrons à la rentrée ». Un premier contre-temps était survenu le 2 avril avec le report de l’examen en séance publique, pour cause d'« ordre du jour trop chargé ». Votée le 26 mars en commission, la PPL paraît « assez bien stabilisée ». Peu d’amendements nouveaux ont d’ailleurs été déposés pour la première lecture à l’Assemblée nationale. Le texte visant à « assurer le développement raisonné et juste de l’agrivoltaïsme » limite à 10 mégawatts-crète (contre 5 MWc initialement dans le texte) la puissance installée par exploitation, dont la parcelle concernée ne peut excéder 30 % de la SAU. Ces plafonds peuvent être modulés à la baisse en CDPenaf. Un fonds de redistribution territorial est prévu, entièrement fléché vers « des projets visant à la structuration économique des filières agricoles […] ou s’inscrivant dans un projet alimentaire territorial ». Enfin, le texte instaure un bail rural à clauses agrivoltaïques.

Manifestations : amendes requises contre des membres de la CR du Lot-et-Garonne

Jusqu'à 10 000 euros d'amendes ont été requis le 14 mai contre la Coordination rurale du Lot-et-Garonne et plusieurs militants du syndicat, lors de la première journée d'un procès pour dégradations de bâtiments et entraves à la circulation lors de manifestations agricoles en 2024. Cinq dossiers sur les 14 prévus ont été auditionnés le 14 mai devant le tribunal correctionnel d'Agen, où comparaissaient le président de la chambre d'agriculture du département, Patrick Franken, et les coprésidents de la CR du Lot-et-Garonne, José Pérez et Karine Duc. La justice leur reproche notamment d'avoir empêché la circulation de trains près d'Agen en janvier 2024 en déversant des déchets sur la voie ferrée, ainsi que diverses dégradations de bâtiments de services de l'État (OFB, impôts, Urssaf, etc.), d'une mairie et d'une communauté de communes, de sociétés d'autoroutes ou encore d'enseignes de la grande distribution. Dans cette première salve de dossiers, le parquet a requis 2 000 € d'amende, dont 500 avec sursis, contre six membres du syndicat agricole, ainsi qu’une amende de 10 000 €, dont 3 000 avec sursis, contre le syndicat lui-même. Dans un dernier dossier, 105 heures de travaux d'intérêt général ont été requises contre le président de la chambre d'agriculture pour avoir traité d'« ânes et d'imbéciles » trois policiers durant ces manifestations.

Nappes phréatiques : la moitié reste au-dessus des normales (BRGM)

La moitié des nappes phréatiques françaises reste au-dessus des normales, malgré le retour du soleil sur une partie du pays depuis quelques semaines, mais une sécheresse estivale n’est pas à exclure dans certaines régions, selon un point de situation du BRGM publié le 14 mai. Au 1er mai, 50 % des réserves d’eau souterraines métropolitaines, bien rechargées par les pluies de l’automne et de l’hiver, restaient à des niveaux excédentaires et 27 % étaient au-dessous des normales, a précisé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La situation se dégrade légèrement par rapport à mars, où ces chiffres étaient respectivement de 52 % de nappes excédentaires, et également 27 % de déficitaires. Un processus assez courant à cette période de l’année, où la végétation printanière est en grande partie sortie et absorbe la majorité des précipitations. Toutefois depuis février, les pluies sont moins abondantes notamment dans la partie nord du pays, ce qui a conduit certaines nappes phréatiques à se vider précocement. Résultat : les niveaux observés sur les nappes au milieu du printemps sont en moyenne moins bons qu’en avril 2024, où 65 % d’entre elles présentaient des niveaux excédentaires.

Cognac : pas d'avancée majeure attendue lors du dialogue France-Chine jeudi

La rencontre entre le ministre français de l’Economie et le vice-Premier ministre chinois le 14 mai ne devrait pas donner lieu à des avancées majeures concernant le cognac, a assuré Bercy mercredi, au moment où la France tente de négocier avec Pékin au sujet de sanctions qui pénalisent ce secteur. «D’un point de vue procédural chinois, on n’est pas exactement normalement dans le timing d’une annonce», a affirmé le ministère au cours d’un échange téléphonique avec la presse mercredi en amont de cette rencontre entre Eric Lombard et He Lifeng. «Il y a clairement un élément de calendrier procédural chinois et qui est un peu décalé par rapport à celui du dialogue lui-même», a poursuivi le ministère, estimant que la procédure entamée par la Chine pourrait durer encore «plusieurs semaines» avant de potentielles annonces de Pékin. Des mesures antidumping temporaires de Pékin imposent depuis mi-novembre aux importateurs de brandys européens (eaux-de-vie de vin, essentiellement du cognac) de déposer auprès des douanes chinoises une caution, en représailles à une procédure européenne visant les subventions d’État dont bénéficient les véhicules électriques fabriqués en Chine.

Fruits et légumes: clap de fin pour les enrobages naturels de Proteme

Paul Malfoy, CEO et cofondateur avec Valentin Sabatet (CSO) de Proteme a annoncé le 13 mai la liquidation judiciaire de la société. « Après des années d'efforts acharnés, nous avons pris la décision difficile de mettre fin à cette aventure entrepreneuriale », indique-t-il dans son post sur LinkedIn, rapporte Agra Innovation. Proteme a développé des solutions d’enrobage naturelles à base de biopolymères pour protéger les fruits et légumes, comme alternative aux traitements phytosanitaires de synthèse. « Nous avons mis au point des solutions innovantes pour prolonger la durée de conservation des fruits et légumes tout en les protégeant des maladies, sans recourir à des produits dangereux pour la santé ou l'environnement, explique Paul Malfoy. « Malgré nos efforts et les résultats prometteurs en laboratoire, les essais en conditions réelles n'ont pas abouti aux mêmes succès. Les défis réglementaires, les coûts élevés des homologations et les résultats variables sur le terrain ont rendu notre parcours extrêmement complexe ». Proteme, qui cherchait à lever 2 M€, avait annoncé il y a 6 mois, l’ouverture à sa communauté avec un accès privilégié, d’une phase de pré-collecte sur la plateforme Sowefund avant l’ouverture au grand public. Une opération qui n’a visiblement pas rencontré le succès escompté. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).

ICPE/élevage: les députés de la Coméco maintiennent les mesures de la PPL Entraves

À l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves par la commission des affaires économiques, le 14 mai, les députés ont rejeté, avec finalement le soutien des socialistes, les amendement de suppression de l'article 3 qui réunit des dispositions visant à assouplir les procédures liées aux installations classées (ICPE) en élevage. En commission Développement durable, les députés avaient adopté la suppression de cet article, avec l'assentiment des socialistes ; ils ont finalement accepté d'opérer un «bougé», a indiqué la députée socialiste du Finistère, Mélanie Thomin. Les députés de la Coméco ont aussi décidé de revenir à la version initiale de cet article. L'article 3 vise à assouplir les procédures ICPE, revenant notamment sur les dispositions de la loi Industrie verte, dont s'étaient plaint les coopératives d'éleveurs bretons de l'UGPVB. Mais les modifications apportées par le Sénat avaient été critiquées par ces mêmes coopératives, allant à l'encontre de leur objectif de simplification (nombre de réunions publique, durée des consultations...). Les députés n'ont pas rétabli la possibilité de relever les seuils ICPE par décret pour les élevages porcins et avicoles, le rapporteur soulignant une erreur d'écriture dans les amendements, et renvoyant le dossier à la séance publique.

Affichage environnemental : le Planet score pousse un indicateur contesté pour le méthane

Pour promouvoir l'indicateur controversé PRG* en tant qu’indicateur complémentaire du PRG100 pour le méthane entérique, un colloque sur l’élevage ruminant, était organisé, le 14 mai à l’Assemblée nationale, par le Planet-sccore et la fondation Solid Grounds qui le détient. Cet indicateur a été développé par les équipes climat d’Oxford pour « mieux prendre en compte la courte durée de vie du méthane » et « bien rendre compte de l’impact réchauffant/refroidissant de régimes d’émissions de méthane respectivement croissants/décroissants », a expliqué le consultant Xavier Poux, promoteur de l'indicateur et auteur d'une récente note commandée par l'OFB sur le sujet. Sabine Bonnot, présidente de Planet-score, qui utilise cet indicateur controversé, va continuer à sensibiliser autour du PRG*. Comme elle l’explique à Agra Presse, il serait encore « possible » que l’affichage environnemental, en cours d’élaboration en France, l’intègre à sa méthodologie. Myles Allen, professeur à Oxford et coordinateur du « rapport spécial 1.5°C » du Giec, a lui proposé avec enthousiasme de « fonder nos politiques publiques sur le réchauffement plutôt que sur les émissions elles-mêmes ». En France, l'usage du PRG* en remplacement du PRG100 a été dénoncé par un cadre du cabinet de conseil Solagro, et la climatologue, membre du GIEC, Sophie Szopa, dans une note de décryptage de la Fabrique écologique publiée en juin 2024.

Lait : les industriels échouent à réduire leurs émissions de méthane (ONG)

« Certaines des plus grandes entreprises mondiales de production et d’utilisation de produits laitiers ne parviennent pas à réduire les émissions de méthane », selon une évaluation publiée le 14 mai par la fondation britannique Changing Markets. Celle-ci dénonce un « manque généralisé d’objectifs, de plans et de transparence concernant ce puissant gaz climatique ». Et de souligner que « les chaînes de cafés (grandes consommatrices de produits laitiers, NDLR) figurent toutes parmi les neuf pires entreprises en matière d’inaction sur le méthane. » Parmi vingt des plus grands industriels du lait et chaînes de cafés, aucun ne s’engage à réduire les ventes de produits laitiers et « seules Nestlé et Danone affirment avoir effectivement réduit leurs émissions de méthane ». Arla, Danone, DMK, General Mills, Bel et Saputo suivent directement leurs émissions de méthane, mais seulement quatre sociétés publient les résultats. Danone, en tête du classement, est « la seule entreprise à disposer d’un objectif spécifique au méthane et d’un plan pour l’atteindre », indique Changing Markets, suivie de General Mills, puis de Nestlé et Arla Foods, ex æquo. « Nestlé est la seule entreprise à soutenir explicitement une réduction de la consommation de produits laitiers, bien qu’elle n’aille pas jusqu’à réduire ses ventes ». Bel est en quatrième place, suivie de Lactalis, en huitième position.

Maladies animales : lancement du Comité européen sur la fièvre Q

Des scientifiques de plusieurs pays ont lancé le 14 mai le Comité européen sur la fièvre Q afin d’« améliorer la sensibilisation » et de « contribuer au combat » contre cette maladie qui touche ruminants et humains, selon son coprésident Raphaël Guatteo, professeur à l’école vétérinaire Oniris de Nantes. Coprésidé par le bactériologiste grec George Valiakos, le comité compte onze membres issus de neuf pays européens (scientifiques, vétérinaires, praticien en santé humaine). Sa mission première consistera à diffuser des informations sur son site web, vu le « manque important de sensibilisation » sur cette maladie, selon M. Valiakos. Selon une enquête menée en 2024 auprès de 900 professionnels, 75 % des éleveurs ne connaissent pas la fièvre Q (ou seulement de nom). Exceptions notables : les Pays-Bas (33 %), confrontés à une épizootie en 2007, et la France (50 %), où un comité sur la fièvre Q a été créé en 2021. Résultat, selon George Valiakos, « les éleveurs priorisent l’hygiène et les antibiotiques au lieu d’utiliser la vaccination », par ailleurs rarement recommandée par les vétérinaires. Provoquée par la bactérie Coxiella burnetii, la fièvre Q cause des syndromes grippaux, mais aussi des « avortements et des mort-nés chez les ovins, les caprins et les bovins », et potentiellement chez les femmes, selon l’Anses.

Campagnols : plus de 4 000 ha couverts par le programme de piégeage du PNR de l’Aubrac

Une cinquantaine d’élevages du sud du Massif central, exploitant 4 200 ha de prairies, participent au programme de piégeage des campagnols terrestres lancé en 2022 par le Parc naturel régional (PNR) de l’Aubrac, apprend-on dans un dossier de presse de l'institution. Ce dispositif alternatif à la lutte chimique repose sur une surveillance assurée par les éleveurs adhérents, qui déclenche l’intervention des piégeurs salariés (deux à plein temps et un à mi-temps). Ceux-ci sont employés par trois Cuma aveyronnaises. La démarche est inspirée de celle menée dans l’impluvium de Volvic (Puy-de-Dôme), où elle a « porté ses fruits », note Ugolin Bourbon-Denis, chargé de mission au PNR de l’Aubrac. « Habituellement, les phases de très haute densité reviennent tous les quatre à huit ans. Or, à Volvic, la dernière pullulation remonte à 2011. » Côté financement, la première phase du projet mené dans l'Aubrac a bénéficié de 90 000 € d’aides (80 % de la région Occitanie, 20 % du PNR), et la seconde est soutenue par le Fonds vert (État) et l’agence de l’eau Adour-Garonne. Après ce « coup de pouce » initial, le PNR espère que « des acteurs locaux se saisiront de ce sujet ». Au niveau national, le FMSE (fonds professionnel) gère un programme, avec les FDGDON, permettant de prendre en charge 75 % des frais de lutte.

Veaux de boucherie : L214 gagne en appel et remet en ligne une vidéo sur Denkavit

Dans un arrêt rendu le 22 avril, la cour d’appel d’Angers a annulé la décision du tribunal judiciaire de Saumur du 30 août 2022 qui avait enjoint L214 de retirer de son site une vidéo tournée dans un élevage de veaux de boucherie appartenant à Denkavit. Le 20 avril 2022, l’association avait publié une enquête sur l’élevage du centre de recherche de Denkavit (intégrateur de veaux de boucherie) situé à Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire. Elle y faisait état d’« actes de violence à répétition sur les animaux », de veaux « enfermés dans des cages individuelles au-delà de l’âge réglementaire » et de « conditions de vie très dégradées ». Dans leur décision, les juges estiment que la protection des animaux et l’information du consommateur constituent « à n'en pas douter un sujet d'intérêt général ». Au contraire, l’atteinte au droit de la propriété mise en avant par Denkavit a été considérée comme « modérée ». « Il ne peut être affirmé en effet, au regard des éléments produits, que ce tournage a été effectué à l'occasion d'une intrusion », remarque le tribunal, qui considère que les images auraient pu être tournées par un salarié. Et les magistrats d’ajouter que, « deux ans plus tard, le résultat [des investigations menées par Denkavit] n'est pas connu ».

Viande in vitro : aux États-Unis, interdiction décidée au Montana et en Indiana (presse)

Deux nouveaux États américains ont décidé d’interdire la viande cultivée en laboratoire : le Montana et l’Indiana. « Le 1er mai, le gouverneur du Montana, Greg Gianforte, a signé la loi HB401 interdisant la fabrication, la vente et la distribution de viande cultivée, tandis que l'Indiana a pris une autre voie cette semaine, en publiant un moratoire de deux ans sur les produits du 1er juillet 2025 au 30 juin 2027 », pouvait-on lire le 9 mai dans le média spécialisé National Hog Farmer. La loi de l’Indiana prévoit que les entreprises contrevenantes sont passibles d'une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 $. Quant au Nebraska, il s’achemine vers une législation qui prévoit d’interdire la production, la vente, l’exposition, l’importation, la distribution ou la promotion de tout produit de viande cultivée en laboratoire. Les États du Mississipi, d’Alabama et de Floride ont voté également des lois pour bannir la viande artificielle de leur territoire. Cependant, la Floride est maintenant confrontée à une contestation juridique par Upside Foods, fabricant californien de produits de viande cultivée qui estime que l'interdiction viole la loi fédérale.

Influenza/œufs : l’Etat complète l’indemnité pour les pertes subies en 2022-2023

FranceAgriMer a ouvert ce 13 mai un téléservice permettant aux éleveurs de poules pondeuses en zones réglementées pendant l’épisode d’influenza aviaire de 2022-2023 de demander la compensation de 50 % des pertes de marge brute dues aux vides sanitaires prolongés et de 90 % des pertes liées aux destructions des œufs ou à leur moindre valorisation. Cette indemnité vient en complément de celle du dispositif dit « Amont » en faveur des aviculteurs pénalisés. Elle couvre un maximum de 100 jours supplémentaires aux 150 jours déjà indemnisés. Il est en effet possible, comme l'explicite le service de communication de FranceAgriMer, "qu'il se soit écoulé plus de 250 jours entre le dernier œuf pondu avant la période de restriction sanitaire et le premier œuf après la levée des restrictions". Le demandeur recevra entre 500 euros et 180 000 euros, selon la décision du DG de l'office. Contacté au sujet de cette indemnisation, Yves-Marie Beaudet, président du comité interprofessionnel CNPO, la juge correctement calibrée. Il souligne que l’enveloppe consacrée de 1,3 million d’euros, est un reliquat de l’enveloppe d’indemnités pour 2021-2022 ; une manne supplémentaire dont les producteurs d’œufs pénalisés en 2023-2024 ne pourront bénéficier. 

Porc : les prix français ne suivent pas la « dynamique » européenne, dénonce la FNP

Dans un communiqué diffusé le 14 mai, la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA) revendique un rattrapage du prix du porc français dans le contexte des hausses observées dans trois des principaux marchés du porc en Europe. La FNP déplore une hausse limitée à 10 ct€/kg dans l'Hexagone depuis janvier 2025, contre 30 ct€/kg en Espagne et en Allemagne, ou encore plus de 25 ct€/kg au Danemark. Le « décrochage du prix de 10 ct/kg à plus de 30ct/kg au détriment des éleveurs français » est illustré par un graphique de l’Ifip représentant l’évolution des cours depuis 2019 jusqu’au 13 mai 2025. Pour autant, on y voit que le prix français reste au-dessus du prix danois. « Un tel écart du prix payé est injustifié et intolérable », juge la FNP. Le syndicat en appelle à la responsabilité des acheteurs afin de « pérenniser le maillon élevage et attirer de nouveaux éleveurs », alors que les consommateurs « plébiscitent Le Porc français et que la belle saison démarre ». Le contexte en Europe est le retour à la stabilité, selon le Marché du porc français (MPF) de Plérin, les seules progressions au cours de la semaine passée ayant eu lieu au Danemark et aux Pays-Bas. Le lundi 12 mai, la cotation de référence française a été reconduite à 1,793 €/kg au MPF.

Banque : passage de flambeau à la tête du Crédit agricole

Le Crédit agricole a acté le 14 mai l'arrivée à sa tête d'Olivier Gavalda, qui prend la suite de Philippe Brassac, à l'occasion de son AG. « Cette assemblée générale représente une date charnière dans la gouvernance exécutive de Crédit agricole SA », l'entité cotée du groupe, a déclaré en introduction son président Dominique Lefebvre. M. Gavalda, 61 ans, est un pur produit du Crédit agricole, ayant fait l'essentiel de sa carrière dans les caisses régionales, avant d’entrer à Crédit agricole SA en 2010 en tant que directeur du pôle chargé de ces dernières. Il est nommé cinq ans plus tard directeur général adjoint chargé du pôle « développement, client et innovation », puis dirige la caisse d'Île-de-France à partir de 2016 et prend en novembre 2022 son poste actuel, directeur général délégué (DGD) chargé de la banque universelle, modèle bancaire aux métiers et géographies très variées. Le futur chef va remanier l'équipe de direction, ne s'entourant à partir du 1er juin que d'un seul directeur général délégué, Jérôme Grivet, contre trois pour son prédécesseur, de trois directeurs généraux adjoints (DGA), Grégory Erphelin, Gérald Grégoire et Stéphane Priami, et d'une directrice générale adjointe, Clotilde L'Angevin.

Erratum sur l'affichage environnemental : concertation toujours en cours

Ce n'est pas l'affichage environnemental de l'alimentation, mais celui du textile qui a été notifié à la Commission européenne en février, contrairement à ce qui a été écrit dans nos colonnes début avril. Pour l'alimentation, la consultation est toujours en cours.