Simplification de la Pac: Bruxelles propose l'abandon de l'obligation de jachères
La Commission européenne propose, dans un projet de règlement sur la simplification de la Pac qui sera dévoilé le 15 mars qu'a fait fuiter la plateforme d'ONG ARC2020, la suppression complète de l’obligation de jachères. La BCAE8 n'imposerait en effet que le «maintien des éléments non productifs» en place. Et les États membres seraient tenus de proposer un éco-régime pour soutenir (au-delà du paiement de base) les agriculteurs qui maintiendraient une partie de leurs terres arables en jachère ou pour créer de nouveaux éléments paysagers non productifs. Les États membres pourraient aussi assouplir la BCAE7, exigeant la rotation des cultures, en permettant d'y répondre par une simple diversification des cultures. Et comme pour les jachères, les agriculteurs appliquant «des formes plus ambitieuses de rotation et de diversification» pourraient recevoir un éco-régime spécifique. Les détails de l’application de la BCAE6, concernant la couverture des sols pendant les périodes sensibles, seraient laissés entre les mains des États membres pour les rendre «plus compatibles avec les réalités agricoles». De plus, il est proposé de supprimer les mentions des articles 120 et 159 qui lient la Pac aux réglementations issues de la stratégie de la Ferme à la table, la Commission estimant que la proposition pour la «Pac post-2027 constitue un outil plus approprié». Les petites exploitations de moins 10 hectares seraient exemptées des contrôles et des sanctions de la conditionnalité. Enfin, les États membres seront autorisés à modifier deux fois par an (contre une fois actuellement) leur plans stratégiques nationaux. Ce projet de règlement doit être examiné par le Conseil de l’UE et le Parlement européen et devra faire l’objet d’une accord entre les deux institutions avant son entrée en vigueur espérée pour début 2025.
Pratiques commerciales: la feuille de route de Bruxelles pour renforcer les agriculteurs
Dans un document officieux (non paper) sur «la position des agriculteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire: les prochaines étapes», qui devrait être présentée le 15 mars dans le cadre d’un nouveau paquet de mesures pour répondre aux protestations agricoles des derniers mois, la Commission détaille sa feuille de route en la matière. Elle propose de mettre sur pied un observatoire européen des coûts, des marges et des pratiques commerciales. Un appel à candidatures d’experts sera lancé en avril pour une première réunion en juin (la deuxième étant prévue en octobre). Bruxelles prévoit également pour le mois d’avril une proposition d’amendement au règlement OCM de la Pac visant à renforcer: l’encadrement des contrats signés entre les agriculteurs et leurs acheteurs (obligation de contrats écrits, mécanisme de conciliation…), et le soutien aux organisations de producteurs. De plus, une proposition législative sur le renforcement des règles encadrant les pratiques commerciales déloyales transfrontalières serait présentée fin 2024 ou début 2025 afin d’agir notamment sur les centrales d’achat agissant dans plusieurs États membres qui en profitent pour exploiter des failles légales et imposer des pratiques déloyales aux agriculteurs. C’est une demande du président Emmanuel Macron pour un «Egalim européen».
Importations ukrainiennes: Strasbourg veut étendre les mesures de sauvegarde
Les eurodéputés ont finalement décidé d’amender la proposition de la Commission européenne concernant la prolongation jusqu’en juin 2025 des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine. Un amendement déposé par le groupe PPE (droite) et été adopté de justesse (par 296 voix contre 270 et 12 abstentions) propose donc d’inclure les céréales (blé, orge, avoine, maïs) et le miel au dispositif de «frein d’urgence» permettant la restauration automatique de droits de douane au-delà d’un certain seuil d’importation. L’amendement propose également d’inclure l’année 2021 (en plus de 2022 et 2023) dans le calcul de la période de référence. A présent, des négociations interinstitutionnelles devraient s’engager très rapidement avec le Conseil de l’UE (potentiellement dès jeudi) afin de parvenir à un accord. Ce résultat devrait satisfaire les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) qui ont manifesté devant l'hémicycle le 12 mars pour l'inclusion de ces secteurs et la modification de la période de référence.
Gaspillage alimentaire : Strasbourg veut accélérer la réduction des déchets
Les eurodéputés ont adopté, à l’occasion de la séance plénière du 13 mars à une très large majorité (par 514 voix contre 20 et 91 abstentions), leur position relative à la proposition de révision de la directive-cadre sur les déchets. Des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE devront être entamées, probablement lors de la prochaine législature issue des élections européennes. Dans le détail, au niveau alimentaire, le Parlement européen souhaite mettre en place des objectifs contraignants de réduction des déchets plus ambitieux que ceux initialement prévus par la Commission européenne. Il est ainsi proposé de passer de 10% à au moins 20% dans la transformation des aliments et la fabrication et de 30% à 40% par habitant dans le commerce de détail, la restauration, les services alimentaires et les ménages, par rapport à la moyenne annuelle générée entre 2020 et 2022. Les États membres devront s’assurer que ces objectifs seront atteints au niveau national d’ici le 31 décembre 2030. En outre, des cibles plus élevées pour 2035 (respectivement, au minimum 30% et 50%) pourraient être introduites puisque les eurodéputés souhaitent que la Commission européenne évalue la possibilité et, éventuellement, présente des propositions législatives en ce sens.
Affichage de l’origine des produits transformés: cahier des charges en mai, expérimentation d'ici l'été
À l’issue des Rencontres de la transparence, le 13 mars, la ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire, a annoncé vouloir aboutir à «un cahier des charge ainsi qu’un logo» d’ici mai pour lancer d'ici l’été une expérimentation sur l’affichage de l’origine des ingrédients des produits alimentaires transformés. La ministre avait convié des acteurs de la grande distribution, de l’industrie, des associations de consommateurs, ainsi que le Collectif En Vérité, spécialisé dans cette question. «Les échanges ont permis de confirmer les grands principes de la démarche qui est volontaire et collective», assure un communiqué de Bercy. La démarche s’appelle «Origine-Info». La construction du cahier des charges se fera «à plusieurs mains», indique Olivia Grégoire, avec une consultation des consommateurs dans le choix du logo. «Je serai attentive aux détails», assure la ministre, qui cite notamment «l’emplacement du logo» et «le périmètre des produits concernés». À l’instar du Nutri-score, les industriels seront libres de l’afficher ou non. La France souhaite proposer cette démarche dans le cadre de la modification de la réglementation européenne concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO).
Négociations commerciales/prix plancher: les députés Izard et Babault précisent leur mission
À l’occasion d’une conférence de presse, le 13 mars, les députés Anne-Laure Babault (Modem) et Alexis Izard (Renaissance) sont revenus sur le cadre de la mission parlementaire qui leur a été attribuée par le gouvernement sur les négociations commerciales. Ils remettront un rapport «d’ici fin juin». «On a besoin d’efficacité rapidement. Dans notre rapport, nous allons proposer tout ce qui peut être fait en dehors de la loi. S’il y a des sujets législatifs, nous ferons des propositions de modification de la loi qui pourront être reprises dans un projet de loi du gouvernement ou une proposition de loi», développe-t-il. «Notre idée n’est pas de créer un Egalim 4, mais de faire en sorte que la loi s’applique à l’ensemble des agriculteurs», précise-t-il. Concernant les prix plancher, «on ne s’interdit rien (…), mais on ne veut pas créer de prix plafond», ajoute le député. Les députés se pencheront notamment sur les clauses de renégociation, l’élargissement du dispositif —«à la restauration, aux coopératives, aux centrales d’achat européennes»— et les «enjeux de durabilité». Leur fil conducteur sera «la simplification», assure Alexis Izard. Les auditions seront «les plus larges possibles», souligne Anne-Laure Babault. Les députés entendront notamment les filières actuellement exclues d’Egalim, à commencer par les fruits et légumes.
Négociations commerciales: 40 à 50% des volumes via centrales d’achat situées à l'étranger
«Sur-légiférer n’est pas sain, il y a un gros problème d’application de ce qui est déjà en place», a déclaré le député Renaissance Frédéric Descrozaille en conférence de presse, le 13 mars, à propos de l’encadrement des négociations commerciales et d’une potentielle loi «Egalim 4» d’ici la fin de l’année. «S’il y a une nouvelle loi, il faut qu’elle simplifie le cadre existant», affirme-t-il. Frédéric Descrozaille et Aurélie Trouvé (La France insoumise) ont présenté, le même jour en commission des Affaires économiques, leur rapport sur l'application de la loi dite «Descrozaille» de mars 2023 [voir notre dossier]. «Il y a plusieurs grands écueils: le premier ce sont les centrales d’achat européennes. Les lois que nous construisons et que nous votons n’ont aucun effet pour un certain nombre d’acteurs économiques», constate la députée. «Il faut s’attaquer au cadre européen», a-t-elle souligné en conférence de presse. Le rapport met en évidence «un recours de plus en plus massif» aux centrales d’achat situées dans des pays étrangers par les distributeurs. D’après la DGCCRF (Répression des fraudes), 40 à 50% des volumes vendus par la grande distribution y sont négociés. En outre, les députés pointent «le manque de moyens de la DGCCRF» et «l’absence de sanctions dissuasives» qui limitent la capacité de l'administration à faire respecter la loi.
Négociations commerciales: deux missions parlementaires, mais pas d'auditions communes
Deux missions parlementaires portant sur les négociations commerciales et les lois Egalim démarrent cette semaine à l’Assemblée nationale: la mission attribuée par le Premier ministre aux députés Babault (Modem) et Izard (Renaissance) et la mission d’évaluation de la loi Egalim 2 dont les co-rapporteurs sont Frédéric Descrozaille (Renaissance), Aurélie Trouvé (La France insoumise) et Julien Dive (Les Républicains). «Notre spectre sera plus large», a assuré Anne-Laure Babault en conférence de presse, le 13 mars. La lettre de mission du Premier ministre fait remonter les travaux de la mission gouvernementale jusqu’en 2005 et la loi de modernisation de l’économie (LME). A priori, il n’y aura pas d’auditions communes. Cependant, plus tôt dans la journée, le député Frédéric Descrozaille a indiqué à la presse vouloir travailler dans une logique de «chaînage» entre les auditions des deux équipes de parlementaires «pour éviter les redites et approfondir certains points». «La mission gouvernementale ne doit pas minorer l’importance de la mission d’expertise que nous allons mener», affirme Aurélie Trouvé.
Climat: un agriculteur belge assigne TotalEnergies en justice, pour qu'il baisse ses émissions
Un agriculteur belge a assigné le 13 mars en justice le géant pétrolier et gazier français TotalEnergies pour sa responsabilité dans le dérèglement climatique, déplorant des pertes de rendements provoquées par les intempéries des dernières années. «Le dérèglement climatique a des effets très concrets pour moi : pertes de rendements, surcroît de travail et un stress quand il faut composer avec un calendrier cultural déboussolé», a déclaré Hugues Falys, agriculteur dans la province de Hainaut (ouest de la Belgique), cité dans un communiqué. Avec le soutien des associations FIAN, Greenpeace, Ligue des droits de l'Homme (LDH) ainsi que de la Coalition Climat et de la Fédération internationale des droits humains (FIDH), il a engagé une action en responsabilité civile contre TotalEnergies devant «le tribunal de l'entreprise», juridiction belge spécialisée qui traite les litiges impliquant des sociétés. Hugues Falys et les ONG réclament à TotalEnergies «l'arrêt des investissements dans les projets d'énergies fossiles, une baisse de 60% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et une baisse de sa production de gaz et de pétrole de 75% d'ici 2040». De son côté, le groupe français a regretté «la démarche contentieuse engagée», estimant que «l'enjeu du changement climatique et de la transition énergétique ne relève pas de la responsabilité juridique d'un acteur donné mais bien de l'effort collectif de l'ensemble de la société».
Climat: le plan national d'adaptation attendu pour le «début de l'été», consultation dès avril
Publié le 12 mars, le rapport de la Cour des comptes sur l’action publique en faveur du changement climatique va nourrir le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) en cours d’élaboration. L’ambition est de finaliser ce dernier «pour le début de l’été, même s’il y aura ensuite des volets sectoriels (dont agricole, NDLR) qu’il faudra qu’on continue à préciser», avait déclaré le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu au Salon de l’agriculture le 1er mars, lors d’une conférence intitulée L’agriculture s’adapte. Aux côtés du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, il avait précisé que le PNACC 3 fera l’objet d’un «partage en interministériel» au mois de mars, et qu’il sera présenté aux différents secteurs socio-économiques en avril «pour qu’ils puissent travailler dessus». La France s’est dotée de son premier PNACC en 2011, pour une période de cinq ans. Le PNACC 2 (2018-2022) incorporait une meilleure articulation entre les échelons territoriaux. Le PNACC 3 doit quant à lui intégrer «un scénario plus réaliste» vu les difficultés à réduire les émissions de GES à niveau mondial. Il s’appuie sur l’hypothèse d’un réchauffement de +4°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, en France métropolitaine, a rappelé Christophe Béchu dans sa réponse à la Cour des comptes.
Accord UE/Canada: le Sénat se penche sur le Ceta, sept ans après sa signature
Jamais soumis à la chambre haute française depuis sa signature fin 2016, le très décrié Ceta, traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, a été inscrit à l'ordre du jour du Sénat, à l'initiative du groupe communiste. C'est une manoeuvre inhabituelle qui se prépare à la chambre haute: les communistes ont inscrit à l'ordre du jour de leur temps parlementaire réservé non pas une de leurs propositions, mais bel et bien un projet de loi du gouvernement visant à l'autoriser à ratifier ce traité commercial. Le Ceta sera examiné le 21 mars en séance publique au Palais du Luxembourg avec des chances d'être rejeté par un hémicycle dominé par l'opposition de droite, et où le camp présidentiel est très minoritaire. Signé fin 2016, adopté par le Parlement européen fin 2017 et appliqué provisoirement depuis, le Ceta n'est toujours pas ratifié par tous les parlements nationaux de l'UE. L'Assemblée nationale l'avait approuvé de justesse le 23 juillet 2019 par 266 voix contre 213, suscitant à l'époque un taux d'abstention record dans les rangs macronistes. Mais le traité n'avait jamais été soumis au Sénat, malgré plusieurs promesses gouvernementales. Depuis, le camp présidentiel a perdu la majorité absolue à l'Assemblée, ce qui rend très incertaine l'issue d'un nouveau vote des députés, nécessaire si le Sénat s'y oppose.
Vin : l’interprofession bordelaise s’engage à «faire évoluer Egalim»
Le CIVB (interprofession du vin de Bordeaux) veut «ouvrir le débat pour bâtir de nouvelles formes de discussions dans le respect de la rémunération des viticulteurs, des négociants et des distributeurs», a-t-il indiqué le 12 mars. Son souhait est de réunir «au plus vite» les acteurs concernés, à savoir préfets, distributeurs, négociants, viticulteurs, courtiers, syndicats (FDSEA, JA, Conf’, CR) et collectif Viti33 (vignerons), selon un communiqué le 12 mars. Objectif: «faire évoluer Egalim», dont le vin est exempté de plusieurs dispositifs. L’interprofession dit avoir écrit au Premier ministre afin de participer aux travaux sur la loi. Ses revendications portent sur «la construction du prix en marche avant», «un rôle central pour les indicateurs des coûts de production» dans la formation du prix, «une expérimentation des évolutions législatives» à venir dans le périmètre du CIVB et avec ses indicateurs. Le 6 décembre, Marc Fesneau a indiqué avoir «réinterrogé» la filière sur l’opportunité de l’intégrer à Egalim. À l’instar des céréales ou des fruits et légumes, les vins (à quelques exceptions) avaient été exemptés du dispositif de contractualisation écrite obligatoire mis en œuvre avec la loi Egalim 2. L’annonce du CIVB intervient après des manifestations ces derniers jours visant des opérateurs du négoce et de la distribution.
Vin : les producteurs australiens entrevoient une levée des sanctions chinoises
Le secteur viticole australien s'est réjoui le 13 mars d'une levée, espérée d'ici quelques semaines, des droits de douane punitifs imposés par la Chine en 2020, ce qui permettrait d'écouler une partie de sa surproduction de vin rouge. Le premier groupe viticole australien, Treasury Wine Estates, basé à Melbourne, a affirmé avoir été informé par les autorités des deux pays du «projet de décision provisoire» de Pékin concernant une suppression de ces droits de douane punitifs, à l'issue d'un examen de cinq mois. Une décision définitive de Pékin est attendue «dans les prochaines semaines», a déclaré ce géant mondial du vin. Le ministère des Affaires étrangères chinois a refusé de confirmer cette éventuelle levée mais s'est dit «disposé à continuer de renforcer le dialogue et la coopération avec l'Australie». L'Australie, longtemps premier fournisseur de vin en Chine, a vu les droits de douanes imposés par Pékin atteindre jusqu'à 218,4%. Avant leur mise en place, les ventes de vin australien représentaient un chiffre d'affaires supérieur à 1,2 Mrd$ australiens (728 M€). Il s'en écoule aujourd'hui pour moins de 10 M. Les viticulteurs australiens se sont tournés vers d'autres marchés asiatiques, notamment Hong Kong et la Thaïlande.
Nutrition animale: Metex (acides aminés) demande à ouvrir «une procédure de sauvegarde»
Metabolic Explorer (Metex), société de biochimie basée à Clermont-Ferrand mise en difficulté par la flambée des prix de l'énergie et des matières premières, a demandé le 12 mars l'ouverture «d'une procédure de sauvegarde» et «de redressement judiciaire pour ses filiales opérationnelles» (Metex Noovista et Metex Noovistago). «Contraint par la situation, le conseil d'administration de Metex a décidé d'activer ces leviers d'action pour se donner les moyens de poursuivre les discussions avec les pouvoirs publics visant à restaurer les conditions d'accès au sucre à un prix compétitif», indique la société dans un bref communiqué. L'activité industrielle doit se poursuivre pendant les procédures. La société fustige aussi le «dumping permanent pratiqué par les producteurs chinois de lysine, qui tirent les prix vers le bas». MetEx espère que l'opération en cours lui permettra de relancer l'activité autour d'une «gamme plus élargie» d'ingrédients essentiels et de solutions pour la nutrition animale (acides aminés) et d'origine naturelle pour la cosmétique et les biopolymères.
Vaccin influenza: le résultat du deuxième appel d’offres connu ce vendredi (presse)
«Le ministère de l’Agriculture devrait faire savoir vendredi prochain (le 15 mars, NDLR) quels sont les laboratoires retenus par le second appel d’offres» pour le vaccin contre l’influenza aviaire, d’après un article de Réussir Volailles paru le 13 mars. Clôturé le 26 janvier, l’appel d’offres «porte sur 61 millions de doses à livrer en trois fois du 1er avril au 31 août», note le média spécialisé, pour un montant maximum de 78 M€ HT. Il concerne les deux filières des canards (gras et à rôtir), avec 31,4 millions de doses pour les canards mulards, 26,6 millions pour les canards de Barbarie et trois millions pour les canards Pékin. Deux laboratoires ont candidaté, selon Réussir Volailles: Boehringer Ingelheim (vaccin Volvac Best) et Ceva Santé animale, «dont le vaccin Ceva Respons AI H5 est utilisable pour la primo-vaccination au couvoir». Nos confrères notent que, «à la différence du premier appel [d’offres], plusieurs laboratoires pourraient se voir attribuer ce marché». Après plusieurs épisodes dévastateurs d’influenza aviaire, une campagne de vaccination obligatoire des canards a été lancée en octobre 2023. Le premier appel d’offres de fourniture du vaccin avait donné lieu à une controverse, le marché ayant été attribué au laboratoire allemand Boehringer au détriment du français Ceva.
Cuir: rebaptisé Alliance France cuir, le CNC changera de président en juin
Le Conseil national du cuir (CNC) se rebaptise «Alliance France cuir», annonce l’interprofession dans un communiqué le 13 mars. Un nouveau nom qui «affirme sa volonté de favoriser la collaboration et l’échange de bonne pratiques de l’amont à l’aval de la filière». Plus prosaïquement, le Conseil national du cuir indique que la récente «multiplication des appellations CNC» a créé une «confusion», qui a «rendu nécessaire un ajustement du nom». En particulier, cet acronyme désigne aussi le Conseil national du commerce, «dont le Conseil national du cuir est adhérent». Par ailleurs, à l’occasion de son assemblée générale en juin, Alliance France cuir se dotera d’un nouveau président. «Une nouvelle figure succèdera à Franck Boehly, qui aura dirigé le CNC et soutenu l’équipe en place pendant une décennie.» Créée en 1948, l’interprofession du cuir regroupe 21 fédérations du secteur, dont les filières animales (élevage, abattage, coproduits, etc.), ainsi que la transformation, la fabrication et la distribution des produits en cuir.
Élevage: le réseau de fermes de référence Inosys étendu en volailles et lapins
Chambres d’agriculture France et l’institut technique avicole Itavi ont lancé, le 7 mars, la déclinaison du réseau de fermes Inosys pour les volailles (pondeuses, chair, palmipèdes gras, reproductrices) et les lapins, selon un communiqué du 13 mars. «Il se veut le dispositif unique d’acquisition de références au service de la sécurisation de ces filières partout sur le territoire», affirment les deux partenaires. Et d’ajouter que «nombre d’acteurs, publics et privés, expriment le besoin primordial d’accéder à des références technico-économiques objectives et publiques». Durant la phase de lancement, les données seront fournies par un réseau de 200 fermes de référence, qui en comptera 755 à terme. «Inosys Réseaux avicole & cunicole» est «soutenu par les différentes interprofessions» et «financé principalement» par le Casdar. Il sera «le miroir du dispositif Inosys Réseaux d’élevage des filières herbivores», avec lequel des «synergies» sont prévues (mutualisation des outils et méthodologies). Ses deux co-présidentes sont Isabelle Leballeur (Sarthe, Itavi) et Sylvaine Dano (Morbihan, chambres d’agriculture). Des réseaux Inosys sont déjà déployés en élevage (bovins viande et lait, ovins viande et lait, veaux de boucherie, caprins et équins), grandes cultures, viticulture, ainsi qu’en maraîchage et arboriculture.
Apiculture: une PPL sénatoriale pour consolider la lutte contre le frelon asiatique
Le sénateur centriste Michel Masset (RDSE, Lot-et-Garonne) a déposé, le 26 février, une proposition de loi pour «endiguer la prolifération du frelon asiatique» et «préserver la filière apicole». Composé d’un article unique, le texte a plusieurs objectifs. Il précise les plans nationaux de lutte contre Vespa velutina nigrithorax en intégrant des «orientations nationales» et des «indicateurs de suivi» ; une catégorisation des départements selon l’ampleur des dégâts; un «accompagnement financier» des collectivités territoriales exposées; et des financement alloués à la recherche de moyens de lutte. La PPL prévoit aussi «une indemnisation proportionnée aux dommages» subis par les apiculteurs. Enfin, elle propose une «obligation de principe» de déclarer la présence d’un nid, indique l’exposé des motifs. En février 2023, des députés Les Républicains avait déposé une PPL allant dans le même sens, demandant que la lutte contre le frelon asiatique soit déclarée «grande cause nationale 2024».
Salon de l'agriculture: Jérôme Despey nouveau président du Ceneca
Comme attendu, Jérôme Despey a été élu, «à une large majorité», à la présidence du Ceneca, structure propriétaire du Salon de l'agriculture, annonce-t-elle dans un communiqué le 13 mars. Il était le seul candidat à la succession de Jean-Luc Poulain, qui avait annoncé, en janvier, que l'édition 2024 du Salon de l'agriculture serait sa dernière à la présidence du Ceneca. L'agriculteur de l’Oise était à la tête de l'évènement depuis 16 ans. Viticulteur dans l'Hérault, Jérôme Despey a été le secrétaire général de la FNSEA sous la présidence de Christiane Lambert – il est actuellement le premier vice-président du syndicat majoritaire. Il est par ailleurs président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer depuis sa création en 2009, et président de la chambre d'agriculture de l'Hérault.
Outre-mer: Véronique Solère, nouvelle déléguée interministérielle pour l'agriculture
Vétérinaire de formation, ancienne conseillère technique de Bruno Le Maire lorsqu'il était ministre de l'Agriculture, l'actuelle directrice de la DDPP (services préfectoraux) des Côtes d'Armor, Véronique Solère vient d'être nommée déléguée interministérielle à la souveraineté agricole des outre-mer, annonce a présidence de la République dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 13 mars. Elle remplace Arnaud Martrenchar, qui avait été nommé en 2019 lors de la création de cette fonction, dans un intitulé alors légèrement différent : délégué interministériel à la «transition agricole». Ses missions étaient alors «la coordination des actions de l’État en faveur de l’autonomie alimentaire, l’animation des filières, l’évaluation des politiques publiques et la mise en place de travaux de prospective.» Cette nomination intervenait peu de temps après la publication d'un rapport de mission parlementaire sur la Chlordécone, qui recommandait la création un délégué interministériel dédié à la gestion de cette crise en Guadeloupe et en Martinique. Selon nos informations, Arnaud Martrenchar devrait être nommé au CGAAER.