Agrafil du 15 avril 2024

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Ecophyto: le gouvernement lance un appel à projets en vue du retrait des substances

Dans un communiqué de presse du 12 avril, le ministère de l’Agriculture a annoncé le lancement d’un appel à projets pour accélérer le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures. Annoncé lors du Salon international de l’agriculture, ce dernier constitue «une étape supplémentaire» dans le plan stratégique pour mieux anticiper le potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (Parsada), souligne le ministère. En tout, le budget alloué au Parsada s’élèvera à 146 M€ en 2024. Une première tranche de 50 M€ permettra de financer les futurs projets, à haute de 7,5 M€ chacun. Pour être retenus, les dossiers devront notamment s’inscrire dans le cadre des «usages critiques» identifiés par le comité interfilière pour la protection des cultures, au sein des plans d’actions préalablement validés. «Une attention particulière à la territorialisation des actions mises en avant, et à leur facilité de déploiement chez les agriculteurs sera portée lors de la sélection des projets», souligne le ministère. Cet appel à projets vient compléter une première procédure d’engagement de crédits spécifique au Parsada, pour laquelle quatorze plans d’action anticipant le retrait de substances actives ont été validés en comité inter-filières le 18 décembre.

DJA: le délai pour déposer une demande de solde est prolongé jusqu’au 30 septembre

Le ministère de l’Agriculture prolonge jusqu’au 30 septembre le délai dont disposent les bénéficiaires de la DJA (dotation jeune agriculteur) installés «depuis 2015 et jusqu’au 30 septembre 2019» pour déposer leur demande de solde, annonce-t-il dans un communiqué le 12 avril. Comme le précise la Rue de Varenne, cette prolongation, accordée «à titre exceptionnel», vise à répondre à «l’existence de difficultés sur le terrain pour respecter les échéances actuellement en vigueur». Les jeunes agriculteurs installés à moins de 40 ans peuvent bénéficier de la DJA, qui est versée en deux fois: à l’installation, puis le solde au bout de cinq ans, sous condition de respect du plan d’entreprise (PE). Les bénéficiaires doivent donc déposer leur demande «au cours de la cinquième année suivant la date effective d'installation». Comme le stipule l'instruction technique publiée par le ministère le 10 avril, la prolongation du délai de dépôt «ne remet pas en cause la nécessité pour les services instructeurs des autorités de gestion régionales de réaliser les contrôles de fin d'engagement nécessaires pour vérifier la mise en œuvre du PE». Les Conseils régionaux (qui ont en charge la gestion des aides non surfaciques du 2d pilier de la Pac) sont tenus de vérifier ces engagements en vertu de la réglementation européenne.

Aides d’État: vers une prolongation limitée du cadre temporaire de crise pour l’agriculture

La Commission européenne a annoncé le 12 avril avoir transmis aux États membres, pour consultation, une proposition de prolongation limitée du cadre temporaire de crise et de transition pour les aides d'État dans le secteur agricole primaire. Celle-ci concernera la section qui permet actuellement aux États membres d'accorder des montants d'aide limités jusqu'au 30 juin. Cette annonce résulte à la fois des conclusions adoptées par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à l’issue du Sommet européen des 21 et 22 mars – dans lesquelles ceux-ci demandaient cette prolongation –, mais également d’une enquête de la Commission européenne du 27 mars, dans laquelle les États membres ont souligné que les perturbations du marché résultant de la guerre de la Russie contre l'Ukraine persistent et affectent en particulier le secteur agricole primaire. La Commission européenne précise qu’elle souhaite amender ce cadre dès que possible tout en tenant compte des commentaires reçus des États membres.

Antibiotiques: le ministère lance le premier appel à projets du plan Ecoantibio 3

Le ministère de l’Agriculture ouvre, du 15 avril au 14 juin, un premier appel à projets annuel dans le cadre du plan Ecoantibio 3 visant à lutter contre l’antibiorésistance. Il est doté de 2 millions d’euros (M€) et a pour objectif de financer «des projets d’actions, des rédactions de guides pratiques, des projets de recherche…», liste le cabinet de Marc Fesneau. Les résultats seront publiés en septembre. Le troisième plan Ecoantibio a été lancé en novembre. Les deux premiers «ont été un véritable succès», souligne l’entourage du ministre. Plus de 200 projets ont été financés dans le cadre d'Ecoantibio depuis 2013, pour un total de 9 M€. Et, entre 2011 et 2022, l’exposition des animaux aux antibiotiques en France a diminué de 52%, notamment à certains antibiotiques «critiques», pour lesquels il n’existe pas d’alternative en médecine humaine. «Il faut aller plus loin et conforter la dynamique», assure la Rue de Varenne. Le plan Ecoantibio 3 vise une réduction de 15% de l’exposition des chiens et des chats aux antibiotiques et «à maintenir les niveaux actuels d’exposition des animaux d’élevage», explique un communiqué du ministère.

Apiculture: les sénateurs adoptent la proposition de loi sur le frelon asiatique

Le Sénat a adopté à l’unanimité en première lecture, le 11 avril, la proposition de loi visant à «endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole», qui prévoit que les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement chapeauteront la création d’un «plan national de lutte» contre le ravageur. Celui-ci déterminera en particulier des «indicateurs de suivi»; une «classification» des départements selon «la pression de prédation et des dégâts causés aux ruchers et aux pollinisateurs sauvages» ; et les financements de l’État, des collectivités et autres acteurs pour améliorer la connaissance, la prévention, la lutte et l’information du public. Est introduite la possibilité de reclasser le frelon asiatique en danger sanitaire de deuxième catégorie. Le plan national sera décliné en plan départementaux, lesquels devront organiser l’évaluation des dégâts sur les ruchers et la procédure de signalement de destruction. Les signalements pourront être faits par les maires ou un membre de leur conseil municipal. Enfin, les «pertes économiques» dues au frelon asiatique pourront être indemnisées par le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA). La PPL doit maintenant être examinée à l'Assemblée.

Céréales: blé et maïs ne profitent pas de la flambée des matières premières

Les cours du blé et du maïs piétinent des deux côtés de l’Atlantique, toujours pénalisés par une offre abondante, qui ne leur permet pas de bénéficier de l’essor d’autres matières premières (métaux et pétrole). Après avoir rebondi durant la seconde quinzaine de mars, «le marché hésite vraiment», a précisé Damien Vercambre, courtier pour le cabinet Inter-Courtage, à l’AFP le 10 avril. Il existe pourtant des «éléments» susceptibles de relancer les prix du blé, relève Gautier Le Molgat, p.-d.g. du cabinet de conseil Argus Media France, qui mentionne «un peu de stress en matière de sec en Russie, beaucoup d’eau en France, le doute concernant les perspectives de production en Inde». Malgré ces possibles risques, l’Ukraine et la Russie «continuent à exporter davantage que l’an dernier», nuance toutefois Rich Nelson, courtier agricole pour le cabinet Allendale. Pire, «tous les analystes sont en train de remonter leurs chiffres de production» de blé russe pour la prochaine campagne, souligne M. Vercambre. Le blé a également été affaibli par le rapport hebdomadaire sur la qualité des cultures aux États-Unis publié le 8 avril, selon lequel 56% des surfaces de blé sont en «bon» ou «excellent» état, contre seulement 27% au même stade en 2023. Quant au maïs, les volumes ukrainiens et brésiliens inondent le marché et sapent les cours européens et américains.

Élysée: Macron «exfiltre son conseiller agriculture» Mathias Ginet (presse)

Après le «fiasco des Soulèvements de la terre» lors du dernier Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron aurait décidé de «se séparer de Mathias Ginet», son conseiller agricole, écrivent nos confrères de La Lettre le 11 avril. Sollicité par Agra Presse le 12 avril, la présidence n’a pas encore répondu. Pour rappel, afin de tenter de mettre un terme au mouvement de colère des agriculteurs, l’Élysée avait proposé un large débat sur «l'avenir de l'agriculture française» au Salon. Le cabinet du chef de l’État avait annoncé y avoir invité les Soulèvements de la terre, ce qui avait provoqué la colère du monde agricole, puis l’annulation du débat. Emmanuel Macron avait alors «personnellement assumé le grand ratage du débat», rappelle La Lettre. Nommé en juin 2022, Mathias Ginet est le conseiller agricole de l’Élysée et de Matignon, après plusieurs expériences au ministère de l’Agriculture, pour la campagne d’En marche et auprès de l’eurodéputé Pascal Canfin.