Ecorégimes: 83% des agriculteurs sont passés par la voie des pratiques
A l'occasion d'une réunion le 16 juillet, le ministère de l'Agriculture a présenté un premier bilan des écorégimes, aides nouvellement créées pour la programmation 2022-2027. Comme annoncé par l'ASP cet hiver, parmi les agriculteurs ayant touché des aides découplées, environ neuf sur dix (95%) ont également bénéficié des écorégimes - contre 78% annoncé en 2021. Parmi ces bénéficiaires, 83% sont passés par la voie dite des pratiques agronomiques, avec une forte concentration dans les Hauts-de-France (90% des dossiers). Dans cette voie des pratiques, 94% des dossiers ont obtenu le niveau supérieur (contre 70% attendu). La deuxième voie (13%) est celle de la certification, essentiellement utilisée en viticulture (Gironde, Midi). Et le ministère de préciser que 65% des exploitants étaient certifiés grâce à la bio, 34% la HVE et 0,5% la CE2+. Troisième et dernière voie (4%), celle des infrastructures agroécologiques (IAE) est concentrée dans trois départements (Charente, Charente Maritime et Landes). Le ministère de l'Agriculture fait état d'une «évolution» des pratiques, calculant l'évolution théorique du nombre de points entre 2020 et 2023 ; il rapporte une «diminution» du nombre d'exploitants ayant entre 0 et 4 points (sans préciser le chiffre), avec une «évolution très marquée s'agissant des grandes cultures, polyculture-élevage et bovins lait», pour atteindre 4 points (niveau de base). Pour passer au-delà de 5 points, «le recours aux jachères et prairies temporaires constitue le levier principal», rapporte le ministère.
Aide au maraîchage: environ 2500 bénéficiaires pour son année de lancement
A l'occasion d'une réunion le 16 juillet, le ministère de l'Agriculture a présenté un premier bilan de la campagne Pac 2023, et notamment le nombre d'exploitations bénéficiaires de l'aide au petit maraîchage, nouvellement créée pour la programmation 2022-2027. L'administration a recensé 2473 exploitations bénéficiaires (pacage), pour un montant total de 5,9 millions d'euros, soit un peu plus de 2000 euros par bénéficiaire. Lors de la présentation du projet de déclinaison française de la Pac (PSN) en 2021, cette mesure avait été dotée de 10 millions d'euros. Créée en réponse à une demande de la Confédération paysanne, cette mesure vise à «soutenir la production de légumes et fruits issus du maraîchage et consolider l’emploi autour de cette production», rappelle le ministère de l'Agriculture sur son site internet. Pour en bénéficier, il faut exploiter au minimum 0,5 ha de légumes frais (hors pommes de terre primeur) ou de petits fruits rouges, et une surface agricole utile inférieure ou égale à 3 ha. Lors des discussions en 2021, la Conf’ faisait pression, sans succès, pour obtenir à la place «une aide véritable aide couplée» pour le secteur des fruits et légumes d’une part, et une aide pour «toutes les petites fermes» d’autre part.
PSN: le ministère donne rendez-vous dès septembre pour la modification 2025
À l'occasion d'une réunion le 16 juillet, le ministère de l'Agriculture a résumé les principaux arbitrages pris ces dernières semaines (retournement de prairies, agriculteur actif) en vue d'envoyer une proposition de modification de la déclinaison française de la Pac (PSN) pour la campagne 2024, qui démarre cet automne. Il a ensuite pris rendez-vous dès la rentrée avec les syndicats pour préparer la campagne 2025. Une réunion est prévue en septembre, avec pour objectif de finaliser les discussions fin septembre. Dans un rapport sur l’adaptation au changement climatique paru le 24 octobre, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) avait passé en revue plusieurs pistes d’évolution des politiques publiques, parmi lesquelles la Pac et en particulier les éco-régimes. Pour «adapter la Pac aux nouveaux enjeux», le CGAAER évoquait l’idée de «rehausser le niveau d’ambition de l’éco-régime, notamment sur le volet adaptation et sur la gestion durable des sols». En contrepartie, les auteurs proposaient «de le doter de moyens renforcés». Ils avaient fixé comme échéance l’année 2025, qui «serait dès lors un point de rendez-vous à ne pas manquer».
Grains: Bunge propose de vendre des usines pour valider sa fusion avec Viterra
La multinationale américaine Bunge (agro-industrie et négoce de matières premières) a proposé à la Commission européenne, le 11 juillet, de céder des usines Viterra de trituration et de raffinage en Pologne et en Hongrie afin que l’Union européenne valide sa fusion avec le spécialiste du négoce de grains canadien (avec une valorisation de 34 milliards de dollars). La Commission européenne, qui a invité les deux groupes à s’expliquer à la suite d’une « notification préalable d’une concentration » le 21 juin, devrait rendre sa décision le 1er août après échanges avec des agriculteurs, des clients ou encore des entreprises rivales de Bunge et Viterra. L’américain avait racheté le canadien en juin 2023 pour 8,2 milliards d’euros,( 6,2 en actions, 2 en cash), afin de bâtir un géant de l’agro-industrie capable de rivaliser avec d’autres mastodontes du secteur comme Archer Daniels Midland, Cargill et Louis-Dreyfus. Viterra appartenait alors à un ensemble d’entreprises et de fonds d’investissements dont Glencore (entreprise anglo-suisse de négoce, courtage et extraction de matières premières) ou CPP Investments. Mais ce rachat inquiète l’autorité de concurrence de l’Union européenne sur les possibles conséquences de ce rapprochement sur son marché intérieur. En proposant ses ventes d’actifs à des États membres, Bunge et Viterra espèrent voir s’apaiser les craintes de l’UE en matière d’entente et d’abus de position dominante.
Huiles: scandale sanitaire en Chine à cause du transporteur national Sinograin
Sinograin, le géant national chinois du stockage et du transport de céréales, a été épinglé par plusieurs médias locaux, le 1er juillet, pour un scandale agroalimentaire. Des camions citernes du groupe, destinés au transport des huiles de cuisson, de l’huile de soja ou du sirop vendus en grande distribution, auraient également servi à véhiculer du carburant et des produits chimiques. Des chargements successifs sans prendre le temps de nettoyer les cuves entre-temps, entraînant une contamination résiduelle «inévitable», d’après les journalistes locaux. Pour Beijing News, un des médias ayant révélé l’affaire, il s’agit d’un «secret de polichinelle dans le secteur des transports». Le scandale a provoqué un tollé chez des Chinois de plus en plus attentifs à la sécurité alimentaire et qui restent marqués par le scandale, en 2008, du lait frelaté mortel à la mélamine. D’après l’agence de presse Reuters, les consommateurs chinois se tournent de plus en plus vers des marques étrangères, gage de sécurité, au détriment des marques nationales. Face au tollé général, Sinograin a ordonné une enquête tout en assurant que «les unités de transport et les véhicules de transport reconnus en violation de la réglementation seront immédiatement arrêtés et que tout problème majeur constaté sera signalé aux autorités de régulation compétentes».
Vin: Pernod-Ricard vend ses vins étrangers, pour se concentrer sur les spiritueux
Le géant français des vins et spiritueux Pernod-Ricard a annoncé le 17 juillet vendre ses vins australiens, néo-zélandais et espagnols au consortium d'investisseurs Australian Wine Holdco Limited (AWL), pour un montant non-divulgué. «Cette cession permettra à Pernod-Ricard de renforcer sa stratégie de premiumisation», indique dans un communiqué le groupe, propriétaire notamment du pastis Ricard, du whisky Ballantine's, de la vodka Absolut et du champagne Mumm. Avec cette vente, Pernod-Ricard entend «se concentrer sur son portefeuille de marques premium de spiritueux, moteur de sa croissance», complète-t-il. Les vins cédés, notamment l'australien Jacob's Creek, le néo-zélandais Stoneleigh ou l'espagnol Campo Viejo, représentent un volume annuel de 10 millions de caisses de 9 litres, précise Pernod-Ricard. Soumise à l'obtention des autorisations réglementaires, la finalisation de l'opération de vente devrait intervenir au deuxième semestre 2025, selon le groupe. «Le vin, qui représente autour de 4% des ventes du groupe, n'est pas le coeur de l'activité de Pernod», expliquent les analystes, qui considèrent qu'il est plutôt utile pour capter des clients dans l'espoir de les introduire au marché des spiritueux et à diluer les coûts fixes. Après deux années de forte croissance, le chiffre d'affaires de Pernod-Ricard était en léger repli, une contre-performance liée à la «normalisation» du marché des spiritueux après un «super-cycle post-Covid», estimait le PDG de l'entreprise Alexandre Ricard en février.
Pommes: production estimée en léger retrait, prévisions encore incertaines
Dans sa première note pour la récolte 2024, parue le 16 juillet, le ministère de l’Agriculture (Agreste) estime à 1,57 million de tonnes (Mt) la production française de pommes cette année. Inférieure de 1% à celle de l’année précédente, elle dépasserait néanmoins de 8% la production moyenne des années 2019-2023. En raison d’une météo changeante, le service statistique observe des contrastes régionaux, et une forte variabilité des calibres. Après une récolte élevée l’année dernière, des baisses sont ainsi attendues en Nouvelle-Aquitaine, surtout pour la variété golden, avec une production estimée à 245 700 t (-10 % par rapport à 2023). Même constat en Occitanie, où la production s’établirait à 387 200 t, soit une baisse de 3% par rapport à l’année précédente. À l’inverse, la production rebondit en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Estimée à 320 000 t, elle devrait toutefois présenter des calibres très hétérogènes. En Pays de la Loire et en Auvergne-Rhône-Alpes, les récoltes devraient être proches de 2023. Enfin, la saison étant peu avancée dans le Centre-Val de Loire, les incertitudes sont élevées. D’un point de vue général, Agreste souligne des «incertitudes» dans les prévisions en raison des conditions météorologiques et de la pression des maladies et ravageurs.
Poires: production attendue en hausse de 6%, fortes disparités régionales
Le ministère de l’Agriculture (Agreste) a publié, dans une note parue le 16 juillet, sa première prévision annuelle de production de poires de table, à 135 700 tonnes en 2024, en hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation concerne essentiellement les poires d’été, portées par le phénomène naturel d’alternance des récoltes. La production des variétés d’automne devrait, en revanche, rester stable par rapport à 2023. Au niveau régional, l’évolution de la production des poires est néanmoins disparate. En Paca, la production de poires serait supérieure de 19% à celle de 2023, s’établissant à 48 900 tonnes, grâce à un rebond de la production de poires d’été après une faible récolte l’an dernier. De même, la production est attendue en hausse en Vallée du Rhône, et ce malgré des pertes dues au gel en Savoie et Haute-Savoie. À l’inverse, la production est attendue en repli par rapport à celle de 2023 (-2%) en Occitanie. C’est également le cas en Centre-Val de Loire (-8%), et ce alors que la nouaison (formation des petits fruits) a été faible à la suite d’une floraison déficiente. Même constat en Pays de la Loire, avec une baisse attendue de 3% de la production, en raison d’une météorologie fraîche qui pourrait retarder la récolte.
Viande in vitro: le Royaume-Uni délivre une première «vraie» autorisation en petfood
La start-up Meatly a obtenu de la part des autorités sanitaires britanniques l’autorisation de commercialiser sa viande de poulet cultivée en laboratoire à destination des animaux de compagnie, a annoncé l’entreprise dans un communiqué du 10 juillet. Le Royaume-Uni devient ainsi le premier pays d’Europe à approuver la mise sur le marché de viande «in vitro». La première autorisation en Europe avait été revendiquée en novembre par la start-up tchèque Bene Meat Technologies qui a fait enregistrer les cellules de viande cultivées dans le registre des matières premières pour l’alimentation animale de l’Union européenne. Or, cet acte ne constitue pas une approbation après examen par les autorités sanitaires, explique le directeur de l’Institut Proteus (ex-Agriculture cellulaire France) Nicolas Bureau. «Il n’y a pas d’autorisation à demander pour l’alimentation des animaux de compagnie dans l’Union européenne», précise-t-il. L’autorisation délivrée par les autorités britanniques à Meatly est «la vraie première autorisation en Europe», ajoute-t-il. Dans une réponse écrite à Agra Presse, l’Efsa confirme que la présence des «cellules cultivées d’origine mammifère» dans le registre européen signifie qu’elles sont, de facto, «autorisées à la commercialisation» pour les animaux de compagnie. L’autorité sanitaire européenne précise qu’elle n’a, à l’heure actuelle, pas reçu de demande d’approbation de viande cultivée pour l’alimentation humaine.
Porc : la FNP et l’AOP Porc Grand Ouest en «soutien» du MPB, contre Cooperl
En fin d’après-midi du 17 juillet, veille de la séance du Marché du porc français (MPF), la FNP (producteurs de porcs) et l’Association d’organisation de producteurs Porc Grand Ouest déclarent dans des communiqués leur «soutien» à la cotation publique du MPF. La FNP reproche à Cooperl [qui a quitté le MPF] d’avoir baissé son prix de 5 centimes le lundi 15 juillet tandis que la cotation sur le MPF était montée à 2,13€ ; un prix qui, considère-t-elle dans le communiqué, «permet la juste rémunération des éleveurs». «Les éleveurs de porcs français ne supportent pas cette déconnexion délibérée du marché réel qui donne un dangereux signal!», s’exclame le président François Valy, qui signe ce communiqué. Il appelle au nom de la FNP aux opérateurs de rester connecté à la cotation MPF dans l’intérêt de tous les éleveurs de porc français. De son côté, l’AOP Porc Grand Ouest «salue la position des abatteurs, solidement ancrés sur notre territoire, qui respectent cette cotation et contribuent à la stabilité et à la pérennité de notre filière porcin». Le Marché du porc breton (MPB) est devenu le MPF le 6 juin 2024 après s’être élargi à des abattoirs hors Bretagne: Vallégrain (Sarthe) et Tradival (Loiret) à l’automne 2023, puis à Holvia (Mayenne). L’année 2023 avait été marquée par le départ des deux premiers acteurs français du porc, Bigard et la Cooperl. Le MPF tient 2 séances hebdomadaires, le lundi et le jeudi.
Canards: plainte de L214 contre un élevage en Mayenne pour maltraitance
L'association L214 a dénoncé, dans une vidéo mise en ligne le 17 juillet, «les conditions d'élevage désastreuses» d'une exploitation avicole en Mayenne et a annoncé porter plainte notamment pour «mauvais traitements». Ces images, tournées selon l'association en juin par une ex-employée de cet élevage de plus de 5.000 canards situé à Châtillon-sur-Colmont, montrent les «souffrances graves et évitables auxquelles sont exposés au quotidien les canards», détaille la plainte consultée par l'AFP et déposée mardi par l'avocate de L214 auprès du parquet de Laval. «Cet élevage fait l'objet d'une attention particulière des services de l'État», a affirmé le 17 juillet dans un communiqué la préfecture de la Mayenne, assurant qu'une inspection de l'exploitation avait eu lieu le 14 juin. «Lors de cette inspection, il a été relevé des manquements aux règles applicables en matière de bien-être animal et de protection sanitaire», des constatations «formalisées dans un rapport adressé à l'exploitant", selon la préfecture. L214, qui milite à terme pour l'arrêt de l'élevage, demande au leader français de la volaille LDC (Le Gaulois, Maître Coq, Loué), qui transforme et commercialise les canards de cet élevage depuis deux ans, de rompre ses liens commerciaux avec l'exploitation. LDC a indiqué à l'AFP avoir «demandé au groupement de producteurs de mettre en place un plan d'action». L'exploitant et le parquet n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
Prédateurs: création d'une base de données sur les chiens de protection de troupeaux
Dans le cadre du plan national loups, le ministère de l'Agriculture a créé, par un décret paru le 17 juillet au Journal officiel, une base de données relative aux chiens de protection des troupeaux. Ses objectifs sont de «favoriser la sélection des reproducteurs», «améliorer la connaissance des chiens de protection au travail et de leur population» et «contribuer à la mise en place un réseau d'éleveurs naisseurs de chiens de protection.» Elle recense les détenteurs et propriétaires de chiens, ainsi que leur exploitations agricoles, l'identification du chien (fichier national, livre généalogique). Il est rendu accessible aux agents habilités et membres du réseau d'expertise de l'association Pastorale pyrénéenne et de l'institut de l'élevage (Idele), et aux agents habilités des ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique. En octobre, Marc Fesneau avait promis une proposition de loi dédiée aux chiens de protection des troupeaux. «Il faut en faire un chien de travail, ce qui permettrait de dire que ça ne peut pas être un chien en divagation», avait-il déclaré.
Pratiques commerciales: lancement de l'observatoire européen des prix et des marges
L’Observatoire européen de la chaîne agroalimentaire sur les coûts de production, les marges et les pratiques commerciales (AFCO, en abrégé) a tenu, le 17 juillet, sa première réunion. Annoncé en mars en réponse aux manifestations agricoles, cet observatoire qui réunit des représentants des Etats membres ainsi que 48 parties prenantes (agriculteurs, transformateurs, détaillants, consommateurs…) doit permettre de mieux comprendre le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement européenne et d'apporter de la transparence sur les prix, les coûts de production et la répartition des marges et de la valeur ajoutée. Lors de cette première réunion, une «cartographie des données disponibles sur les prix, les coûts et la valeur ajoutée a été présentée» par la Commission européenne. La création de ce nouvel observatoire est une première étape avant que des propositions soient faites, à la rentrée, pour «réformer l'organisation commune des marchés de la Pac et renforcer la directive sur les pratiques commerciales déloyales», a souligné le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski ouverture de la réunion.
Consommation: pas de remontée en gamme au 1er semestre (Circana)
Malgré la disparition de l’inflation au premier semestre 2024, les achats de produits de grande consommation restent «significativement baissiers» et «les Français ne remontent pas en gamme», commente Emily Mayer, directrice Business Insights à Circana, sur son compte Linked’In, après la parution, ce 17 juillet, des chiffres du premier semestre 2024. Le chiffre d’affaires en grande distribution, tous circuits et produits confondus, est stable sur le 1er semestre. Tous les grands rayons perdent des volumes au cours du semestre, mais «le frais libre-service [tiré par la crèmerie NDLR] et l’épicerie s’en sortent tout de même mieux». A l’échelon du semestre, l’épicerie et la crèmerie sont aussi les seules familles en progression, avec les bières et cidres. L’épicerie sucrée et l’épicerie salée font respectivement 2,4 % et 2,2% de mieux en chiffre d’affaires qu’au 1er semestre 2023, reculant légèrement en volume, respectivement de 0,4% et 0,6%. L’épicerie Bio a réalisé sa première croissance mensuelle depuis dix mois : +0,4% en chiffre d’affaires en juin. La crèmerie progresse à la fois en chiffre d’affaires, de 2,0%, et en volume, de 0,5% sur le 1er semestre. Tous rayons confondus, les MDD (marques de distributeurs) sont les seules à voir leurs volumes vendus augmenter. Elles représentent sur 36,1% des dépenses en grande distribution. Les produits de 4e et 5e gamme ont perdu 7,5% de chiffre d’affaires et 8,9% de volume ; les viandes élaborées 17,7% de chiffre d’affaires et 14,4% de volume. Les spécialités glacées et le surimi font aussi partie des grands perdants.
Compétitivité: le CGAAER propose un «observatoire de l’écosystème alimentaire»
Soulignant qu’avec la forte inflation, les achats se sont orientés vers «une descente en gamme» ces deux dernières années, le CGAAER recommande, dans un rapport rendu public le 16 janvier, d’intégrer la question de la «compétitivité prix» dans les politiques publiques. Et ce, plutôt que de créer des «barrières internes au marché unique» européen afin de limiter les importations. Les consommateurs montrant une appétence pour les produits locaux et nationaux, elle préconise d’ajouter à cette réflexion la question de l’origine. Face au manque de données permettant d’évaluer la «compétitivité prix» des filières françaises, le CGAAER plaide pour la mise en place d’un «observatoire de l’écosystème alimentaire». La mission s’est heurtée au manque de «données disponibles» et aux réticences des acteurs à aborder ce sujet alors que les politiques publiques ont poussé la «montée en gamme» de la production depuis 2017. Le sujet est d’autant plus «sensible» en pleine crise agricole, souligne le rapport. Contrainte de faire un travail de synthèse des données déjà disponibles —émanant majoritairement des panélistes et des fédérations d’acteurs économiques— la mission recommande la réalisation d’une «large étude, socle du futur observatoire, afin de mieux cibler les politiques publiques».
Numérique agricole: l'Etat va devenir majoritaire dans Agdatahub (ex-ApiAgro)
A l'occasion d'un conseil d'administration le 10 juillet, les actionnaires de la société Agdatahub (infrastructure de partage de données agricoles) ont acté le principe d'une nouvelle prise de participation de l'Etat via France 2030, faisant ainsi passer la puissance publique au rang d'actionnaire majoritaire, après les montées au capital de la Caisse des dépots et d'IN Groupe (imprimerie nationale). L'opération doit être validée en octobre en assemblée générale. «Cela conforte le rôle de l'intermédiation de données, pour les filières agricoles et le déploiement des politiques publiques», indique son directeur général Sébastien Picardat. Plusieurs projets sont en cours, comme l'évolution de la BDNI dans les filières animales, la gestion de la directive Red 2 dans le domaine des biocarburants, de l'affichage environnemental ou encore de l'affichage nutritionnel dans le secteur viticole. En parallèle, Agdatahub a répondu, avec 25 partenaires européens, à un appel à projets de la Commission européenne, pour l'extension de ses outils à l'échelle européenne. Les noms des candidats seront connus en août, et celui des lauréats en octobre. Agdatahub avait été créé en 2016 par l’Acta (instituts techniques) et l’APCA (chambres d’agriculture) sous le nom d'ApiAgro.
Eau : Martin Gutton nommé délégué interministériel à «la gestion de l'eau en agriculture»
Par un décret paru le 16 juillet, le président de la République annonce la nomination de Martin Gutton au poste de délégué interministériel en charge de la gestion de l’eau dans l’agriculture, à compter du 1er août 2024. Ingénieur du génie rural, des eaux et des forêts, M. Gutton a précédemment occupé le poste de directeur de la Draaf Bretagne (préfecture) entre 2012 et 2015, avant de devenir directeur général de l’Agence de l’eau Loire Bretagne. M. Gutton sera désormais placé, pour trois ans, sous la tutelle des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. Il aura pour mission de «coordonner la mise en œuvre» et d’«assurer un suivi» de la feuille de route issue des travaux du Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique, ainsi que des «ambitions et mesures relatives à l'agriculture» du Plan eau.
Cabinet de Marc Fesneau: deux conseillers vers les services du ministère
Actuellement directeur adjoint du cabinet de Marc Fesneau, Yves Auffret va retourner à la DGPE (ministère de l'Agriculture) à partir du 1er août, d'après un arrêté paru le 17 juillet au Journal officiel. Il occupera la fonction de chef de service «gouvernance et gestion de la Pac». Yves Auffret était arrivé au cabinet de Marc Fesneau en tant que conseiller Pac en novembre 2022, en provenance de la DGPE. Il y occupait la fonction de sous-directeur de la gouvernance et du pilotage puis sous-directeur de la gestion des aides de la Pac. Entre 2007 et 2008, il fut notamment conseiller technique chargé de la pêche, de l’aquaculture et de l’outre-mer de Michel Barnier. Dans un même mouvement, la conseillère Enseignement agricole, renouvellement des générations, compétences et emploi, Marie-Christine Le Gal a aussi trouvé un place au ministère. Au cabinet depuis le début de l'année, elle est nommée cheffe de service chargée des fonctions de directrice générale adjointe et de cheffe des services vétérinaires officiels français, à la DGAL (ministère de l'Agriculture). Elle était auparavant la directrice adjointe de l’Inao (appellations et origine).
Législatives: Chassaigne candidat NFP à la présidence de l'Assemblée nationale
Le député communiste, spécialiste des questions agricoles, André Chassaigne a été choisi, le 17 juillet, comme candidat du Nouveau Front populaire (NFP) pour la présidence de l’Assemblée nationale. Le député du Puy-de-Dôme a bénéficié du désistement de la candidate écologiste Cyrielle Chatelain, rapporte l’AFP. Il affrontera notamment la présidente sortante macroniste Yaël Braun-Pivet et le centriste Charles de Courson, du groupe indépendant Liot. À 74 ans, André Chassaigne est l'auteur de deux propositions de loi successives sur les retraites agricoles.