Céréales : un premier cargo quitte le port d’Odessa via un nouveau couloir maritime
Un premier cargo commercial a quitté le port ukrainien d’Odessa, via un nouveau couloir maritime mis en place par Kiev, malgré les menaces russes, a annoncé le ministre ukrainien chargé des infrastructures Oleksandre Koubrakov le 16 août. Baptisé «Joseph Schulte», le porte-conteneurs battant pavillon de Hong Kong navigue le long du couloir temporaire établi pour les navires civils, rapporte l’AFP. Pour rappel, la Russie avait menacé de prendre pour cible militaire potentielle tout bateau navigant vers ou à partir des ports ukrainiens à la suite de l’expiration de l’accord céréalier en juillet. Depuis, le nombre des attaques en mer Noire a augmenté de part et d’autre et l’armée russe a frappé à plusieurs reprises Odessa, mais aussi les ports fluviaux d’Izmaïl et Reni, des attaques dénoncées par Kiev comme un moyen d'entraver ses exportations selon l’AFP. Dans la nuit du 15 au 16 août, des drones russes ont d’ailleurs frappé et «endommagé» des entrepôts de céréales sur le Danube, dans la région d’Odessa, a déploré le gouverneur régional, Oleg Kiper. Le jour même, la Roumanie a vivement condamné les nouvelles attaques russes contre les infrastructures portuaires du Danube cruciales pour l'acheminement des céréales ukrainiennes, après plusieurs frappes aux portes de ce pays de l'Otan ces dernières semaines.
Climat: l'«altération forcée», levier méconnu de captage du CO2 via les sols agricoles
Dans une étude parue le 14 août dans la revue scientifique Earth's Future, les chercheurs de l'université Yale (Etats-Unis) ont estimé pour la première fois la quantité de CO2 pouvant être séquestrée à travers le monde grâce aux techniques d'«altération forcée» de roche via les sols agricoles. Cette technique méconnue de séquestration consiste à épandre des roches siliceuses riches en calcium ou magnésium, comme le basalte, sous forme pulvérisée, sur des sols agricoles. La dégradation de la roche est ainsi accélérée, qui convertit du CO2 atmosphérique en ions bicarbonates qui, une fois lessivés, seraient transformés et stockés au fond des océans sous forme de minéraux carbonatés, pour une durée théorique d'environ 100 000 ans, expliquent les chercheurs. Selon leur estimation, basée sur l'épandage de 10 tonnes de basalte par hectare et par an, la technique permettrait de séquestrer environ 215 GtCO2 entre 2006-2080. Un potentiel significatif, puisque dans ses scénarios de limitation du réchauffement à 1,5°C à 2100, le Giec mise à hauteur de 100 à 1000 GtCO2 sur les techniques de séquestration du carbone. Les coûts seraient similaires à ceux d'autres techniques comme l'enfouissement de CO2 ou le biochar, mais supérieurs à ceux du stockage sous forme organique dans les sols, ou de la reforestation/renaturation.
Eau : 60 % des cultures irriguées menacées par un stress hydrique «extrême» (rapport)
60% des cultures irriguées sont menacées par un stress hydrique «extrêmement élevé», a rapporté le World Resources Institute (WRI) dans un rapport publié le 16 août. Ce stress «élevé» signifie qu’au moins 40% des ressources en eau disponibles sont consommées, entraînant des concurrences locales entre les différents usagers. Parmi les cultures particulièrement concernées figurent la canne à sucre, le blé, le riz mais aussi le maïs. Cette institution de recherche environnementale a par ailleurs publié un atlas sur les pénuries d’eau, actuelles et à venir, sur sa plateforme de données baptisée Aqueduct. Aujourd’hui, 4 milliards de personnes affrontent d’ores et déjà un stress hydrique «élevé» au moins pendant un mois par an. Après avoir examiné des séries de données de 1979 à 2019, le WRI estime que la part de la population concernée par ce problème pourrait s’élever à près de 60% dès 2050. Par ailleurs, vingt-cinq pays relèvement d’un stress «extrêmement élevé», où le déséquilibre entre leur consommation et leurs réserves en eau atteint au moins 80%. D’ici le milieu du siècle, un milliard de personnes supplémentaires pourraient vivre dans des conditions de stress «extrêmement élevé», prévient le WRI.
Riz : les cours de la céréale à leur plus haut niveau depuis 2008 (presse)
Les prix du riz thaï, référence asiatique, sont montés à 648 dollars la tonne début août, soit leur plus haut niveau depuis octobre 2008, selon les données de l’association thaïlandaise des exportateurs de riz et rapportées par Les Echos (article payant). En un an, les cours de la céréale ont connu une hausse de 50% sur les marchés internationaux. Une appréciation qui s’explique d’abord par les conditions météorologiques en Thaïlande, où les régions productrices ont connu jusqu’à 40% de précipitations en moins. Face au manque d’eau, les autorités ont demandé aux agriculteurs de se tourner vers des cultures moins gourmandes. Avec à la clef, une production plus faible que la normale. Cette hausse s’explique également par la décision de l’Inde de restreindre les exportations de riz blanc non-basmati pour stabiliser les prix sur son marché intérieur à l’approche des élections régionales. Si l’Inde n’a pas interdit toutes les exportations, «la perspective d'une moindre disponibilité de riz sur le marché international a déclenché une vague d'achats de précaution et provoqué une hausse des prix», rapporte les Echos. Par ailleurs, le Nord de la Chine subit une série d’évènements météorologiques extrêmes entraînant une forte baisse de la production agricole. Selon le Cirad, la céréale est l’aliment de base de 4 milliards de personnes et contribue pour 27% des apports caloriques dans les pays à revenus faibles et intermédiaires.
Fleurs aromatiques : les Jardins de Gaïa veulent relocaliser la production en Alsace
L’entreprise alsacienne spécialisée dans les thés et infusions bio, Jardins de Gaïa, mène un test de production biologique de fleurs (calendula, bleuets, camomille matricaire) à Ungersheim (Haut-Rhin) afin de relocaliser la production en Alsace. La récolte commencera à la fin du mois d’aout. «Nous voulons réduire notre empreinte carbone car l’essentiel de la production est aujourd’hui localisé dans le Sud-Est de la France. Il s’agit donc de promouvoir l’agriculture locale» explique Alice Roelly, responsable achats & filière, à Agra Presse. L’expérience est lancée sur 40 ares d’une parcelle bio propriété de la commune d’Ungersheim.Trois maraîchers sont impliqués dans le test qui inclut le séchage des pétales de fleurs. Les Jardins de Gaïa collaborent avec le SDEA et Bio en Grand Est pour le développement de cette filière nécessitant peu d’intrants et aucun traitement herbicide, limitant l’impact sur l’eau. Le projet est soutenu financièrement par l’Agence de l’Eau Rhin Meuse et la Région Grand Est. «Nous espérons que d’autres producteurs se joindront à la démarche. Et aussi lancer d’autres productions, comme la mélisse et la menthe» précise Alice Roelly. Les Jardins de Gaïa utilisent environ 400 kilos de fleurs (bleuet, calendula) par an provenant de France, Portugal, Maghreb et Europe de l’Est.
Vin : face à la déconsommation, l’interprofession appelle à muscler l’export (presse)
Bernard Farges, président du Cniv (comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine et à IG), a appelé le 16 août à «investir, avec le soutien de l’Etat et de l’Europe, pour aller chercher les marchés à l’export». Numéro un mondial de l’exportation de vin, la filière française est déjà «très présente» à l’international mais a besoin «qu’on se développe beaucoup plus là-dessus», a-t-il dit au micro de la radio Europe 1. Et de souligner la «déconsommation des vins en France». Les ventes de vins tranquilles en grande distribution affichent une baisse de 5% en volume au premier semestre par rapport à 2022 (-11 % comparé à la moyenne 2020-2022), selon les derniers chiffres de FranceAgriMer. Cette tendance, Bernard Farges la voit «se prolonger dans les années à venir». Elle est liée à «un changement des modes de consommation», avec en particulier «des jeunes générations qui consomment plutôt moins de vin, une consommation à table, notamment le midi, qui est forte régression», d’après lui.