Agrafil du 1er août 2024

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FCO: mise en place d’une zone régulée à la frontière belge contre le sérotype 3

Le ministère de l’Agriculture annonce dans un communiqué du 31 juillet l’instauration d’une zone régulée le long de la frontière avec la Belgique afin de «freiner la progression» de la fièvre catarrhale ovine (FCO) du sérotype 3, non présent en France. La mesure est prévue par un arrêté du 4 juillet. Cette décision intervient après la détection d’un foyer dans la commune belge de Chimay, située à la frontière, le 29 juillet. La zone régulée s’étend du Pas-de-Calais à la Moselle (voir la carte). Dans les départements concernés, les déplacements vers le reste du territoire national sont restreints pour les animaux sensibles à la maladie (bovins, ovins, caprins), non transmissible à l’homme. Pour être autorisés à quitter la zone, les ruminants devront «avoir fait l’objet d’un traitement de désinsectisation dans les deux semaines précédant leur départ et avoir obtenu un test de dépistage négatif». Les mouvements sont suspendus vers les pays qui n’acceptent que des animaux vaccinés, comme l’Espagne. En revanche, ils pourront se poursuivre vers les pays membres de l’Union européenne acceptant la désinsectisation et le test de dépistage négatif. Des stocks de vaccins ont été commandés par la France. «Les modalités de distribution, de prescription et d’administration de ces vaccins feront l’objet de précisions à court terme», indique le ministère. 

FCO: la Conf' veut des aides, notamment dans le Sud-Ouest face au sérotype 8

Alors que le ministère de l'Agriculture vient d'annoncer l’instauration d’une zone régulée le long de la frontière avec la Belgique afin de «freiner la progression» de la fièvre catarrhale ovine (FCO) du sérotype 3, la Confédération paysanne demande, le même jour, des aides pour les éleveurs, notamment ceux du Sud-Ouest touchés par le sérotype 8. Le syndicat fait trois demandes: «indemnisation des pertes directes et indirectes (lait et reproduction) sur les troupeaux» ; «prise en charge des vaccins et l'accès à ces derniers pour celles et ceux qui souhaitent vacciner» ; «reconnaissance de la FCO comme cas de force majeure concernant les critères pour accéder aux aides de la PAC (chargement ou ratio de productivité)». Le syndicat note également que «le ministre de l'Agriculture vient de se déplacer manu militari pour assurer les grands céréaliers de son soutien», et y voit un «traitement différencié» : «Jusqu'à présent, le ministre de l'Agriculture reste coi sur la problématique vécue dans nos élevages», estime le syndicat. Et de menacer: «les éleveurs et les éleveuses doivent-ils se mobiliser, avec colère et fracas, comme en début d'année pour obtenir des indemnisations comme pour la MHE ?»

Viande bovine: la FNB dénonce des «pressions» sur le prix, alors que «les signaux sont au vert»

«Tous les signaux de marché sont au vert», estiment les éleveurs de bovins viande de la FNB (FNSEA), qui demandent, dans un communiqué paru le 31 juillet, de meilleurs prix face à «des pressions inexpliquées». La FNB estime que les animaux français disponibles se font «rares» sur le marché, après huit années successives de décapitalisation et «en moyenne, 121 000 vaches laitières et allaitantes de moins chaque année» - et d'ajouter qu'en vif, «l’offre sera sans doute insuffisante pour répondre à la demande des acheteurs de broutards à l’export». En face, la FNB estime que «la demande des marchés français et européens, en animaux vifs, comme pour l’abattage, est restée dynamique». « Dans ce contexte de marché, il est inadmissible de constater des pressions à la baisse sur les prix», s'insurge le président de la FNB, Patrick Bénézit, cité dans le communiqué. Après deux années de hausse grâce au rebond économique post-Covid, la consommation totale de viande était repartie à la baisse en France en 2023, selon une note de synthèse FranceAgriMer/SSP (ministère de l’Agriculture) publiée le 27 juin. Les viandes bovine et porcine, pénalisées par l’inflation, atteignaient leur plus bas niveau depuis vingt ans: 1,45 Mtéc pour le bœuf (-3,7%/2022) et 2,09 Mtéc pour le porc (-3,7%). Les importations, quant à elles, suivent les tendances de consommation (-6% en bœuf, -5,9% en porc, +4,4% en poulet). 

Produits laitiers: Danone augmente ses volumes de ventes au premier semestre

Le poids lourd français de l'agroalimentaire Danone a annoncé, le 31 juillet, que son chiffre d'affaires avait commencé au premier semestre à être tiré par une augmentation des volumes de ventes, et non plus uniquement par les hausses des prix de ses produits. Son chiffre d'affaires, hors cessions et impact des taux de change, est en hausse de 4%, à 13,7 milliards d'euros. En prenant en compte la fin des activités en Russie - précipitée par la guerre avec l'Ukraine -, la vente d'autres actifs et l'effet négatif de la conversion avec les monnaies chinoise, indonésienne ou turque, il s'affiche toutefois en repli de 2,9%, détaille un communiqué. Le bénéfice net du géant des yaourts et bouteilles d'eau augmente de 11,5%, à 1,2 milliard d'euros, et sa marge opérationnelle courante - indicateur de rentabilité scruté par les investisseurs - progresse légèrement (de 12,24% à 12,69%). «Cette croissance de qualité portée par les volumes permet d'investir dans les gammes performantes», comme les yaourts et compléments nutritionnels hyperprotéinés (HiPro, Fortimel), a souligné auprès de l'AFP une porte-parole du groupe, évoquant des «résultats qui nous rendent confiants pour l'avenir».

Blé dur/élevage: la Sicile asphyxiée par la sécheresse, 2,7 Mrd€ de dégats en 2024

Champs de céréales brûlés par le soleil, bétail privé de pâturages, incendies dévastateurs: la Sicile est confrontée à une sécheresse accablante dont les dégâts sont déjà évalués à 2,7 milliards d'euros pour 2024. Dès le mois de mai, le gouvernement de Giorgia Meloni a déclaré l'état d'urgence en Sicile face à la sécheresse, de manière à débloquer des fonds pour l'achat de camions citerne de transports d'eau, le perçage de puits ainsi que la rénovation de stations de pompage et de désalinisation. Des interventions qui arrivent cependant souvent trop tard alors que nombre d'exploitants ont déjà renoncé à récolter leurs céréales: la terre privée de végétation est à nu, craquelée comme dans un désert. Cette année, la Sicile, ancien grenier à blé de la Grèce et de la Rome antiques menacé de désertification par le réchauffement climatique, devrait voir ses récoltes s'effondrer en moyenne de plus de 50%, selon la Coldiretti, principale association professionnelle du secteur agricole. Outre l'élevage et les céréales, l'absence d'eau touche aussi les arbres fruitiers et menace vignes et oliveraies, tandis que les incendies ont dévasté 5.800 hectares de terres agricoles depuis début juillet.

Céréales: la marge brute de la meunerie française se redresse après cinq ans de recul

Dans sa lettre d'information de juillet, l'ANMF (meunerie française) constate que l'indicateur de marge brute des entreprises du secteur est revenu à son niveau de 2017 après cinq années de recul. De 25 cts/kg de baguette soit 7,5% du prix hors taxe, la part de la marge brute est passée à 27 cents/kg, soit 7,2%. «Ce rétablissement de la marge brute, bien que partiel, était attendu par la meunerie. Il pourra permettre de réaliser une marge nette, certainement faible, mais positive en 2023, commente l'ANMF. L’effet de l’inflation est plus marquant sur la hausse du chiffre d'affaires, mais demeurera limité sur les gains de performance économique.» L'association ajoute que sur la période 2023 et avril 2024, «l’inflation générale, comme l’inflation alimentaire ont augmenté de 2%, tandis que le prix de la faine a baissé de 10%». Ainsi, commente-t-elle, «l’augmentation du prix du pain et de la farine est moins importante que celle de l’alimentation générale. On assiste même à une déflation dans le cas de la farine depuis 2023.»

Législatives: «pacte d'action» du camp présidentiel, peu de nouveauté pour l'agriculture

A l'occasion d'une réunion du groupe parlementaire Ensemble pour la République (EPR) le 30 juillet, son président et Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal a présenté un «pacte d'action», résumant les «lignes directrices et les objectifs du groupe», en vue de «travailler avec d'autres groupes politiques. En matière d'agriculture, la feuille de route ne révèle pas de surprise, mais fait quelques impasses, avec les trois objectifs suivants, selon le document révélé par plusieurs médias: «Poursuivre l'examen du projet de loi d'orientation agricole ; assurer la compétitivité des exploitations qui sont confrontées aux aléas économiques, sanitaires et climatiques ; poursuivre le choc de simplification et l'allégement des normes». Pour rappel, avant la dissolution, le gouvernement poussait trois textes simultanément: la loi d'orientation agricole (LOA), dont l'examen devait débuter au Sénat ; une loi de révision de la séparation de la vente et du conseil des pesticides ; et une loi de réforme des relations commerciales. Cette dernière ne semble pas clairement apparaître dans les trois objectifs. L'ancien ministre de l'Agriculture et député de la Manche Stéphane Travert s'était dit favorable à remettre à plus tard l'examen de ce texte, suivi par le député LR Julien Dive. A l'inverse, Dominique Potier (PS) tient à ce que ce sujet soit abordé rapidement dans l'Hémicycle sur la base des travaux des députés Babault et Izard.

Gestion de l'eau: pour 1 € de redevance aux agences de l'eau, l'agriculture retrouve 1,7 €

Dans un document diffusé le 30 juillet, le secrétariat général à la planification écologique (SGPE, Matignon) fait un bilan de l'usage des fonds collectés par les agences de l'eau auprès du monde agricole, comme l'avait demandé la FNSEA en septembre 2023. Le SGPE indique que lorsque les agriculteurs versent un euro de diverses redevances (pollution diffuse, prélèvement, pollution non domestique) aux agences de l'eau, elle bénéficie en retour de 1,7 € de financement. Au total, les agences de l'eau collectent 2, 2 milliards d'euros de redevances dont 217 millions d'euros auprès de l'agriculture. Et elles redéploient 369 millions d'euros vers l'agriculture, vers le plan Ecophyto (71 millions d'euros) et des aides à la «réduction des pollutions agricoles», notamment l'aide au bio et les mesures agroenvironnementales (Maec). En septembre 2023, quelques mois avant que le gouvernement ne renonce à la hausse de la redevance pour pollution diffuse (RPD), la FNSEA avait demandé une plus grande transparence dans l'utilisation de ces fonds.

Vignes/phytos : BASF lance un service inédit de pilotage basé sur des modèles mécanistes

L’agrochimiste BASF propose aux viticulteurs un service inédit de pilotage phytos, a-t-il annoncé le 30 juillet. Sa particularité est d’utiliser des modèles dits mécanistes, le rendant «capable de prédire le risque réel à la vigne» pour ses quatre maladies principales (mildiou, oïdium, black-rot et botrytis), selon un communiqué. «Plutôt que d’utiliser des données historiques de développement des maladies, liées à un lieu ou une région, le modèle se fonde sur des données mécanistiques, c’est-à-dire observées en conditions contrôlées, donc transposables dans toutes les situations», explique Emiliana Carotenuto, responsable technique filières vigne et olive. Ce nouveau service est alimenté par les données météo des stations des viticulteurs, ainsi que par des réseaux extérieurs proches des vignobles, avec des prévisions horaires au jour le jour ou sur 72 h. Par ailleurs, il rend possible la modélisation du développement de trois ravageurs (eudémis, cicadelle de la flavescence dorée et cochenille farineuse), donne des indications sur le stress abiotique des parcelles et permet l’intégration d’un outil de gestion de la fertilisation. 

Melon : un début de campagne « chaotique » marqué par les intempéries

Au 1er juillet, la production française de melons est estimée à 280 500 tonnes pour la campagne 2024, indique une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 31 juillet. La baisse concerne les trois principaux bassins de production. «On pourrait qualifier la campagne de chaotique. Les pluies, qui ont perduré jusqu’à fin juin, ont perturbé les plantations puis la pollinisation au printemps... Cette situation se paie sur la campagne avec des retards de récolte en juin», confirme Remi Javernaud, animateur AMI (Association interprofessionnelles du melon) à Agra Presse. Malgré une offre réduite en début de campagne, le marché a été peu actif, la météo ayant découragé la consommation. «En juin, les prix ont été supérieurs de 7% à ceux de la campagne précédente et de 8% à ceux de la moyenne quinquennale», souligne Agreste. Remi Javernaud note «depuis la semaine dernière, avec les chaleurs retrouvées, on note une amélioration des conditions de marché et le début de dynamique positive. Mais il reste encore deux mois de campagne et les producteurs n’ont aucune visibilité au-delà de deux semaines».

Pommes : stocks et prix élevés en fin de campagne de commercialisation

A la fin juin, qui marque la fin de la campagne de commercialisation, les stocks de pommes restaient élevés, en augmentation de 19% par rapport à 2023, selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste). Face à une production 2023 en léger retrait, ils sont néanmoins en repli de 6% par rapport à la moyenne des campagnes 2018-2022. Pour les variétés Golden et Pink Lady, les stocks restent particulièrement élevés à cette période de l’année avec une commercialisation qui a été plus tardive: 46 708 tonnes pour la première, 4 452 tonnes pour la seconde. Les stocks des variétés telles que Gala (-66% 3 637 tonnes), Granny (-49% , 5 299 tonnes), Fuji (-39% 1 225 tonnes) et Canada (-64%, 561 tonnes) sont en repli. Les sorties de juin sont à la hausse pour toutes les variétés sauf pour la Fuji et la Granny. Ces stocks pourraient peser sur le marché  au début de la nouvelle campagne cet automne (les premières estimations 2024 doivent être données lors de Prognosfruit en Hongrie le 7 août). Côté prix, ceux à la production ont enregistré en mai en hausse de 8% sur un an et dépassent de 16% le niveau moyen des cinq dernières années. La raison en vient d’une météo fraîche qui a contribué à une consommation soutenue pour la période, cela se faisant au détriment des fruits d’été. 

Myrtilles : l’UE a moins importé en 2023, le Pérou touché par El Niño

L’ensemble des pays importateurs de myrtilles de l’Union européenne ont réduit leurs approvisionnements en 2023, rapporte le site Italiafruit le 31 juillet. Premier importateur et réexportateur sur le marché européen, les Pays-Bas n’ont absorbé que 88 000 tonnes, soit un tiers de moins que l’année précédente (-31 %). La situation se rencontre similairement chez plusieurs autres pays : Allemagne (-16%, 65 000 tonnes), Espagne (-9%, 39 000 tonnes), France (-7%, 39 000 tonnes). Une des raisons serait la mauvaise performance du Pérou, premier exportateur mondial qui approvisionne le marché européen à hauteur de 21%. Le pays a connu un recul notable de 25% de ses exportations, avec 207 000 tonnes. Les conséquences du phénomène El Niño l'année dernière tout comme la baisse et le retard de la production dus à des températures plus élevées, expliquent la situation. Parmi les autres principaux pays fournisseurs, le Maroc reste stable avec 53 000 tonnes alors que le Chili avec 83 000 tonnes recule de 21%). Sur le domaine européen, la Pologne est aussi à la baisse (26 000 tonnes,-4%). Les exportations mondiales de myrtilles ont atteint 748 000 tonnes en 2023, soit une contraction de 12% par rapport à l'année précédente.

PPAM : FranceAgriMer lance une étude économique sur la cueillette sauvage

FranceAgriMer lance une étude sur l'état des lieux économique de la cueillette sauvage de PPAM en France métropolitaine. Elle permettra d’avoir une vision quantitative et qualitative sur les prélèvements effectués sur une cinquantaine d’espèces et leurs filières de destination. Cette étude économique fait suite à l’étude de faisabilité pour l’émergence d’un Observatoire national des cueillettes, mené en 2021-2022 par un collectif de structures. Cette première étude pointait la difficulté à obtenir des données sur les prélèvements en plantes sauvages effectués sur le territoire. FranceAgriMer, membre du comité de pilotage du projet, s’est alors saisi de la question. L’objectif de cette nouvelle étude est d’expliquer à la fois les choix d’approvisionnements des entreprises acheteuses et utilisatrices et l’état du marché actuel (volumes, valeurs). Les données obtenues devront permettre d’élaborer une base de données économique. Un premier volet quantitatif se déroule de juin à septembre 2024 réalisé sous la forme d’un questionnaire. En septembre prochain, et ce jusqu’en juillet 2025, un volet qualitatif complétera le dispositif au travers de la réalisation de 50 entretiens d’opérateurs.

Agriculture urbaine/légumes : les freins au développement en Europe (étude)

Le réseau associatif francilien Les Cols Verts a mené une étude sur l’état de l’agriculture urbaine à l’échelle européenne, indique-t-il sur LinkedIn. Elle dresse l’état de l’art sur les besoins des porteurs de projets et sur la pertinence d’un Mooc «Agricultures Urbaines» à l’échelle européenne. «Malgré des perceptions différentes, de nombreux acteurs se mobilisent pour développer l'agriculture urbaine et faire face au manque de législations et financements en Europe», soulignent Les Cols Verts. Les interviewés (institutionnels, porteurs de projets) ont indiqué le besoin d’une mise en réseau offrant plus de visibilité, mais aussi le manque d’acteurs de terrain, de temps et de moyens. Cette étude a pu être réalisé grâce au financement du programme européen Suave (Stimulating SMEs in new urban agriculture value chain for sustainable growth in Europe) porté par Végépolys Valley en France et quatre autres structures européennes. Ce programme vise à soutenir les petites et moyennes entreprises candidates pour les aider dans leurs initiatives de transition digitale et environnementales des systèmes alimentaires urbains.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.