Captages/prélèvements sensibles: Pannier-Runacher présente sa feuille de route
La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a présenté sa feuille de route pour « améliorer la qualité de l'eau par la protection des captages » à l’occasion d’un déplacement dans le Pas-de-Calais, le 28 mars. Elle veut une « nouvelle méthode » et une vraie « stratégie » pour les années à venir, a indiqué son cabinet lors d’un brief à la presse le même jour. L’équipe de la ministre a annoncé « dès le mois d’avril, la réunion d’une comitologie qui permettra de réactiver le groupe national captages (GNC) », dont les travaux s’achèveront en septembre. L'élément à enjeu est l'arrêté interministériel attendu depuis fin 2023 dans le cadre de la stratégie Ecophyto. Cet arrêté doit définir les seuils de qualité d’eau qui catégorisent un point de prélèvement comme « sensible ». Selon nos informations, son contenu a suscité des désaccords l’an dernier dans le monde agricole, certains souhaitant un seuil à 80% de la norme, d’autres à 100% de la norme. « On doit définir où est le curseur, c’est justement là où on va se mettre d’accord, notamment sur la question du 100 ou du 80 », a confirmé le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Une phase de consultation « obligatoire » est prévue « en octobre ». Le deuxième élément attendu est le guide de gestion des risques destiné aux préfets et collectivités territoriales pour la mise en place obligatoire des plans de gestion de sécurité sanitaire des eaux (PGSSE).
Captages: la feuille de route prévoit des financements, négociation RPD « en parallèle »
Dans le cadre de la feuille de route sur la protection des captages présentée le 28 mars (voir plus haut), le ministère de la Transition écologique prévoit d’« accompagner » les agriculteurs dans leurs changements de pratiques. « Le besoin de financements est estimé à plusieurs millions [d’euros], voire plus » a indiqué que le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher lors d’un brief à la presse le même jour. L’idée est de mobiliser les dispositifs existants « plus ou moins sollicités » que sont les mesures agroenvironnementales et climatiques (Maec) et les paiements pour services environnementaux (PSE), mais aussi de « nouveaux outils financiers ». « On a ce travail à conduire, au sein du groupe national captages (GNC), de pouvoir voir quels sont les nouveaux types de financements et d’accompagnements qui peuvent exister », a étayé l’entourage de la ministre. En outre, son ministère a « sanctuarisé » une première enveloppe de « 6,5millions d’euros » issus de la stratégie Ecophyto pour « délimiter » des aires de captages autour des points de prélèvements les plus sensibles. « Si on arrive à faire cette année à peu près 500 captages, ce serait déjà bien », a indiqué l’équipe d’Agnès Pannier-Runacher. Enfin, l’Hôtel de Roquelaure « a comme objectif de redémarrer la négociation de la redevance pour pollutions diffuses (RPD) avec le monde agricole, en parallèle » de la feuille de route.
Eau/PFAS: Eau de Paris dépose plainte contre X pour pollution de son réseau
Faire appliquer le principe "pollueur-payeur": la régie chargée de l'eau à Paris a porté plainte contre X pour pollution de son réseau d'eau potable aux polluants éternels (ou PFAS), afin que les fabricants de ces substances supportent le surcoût de la décontamination. «Le combat ne fait que commencer contre les responsables de ce scandale sanitaire. Ce n'est pas aux usagers de payer la facture», a estimé la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, à l'origine de la plainte déposée le 28 mars par la régie municipale Eau de Paris au tribunal judiciaire. Celle-ci vise «les délits de pollution des eaux, de pollution des sols par abandon de déchets et de dégradation substantielle à l'environnement», selon les motifs de la plainte contre X consultés par l'AFP. Le but est d'identifier les responsabilités des producteurs des substances chimiques «per- et polyfluoroalkylées», dits PFAS ou polluants éternels, d'origine industrielle ou agricole, pour les faire contribuer au financement de la dépollution de l'eau du robinet des Parisiens. Ces coûts, évalués à «plusieurs dizaines de millions d'euros», «ont largement augmenté ces dernières années et sont portés intégralement par les usagers à travers leurs factures d'eau», a dénoncé auprès de l'AFP Dan Lert, le président d'Eau de Paris, chargée de l'approvisionnement et de la distribution de l'eau dans la capitale.
Vin : Bruxelles présente un paquet de mesures pour soutenir le secteur
Pour répondre aux difficultés la filière vitivinicole européenne (baisse de la consommation, surproduction, réduction des exportations), la Commission européenne a finalement publié, le 28 mars, son paquet de mesures législatives sur le vin. Comme attendu, cet ensemble de propositions fait sien environ « 80 à 90 % » des recommandations du groupe à haut niveau touchant à la fois la production, la demande et des dispositions horizontales. En matière de gestion de la production, Bruxelles propose une période de validité plus longue des autorisations de replantation (huit ans). Les sanctions administratives pour les autorisations de replantation non utilisées, allouées avant le 1er janvier 2025, sont supprimées. Le texte donne aux États membres la possibilité de financer des aides pour la distillation (volontaire ou obligatoire), l’arrachage ou la vendange en vert (volontaire). L’idée pour l’exécutif européen est de mieux lutter contre la surproduction en offrant aux producteurs les flexibilités nécessaires pour prendre leur décision d'investissement dans le contexte changeant actuel. Les États membres seront également autorisés à mieux adapter les autorisations de plantation à leurs besoins nationaux et régionaux. Le texte doit à présent obtenir l’assentiment des colégislateurs européens (Parlement européen et Conseil de l’UE) avant d’entrer en vigueur, probablement d’ici la fin 2025 ou le début 2026.
Vin : les propositions de l’UE pour s’adapter à la demande et soutenir le marché
Au-delà des outils de gestion de la production, la proposition de la Commission en faveur du secteur vitivinicole, publiée le 28 mars, contient également des éléments permettant de mieux adapter l’offre à la demande du marché. La proposition offre ainsi des assouplissements sur la désalcoolisation et les vins à faible teneur en alcool. En outre, il introduit deux nouvelles définitions : « vin sans alcool » (dont le titre alcoométrique acquis du produit n'excède pas 0,5 % vol) et « vin léger en alcool » (supérieur à 0,5 % en volume et inférieur d'au moins 30 % au titre alcoométrique volumique réel minimal de la catégorie avant désalcoolisation). Pour l’exécutif européen, il s’agit de prendre en considération l’intérêt croissant, notamment chez les jeunes, pour les vins faibles en alcool et d’avoir une approche harmonisée. Sur un plan plus horizontal, la Commission prévoit également des dispositions pour développer le tourisme viticole via un soutien aux groupements de producteurs gérants des AOP, étendre la durée des campagnes de promotion à l’international de 3 à 5 ans et relever de 50 % à 80 % le plafond de financement des investissements liés à l'atténuation et à l'adaptation au changement climatique.
Vin : la Commission européenne va uniformiser l’étiquetage numérique
Dans le cadre du paquet « Vin » présenté le 28 mars, la Commission européenne propose d’uniformiser les règles d’étiquetage électronique (QR code) du vin. L’objectif de cette mesure est « de minimiser les coûts et la charge administrative pour les opérateurs, et d’assurer une approche commune sur le marché de l’UE, tout en tenant compte de la nécessité de rendre ces informations accessibles aux consommateurs » Cela devrait également faciliter les exportations à l’étranger, notamment les petits producteurs qui pourront vendre leurs vins dans différents pays sous la même étiquette. Bruxelles justifie cette proposition par le fait que l’étiquetage actuel de la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle au moyen de mots sont « fastidieux » pour les producteurs de vin mais également que les règles d'identification diffèrent selon les États membres. En novembre 2023, la publication des lignes directrices de la Commission européenne sur les nouvelles règles d’étiquetage des vins de l’OCM avait donné lieu à une levée de bouclier de l’industrie vitivinicole de l’UE et d’eurodéputés qui y voyaient une déviation par rapport à ce que prévoit l’acte de base.
Vin : un bon accueil des professionnels mais des interrogations demeurent
La publication, le 28 mars, des propositions de la Commission européenne pour le secteur vitivinicole a été globalement bien accueilli par les organisations professionnelles du secteur. Le CEEV (entreprises) se réjouit que Bruxelles a « rapidement traduit la plupart des recommandations politiques identifiées par le groupe de haut niveau de l'UE en une proposition juridique concrète en seulement trois mois ». De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) estiment que l'exécutif européen « a tenu ses promesses » et « se félicitent de cette réponse opportune [...] à la crise structurelle que traverse le secteur vitivinicole de l'UE ». Toutefois, quelques interrogations demeurent. Le CEEV pointe l’insuffisance des mesures du paquet Vin en cas de guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE alors que le Copa-Cogeca regrette que « les recommandations financières clés du groupe de haut niveau n'aient pas été retenues » dans la mouture finale du texte. Enfin, les vignerons indépendants européens (CEVI) évoquent « un texte décevant » qui « élude complètement le soutien au développement des TPE artisanales familiales du secteur ».
Cognac : Pékin reporte de trois mois sa décision sur les droits de douane
La Chine a consenti à repousser de trois mois une éventuelle application définitive de droits de douane supplémentaires sur la filière cognac, a annoncé le 28 mars le chef de la diplomatie française qui achevait une visite en Chine. « Le risque auquel était confrontée la filière, jusqu'à hier, c'était l'application définitive à l'issue de la période de l'enquête, qui devait se terminer le 5 avril prochain », a expliqué Jean-Noël Barrot, selon l’AFP. « À l'issue de cette visite, m'est confirmé que l'enquête est repoussée de trois mois. Ce qui écarte le scénario d'une application brutale de droits définitifs sur cette filière », s'est-il félicité. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a souligné qu'il s'agissait d'un « sursis », mais il y voit aussi « une première étape qui devra être suivie d'autres étapes pour (...) mettre définitivement ce différend derrière nous ». La filière cognac (72 500 emplois en France) est ultra-dépendante des exportations, qui représentent 98 % de ses ventes, pour 3,35 Md€, avec comme premier client les États-Unis (38 % des expéditions), devant la Chine (25% ). En novembre 2024, la Chine avait annoncé l'imposition de « mesures antidumping temporaires » sur les brandys importés de l'UE, dont le cognac, après une annonce similaire le mois précédent.
Ukraine: Hansen prévoit moins d'importations après expiration de l'accord, en juin
L'Union européenne prévoit de réduire les importations de produits agricoles ukrainiens après l'expiration d'un accord en juin, a affirmé le 28 mars le commissaire européen Christophe Hansen à l'AFP. «Les quotas à l'importation ne vont pas rester les mêmes (...) Donc effectivement, il y aura moins d'importations», a-t-il assuré, lors d'un entretien à Bruxelles. L'Union européenne a instauré depuis 2022 une exemption de droits de douane sur des importations agricoles venant d'Ukraine pour soutenir Kiev face à l'invasion russe. Européens et Ukrainiens doivent négocier dans les semaines qui viennent les suites qu'ils entendent donner à cet accord qui expire début juin. «Les discussions vont devoir être rapides. Du côté de l'Union européenne, on est prêt pour négocier et ça doit se faire dans les semaines à venir», a rappelé Christophe Hansen. L'accord «a causé, surtout dans certains Etats membres, des problèmes», a reconnu le commissaire européen à l'Agriculture. «Je pense que le mieux serait qu'on ait un accord à plus long terme avec l'Ukraine, notamment avec un alignement des standards de production», en termes d'utilisation des pesticides, a ajouté le Luxembourgeois.
Restauration : Véronique Louwagie annonce des Assises, attendues des restaurateurs
La ministre Véronique Louwagie, déléguée du Commerce et de l’Artisanat et des PME, a annoncé le 27 mars au MIN de Rungis (Val de Marne) l’organisation d’Assises de la restauration et des métiers de bouche. Parmi les invités, Catherine Quérard, présidente du GHR (Groupement des hôtelleries et restaurations), salue l’initiative dans son édito sur le site du syndicat. Elle rapporte que la ministre souhaite trouver des réponses aux enjeux conjoncturels, traiter les défis structurels et renforcer le dialogue avec l’Etat. Ces Assises, qui devraient se tenir en mai, indique-t-elle, « seront l’occasion pour le GHR de continuer de porter nos propositions relatives à l’emploi et à la formation ». Au-delà de cette première préoccupation, la présidente du syndicat espère que celui-ci trouvera, à l’occasion des assises, de réaffirmer son soutien à « des mesures permettant le retour à des prix abordables de l’électricité et du gaz, ou favorisant l’investissement dans des matériels plus respectueux de l’environnement », et de « rependre les travaux sur la promotion de la restauration, de reparler du Fait Maison et d’affirmer ce qu’est un restaurant ».
Alimentation: la suppression d'Oqali «n’apporterait aucun gain», selon l'Anses et l'Inrae
Interrogés par Agra presse, après que les députés de la commission des affaires économiques ont proposé, lors de l'examen du projet de loi Simplification, le 24 mars, de supprimer de l'Observatoire de l'alimentation (Oqali), l'Anses et l'Inrae estiment que cela n'apporterait «aucun gain sur le plan financier ou humain». Les députés estimaient qu'il s'agissait d'un « doublon administratif en matière de recherche sur l’alimentation », dont la suppression permettrait d'« ajouter de la clarté au fonctionnement de ces institutions ». Les deux organismes, qui ont autorité sur l'observatoire, répondent qu'Oqali «n’est en aucun cas une structure nouvelle» et que «l’Anses et Inrae répondent ensemble, de manière souple et sans structure ou moyens administratifs additionnels aux besoins exprimés par la loi», qui a instauré cet observatoire en 2008. Et les deux institutions de mettre en avant quelques unes des dernières missions réalisées dans le cadre de l'observatoire : «suivi du déploiement du Nutri-Score en France métropolitaine» ; «production de données d’intérêt pour les saisines de l’Anses», par exemple pour «la prévention des anomalies de fermeture du tube neural par les folates» ; «bilan de l’utilisation des sucres et édulcorants dans les aliments transformés», «évaluation de l’atteinte des engagements de l’accord collectif» sur les teneurs en sel dans le pain.
Nutrition/climat : des associations inquiètes d’un recul de la Snanc sur la viande
« Nous sommes extrêmement inquiets à l’idée que les objectifs chiffrés de réduction de la consommation de viande puissent disparaître » de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), écrivent 11 associations dans une lettre ouverte aux ministres concernés, le 27 mars, alors que la mise en consultation est censée être imminente. « Un tel arbitrage ne nous semblerait pas acceptable, à l’heure où le consensus scientifique, les scénarios de prospective agricole les plus débattus en France (Afterres 2050 de Solagro, Tyfa de l’Iddri, Transition(s) 2050 de l’Ademe, etc), mais aussi la SNBC, le CNA, le HCC, le HCSP ou encore France Stratégie montrent tous que la baisse de consommation de produits d’origine animale est une nécessité pour adopter des pratiques agroécologiques dans les exploitations agricoles » et « pour mettre en adéquation notre production alimentaire avec des objectifs d’intérêt général ». Parmi les signataires : CIWF France, le Collectif national des associations d'obèses, la Fédération Promotion Santé ou encore Foodwatch, le RAC, Greenpeace, le WWF et FNE. L'hypothèse d'un retrait d’un objectif chiffré - lors d'une réunion à Matignon - avait été relayée par le média Contexte en début de semaine. Contactés par Agra Presse, les services de Matignon n'ont pas confirmé.
Sucre: aux Etats-Unis, campagne de Kennedy Jr contre l'achat de sodas avec des food stamps
Le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr a appelé vendredi les Etats du pays à mettre un terme à la possibilité d'acheter des boissons sucrées avec des bons alimentaires, faisant reculer les fabricants de soda en Bourse. Lors d'une visite en Virginie-Occidentale (est), il a annoncé que l'Etat, l'un des plus pauvres des Etats-Unis, avait soumis une demande de dérogation pour éviter que les bénéficiaires de coupons alimentaires ne puissent acheter des sodas avec. Financé sur fonds publics, le Programme d'aide nutritionnelle supplémentaire (SNAP) fournit à des foyers à bas revenus une carte de paiement qui leur permet de se procurer des fruits et légumes, de la viande, des produits laitiers, mais aussi des «produits de grignotage et boissons non alcoolisées», dont les sodas, selon le ministère de l'Agriculture, qui le supervise. «Le message que je veux transmettre au pays aujourd'hui, et à tous les autres gouverneurs, c'est de se ranger derrière le gouverneur Morrisey et de demander une dérogation à mon ministère, et nous vous l'accorderons», a déclaré M. Kennedy, selon une retransmission de ses propos. Dans la foulée, les géants des sodas Coca-Cola et Pepsico ont reculé à la Bourse de New York. A la clôture de Wall Street, Coca-Cola a perdu 0,52% et Pepsico a reculé de 0,27%.
Inao : campagne de communication sur les Siqo reconduite en 2025
L’Inao va reconduire en 2025 sa campagne de communication destinée à mieux faire connaître les Siqo (signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine) aux jeunes. « L’évaluation menée par CSA sur la campagne de communication 2024 conclut à des résultats assez bons comparés à des campagnes du même type », souligne Carole Ly, directrice générale de l’Inao dans une déclaration à Agra Presse. Cette opération, visant à renforcer la notoriété des AOP, IGP, STG, produits de l’agriculture biologique et Label Rouge, a permis de mettre en lumière que les parents ayant leur premier enfant sont particulièrement sensibles à la campagne. Plusieurs canaux ont été mobilisés - presse écrite, publicité TV sur les plateformes de replay, site de recettes Jow et influenceurs - autour d’un temps fort, la Semaine de la qualité et de l’origine, début décembre. Sur la base de ce bilan positif, l’Inao a décidé de budgétiser 500 000 euros en 2025 pour reconduire cette opération, soit un peu moins que les 650 000 dépensés en 2024 en raison du travail de création des messages et supports qui a déjà été effectué. Deux temps forts sont prévus à l’été pour les produits de saison et en novembre. « Nous comptons particulièrement sur les ODG qui vont relayer les messages comme ils l’ont fait en 2024 », prévoit Carole Ly. L’Inao veut poursuivre ses efforts pour la notoriété des Siqo en préparant un dossier de subventions européennes pour les années 2026 à 2028.
Pomme : le marché mexicain « va s’ouvrir » aux pommes françaises (Interfel)
Après sept ans de négociations, le marché mexicain devrait enfin s’ouvrir aux pommes françaises, à la suite d’une réunion fructueuse au Mexique entre le ministre mexicain de l’Agriculture et Laurent Saint-Martin, ministre français délégué chargé du Commerce extérieur. « Le protocole est techniquement prêt, il n’a pas encore été signé mais c’est tout comme », explique à Agra Presse le président d’Interfel Daniel Sauvaitre. Il ne reste selon lui plus que des formalités administratives, avant une annonce officielle côté mexicain après le 2 avril pour ne pas aggraver les tensions entre le Mexique et les Etats-Unis (Donald Trump a suspendu l’essentiel des droits de douane annoncés contre le Mexique jusqu’au 2 avril), et une entrée en vigueur dans la foulée. « La première fois que la France a candidaté pour exporter au Mexique, c’était en 1999 », se souvient Daniel Sauvaitre. « C’est un immense marché : le Mexique importe 250 000 tonnes par an, presque exclusivement des Etats-Unis ». De son côté, le directeur de l’ANPP (Association nationale pommes poires) Pierre Venteau a lui aussi exprimé sa satisfaction dans un contexte où les producteurs français ont « plus que jamais l’ambition d’exporter ».
Légumes surgelés : rapprochement en vue entre Gelagri Bretagne (Eureden) et Greenyard
Gelagri Bretagne (filiale légumes surgelés d’Eureden) et le géant des fruits et légumes Greenyard « entrent en négociations exclusives en vue d’un projet de rapprochement en Bretagne », annoncent-ils dans un communiqué le 28 mars. Les partenaires ont signé une lettre d’intention et espèrent finaliser la transaction «d’ici la fin de l'année 2025, sous réserve notamment de l'approbation des autorités compétentes ». Greenyard sera « actionnaire majoritaire », précise le communiqué. Le rapprochement permettra d’allier « la base solide des producteurs adhérents de la coopérative Eureden » et « l'accès de Greenyard aux plus grands distributeurs mondiaux ». Les deux industriels affirment que l’opération « donnerait un nouvel élan à la filière », sachant que le marché des légumes surgelés est « de dimension européenne », rappelle le d.g. d’Eureden, Alain Perrin. Spécialiste des MDD, Gelagri dispose de deux sites dans les Côtes-d’Armor (Loudéac, Saint-Caradec) et d’un dans le Finistère (Landerneau). Il possède aussi deux usines en Espagne – non concernées par l’opération – et dégage en tout un chiffre d’affaires de 245 M€. De son côté, Greenyard exploite un site à Moréac (Morbihan). Le groupe belge se décrit comme « un leader mondial du marché des fruits et légumes frais, surgelés et préparés, des fleurs et des plantes » (chiffre d’affaires de 5,1 Md€).
Asperges : partenariat avec Top chef et Marmiton pour faire connaître le légume
« Notre grand défi cette année, c’est de recruter de nouveaux consommateurs et de casser les préjugés sur l’asperge », annonce Astrid Etèveneaux, directrice de l’AOPn Asperges de France, lors d’un point presse le 27 mars, en ce début de récolte (de février à juin). Alors que seulement « 30% de la population » consomme ce légume, ils viennent de nouer un partenariat avec Top Chef (mise en avant des asperges dans une émission) et le site Marmiton. L’année 2025 sera-t-elle bonne ? « Impossible à prédire », répond la directrice. L’an dernier, la météo pluvieuse a limité les volumes tout au long de la campagne, résume le RNM dans son focus 2024, avec de surcroît « des fêtes pascales particulièrement précoces ». Deuxième challenge pour l’AOPn : mieux anticiper la production, notamment grâce à une salariée en thèse embauchée l’an dernier, qui travaille sur un « outil de modélisation ». Interrogé sur les tendances en matière de robotisation, censée remplacer un jour les humains lors de la récolte (au-delà des machines d’assistance déjà utilisées), Guillaume Thomas, vice-président de l’AOPn, indique que « la récolte reste manuelle car ces machines ne sont pas du tout au point ». « La main d’œuvre représente 50 à 60% des coûts de production », rappelle-t-il. La production nationale annuelle est estimée à 27 300 tonnes.
Boulangerie : accord avec le belge Vandemoortele pour le rachat de Délifrance (Vivescia)
Le groupe agroalimentaire belge Vandemoortele va racheter la filiale Délifrance, spécialisée dans la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (BVP), du groupe coopératif céréalier français Vivescia, annonce un communiqué commun du 28 mars. Un accord de principe a été signé entre les deux entités. La transaction effective serait prévue pour cette fin d’année 2025, les détails juridiques devant encore être finalisés. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. Délifrance constitue un poids lourd de la BVP européenne. Il dégageait au 30 juin 2024 un chiffre d’affaires de 930 millions d’euros (M€), via 14 sites industriels et 3 200 collaborateurs, écoulant ses produits sur le marché européen, mais aussi asiatique. De son côté, Vandemoortele représente également un leader du secteur, détenant 28 sites de production, pour 3 500 salariés. Le groupe belge vend ses produits aux clients européens et états-uniens. L’opération permettrait de créer un acteur « de premier plan à l’échelle mondiale », avec un « chiffre d’affaires projeté de 2,4 milliards d’euros », explique le communiqué. De son côté, Christoph Büren, président de Vivescia a déclaré que « ce choix s’inscrit dans le cadre des réflexions stratégiques Vivescia 2030, conduites depuis 18 mois ».
Soja : l’avis de l’Anses sur les isoflavones suscite des critiques de la filière
Alors que l’Anses recommande de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective pour éviter une surconsommation d’isoflavones, dans des travaux publiés le 24 mars évaluant le risque lié à ces molécules phytoœstrogènes, malgré l’opinion divergente exprimée par deux experts qui ont refusé de valider les conclusions, Sojaxa (association pour la promotion des aliments au soja) et Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) ont sollicité un rendez-vous avec l’Agence sanitaire. Sojaxa et Terres Univia « s’étonnent de [sa] position, qui diverge des recommandations émises par d’autres autorités de santé européennes qui accordent toute leur place aux produits à base de soja dans une alimentation équilibrée », dans un communiqué du 26 mars. Ces organisations citent l’exemple de l’Allemagne où « la Société Allemande de Nutrition (DGE) recommande dans ses lignes directrices nutritionnelles de mars 2024 la consommation de produits à base de soja pour leurs apports en protéines ». Elles estiment aussi « essentiel de comprendre pourquoi la balance bénéfices-risques n’a pas été prise en compte », une critique déjà formulée par les deux experts en désaccord. De son côté, le Parti animaliste a dénoncé une « position incompréhensible de l'Anses sur le soja », sur Facebook le 25 mars.
Fertilisants : OCP Nutricrops veut augmenter de 9 Mt sa production d’engrais phosphaté d'ici 2028
Dans un communiqué du 26 mars, le producteur marocain d’engrais phosphaté OCP Nutricrops, filiale du groupe OCP (Office chérifien des phosphates), a annoncé viser une augmentation de sa production de 9 Mt à l’horizon 2028, via un plan d’investissement, dont le montant n’a pas été communiqué. L’objectif : répondre à la demande mondiale croissante. Dans un premier temps, la compagnie objective une hausse de 4,5 Mt de sa production en 2026. Deux nouveaux axes miniers et industriels seront créés : Mzinda et Meskala, respectivement situés dans les communes de Youssoufia et d’Essaouira. Dans son rapport annuel de 2023, le groupe OCP annonçait une production d’engrais et de composants nutritifs destinés à l’alimentation animale à 10,9 Mt. Pour rappel, la France constitue un importateur d’engrais phosphatés marocains, afin de subvenir aux besoins de ses cultures céréalières. Selon les données douanières, l’Hexagone en importait en 2024 plus de 178 000 t, contre 156 000 t en 2023. Un « mémorandum d’entente » avait par ailleurs été signé entre OCP Nutricrops, l’Université Mohamed VI, Intercéréales et Arvalis le 28 octobre 2024 à Rabat lors d’une visite d’État.
Sols : seul un quart des terres arables françaises en bonne santé, 10 % en vignes
La start-up Genesis a publié le 27 mars un baromètre de la santé des sols en France montrant que seul un quart des terres arables est en bonne santé. Cet état des lieux repose sur les mesures du programme scientifique RMQS, coordonné par l’Inrae, et celles de l’entreprise de notation. Résultat pour les terres arables : 27 % apparaissent en bonne santé, 26 % dans un état dégradé, 3 % critique. Le baromètre est encore pire côté vignes, avec 10 % en bonne santé, 41 % à l’état dégradé, 16 % critique. La situation est meilleure pour les prairies, à 68 % en bonne santé, seulement 5 % à l’état dégradé. Plusieurs paramètres sont en cause. Genesis fonde son baromètre sur trois types d’indicateurs (carbone, biodiversité, pollution) et des données contextuelles, notamment issues des satellites pour identifier l’environnement global du sol (géologie, climat, pratiques culturales…). Puis l’IA et des modèles prédictifs lui permettent d’établir sa notation. Il en ressort de fortes disparités au sein même des systèmes de production. Illustration en grandes cultures : Genesis relie un état critique du sol à des pratiques culturales (labour profond, fertilisation minérale, aucun couvert végétal, faible rotation des cultures).
Porc : la France a perdu relativement peu de truies en 2024 (FranceAgriMer)
La population française de truies a diminué modérément en 2024 en comparaison des cheptels de Pologne, des Pays-Bas, d’Espagne et d’Italie, observe-t-on pau travers des indicateurs sur la filière porcine édités par FranceAgriMer à la suite du conseil spécialisé Viandes blanches du 13 mars. La France a vu son effectif de truies diminuer de 1,8% en France, dans une mesure comparable à la Belgique (- 2,1%). L’ensemble du cheptel européen à 27 pays membres a reculé de 3,5% par rapport à 2023, de source Eurostat, sous l’effet du recul de 5,6% de l’Espagne, qui a le plus important cheptel (environ 2,6 millions de truies), ainsi que de la Pologne, de l’Italie et des Pays-Bas, de respectivement 9,6%, 8% et 14%. L’Allemagne, le deuxième cheptel européen (environ 1,4 millions de truies), est stable (-0,3%) tandis que le Danemark, troisième cheptel (près d’1,2 millions de truies), progresse de 2,3%. En France, indemne de Peste porcine africaine, le ratio de rentabilité (cotation de carcasse S (€/kg) / prix de l'aliment Ifip (€/kg) a dépassé 7 en 2024, et il restait en janvier 2025 « à un niveau assez correct », selon le commentaire d’environ 5,9), dans un contexte de stabilité du coût de l’aliment aussi bien que des cotations.
Volailles : la filière pintade mise sur 5 % de mises en places supplémentaires en 2025
Dans un dossier de presse distribué le 27 mars par l’interprofession de la pintade (CIP), les accouveurs font le pari d’une augmentation des mises en place de pintadeaux de 5 % cette année, sur la lancée de l’augmentation de 19 % en janvier en vue du pic de consommation de Pâques. La filière attend beaucoup du deuxième pic de consommation de la fin d’année et espère pour cela que les acheteurs de la distribution tiendront compte du cycle long de la pintade : au moins 11 semaines pour une pintade standard et 20 semaines pour un chapon de pintade label rouge. Le CIP a déploré en décembre 2024 des ruptures d’approvisionnement et 20 % de chute des achats des ménages, alors que ces derniers ont été en hausse de 3 % sur les onze premiers mois par rapport à 2023. Seule la restauration a profité de la progression de 7,9 % des abattages contrôlés en 2024, puisque, la vente au détail a reculé de 4,4 % et les exportations de 6,5 %. La restauration française a représenté 35 % des ventes des producteurs français ; une part qui a gagné neuf points en 2024. La RHD a été suffisamment dynamique pour que la consommation (calculée par bilan) augmente de 12 % et que les stocks en fin d’année chutent d’un quart par rapport à leur volume de décembre 2023.
Lait : Sodiaal annonce une hausse du prix du lait bio
Le président de Sodiaal Jean-Michel Javelle a indiqué à Agra Presse que le lait bio sera payé aux éleveurs de la coopérative 20 €/1 000 litres de plus sur les mois de janvier à mai 2025. En 2024, le lait bio avait été payé 530 €/1 000 litres avec les ristournes (prix de base : 500 €/1 000 litres). « Sur le début de l’année, le prix du lait bio Sodiaal a augmenté de 20 €/1 000 litres par rapport à 2024, celui-ci a atteint 530 €. Sur l’année 2025, le lait bio sera payé au moins 10 €/1 000 litres de plus, mais nous avons l’ambition d’aller au-delà de cette augmentation », a-t-il déclaré. Sodiaal veut stabiliser en 2025 les volumes de lait bio après une baisse au cours de l’année 2024 par rapport à 2023. La coopérative a arrêté les conversions en bio depuis cinq ans, à l’exception des jeunes qui veulent s’installer en bio. L’année dernière, Sodiaal a collecté 193 millions de litres de lait bio, soit 4,7 % de ses volumes de lait. « On croit au lait bio français et nous voulons soutenir nos éleveurs bio pour continuer à servir les marchés. Ils reprennent des couleurs et notre projet sur le lait infantile avec Arla va assurer des débouchés », a-t-il précisé. Annoncé en août 2024, le projet avec Arla consiste à fabriquer pour le groupe laitier danois des laits infantiles conventionnels et bio, via sa filiale Nutribio, destinés au marché chinois.
Faim dans le monde: la baisse des financements inquiète le Programme alimentaire mondial
« Malgré la générosité de nombreux gouvernements et donateurs individuels, le PAM subit une forte baisse de financement auprès de ses principaux donateurs » indique le Programme alimentaire mondial des Nations Unies dans un communiqué publié le 28 mars. L’organisation onusienne est confrontée à une baisse « alarmante » de 40 % de son financement pour 2025 par rapport à 2024. « 58 millions de personnes risquent de perdre une aide vitale dans le cadre des 28 opérations de réponse aux crises les plus critiques de l'agence », souligne le PAM qui appelle « de toute urgence » à de nouveaux financements. Les annonces de coupes dans l'aide internationale se sont multipliées ces derniers mois, suscitant l'inquiétude des ONG et organisations internationales, rapporte l’AFP. A titre d’exemple, les Etats-Unis du président Trump ont supprimé 83%, soit « des dizaines de milliards de dollars » des programmes de l'agence de développement américaine Usaid, qui gérait à elle seule jusqu'à présent un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, soit 42% de l'aide humanitaire déboursée mondialement.