Coopératives : Euralis et Maïsadour travaillent à un projet de fusion
Dans un communiqué commun du 27 mars, les coopératives Euralis et Maïsadour annoncent avoir « engagé des discussions sur un projet de rapprochement par voie de fusion ». Les deux géantes polyvalentes du Sud-Ouest affichent l’ambition de créer un acteur coopératif capable de « mieux soutenir et promouvoir les filières agricoles régionales ». Elles avertissent que ce projet est suspendu à l’autorisation par les autorités de concurrence, à son financement et à l’approbation finale par les assemblées générales. Rappelons qu’en 2023 l’autorité de la concurrence avait dissuadé les coopératives de rapprocher leurs activités dans le foie gras. Le nouveau projet est « un pôle coopératif doté d’une taille nouvelle et de ressources combinées », selon le communiqué. Celui-ci développera en amont « une agriculture à forte valeur ajoutée, durable et génératrice de rémunérations attractives pour les filières végétales et animales en y associant le développement des énergies renouvelables » par « l’accompagnement au plus proche » et « le renforcement des services ». Christophe Congues et Daniel Peyraube, respectivement président d’Euralis et de Maïsadour, expriment dans le communiqué leurs espoirs l’agriculture du Sud-Ouest.
Maïs doux : l'AGPM craint une chute de 15 % de la sole française en 2025, sous les 20 000 ha
Contacté par Agra Presse, Sébastien Méry, secrétaire général de l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) et producteur dans le Loiret, a expliqué « craindre une nouvelle baisse des assolements de maïs doux en France en 2025 ». Plus en détail, la sole nationale pourrait décrocher de 15 % annuellement, et passer sous la barre des 20 000 ha, s’inquiète l’association. La raison de cette préoccupation, selon lui : la concurrence déloyale chinoise, qui a fortement augmenté ses exportations vers l'Hexagone et l'UE depuis quelques années, pénalisant les productions locales. « Les producteurs chinois ont des coûts de production bien plus faibles et des normes bien moins exigeantes, leur permettant d'être très compétitifs », alerte le secrétaire général de l'AGPM. Le syndicat réclame une protection du marché européen, via l'instauration de droits de douanes dissuasifs sur les imports chinois. Pour rappel, l’exécutif européen a décidé d’ouvrir une enquête antidumping en décembre 2024 à la suite du dépôt de plainte, le 25 octobre, de l’Association européenne des transformateurs de maïs doux (AETMD). De premières réponses sont attendues en juillet sur d’éventuels droits de douane provisoires.
Pommes de terre : le GIPT affine sa prévision de surface à la hausse
Lors de l’assemblée générale de la FFSCM (syndicats de courtiers en marchandises) le 22 mars, Philippe Quennemet, président du GIPT (interprofession de la pomme de terre) a indiqué que « la surface française de pommes de terre de conservation devrait progresser de l’ordre de 10 % en 2025 ». Pour rappel, les services statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) estimaient en 2024 la sole nationale de pommes de terre de conservation et de demi-saison à plus de 170 000 ha. Les travaux de plantation sont actuellement en cours, susceptibles de faire évoluer la prévision. Un analyste souhaitant conserver l’anonymat précise que les conditions météorologiques sont actuellement favorables aux semis. La hausse prévue des surfaces s’explique par la croissance de la demande, que ce soit au niveau national ou international, offrant des prix plus rémunérateurs aux producteurs. Des usines sont en cours de construction dans l’Hexagone. Toutefois, la concurrence s’accroît sur le marché international de la pomme de terre transformée, alerte le président du GIPT, avec « l’émergence de l’Inde et de la Chine » notamment. « Dans ce contexte, la contractualisation est plus que jamais une sécurité pour le producteur », précise-t-il.
Pâtes : le cahier des charges IGP « raviole du Dauphiné » passe au 100 % origine France
Le cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « raviole du Dauphiné » a été modifié par un arrêté paru au Journal officiel le 26 mars. Les modifications portent essentiellement sur l'obligation pour les producteurs de ravioles de n'utiliser que des ingrédients présents sur le territoire français, et en particulier les matières grasses. Contacté par Agra Presse, Bruno Gil, administrateur de l'association de défense de la véritable raviole du Dauphiné et directeur marketing de Saint Jean (fabricant de ravioles), explique qu'il était auparavant possible d'élaborer des ravioles du Dauphiné « avec de l'huile de coprah ou de l’huile de palme, par manque de clarté du cahier des charges. Aujourd'hui, ces matières premières d’origine « exotique » sont interdites, et le cahier des charges se recentre sur des ingrédients comme de l'huile de colza, de tournesol ou le beurre. » Bruno Gil s'est donc réjoui de cette publication : « Il s'agit du résultat d'un travail de deux ans en collaboration avec les autorités françaises et européennes. Nous sommes satisfaits d'avoir été entendus dans notre demande. » Autre nouveauté : le cahier des charges impose désormais l'usage d'œufs de poules élevées en plein air.
Influenza aviaire : aux États-Unis, le besoin d’œufs importés va s'accentuer en avril
Les fêtes de Pâques chrétienne et juive vont accentuer la demande en œufs en avril aux États-Unis, alors que la production restera pénalisée par l’influenza aviaire, estime Michael Fisher, data scientist du cabinet d’expertise sur les matières premières TradingPedia, dans un communiqué du 24 mars. Selon lui, la demande en œufs de consommation devrait se situer en avril entre 8,2 et 8,4 milliards d’œufs en avril, contre 8 milliards en avril 2024 ; de son côté, l’offre se situerait entre 7,5 et 7,6 milliards, en recul de 4 à 6 % pour cause d’influenza aviaire. Il faudra donc selon l’expert que les États-Unis importent au moins 800 millions d’œufs pour avril. D’après un article publié par Reuters le 24 mars, les États-Unis ont presque doublé leurs importations d’œufs du Brésil. De source Reuters également, le media Tradingview informe que l’Indonésie est capable de vendre aux USA jusqu’à 1,6 millions d’œufs par mois. Selon la presse internationale, la Turquie a commencé à expédier des œufs, tandis que dans l’UE, la Pologne, la Lituanie, le Danemark et la Finlande ont été sollicités par l’administration américaine. Toutefois, les opérateurs européens sont retenus par les exigences sanitaires et formalités administratives nécessaires, et la demande du marché européen.
FCO : l’Italie allège à son tour les restrictions sur les importations d’animaux (syndicat)
Dans un communiqué du 27 mars, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) annonce un « assouplissement des conditions sanitaires pour l’exportation de bovins vers l’Italie », première destination des broutards français. En particulier, « il n’est plus exigé de vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) ni d’analyse PCR négative pour ces animaux », explique le syndicat. L’Espagne, deuxième débouché français, a récemment pris une décision similaire. Dans le détail, ces assouplissements concernent les « animaux exportés vers les régions non indemnes de FCO en Italie (à l’exception de deux toutes petites régions autonomes : Bolzano et Frioul-Vénétie Julienne) ». La FNB se félicite d’une « avancée sans précédent pour les éleveurs, permettant de fluidifier les échanges ». Par ailleurs, cet assouplissement « permet également de libérer des vaccins FCO pour vacciner nos cheptels », dans un contexte de tensions sur la disponibilité des vaccins. En revanche, les conditions sanitaires liées à la maladie hémorragique épizootique (MHE) sont « inchangées » (vaccination ou désinsectisation et test PCR négatif), selon l’association spécialisée de la FNSEA. Selon l’Idele, en 2024, la France a envoyé 778 000 animaux (mâles et femelles) vers l’Italie, soit 83 % du total.
FCO/bovins : Genevard annonce des indemnisations pour les veaux mort-nés en 2024
« L'État prendra (…) en charge la perte des veaux mort-nés pendant l'épizootie passée » de fièvre catarrhale ovine (FCO), a annoncé Annie Genevard au congrès de la FNSEA le 27 mars. La compensation des « veaux mort-nés, c'était un oubli administratif pour 2024. Mais il n'y a aucune réponse sur les animaux qui ont continué à mourir depuis le 1er janvier (...) c'est inadmissible pour nous », s'est désolé auprès de l'AFP Patrick Bénézit, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), qui réclamait cette mesure. La France fait face à des épizooties simultanées de FCO et de MHE (maladie hémorragique épizootique), avec plusieurs dizaines de milliers de cas, qui provoquent notamment des problèmes de fertilité. D’après l’Idele, les naissances de veaux allaitants « auraient reculé de 5 % à 6 % au total sur l’année 2024 », avec un pic à l’automne « concomitant » avec la propagation de ces maladies. Concernant les veaux mort-nés, « FranceAgriMer a demandé aux départements de ne pas prendre en compte les veaux non bouclés », a rapporté la députée Florence Goulet (RN, Meuse) lors des questions au gouvernement le 25 mars. Selon elle, « cette consigne a empêché l’indemnisation de près de 60 % des veaux morts dans la tranche 0-6 mois », soit un « manque à percevoir d’un million d’euros pour les éleveurs meusiens ».
Élevage : un appel pour une stratégie qui « ne pénalise pas injustement » le secteur
Le think tank Farm Europe, avec le soutien de quelque 125 organisations européennes (dont Inaporc, UECBV…), appelle, dans un document adressé à la Commission européenne, à soutenir le secteur de l’élevage « en s’éloignant des approches idéologiques qui ont des conséquences imprévues et risquent de compromettre la compétitivité et la résilience du système agroalimentaire ». Ces organisations soulignent l’importance des protéines animales pour nourrir l’Europe. Elles plaident pour une stratégie alimentaire européenne globale qui soutienne la diversité de la production agricole, notamment l’élevage, la polyculture et les méthodes d’intensification durable. Lors de l’évaluation de l’impact global de l’élevage, il est essentiel de soutenir des méthodes scientifiquement fondées en évitant les interprétations trompeuses qui pénalisent injustement l’élevage, selon elles. « L’élevage constitue un pilier économique et social important […] ; réduire la production de produits animaux, alors que la demande est en hausse, favoriserait les importations, entraînant non seulement une perte de compétitivité pour les agriculteurs européens, mais aussi une augmentation des émissions mondiales », préviennent-elles. La Commission européenne s’est engagée, dans le cadre de sa Vision sur l’agriculture et l’alimentation, à présenter dans les prochains mois une stratégie sur l’élevage. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen promet des solutions adaptées aux spécificités territoriales.
Photovoltaïque : nouveau tarif gelé jusqu’en juin pour le solaire en « moyenne toiture »
Un arrêté, publié le 27 mars au Journal officiel, gèle jusqu’en juin le nouveau tarif pour le solaire en « moyenne toiture » (100 à 500 kWc), permettant d’« éviter un effondrement soudain du marché », selon la filière. Le tarif de 95 €/MWh (contre 105 €/MWh jusqu’au 28 mars) restera en vigueur jusqu'au deuxième trimestre. Un dispositif d'appel d'offres simplifié est prévu à partir du début du deuxième semestre 2025, permettant de contrôler le volume des projets, selon Bercy. Par ailleurs, un système de caution bancaire, d'un montant de 10 000 €, sera mis en place afin de restreindre le soutien aux seuls projets vraiment aboutis. La filière a enfin obtenu gain de cause sur la « non-rétroactivité » du dispositif, alors qu'initialement, Bercy prévoyait que ces modifications entreraient en vigueur au 1er février. « On a bien compris ces difficultés et on a donc modifié l'entrée en vigueur de l'arrêté tarifaire », indique-t-on au ministère, dont l’objectif reste de recentrer les aides et limiter l'impact sur les finances publiques. Dans un communiqué, les syndicats Enerplan et Ser jugent « l’effondrement de la filière temporairement évité ». Mais l’inquiétude demeure sur le nouveau système d’appel d’offres, « à la fois sur les volumes et sur la régularité des sessions ».
Transmission : l'assouplissement du Pacte Dutreil s'appliquera aux anciens baux
À l'occasion du congrès de la FNSEA à Grenoble le 27 mars, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué que l'assouplissement du Pacte Dutreil, inscrit dans la loi de finances pour 2025, s'appliquera bien à tous les baux, y compris ceux contractés avant la promulgation du texte. Une erreur d'écriture dans le texte de loi avait réduit la portée de cette mesure aux seuls baux contractés à partir de 2025 ; la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin se serait engagée auprès d'Annie Genevard à corriger cette erreur. Pour rappel, la loi de finances avait relevé les planchers d'abattement fiscal sur les droits de donation et succession, portant sur des biens loués par bail à long terme ou des parts sociales de GFA (groupements fonciers agricoles) dont les biens sont loués par bail à long terme. Pour les baux de plus de cinq ans, le plancher est passé de 300 000 euros à 600 000 euros. Quant aux baux de plus de 13 ans, la fourchette est passée de 300 000-500 000 euros à 600 000-20 M€.
PPL Entraves : Genevard invite la FNSEA à se concentrer sur le vote et non la date
« Quand on s'engage publiquement » devant les agriculteurs, « on tient sa parole », a lancé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA réunie en congrès à Grenoble, s'agaçant devant la ministre de l'Agriculture de n'avoir toujours pas de date d'examen à l'Assemblée d'une proposition de loi Entraves. La dernière date évoquée par Matignon (semaine du 28 avril) n'a pas été retenue par la conférence des présidents de l'Assemblé. « Oserez-vous, en dehors de la caisse de résonance médiatique du Salon de l'agriculture, nous donner une date et, enfin, vous y tenir ? », a-t-il insisté. « Comme vous j'aurais voulu que ce texte auquel j'ai beaucoup travaillé pour qu'il soit soutenu par le gouvernement (...) poursuive son chemin rapidement. Le sujet que nous avons est celui de l'encombrement législatif », lui a répondu la ministre, listant les lois sur le narcotrafic, la simplification, l'audiovisuel et la fin de vie. Le gouvernement « cherche encore l'accord du Parlement pour une inscription la plus rapide possible », a-t-elle ajouté. Le principal combat ne sera pas « la date », a-t-elle encore dit, provoquant quelques huées parmi les adhérents de la FNSEA présents dans la salle. « Le vrai sujet c'est de convaincre les députés de l'adopter. »
PPL Entraves/pesticides: le d.g. de l'Anses met sa place en jeu, la FNSEA s'agace
À l'occasion d'une audition devant la commission du Développement durable le 25 mars, le directeur général de l'Anses Benoit Vallet a indiqué, en réponse à la question de la députée LFI Mathilde Hignet, que le projet de réforme de gouvernance des autorisations de mise sur le marché (AMM) des pesticides tel que prévu par la version de la proposition de loi (PPL) sur les Entraves adoptée par le Sénat, le contraindrait à quitter son poste. « Le changement qui suivrait un texte adopté change mon contrat ; et donc pour moi, il n'y a plus possibilité de rester directeur général, c'est simple. » Une déclaration à laquelle a réagi, sans le nommer, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau dans son discours de clôture du congrès de Grenoble, fustigeant des fonctionnaires qui agissent comme des « militants » et « défient l'autorité de leur ministre ». Au Salon de l'agriculture, Benoît Vallet avait déjà dénoncé, lors d'une conférence de presse, le projet de conseil d’orientation [pour la protection des cultures], estimant que le dispositif envisagé « tend à passer au deuxième plan les priorités de danger sanitaire et environnemental », pour privilégier à la place les enjeux économiques. Dénonçant, début mars, l'ouverture de trop nombreux dossiers épineux dans la PPL Entraves, le président du groupe Modem Marc Fesneau a appelé les parties prenantes à réduire le périmètre du texte en commission afin de faciliter son adoption, visant notamment les articles dédiés à l'Anses.
Maraîchage : en Espagne, de fortes inquiétudes après les aléas climatiques de mars (syndicat)
Les précipitations supérieures de 143 % à la normale en mars ont atténué la sécheresse dans une grande partie de l'Espagne, mais ont provoqué d'importantes pertes de récoltes dans la région de Murcie et en Andalousie, rapporte la Coag (principal syndicat agricole espagnol) le 25 mars. « Dans la région de Murcie, les inondations ont touché plus de 5 000 ha de laitues, de brocolis et de choux-fleurs, avec des pertes estimées à 10 millions d'euros ». Dans le Bas-Guadalquivir, les pluies excessives affectent aussi les brassicacées (chou-fleur, brocoli, chou, navet, etc.), qui devraient être récoltées maintenant, « mais ni les machines ni les ouvriers ne peuvent entrer dans les champs sans rester coincés », explique le syndicat. À Huelva, c’est la culture de fraises qui souffre du botrytis, entraînant des pertes. De plus, les vents violents ont également causé des dommages à plus de 200 ha de serres dans cette province. La région d'Almería n’a pas été épargnée ; la situation des cultures de pastèques et de melons est préoccupante, car elles sont en pleine phase de pollinisation et très affectée par l’alternance de période humides et de chaleur ces dernières semaines. La Coag prévient que l’excès d’eau et les retards dans les travaux sur le terrain pourraient affecter la planification des cultures et des récoltes de printemps.
Vin/taxes américaines : en Italie aussi, les menaces ont déjà des conséquences négatives
Après la France, la menace du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douane de 200 % sur les boissons alcoolisées européennes si l'UE ne renonçait pas à taxer le bourbon américain, engendre également des conséquences pour la filière italienne. C’est ce qu’avance, dans un communiqué publié le 27 mars, le principal syndicat agricole italien, Coldiretti. « Le blocage des expéditions de vin vers les États-Unis en raison de craintes liées aux droits de douane pourrait coûter aux vignobles italiens 6 M€ par jour », rapporte l’organisation. Et d’ajouter que les mesures de Donald Trump sur le vin pourraient réduire les exportations de vins italiens de 70 à 80 %, « favorisant la concurrence d'autres pays non touchés par la guerre commerciale ». Selon les données du syndicat italien, cela représenterait un coût « d’au moins un milliard d’euros pour les vignobles italiens ». De son côté, Federvini (vins et spiritueux italiens) estime que les taxes Trump pourraient potentiellement affecter « près de 40 000 entreprises et 460 000 employés et leurs familles, tout en mettant en danger l'ensemble de la chaîne de production avec des exportations annuelles de 10 Md€ ».
Bio/distribution : Biocoop profite de la reprise du marché
Le distributeur coopératif Biocoop a annoncé le 27 mars des ventes atteignant 1,79 milliard d’euros en 2024, en hausse de 7,5% par rapport à 2023. « Il s’agit d’une croissance saine portée par une hausse de la fréquentation en magasins », note Franck Poncet, le d.g. de Biocoop, leader de la distribution spécialisée biologique (DSB) avec 45,6 % de parts de marché. Parmi les facteurs explicatifs, il note une probable arrivée de nouveaux clients qui se détourneraient de la grande distribution, qui a réduit son offre de produits biologiques. Biocoop, qui a ouvert dix nouveaux magasins au cours de 2024 (pour un total de 740 points de vente), va amplifier cette dynamique en 2025 en prévoyant 15 nouveaux magasins. Les ventes de début d’année restent dynamiques, Franck Poncet se montrant « optimiste mais prudent pour 2025 ». Biocoop estime que la crise du bio, née après la crise sanitaire, est dernière lui, mais craint pour cette année des pénuries dans plusieurs filières, dont le lait de vache. Le réseau compte sur plusieurs leviers habituels pour attirer les clients, parmi lesquels une marque Biocoop (15 % du chiffre d’affaires), qui affichera dans sa totalité d’ici la fin 2025 les logos Origin’Info, Planet Score et Nutri Score (de deuxième génération). Autre levier : une baisse de prix de 7 % en moyenne sur 400 références à marque Biocoop et nationale à compter du 8 avril, en baissant uniquement la marge du distributeur.
Titres-restaurants : deux Français sur trois pour l'usage les dimanches (sondage)
Le syndicat de la restauration rapide (Snarr) vante dans son communiqué du 26 mars son sondage montrant que les deux tiers des Français sont favorables à la possibilité de dépenser des titres-restaurant les dimanches et jours fériés ; une proportion montant à 85% parmi les détenteurs de ce moyen de paiement. Le Snarr a fait réaliser ce sondage par l’institut Odoxa auprès de 1005 Français alors que le gouvernement a lancé une concertation sur la réforme des titres-restaurant. Sa déléguée générale, Esther Kalonji, rappelle dans le communiqué le tort qu’a fait à la restauration l’extension de leur usages en grande distribution. Celle-ci, pense-t-elle, « doit être en partie compensée par une mesure de bon sens qui ne coûtera rien aux finances publiques ». En effet, selon le sondage, un Français sur trois estime que l’usage des titres les dimanches et jours fériés permettrait d’aller plus souvent au restaurant entre amis ou en famille, un Français sur deux pense que cela améliorerait le pouvoir d’achat. Enfin, 19% des sondés estiment que cela aiderait le secteur de la restauration, une proportion montant à 27% parmi les détenteurs de titres.
Forêts : un tiers des espèces d'arbres sont menacées dans le monde (rapport)
Un tiers des espèces d'arbres dans le monde sont menacées, alerte l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport publié le 26 mars, qui souligne l'urgence d'une prise de conscience. L'organisation a recueilli les données de 77 pays, représentant 77% des forêts mondiales : sur les 58 000 espèces d'arbres dans le monde, 30% sont menacées, surtout les espèces rares, et dans les zones tropicales et subtropicales. En cause notamment : la déforestation, le réchauffement climatique, les incendies, les maladies ou les espèces envahissantes. « Investir dans les ressources génétiques forestières (RGF) et les gérer de manière durable permettra d'adapter les forêts du monde au changement climatique tout en augmentant la productivité et en développant de nouveaux produits », explique le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, dans la préface du rapport. Mais l'organisation constate que les pays négligent ce sujet ; seuls 64% disposent d'inventaires nationaux de leurs RGF. La FAO juge aussi que les efforts pour garantir la conservation et la reproduction des espèces restent « limités », et qu'il y a des lacunes dans la coopération internationale.
Sols: les champignons victimes des engrais, de la déforestation et du climat (rapport)
La déforestation, l'extension de l'agriculture et des villes ou encore les incendies qu'accentue le réchauffement climatique sont des menaces croissantes pour le monde des champignons, soutien vital de la plupart des plantes de la Terre, a alerté le 27 mars l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Au moins 411 champignons sont désormais menacés d'extinction dans le monde sur les 1.300 espèces dont l'état de conservation est solidement documenté, selon une actualisation de la liste rouge des espèces menacées établie par ce collectif international d'institutions scientifiques réputées. Cette évaluation ne concerne qu'une fraction des quelque 150.000 espèces de champignons répertoriées à ce jour, sur une estimation de 2,5 millions de variétés sur la Terre. Mais elle illustre les menaces que l'activité humaine fait peser sur ce règne ni animal ni végétal. Sur les espèces menacées dans le monde, 279 le sont à cause de «la croissance rapide des zones agricoles et urbaines», selon l'UICN. «Les écoulements d'azote et d'ammoniac provenant des engrais et de la pollution des moteurs menacent également 91 espèces», ajoute le consortium. Ce dernier type de menaces est «grave en Europe, affectant des espèces bien connues dans les campagnes traditionnelles, telles que l'Hygrocybe intermedia», un champignon jaune-orangé peu commun mais visible dans les prairies de la Scandinavie jusqu'au sud de l'Italie.
Faim dans le monde : l’UE annonce un engagement de 3,4 Md€ d’ici 2027
À l’occasion du sommet « Nutrition pour la croissance » (N4G) qui se tenait le 27 mars à Paris, la Commission européenne a annoncé un nouvel engagement de 3,4 milliards d’euros (Md€) jusqu’en 2027 afin de lutter contre la malnutrition dans le monde. Bruxelles précise que l’investissement européen, qui se fait dans le cadre de sa stratégie « Global Gateway », se matérialisera par un soutien aux pays confrontés à des niveaux élevés de malnutrition infantile, notamment en Afrique subsaharienne. « Il ciblera les enfants de moins de cinq ans et les jeunes mères enceintes et allaitant souffrant de malnutrition aiguë sévère », précise l’exécutif européen dans son communiqué. Le précédent engagement de l’UE en la matière s’élevait à 2,5 Md€ pour la période 2021-2023 et avait été annoncé lors du sommet N4G à Tokyo en 2021. L’UE l’avait finalement dépassé de près de 1,9 Md€, pour un total de 4,4 Md€ sur la période.
Réseaux sociaux : TikTok devient un canal majeur des « influenceurs » agricoles
Dans une étude publiée en février (à télécharger ici) sur l'activité des 42 principaux « influenceurs » agricoles français (comptant au moins 8 000 abonnés, actifs sur TikTok, YouTube, Instagram, Facebook ou X), le cabinet de conseil Visibrain estime que le réseau social chinois TikTok est devenu un canal majeur. 38 « influenceurs » y sont présents, aux comptes desquels 2,2 millions de personnes sont abonnées. C'est comparable à YouTube, qui rassemble 16 « influenceurs », suivis par 1,65 millions de personnes, ou encore à Instagram (28 « influenceurs » pour 774 000 abonnés), loin devant Facebook (neuf « influenceurs », 340 000 abonnés) et X (six « influenceurs », 97 000 abonnés). Les éleveurs sont les plus représentés (18 « influenceurs »), devant la polyculture-élevage (12 « influenceurs »), et les grandes cultures (12 « influenceurs »). Dans l'ordre, les sujets abordés rassemblent « la vie quotidienne à la ferme », la « formation et la vulgarisation du métier agricole », le « machinisme agricole et les nouvelles technologies », le « soutien à la féminisation » et, en dernier, un « engagement politique timide ». Les analystes remarquent que « les grandes figures de l’agri-influence restent prudentes face aux mobilisations agricoles ».
Russie : le fondateur du conglomérat agricole Rusagro placé en détention
Le milliardaire russe Vadim Mochkovitch, le fondateur du conglomérat agricole Rusagro, accusé de détournement de fonds et d'abus de pouvoir, a été placé en détention provisoire au moins jusqu'au 25 mai, rapporte l’AFP. Plusieurs bureaux de Rusagro, géant de l’agroalimentaire russe qui figure parmi les principaux producteurs de sucre, de viande et d'huile du pays, ont été perquisitionnés. Il risque jusqu'à dix ans de prison s'il est reconnu coupable. Vadim Mochkovitch fait l’objet, depuis 2022, de sanctions de la part de l’UE. Bruxelles estime que sa présence à une réunion publique avec Vladimir Poutine au Kremlin, le jour où la Russie a déclenché son offensive militaire contre l'Ukraine, est la preuve de sa proximité avec le président russe, et qu'il « soutient ou met en œuvre des actions ou des politiques qui sapent ou menacent les droits de l'homme ». Le magazine Forbes a évalué sa fortune à environ 2,7 Md$ (2,5 Md€).
Agenda de la semaine agricole du 31 mars 2025
Vendredi 28 mars
La Commission européenne présente un paquet de mesures pour le secteur vitivinicole
Agnès Pannier-Runacher lance la feuille de route sur les captages (qualité de l'eau)
Les députés poursuivent l’examen du PJL Simplification en commission spéciale, jusqu’au 1er avril
Lundi 31 mars
Journées Export agro de Business France, jusqu’au 4 avril
Conseil de planification écologique, à l’Élysée
Auditions de la mission d'information flash sur la valorisation des algues vertes, à l’Assemblée
Mardi 1er avril
Conférence de presse de Générations futures sur les rejets de PFAS
Conférence de presse d’Inter Rhône (vin), à Avignon
Débat sur les pesticides organisé par l'Institut Veblen et le BASIC
Les sénateurs examinent la PPL SRP+10 en Coméco, puis en séance publique
L’Idele présente les résultats du projet Harpagon (alimentation de précision des vaches laitières)
Les députés examinent la PPL Agrivoltaïsme (partage de la valeur) en séance publique, jusqu’au 2 avril
Mercredi 2 avril
Conférence de presse de Soignon (fromages)
Réunion du groupe de contact France-Espagne-Italie sur l’ail, dans la Drôme
Salon Snack Show, jusqu’au 3 avril
Forum annuel de l’Agores (restauration collective publique), à Dole, jusqu’au 4 avril
Salon Probio Ouest, à Rennes
Conférence sur la bioéconomie territoriale, par Agridées et l’ACDV (chimie du végétal)
Les sénateur examinent en commission la PPL Chlordécone (responsabilité de l'État)
Jeudi 3 avril
Journée Grand angle lait de l’Idele, à Paris
Journée Orge de brasserie d’Arvalis, à Orléans
Convention nationale des agroéquipements et des espaces verts (Axema, Sedima), à La Baule, jusqu’au 4 avril
Assemblée générale de l‘Itepmai (institut technique des PPAM)
Audience de l'affaire Grataloup contre Monsanto
Séminaire Acta-Inrae sur les projets Parsada, à Paris, jusqu’au 4 avril
Réunion de l’Opecst (Parlement) sur l’agriculture et le réchauffement climatique et la biodiversité