Agrafil du 1er mars 2022

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Russie/Ukraine: les eurodéputés veulent revoir la «dépendance céréalière et énergétique» de l’UE

Réunis le 28 février en commission de l’Agriculture, les eurodéputés ont estimé qu’«il était temps de revoir la dépendance céréalière et gazière de l’UE vis-à-vis de la Russie et de l’Ukraine». Pour l’eurodéputé Bert-Jan Ruissen (conservateurs), «ce conflit va avoir à moyen et long terme un impact important en raison de la hausse des prix des engrais liés à celle du gaz, du pétrole ainsi que des céréales». Face à ces incertitudes, il a demandé à la Commission européenne si elle avait «des marges de manœuvre budgétaires suffisantes pour aider les agriculteurs qui seront sans nul doute durement touchés». De son côté, Bruxelles a indiqué que «cette question sera notamment à l’ordre du jour du conseil informel des ministres de l’Agriculture qui se tiendra 2 mars, et au cours duquel la présidence française de l’UE présentera un rapport sur la sécurité et la souveraineté alimentaire». Avant de préciser qu’«à cette même occasion, la Commission évaluera la meilleure manière d’utiliser la Pac actuelle ou encore les mesures de marché pour aider notamment le secteur porcin». Par ailleurs, dans le cadre du plan d’urgence en vue de garantir l’approvisionnement et la sécurité alimentaires en période de crise – adopté en novembre – l’exécutif européen a également indiqué que «le groupe d’experts devrait se réunir pour la première fois avant Pâques afin notamment de répondre à la hausse des prix à l’importation».

Ukraine: «Il faut réarmer la France agricole et agroalimentaire» (FranceAgriMer)

La guerre en Ukraine montre la nécessité pour la France et l’UE de «redevenir une puissance agricole et agroalimentaire forte», a déclaré le 28 février en conférence de presse Jean-François Loiseau, président de la commission thématique International de FranceAgriMer. «Il faut réarmer nos filières», selon lui, face à des soucis d’approvisionnement liés au conflit en mer Noire. Les productions animales se trouvent «en risque», étant largement dépendantes des tourteaux importés de cette zone, a souligné Jean-François Loiseau. L’Ukraine représente 50% des exportations mondiales d’huile de tournesol, dont les tourteaux sont des coproduits pour l’alimentation notamment des porcs et des volailles. C’est aussi le quatrième exportateur mondial de maïs, avec encore 17,6 Mt de disponibilités pour le reste de la campagne 2021-22. Des clients comme l’Italie et l’Espagne n’ont que «deux à trois semaines» de réserves en maïs, d’après lui. Raison pour laquelle le projet européen De la ferme à la table «doit être abandonné en l’état», a considéré Jean-François Loiseau, critiquant l’orientation vers plus de jachères. Et de dénoncer «une réglementation excessive» dans l’UE, et surtout en France, concernant les phytos, la génétique, les engrais.

Russie/Ukraine: Hidalgo veut bloquer les prix de l'énergie, Roussel inquiet des céréales

La candidate socialiste Anne Hidalgo a appelé le 28 février au blocage des prix de l'énergie pour les particuliers et les agriculteurs, et à «une discussion européenne» pour éviter de possibles pénuries liées aux conséquences du conflit russo-ukrainien, lors de son passage au Salon de l'Agriculture. «Il faut d'urgence qu'il y ait une anticipation de ces évolutions de prix, notamment de l'énergie, avec un blocage de ces prix pour permettre justement à nos concitoyens, et bien sûr les agriculteurs, de pouvoir passer le cap de cette guerre qui pour l'instant donne plutôt des signes de durée», a-t-elle déclaré à la presse. Pour elle, «l'augmentation des prix et les blocages en ce qui concerne l'importation et l'exportation (de produits en direction ou en provenance de la Russie, NDLR) vont entraîner aussi des problèmes dans l'approvisionnement des matières premières». «Là aussi, il faut qu'il y ait une discussion européenne», a-t-elle insisté. Également en visite au Salon le même jour, le candidat communiste Fabien Roussel a demandé «solennellement» une «conférence nationale» sur la filière céréalière, pour «d'assurer une sécurité des prix en matière de céréales et pour l'alimentation du bétail».

Climat: pour le Giec, l’adaptation passera par la préservation de la biodiversité

«C’est le premier rapport dans lequel nous reconnaissons aussi clairement l’interdépendance entre le climat, les écosystèmes et la biodiversité», souligne Hoesung Lee, président du Groupe international d’experts sur le climat (Giec) lors d'une conférence de presse le 28 février. Dans ce nouveau rapport sur l’adaptation au changement climatique publié ce jour, le Giec  rappelle, sur la base de près de 34 000 études scientifiques, que «le changement climatique, y compris la hausse de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes, a réduit la sécurité alimentaire». En Europe, «des pertes substantielles de productions sont attendues dans la majorité des régions», qui ne seront pas compensées par les hausses de rendement en Europe du Nord. Des enjeux face auxquels, prévient le Giec, l’irrigation ne sera pas suffisante, puisque son efficacité «décroît avec la hausse des températures», et qu’elle peut même «avoir des effets indésirables», notamment en altérant les précipitations. Les experts recommandent donc de développer les variétés et races adaptées, mais aussi de «restaurer les zones humides et les rivières», d’arrêter l’artificialisation des sols, ou encore de diversifier le paysage et d’encourager l’agroforesterie.

Start-up: vers un programme d'accélération French Tech dédié à l'agriculture

À l'occasion du Salon de l'agriculture le 28 février, le président de la Ferme digitale a remis au ministre de l'Agriculture (qui le lui avait commandé) son rapport sur les conditions de développement des start-up agricoles françaises. Élaboré avec 27 organisations représentantes de l'écosystème «agritech», ce rapport acte la création du mouvement FrenchAgriTech, qui rassemble toutes les organisations du secteur, et il met en avant huit grandes actions à mettre en œuvre pour le développer. La plus marquante est la création d'un programme d'accélération dédié à l'agriculture intitulé French AgriTech 30, en partenariat avec la French Tech (service du ministère de l'Économie dédié à l'accompagnement des start-up). Il vise à sélectionner chaque année trente start-up «à potentiel», dont dix dans l'univers des technologies (p.ex. outil d'aide à la décision), dix dans celui de l'industrie (p.ex. robotique) et dix dans le vivant (p.ex. biocontrôle). Autres propositions: créer un label FrenchAgriTech, permettant de rassembler des start-up et structures de soutien et d'accompagnement; créer une «plateforme d'informations», qui rassemblera toutes les informations utiles aux start-up agricoles.

Carbone: la Coopération agricole dévoile sa feuille de route à 2035

À l'occasion du Salon de l'agriculture, la Coopération agricole a dévoilé le 28 février une «feuille de route» carbone qui doit lui permettre d'atteindre l'objectif, qu'elle avait annoncé au printemps 2021, d'une neutralité carbone d'ici 2035 sur le périmètre des coopératives adhérentes à la fédération (y compris la production agricole). La Coopération agricole a divisé le travail en quatre chantiers: l'élaboration de plans d'actions par filière - à l'instar du lait, qui s'est fixé pour objectif de réduire de 17% son empreinte d'ici 2025, au travers de la démarche RSE France Terre de lait; un travail sur la proposition de «solutions de décarbonation» (énergies renouvelables, bioéconomie...); un second sur le marché du carbone et la proposition de crédits aux autres activités économiques que l'agriculture; et enfin un travail dédié aux «conditions politiques et économiques de valorisation du carbone», avec une attention particulière donnée aux travaux de l'Union européenne en cours sur la rémunération des efforts climatiques. Ce dernier sujet européen mobilise actuellement la plus grande vigilance du réseau. «La question de la mesure est un vrai sujet», souligne la directrice de la Coopération agricole, Florence Pradier.

Une vaste plateforme d’ONG en gestation sur l'agriculture et l'alimentation

Une soixantaine d’ONG discuteraient actuellement pour créer officiellement d’ici septembre prochain une grande coalition dédiée à l’agroécologie et à l’alimentation, apprend Agra Presse auprès des représentants de Pour une autre Pac. La trentaine d’associations de Pour une autre Pac pourraient être rejointes dans cette nouvelle structure par près de trente autres organisations, dont le CCFD-Terres Solidaires, l'UFC-Que choisir, ou encore Réseau-Environnement-Santé. Qu'il s'agisse d'élevage, de foncier ou de santé, «notre stratégie est d’élargir les sujets pour renforcer l’alliance entre agriculteurs et consommateurs, que nous sommes les seuls à représenter», précise Clotilde Bato, trésorière de Pour une autre Pac. Dès l’automne, confie-t-elle, ce rassemblement élargi d’ONG pourrait même lancer une nouvelle campagne sur l’installation. «Les axes de plaidoyer sont définis, nous sommes en train de travailler sur la gouvernance», confirme Mathieu Courgeau, agriculteur et actuel président de Pour une autre Pac. À l’occasion du Salon de l’agriculture, la future coalition a pris temporairement pour nom «Nous produisons, nous mangeons, nous décidons», pour commencer à interpeller les élus et candidats à la présidentielle sur ses propositions.

Restauration: la FNSEA et les restaurateurs s’engagent à promouvoir l’«origine France»

La FNSEA, le syndicat des indépendants de l’hôtellerie-restauration (GNI) et le lobby de chefs cuisiniers Euro-Toques se sont engagés dans une convention, signée le 28 février au Salon de l’Agriculture, à œuvrer pour promouvoir les produits français à la carte des restaurants. Sans objectif chiffré, ce partenariat vise à augmenter la part des produits «origine France» dans les approvisionnements des restaurants, alors qu’actuellement — si l’on prend l’exemple de la viande — plus de la moitié du bœuf et de la volaille consommés en RHD (restauration hors domicile) est importée. Plus tôt dans la journée, la FNSEA organisait une conférence de presse sur les approvisionnements de la restauration collective. Le syndicat appelle à «mettre les moyens» pour augmenter la part des produits français et atteindre les objectifs d’Egalim 1 (50% de produits de qualité ou durables, dont 20% de bio). «Le prix d’un repas est le même depuis trop longtemps, ce n’est pas tenable quand on voit les augmentations des charges des producteurs», expose Arnold Puech d’Alissac, membre du bureau de la FNSEA. Il cite en exemple certains producteurs qui «arrêtent de répondre aux appels d’offres des collectivités, car les prix sont trop bas». La FNSEA estime la hausse nécessaire à 50 cts/repas, et que cette augmentation doit être prise en charge par «les collectivités et les parents».

Egalim 2: les filières exemptées du recours obligatoire au CRDCA en cas de litige

Un décret du 26 février précise la liste des filières exemptées du recours obligatoire au comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA) — comme le prévoit la loi Egalim 2 — en cas d’échec de la médiation pour régler un litige entre les producteurs et leurs acheteurs. Les filières exemptées par le décret, paru au Journal officiel le 27 février, sont: les céréales; les semences et les plants; les oléagineux et les plantes riches en protéines (protéagineux, légumes secs, luzerne déshydratée); et les fruits et légumes frais, y compris les bananes. Le texte précise que la filière oléicole (olives) reste, elle, concernée par la saisine obligatoire du CRDCA. La loi Egalim 2 instaure que, «préalablement à toute saisine du juge», tout litige entre les professionnels relatif à la conclusion ou à l’exécution d’un contrat ou d’un accord-cadre doit «faire l’objet d’une procédure de médiation par le médiateur des relations commerciales agricoles et, en cas d’échec de la médiation, d’une saisine du CRDCA». Les filières exemptées de l’application de cette disposition sont celles «pour lesquelles des modes alternatifs de règlement des différends ont été mis en place», stipule le décret.

Négociations commerciales: sans signature, «on entre dans une zone de flou» (Ilec)

À quelques heures de la clôture des négociations commerciales, le 1er mars à minuit, le taux de signature des marques alimentaires nationales est «historiquement faible», s’inquiète le directeur général de l’Ilec, Richard Panquiault. Les industriels qu’il représente n’ont signé qu’entre 40 et 70% de leurs contrats avec les distributeurs. De nombreuses signatures de dernière minute sont attendues, mais beaucoup de dossiers ne seront pas conclus à temps, anticipe le d.g. «Quand il n’y a pas d’accord au 1er mars, il n’y a pas de tarifs 2022. Et, à ce moment-là, on entre dans une zone de flou juridique, car il n’y a pratiquement pas de précédents, souligne-t-il. Je pense que, dans certains cas, s’il n’y a pas d’accord, il y aura tout simplement une rupture de la relation commerciale.» Les industriels et les distributeurs pourront aussi faire jouer les périodes de préavis pour prolonger les livraisons. Mais, dans ce cas, «il est hors de question que le tarif 2021 continue de s’appliquer comme l’espèrent certaines enseignes», prévient Richard Panquiault. À l’origine des blocages qui perdurent, l’inflation et, dans 15 à 20% des dossiers, les négociations autour de la clause de révision du prix. «C’est une nouveauté introduite par Egalim 2. Nous avons encore très peu d’expérience sur ce type de négociations», explique-t-il.

Vin: la filière estime être allée trop loin dans la limitation des rendements

«La filière viticole doit revenir à une notion de volumes de production de vin pour pouvoir approvisionner les marchés», a déclaré le président du Cniv (interprofessions viticoles), Bernard Farges lors d’une conférence de presse au Salon le 28 février. «À trop considérer qu’il faut réduire les rendements pour faire de la qualité, on risque de ne pas avoir assez de vin pour les marchés, et cela peut se révéler mortifère». La production française de vin devient tout juste suffisante, et lorsque survient un aléa climatique, «on perd des marchés, et ils sont difficiles à rétablir». Bernard Farges estime qu’il faut développer la capacité à produire, non pas tant en accroissant les surfaces de vigne qu’en limitant moins les rendements. Une telle politique induira «davantage d’outils de stockage» pour mettre de côté du vin pendant les années de vendange abondante, a ajouté Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer. La filière veut mettre en place une politique de stockage ambitieuse: développer le volume complémentaire individuel (VCI) et la réserve interprofessionnelle (collective), et créer un troisième outil, «la réserve climatique», a précisé Jérôme Despey. Il s’agirait d’une politique de stockage privé, alimentée par les cotisations volontaires obligatoires des viticulteurs.

Biodiversité: la Coopération agricole et la Caisse des dépôts planchent sur un diagnostic

«AgriBest est pratiquement finalisé», s’est réjoui Thomas Jullien, chargé de mission chez la Coopération agricole, à l’occasion de la présentation de l’outil le 28 février au Salon de l’agriculture. Depuis 2019, les coopératives travaillent de concert avec la branche Biodiversité de la Caisse des dépôts pour développer cette interface gratuite de diagnostic biodiversité, qui devrait être disponible en 2023. En trente minutes, les agriculteurs pourront mesurer leur performance (sur six niveaux) concernant seize indicateurs – dont les utilisations de pesticides, la gestion des prairies ou des haies, ou encore l’irrigation –, tout en se comparant au sein de leur Otex ou de leur territoire. «Le but est d’abord d’alimenter l’exploitant. Mais l’outil permettra aussi de valoriser les pratiques auprès des acheteurs, d’évaluer les effets de soutien des collectivités, et d’obtenir des données plus large au niveau national», détaille Antoine Cadi, directeur recherche et innovation de CDC Biodiversité, indiquant être «très vigilant» sur la protection des données. Alors que l’outil a été testé par les coopératives Agrial, Cavac ou encore Eureden, «les analyses seront peut-être plus pertinentes à l’échelle du territoire qu’à l’échelle des exploitations», estime Jean-François Appriou, président de Coop de France Ouest.

Maraîchage: Savéol poursuit sa croissance, double ses volumes cultivés sans pesticides

Le spécialiste de la tomate premium Savéol a annoncé le 28 février, lors d'une conférence de presse au Salon de l’agriculture, un chiffre d’affaires de 225 millions d’euros (M€) en 2021. Soit «une progression du chiffre d’affaires de l’ordre de 4 à 5% ces deux dernières années» selon son président Pierre-Yves Jestin. La coopérative finistérienne, qui compte 125 maraîchers, «dont quelques-uns dans le Morbihan», a produit 76 500 tonnes de tomates l’an dernier. Elle a aussi produit 2800 tonnes de fraises gariguette, soit «une progression de 10% en volumes», dont «le quart avec la labellisation Label Rouge», a précisé son directeur Ronan Loison. Ce dernier s’est réjoui d’avoir «réussi à développer la 3e voie» via le label «Cultivé sans pesticides de la fleur à l’assiette» (porté par Alliance nature et saveur, conjointement avec Solarenn et Prince de Bretagne). «Rien qu’en 2021, on a quasiment multiplié par deux nos productions en "sans pesticides"» a-t-il indiqué, affirmant peser «48% des parts de marché» sous ce label. «En bio, on devrait dépasser les 1500 tonnes tous légumes confondus en 2022», a ajouté Pierre-Yves Jestin.

Numérique: l'Inrae et l'Inria publient un livre blanc sur «l'agriculture numérique»

À l'occasion du Salon de l'agriculture, l'Inrae (recherche agronomique) et l'Inria (recherche numérique) ont présenté, le 28 février, un «livre blanc sur l'agriculture numérique», identifiant des «défis de recherche», des risques et conditions de réussite pour le bon développement de ces nouveau services. Parmi les risques identifiés, les deux instituts citent ceux de «l'exclusion» de certains agriculteurs, de leur «perte d'autonomie», notamment vis-à-vis de l'aval des filières, de la «perte d'identité, de sens et de lien avec la nature», et enfin celui d'une «transition agroécologique limitée et incomplète». Les chercheurs identifient quatre «conditions de réussite»: celle d'une recherche «systémique», portant attention à la «gouvernance des données», visant la «résilience» et non pas «l'optimum», n'oubliant pas d'avoir la «frugalité» comme objectif. Enfin, ils ont identifié quatre «défis de recherche»: celui du «partage des connaissances», de l'«assistance des agriculteurs (outils d'aide à la décision, robots, capteurs...), de la «gestion des territoires» (pilotage de l'eau, de la biodiversité»), et enfin du «rééquilibrage des chaines de valeur», entre les agriculteurs et l'aval.

Fruits et légumes: confiance au beau fixe, recul des craintes sur les pesticides

Le niveau de confiance des Français dans les fruits et légumes frais est à la fois stable et élevé pour la deuxième année consécutive, d’après le baromètre présenté en conférence de presse par Interfel (interprofession) et FranceAgriMer le 28 février au Salon de l’Agriculture. En 2021, 93% des Français disaient avoir confiance dans les légumes, et 91% dans les fruits. En outre, 77% ont déclaré «avoir autant confiance qu’auparavant», soit une hausse de six points en un an (+12 points en deux ans), a souligné la chargée d’études économiques à FranceAgriMer Pauline Cuenin. Le premier facteur de réassurance est l’origine des produits, citée instinctivement par 32% des personnes interrogées. Environ 27% des Français citent spontanément les traitements chimiques comme raison de non-confiance, un taux stable par rapport à l’an dernier (26%), mais en baisse de 13 points par rapport à 2018. Comme l’an dernier, 62% des Français estiment être bien informés sur les fruits et légumes frais. Cependant dans les points de vente, 59% aimeraient être mieux informés sur les modes de production, et 50% sur la saisonnalité.

Environnement: le Collectif de la troisième voie se constitue en association

À l'occasion du Salon de l'agriculture, les organisations du Collectif de la troisième voie agricole ont annoncé le 28 février qu'elles s'étaient constituées en association, quatre ans après la publication de leur premier manifeste. Les structures membres représentent désormais cinq grandes filières alimentaires: Bleu Blanc Coeur (alimentation animale), Demain la terre (fruits et légumes), CRC (céréales), Vignerons engagés (vins) et Mr. Goodfish (produits de la pêche et de l'aquaculture). «La priorité est de partager et de fédérer les énergies», a déclaré Bernard Schmitt, co-président de Bleu Blanc Coeur et premier président de l'association de La troisième voie. «Nous devons être capables d'influencer pour que cette vision de l'agriculture, de l'alimentation et de la santé globale soit un modèle pour tous». Depuis son lancement en 2018, le collectif se pose en représentant d'une «alternative à l'agriculture conventionnelle et à l'agriculture biologique», qui «inscrit les producteurs dans une logique de progrès constant au travers d'obligations de moyens et de résultats (critères suivis, mesurés, contrôlés)».

Robots agricoles: des expérimentations sur la circulation entre parcelles

Le ministère de l'Agriculture a fait paraitre, le 28 février, sa «feuille de route agriculture et numérique», dans laquelle elle liste une série de 25 chantiers (bouclés, en cours ou à lancer), réalisés par les pouvoirs publics eux-mêmes ou des tiers (p. ex. chambres d'agriculture, Vivea, Ferme digitale). Parmi ces chantiers, le ministère annonce le lancement de trois «nouvelles expérimentations» relatives aux «équipements agricoles autonomes», en sus de celle déjà en cours sur les épandages par drones agricoles. La première expérimentation vise à vérifier la conformité avec la réglementation routière de passages d'engins autonomes d'une parcelle à l'autre (p. ex. sur chemins ruraux et communaux). La seconde vise à vérifier la conformité des machines «en plein air» avec les directives européennes relatives aux machines agricoles. Enfin des expérimentations vont être lancées concernant la cybersécurité des machines autonomes, pour concevoir des «guides» sur la prise en compte de ces enjeux «dès la conception des robots».

Emballages plastiques: le Conseil d’État rejette la demande de QPC du secteur fruits et légumes

Dans deux décisions rendues publiques le 28 février, le Conseil d’État estime «qu’il n’y a pas lieu» de saisir le Conseil constitutionnel sur l’interdiction du plastique dans les emballages de fruits et légumes conditionnés en lots allant jusqu’à 1,5 kg. Le Conseil d’État avait été saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à ce sujet en deux occasions: par le syndicat Alliance plasturgie et composites du futur (Plastalliance) le 15 novembre, puis par la fédération française de la coopération fruitière, légumière et horticole (Felcoop) le 13 décembre. Les deux instances demandaient l’annulation du décret du 8 octobre (relatifs à l'interdiction du plastique) pour excès de pouvoir de l'État. Étant donné que le Conseil d'État a débouté ces deux demandes de QPC, il devra désormais se prononcer sur le fond. Plastalliance et Felcoop souhaiteraient notamment que les conditionnements en plastique recyclé pour l'emballage de fruits et légumes frais soient autorisés.

Protéines: trois Régions s’engagent à développer l'innovation et la production

Les Régions Grand Est, Hauts-de-France et Normandie se sont engagées, le 28 février au Salon de l'agriculture, à mettre en œuvre un programme d’action pour devenir des leaders des protéines végétales, d’algues et d’insectes. L’objectif est de répondre au défi d’une plus grande souveraineté protéique, la France important 45% de ses besoins. La demande mondiale, progresse de 15 à 20% par an, tant pour l’alimentation humaine qu’animale. Le partenariat signé au Salon consiste en trois engagements: créer une place de marchés tant sur le plan de la production que sur celui de l’innovation et des compétences; mettre en place un appel à manifestation d’intérêt sur les protéines; et organiser un évènement d’envergure européenne autour des protéines d’ici le Salon 2023. «Nous savons qu’avec l’État, tout est long. Nous prenons cette initiative régionale pour être opérationnels plus rapidement», a commenté Jean Rottner, président de la région Grand Est.

Agenda du Mardi 1er mars

Présentation du site web Passerelles paysannes (aide à l'installation) – Hall 4, stand C31 (Confédération paysanne)
8h30 – Interfel présente ses propositions pour la présidentielle et une enquête Ifop sur les Français et les fruits et légumes – Hall 2.2, stand B011
8h30 – Visite des députés de la commission des Affaires économiques
9h – Petit-déjeuner presse de la FNPL sur les crédits carbone – Hall 1
9h – Petit-déjeuner presse de CRC sur la solution blockchain Traça-blé – Hall 2.2, stand D018
9h – Petit-déjeuner presse de LSDH – Hall 1, club Affaires
9h15 – Table ronde sur Egalim 2 – Hall 4, stand du ministère de l'Agriculture
9h30 – Conférence de la FNSEA sur la transition environnementale et climatique – Hall 4, stand B79
10h – Conférence de presse de l'Ademe sur la neutralité carbone – Hall 4, stand D126
10h – Table ronde de Max Havelaar sur le commerce équitable – Hall 7, salle 723-724
10h30 – Conférence Inrae/Agences de l’Eau sur la qualité de la ressource en eau
11h – Conférence sur les métiers de la vigne et du vin (Anefa, Apecita, FNSEA, Coopération agricole) – Hall 4, Pôle Agri recrute
11h – Table ronde de Bleu blanc cœur sur l'affichage environnemental – Hall 1, stand C2
11h – Conférence de presse sur Cap Protéines (Idele, ministère de l'Agriculture, Terres Inovia) – Hall 4, stand B112 (Acta)
11h – «La transmission pour l’installation», FNSafer – Hall 4, stand B58
11h – Conférence Cirad-AFD sur l'approche «Une seule santé»
11h – Rencontre avec le Réseau des nouvelles des marchés (RNM) – Hall 4, stand B86 (FranceAgriMer)
11h30 – Conférence du Cnaol sur les produits laitiers AOP
11h45 – Remise du prix Demeter – Hall 4, stand B86 (FranceAgriMer)
12h – Conférence de l'Inrae sur la santé animale et les maladies émergentes – stand de la Ferme pédagogique
12h – L'Idele présente ses résultats sur la diminution de l'usage des antibiotiques en élevage laitier – Hall 4, stand B112 (Acta)
12h30 – Déjeuner de presse de D'aucy – à proximité du Salon
14h – Débat sur l'accaparement des terres en France – Hall 4, stand C31 (Confédération paysanne)
14h – Conférence sur la qualité de vie au travail (Anefa, Apecita, FNSEA, CCMSA) – Hall 4, pôle Agri recrute
14h – Table ronde du Cniel sur la formation dans l'industrie laitière
14h – Vers une autosuffisance alimentaire ultramarine? (Cirad-AFD), Hall 1, espace 2000
14h – Lancement de l'association Demain je serai paysan – Hall 4, stand B113 (JA)
14h30 – Conférence de presse de l'EMB, de la CR et de l'Apli sur les attentes économiques des éleveurs laitiers – Hall 7, salle 728
14h30 – Colloque de l'Inrae sur le numérique en agriculture – Hall 1, espace 2000
14h30 – Café presse avec Carole Delga (présidente de la Région Occitanie et de Régions de France) – Hall 3, stand de la Région Occitanie
15h – Conférence sur les métiers du paysage (Anefa, Apecita, FNSEA, Unep) – Hall 4, pôle Agri recrute
15h – Présentation de Serge Zakah sur les dégâts météo – Hall 4, stand de la Ferme digitale
15h – Conférence de Demain la Terre (fruits et légumes) sur les labels alimentaires – Hall 2.2, stand D040
15h – Produire bas carbone (Idele) – Hall 4, stand B112 (Acta)
15h45 – Conférence de presse de l'Acta sur les outils de suivi du carbone en conseil agricole – Hall 4, stand B112
15h45 – Conférence de presse sur le congrès de la SNFM (fermiers et métayers) – Hall 4, stand B81 (FNSEA)
16h – Débat du CCFD et de la Confédération paysanne sur la souveraineté et l'agroécologie – Hall 4, stand E63
17h – Conférence de presse de JA et de la CNE sur le livre blanc Installation – Hall 4, stand B113 (JA)
17h30 – Quelles solutions pour anticiper les épisodes climatiques? (Weenat) – Hall 4, stand de la Ferme digitale