Pac post-2027: le Parlement européen prépare ses premières propositions
Dans un projet de rapport d’initiative sur la future Pac post-2027 pour le Parlement européen (seulement en espagnol pour l’instant), la responsable du dossier Carmen Crespo Díaz du groupe PPE (droite) reprend les grands axes de la Vision sur l’Agriculture présentée mi-février par la Commission européenne: allègement des contraintes (notamment environnementales), simplification administrative, priorité au renouvellement générationnel… Elle se prononce pour des aides basées sur le volontariat et les incitations plutôt que «de simples compensations pour les coûts supplémentaires et les pertes de revenus». Selon elle, les exigences de la conditionnalité devraient être réévaluées afin de réduire les «exigences excessives et les coûts inutiles». Carmen Crespo Díaz reprend aussi l’idée de renforcer la réciprocité des normes dans les accords commerciaux afin de garantir une concurrence «équitable» entre les produits européens et ceux importés de pays tiers. Elle plaide pour accélérer les autorisations de substances actives pour la protection de la santé des végétaux et estime que celles-ci ne doivent pas être interdites «sans alternatives viables». Elle insiste également beaucoup sur l’accès à l’eau soulignant qu’il est nécessaire de promouvoir les infrastructures de stockage garantissant un approvisionnement «sûr et équilibré». Mais prévient-elle, il faudra dans un premier temps convenir d’un «budget solide» pour cette prochaine Pac.
Contrôle unique : la CFDT regrette un « manque de soutien et d'harmonisation »
À l'occasion d'une formation spécialisée du comité social d'administration (CSA) Alimentation le 20 mars, les fonctionnaires de la CFDT-Spagri ont dénoncé les conditions de mise en œuvre du « contrôle unique », évoquant « un périmètre flou, un manque de soutien et d’harmonisation qui amplifient les tensions sur le terrain… » Dans le détail, le syndicat observe une application à « géométrie variable selon les départements », et des tensions à la suite des récentes élections des chambres d'agriculture ; en effet, d'après des « remontées d'agents », le Spagri constate un « accroissement de pressions visant à empêcher les contrôles dans les exploitations, de menaces à peine voilées, d'intimidations ». Le syndicat demande une « mise au point bien plus claire » de la part du ministère de l'Agriculture, notamment « vers les exploitants », afin d'« asseoir la légitimité des missions des services d’inspection ». Le 17 mars, la ministre Annie Genevard s'était déplacée en Seine-et-Marne pour « se rendre compte par elle-même » de la mise en œuvre de la circulaire ; elle a notamment assisté à une réunion de mission inter-services de l'Agriculture (Misa), sous la présidence du préfet.
Biocarburants/fraudes chinoises : Bruxelles envisage la suspension du certificat de durabilité ISCC
La Commission européenne envisagerait de suspendre, pendant deux ans et demi, la reconnaissance au titre du certificat de durabilité ISCC UE (International Sustainability and Carbon Certification) pour les biocarburants issus de déchets Cette certification indépendante vise à garantir la durabilité et la traçabilité des matières premières utilisées dans la production de biocarburants. Le sujet a été discuté, le 26 mars, par les experts des États membres au sein du Comité sur la durabilité des biocarburants, bioliquides et combustibles issus de la biomasse. Mais aucune décision n’a pour le moment été prise, a indiqué une porte-parole de l’exécutif européen le 28 mars. L'ISCC déplore, dans un communiqué, cette potentielle suspension, estimant avoir mis en œuvre les mesures nécessaires pour prévenir les fraudes présumées « en concertation avec la Commission européenne au cours des deux dernières années ». Depuis le mois de février, Bruxelles impose un droit antidumping définitif, compris entre 10 % et 35,6 %, sur les importations de biodiesel originaire de Chine, les soupçonnant de ne pas respecter les critères de durabilité imposés par l’UE aux importations de biocarburants à base de déchets (graisses usagées en l’occurrence), qui pourraient en réalité être issus d’huile de palme (provenant d’Indonésie ou de Malaisie).
Plan de résilience : plans Engrais et Légumineuses imminents, assortis d'un plan acides aminés
Après qu’Emmanuel Macron a réuni le 31 mars un Conseil de planification écologique (CPE) en présence d’une quinzaine de ministres, Agnès Pannier-Runacher en charge de la Transition écologique a rapporté, lors d’un point presse, des mesures en lien avec l’agriculture. La ministre a évoqué « un plan de souveraineté engrais » pour « renforcer notre souveraineté alimentaire et agricole », alors que « plus des deux tiers des engrais utilisés en France sont importés et que 80% sont produits à partir de gaz fossiles ». S’ajoute « le soutien au développement de légumineuses (plan protéines végétales) et la production d'acides aminés pour renforcer l'autonomie protéique des élevages et réduire la dépendance aux acides aminés et au soja importés ». Des précisions sont attendues dans les prochains jours sur ces sujets notamment abordés dans le volet agricole du Plan de résilience de 2022 aux conséquences de la guerre en Ukraine. Ce CPE visait à incarner une remobilisation en mettant l’écologie « au cœur de la discussion intergouvernementale », a expliqué Pannier-Runacher, alors que « la réduction des émissions de gaz à effet de serre en France a marqué le pas en 2024 », comme le montrent les premières estimations du Citepa publiées le 28 mars : environ -1,8 % en 2024 (par rapport à 2023) contre -5,8 % en 2023 (par rapport à 2022).
Acétamipride/PPL Entraves : trop tard pour la récolte de noisettes 2025
Si l’Assemblée nationale adoptait courant mai l’article 2 de la PPL Entraves, qui autorise des dérogations par décret pour l’usage d’acétamipride, il sera trop tard pour que la filière noisette puisse utiliser le néonicotinoïde durant la campagne 2025. Interrogée sur les délais incompressibles pour ré-autoriser des usages dès la promulgation de la loi, l’Anses répond que « les temps d’instruction » sont au minimum de « 120 jours » et « au maximum 18 mois » selon le type de procédure suivie. Cela signifie que, au plus tôt, les producteurs pourraient utiliser l’acétamipride courant août, à quelques semaines à peine de la récolte qui a lieu « en septembre-octobre, voire à partir du 20 août selon les années », selon le président d’Unicoque Thierry Descazeaux. Or « les traitements commencent le 20 avril avec la sortie des balanins ». « C’est mort [pour 2025] » lâche Thierry Descazeaux extrêmement déçu des deux reports d’examen au calendrier parlementaire. La PPL devait être examinée la semaine du 7 avril, puis la semaine du 28 avril, et vient d’être reportée à plus tard sans date certaine, potentiellement à partir du 12 mai durant les trois semaines à la main du gouvernement. « Ce calendrier est inadmissible, il n’est pas en phase avec le cycle des plantes et le cycle des ravageurs », tonne Thierry Descazeaux.
Pomme : une nouvelle association d'OP italienne dans le Tyrol du Sud
La filière pommes du Tyrol du Sud (Italie) s’est dotée d’une nouvelle association (AOP) baptisée Alpoma, qui regroupe les organisations de producteurs VOG (marques Pommes du Sud Tyrol IPG et Marlene), VIP (marque Val de Venosta) et VOG Products (producteur d'ingrédients naturels pour l'industrie alimentaire et des boissons, détenu par VOG et VIP), le 28 mars. « Tout en maintenant l'autonomie et l'identité de ses trois membres », explique VOG sur LinkedIn, « la nouvelle AOP améliorera l'efficacité des domaines de coopération tels que l'innovation variétale, la recherche et le développement et les mesures environnementales. D'autres domaines, tels que la production et les ventes, continueront d'être gérés de manière indépendante. » L’AOP Alpoma, basée à Terlano, représente environ 6 000 agriculteurs répartis sur 18 000 hectares, pour une production d’un million de tonnes. Elle est présidée par Georg Kössler (président de VOG) et dirigée par Walter Pardatscher (PDG de VOG). Comme l’écrivait Agra en 2022, une des raisons qui explique la force de l’origine Sud Tyrol en pomme sur les marchés européens tient à l’organisation de la filière, ici encore renforcée par cette nouvelle AOP.
Framboises surgelées : les exportations ukrainiennes vers l'UE en plein essor
En 2024, l’Ukraine a exporté plus de framboises surgelées que non seulement la Pologne, mais aussi la Serbie, leader européen historique de ce segment, selon le site EastFruit. Ses exportations ont atteint un niveau record de 65 000 tonnes, soit une augmentation de 34 % en un an. En face, la Pologne n’a exporté que 16 000 tonnes (soit quatre fois moins que l’Ukraine) et la Serbie, 63 000 tonnes. Cette bonne performance ukrainienne tient à sa politique de diversification des marchés. Les agriculteurs de Pologne ont bloqué les frontières pour protester contre les importations de framboises en provenance d’Ukraine (avec d’autres produits agricoles) alors que le pays s’appuyait sur cette matière première pour son industrie de transformation. Résultat : en trois ans, la part de l'origine ukrainienne dans les importations polonaises de framboises est passée de 63 % à 35 %. Parallèlement, les exportations ukrainiennes sur des pays européens habituellement approvisionnés par la Pologne, ont progressé de 48% sur la période : elles ont été multipliées par deux en France, par 4,5 en Allemagne. En 2024 le pays a par ailleurs exporté pour la première fois vers la Belgique, l’Italie et la Lituanie.
Maraîchage : arrêt de la plus grosse exploitation de la région Grand Est
L'entreprise maraîchère ID3A, situé à Balgau (Haut-Rhin), la plus importante de la région Grand Est (220 hectares de terres cultivées), va arrêter son activité, indique l’AFP le 31 mars. A l'origine des difficultés de Claude Keller, le patron de la PME, il y aurait l'impossibilité de faire accepter aux centrales d'achat des grandes surfaces, des hausses de prix pour répercuter « l'explosion des charges », (énergie, produits phytos, transport). « Nous ne sommes que des petites PME pas organisées», déplore-t-il, regrettant que l'interprofession (alsacienne) n'ait « jamais réussi à mettre en place un bureau d'achat pour peser dans les négociations ». Il pointe aussi du doigt « la concurrence de petits producteurs, qui ne connaissent pas leurs prix de revient » et acceptent de baisser les prix et vendent à perte sans le savoir. IDA3 a licencié son personnel (12 permanents, 70 saisonniers). Les machines seront reprises par des producteurs étrangers. Les surfaces vont être reconverties en grandes cultures (blé, orge, maïs) pour l'alimentation animale. En 2024, l'entreprise a produit plus de quatre millions de salades, 1,5 million de bottes de radis, 320 000 choux blancs, et plusieurs centaines de tonnes de persil et de céleri.
Poireaux : récolte en baisse sur un an, bonne valorisation début 2025
Selon les prévisions arrêtées au 1er mars dans une une note d'Agreste (ministère de l’agriculture), la production nationale de poireaux, estimée à 159 100 tonnes pour la campagne 2024-2025, serait en baisse de 9 % sur un an et inférieure de 4 % à la moyenne quinquennale. Cette baisse s’expliquerait par les chutes de rendement de certains bassins de production, en particulier ceux du Centre et de Rhône-Alpes. Par ailleurs, les surfaces pour la campagne reculeraient très légèrement (-1 %, à 5 291 ha), mais avec un recul marqué dans le Nord (-5 % sur un an). Sur la campagne, selon Agreste, « après une production mensuelle en général plus basse que celle des cinq dernières campagnes, celle-ci retrouve à partir de janvier un niveau proche de la moyenne, même si les mauvaises conditions climatiques impliquent parfois un épluchage important». En termes de commercialisation, le début 2025 (janvier et février) est marqué par des prix en hausse : +15 % par rapport à la moyenne quinquennale sur ces deux mois. Malgré les vacances scolaires et grâce à des offres promotionnelles, les prix se sont bien maintenus en février (+5 % par rapport à février 2024).
Tomate/Maroc : les Espagnols, à leur tour, demandent la révision des prix d’entrée
A l’occasion d’un événement au Parlement européen le 26 mars, José María Pozancos, directeur de Fepex (exportateurs espagnols) a expliqué que la révision des prix d'entrée des tomates marocaines devrait être « l'une des priorités de la Commission européenne pour protéger le secteur de la production de tomates et la souveraineté alimentaire de l'UE », rapporte le syndicat sur son site. En février, un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) avait préconisé la même chose. Pour José María Pozancos, cette révision devrait s’appuyer sur des valeurs d'importation différenciées pour chaque variété de tomate, en établissant un niveau de protection proportionné aux coûts de production. La différenciation pourrait être faite en tenant compte de la nouvelle nomenclature douanière en vigueur le 1er janvier 2025, qui différencie trois types de tomates : les tomates entières d'un diamètre inférieur à 47 mm (cerises), les tomates en grappe et les autres tomates. Le prix d'entrée des tomates marocaines, en vigueur depuis 2000 et fixé à 46,1 €/100 kg, a été établi en prenant en considération la tomate ronde, la plus exportée par le Maroc à l’époque. La récente croissance des exportations marocaines (491 908 tonnes en 2023) s’est fondée sur les tomates cerises globalement mieux valorisées en rayon.
Vignes/légumes : spécialiste des capteurs et du désherbage, Greenshield met la clé sous la porte
Dans une publication en date du 28 mars sur le réseau Linkedin, la société française Greenshield annonce mettre fin à son activité. Cette entreprise a développé plusieurs capteurs et outils de gestion de données en lien avec le végétal, notamment un capteur de mildiou embarqué pour les vignes. Elle chiffrait sur son site 4000 ha couverts en surveillance agronomique. Greenshield représentait également le plus grand espoir de développement d’un laser de désherbage adapté aux productions françaises. L’équipement, baptisé Rayser, était sur les rails depuis plusieurs années et devait être testé cette année dans le cadre du projet SolalFL du Parsada. Pour les filières légumières, le laser de Greenshield représentait jusqu’à présent une des alternatives les plus abouties dans un contexte de retrait de molécules dédiées au désherbage. En 2024, le marché du laser a vécu un tournant historique avec la mise en route de deux équipements du constructeur américain Carbon Robotics dans les champs de carottes du Sud-Ouest. Pour autant, cet outil est jugé très coûteux et peu adapté aux modèles de production français. Le Rayser de Greenshield devait permettre de proposer une alternative plus en phase avec les attentes des producteurs. (Tanguy Dhelin)
Vin : l’export sans IG progresse quand les IGP et AOC patinent
L’Avin de France, interprofession des vins « tranquilles » (non effervescents) sans identification géographique, a publié le 31 mars un bilan des exportations 2024 montrant une croissance à deux chiffres des vins sans IG quand les IGP et AOC patinent. 222 M de bouteilles (équivalents 75 cl) de Vin de France (+11 %) ont été expédiées l’an dernier à l’étranger, générant un chiffre d’affaires de 457 M€ (+9 %). Dans le même temps, l’export de vins tranquilles a reflué en AOC (-0,6 % en volume, -1,4 % en valeur) et stagné en IGP (+0,2 %). Le Vin de France pèse ainsi 15 % des exportations françaises, selon le communiqué. Rappelons que la production nationale comprend 5 % de VSIG, contre 57 % d’AOC et 27 % d’IGP, selon les chiffres de FranceAgriMer pour 2023. Ces bons résultats démontrent « la pertinence du positionnement de la dénomination Vin de France, dont l’offre est constituée de vins décomplexés et lisibles grâce à la simplicité de l’origine France », analyse la directrice Valérie Pajotin. « Lorsqu’ils pensent à la France, la plupart des consommateurs américains sont désorientés par la complexité du système d’appellations. La dénomination Vin de France leur est plus accessible avec des étiquettes faciles à comprendre », abonde Kathleen Staley, manager chez Total Wine & More.
Bovins : l’impact des maladies MHE et FCO pourrait être plus grave que prévu (Idele)
En raison des épizooties qui frappent les élevages, la baisse de la production française de viande bovine en 2025 « pourrait être bien plus forte que celle que nous avions prévue en début d’année », indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du mois de mars. Dans ses prévision 2025 publiées en janvier, l’institut technique s’attendait à une chute de 1,8 % sur un an, après une stabilisation en 2024. Cette étude intégrait déjà une partie de l’impact des maladies vectorielles qui frappent les élevages français : maladie hémorragique épizootique (MHE, depuis septembre 2023) et fièvre catarrhale ovine (FCO, depuis l’été 2023 pour la FCO-8 et août 2024 pour la FCO-3). Ces pathologies provoquent souvent des problèmes de reproduction. Selon l’Idele, en 2024, les naissances de veaux allaitants seraient en chute de 5 à 6 % sur un an. Les élevages ont accusé une « forte baisse des vêlages à l’automne » (-8 % en septembre, -12 % en octobre, -7 % en novembre), « concomitante à l’arrivée de la FCO-3 sur le territoire français ». Or, ces dernières années, les élevages français avaient tendance à regrouper de plus de plus de naissances sur cette période. Le recul des naissances a continué en janvier, que ce soit en veaux allaitants (-5 à -7 %) ou en veaux laitiers (-3,8 à -4,2 %).
Porc : Cooperl échoue une nouvelle fois au Conseil d'Etat à faire annuler les CVO
Dans une décision rendue le 31 mars, le Conseil d’Etat a débouté Cooperl de sa requête contre l’arrêté d’extension des contributions interprofessionnelles (CVO) pour 2023, 2024 et 2025. Comme en 2023 au titre de la contribution pour 2022, il a statué que la coopérative n’était pas fondée à soutenir que l’arrêté serait entaché d’erreurs d’appréciation pour, d’une part ne prévoir aucune contribution au titre des animaux vivants et des viandes et produits de charcuterie en provenance d’un autre Etat membre ou d’un pays tiers, d’autre part en ce qu’il ne présenter aucun intérêt pour elle. En troisième lieu, le Conseil d’Etat a constaté que la requérante n’avait apporté aucun élément à l’appui de ses allégations de cotisations excessives en amont « compte tenu des difficultés financières rencontrées par la filière porcine » et en aval. Inaporc se prépare en conséquence à réclamer le versement de ces contributions, sans toutefois l’espérer rapidement. En effet, comme l’explique directrice Inaporc, l’interprofession doit passer par un tribunal, et elle s’attend à ce que Cooperl fasse appel. C’est ainsi que la contribution pour 2022 n’est toujours pas récupérée, le tribunal de Saint-Brieuc devant encore mettre le jugement à l’audience.
Œufs : aux États-Unis, la pénurie retarde la transition vers le hors cage (presse)
La pénurie d’œufs causée par l’influenza aviaire aux États-Unis met à mal la conversion de l’élevage de poules vers des modes alternatifs aux cages, selon la presse agricole américaine. Les journaux se font l’écho du rapport « Eggsposé » qu’a publié cette fin mars The Humane League sur l’état de l’engagement des chaînes de restauration. Le directeur de l’engagement des entreprises y déplore que les chaînes n’ayant pas encore banni les œufs de poule en cage prennent l’influenza comme excuse pour se dédire. Pourtant, dans ce rapport, l’Office américain de promotion des œufs (producteurs) n’envisage pas de pénurie d’œufs d’élevages alternatifs en 2025 et 2026. Il dément la rumeur selon laquelle l’influenza toucherait davantage les élevages alternatifs et affirme que la conversion a un effet marginal sur la pénurie actuelle. Selon l’USDA (ministère), en février 2025, 42 % des œufs étaient produits hors cage. La pénurie a aussi un effet réglementaire. Le média WattPoultry a rapporté le 27 mars que la gouverneure de l’Arizona, la démocrate Katie Hobbs, avait demandé à son administration de repousser la loi anti-cages. Tandis que le Colorado, selon le rapport Eggsposé, a déjà retardé son échéance.
Céréales : Intercéréales lance un plan de surveillance sanitaire
Dans un communiqué du 31 mars, Intercéréales (interprofession des céréales) a annoncé le lancement d’un « Plan de surveillance filière (PSF) » destiné à suivre la qualité sanitaire des grains, leurs produits et leurs coproduits, et ce « quel que soit leur usage ». Quatre objectifs sont énoncés : assurer un suivi de la qualité sanitaire sur le territoire, disposer de données solides, renforcer la veille sur les contaminants émergents et fournir un outil permettant aux entreprises de s‘adapter. Ce plan succède à Hypérion, lancé en 2000. Treize fédérations sont parties prenantes, dont trois ne sont pas adhérentes d’Intercéréales : Alliance-7 (épicerie et alimentation spécialisée), la CNBPF (artisans boulangers) et la FEB (PME et ETI de la boulangerie). Dix métiers participent au plan de surveillance, allant de l’amont à l’aval : production, collecte, meunerie, nutrition animale, boulangerie, etc. Intercéréales se chargera de piloter le projet. « Notre ambition est de rassembler un maximum d’entreprises, pour collectivement faire progresser nos connaissances et notre gestion de la sécurité sanitaire », détaille dans le communiqué Lionel Deloingce, élu référent sur le PSF et vice-président d’Intercéréales.
Pomme de terre : des stocks français en hausse à fin janvier 2025 selon le CNIPT
Le CNIPT (interprofession de la pomme de terre) signale, dans un communiqué le 31 mars, une hausse des stocks français de pommes de terre destinées au marché du frais de 470 000 t entre fin janvier 2024 et 2025, à un peu plus de 1,26 Mt. « Compte tenu de la hausse des volumes engagés sous contrat, en parallèle, le volume de pommes de terre réellement disponibles sur le marché libre » augmente de seulement 382 000 t, pour atteindre un peu plus de 1 Mt, tempère néanmoins le communiqué. Tous confondus (pommes de terre destinées au marché du frais et de la transformation), les réserves passent de 2,8 Mt à 3,25 Mt environ sur la période, d’après les données du CNIPT et de l’UNPT (syndicat de producteurs). Cet alourdissement des stocks s’explique essentiellement par la croissance de la production nationale entre 2023 et 2024. Pour rappel, le GIPT, table sur un nouvel accroissement de la sole hexagonale en 2025, de l’ordre de 10 %. Par ailleurs, le communiqué indique une croissance annuelle de 13 % des exportations à fin janvier 2025, à 1,4 Mt. « Malgré un marché italien un peu en retrait et un ralentissement général habituel en février, tous les débouchés sont en développement et les performances sont restées solides », indique le communiqué.
Fruits et légumes : changement à la direction de Cofruid’Oc
Évènementiel : Guillaume Schaeffer nommé directeur du Sitevi
L’organisateur d’événements Comexposium a annoncé le 31 mars la nomination de Guillaume Schaeffer comme directeur du Sitevi. Ce salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole est prévu du 25 au 27 novembre à Montpellier. Guillaume Schaeffer remplace ainsi Christophe Lecarpentier. Entré chez Comexposium en 2022, il a passé une grande partie de sa carrière dans des groupes industriels internationaux, notamment TotalEnergies, à des postes marketing, commercial puis à la direction de la communication.