Agrafil du 21 août 2024

hero

PLF 2025: Matignon prépare un budget constant par rapport à 2024

Malgré la démission du gouvernement, le Premier ministre a envoyé les «lettres plafond» fixant les dépenses maximales de chaque ministère afin de préparer le projet de loi de finances pour 2025 (PLF), a indiqué son cabinet à la presse le 20 août. Le budget total de l’État resterait constant par rapport à 2024 (à 492 Md€), d’après Matignon. Avec cette proposition de budget «zéro valeur» (sans hausse globale), «nous nous plaçons sur une trajectoire qui permet d’atteindre l’objectif de 3% de déficit public en 2027», assure l’entourage de Gabriel Attal. Alors que la Banque de France prévoit 2% d’inflation en 2025, l’exécutif doit trouver 10 Md€ d’économies. Pour le ministère de l’Agriculture, un maintien du budget au niveau de 2024 (7,6 Md€ d’autorisations d’engagement) serait synonyme d’environ 80 M€ d’économies, comme il avait dû le faire en février quand Bruno Le Maire avait annulé 10 Md€ de crédits publics. Étape nécessaire dans la préparation du PLF, l’envoi des lettres plafond répond aussi à un «objectif républicain», selon Matignon: «permettre au prochain gouvernement de présenter un budget dans les temps». D’après la loi organique relative aux lois de finances, le PLF doit être déposé à l’Assemblée au plus tard le premier mardi d’octobre (soit le 1er octobre cette année). «Le nouveau gouvernement pourra faire les ajustements qu’il estimera nécessaires», rappelle l’exécutif, qui va jusqu’à qualifier son projet de budget de «réversible».

Influenza aviaire: la vaccination prise en charge à 70%, la filière canards à rôtir déçue

Le ministère de l'Agriculture a annoncé dans un communiqué ce 20 août que l’État «prendra en charge 70% des coûts générés par les trois premiers mois» de la nouvelle campagne de vaccination des canards contre l’influenza aviaire. Celle-ci démarrera le 1er octobre; cette prise en charge porte donc sur le quatrième trimestre 2024. Cette annonce succède au Copil restreint de ce lundi soir (19 août), au cours duquel les représentants de la filière canards à rôtir, la plus fragile économiquement, avaient continué de réclamer une participation publique à hauteur de 85% des coûts – notamment attrapage et acte de vaccination –, ainsi que 100% de prise en charge pour les accouveurs. Guy-Marie Brochard, le président du Cicar (interprofession du canard à rôtir), a signalé à son conseil élargi ses inquiétudes quant au «désengagement» de l’État dans la lutte contre l’influenza aviaire, alors que celle-ci commence à affecter le grand Ouest. Il fait référence au cas confirmé le 13 août en Ille-et-Vilaine, suivi d'un second confirmé ce 20 août dans un élevage de dindes à Camoël (Morbihan). M. Brochard a fait part des difficultés économiques de la filière, déplorant «un stock de plus de 5000 t de filets de canard, plus que pendant le Covid». «Le débouché du Royaume-Uni est actuellement bloqué; il correspond à 15% de la production nationale, ce sont plus de 60 000 canards par semaine sans ce débouché.»

Grains: un pic de production mondiale revu en baisse sous l’impulsion de l’UE

Le Conseil international des céréales (CIC) a confirmé le 15 août que la production mondiale de grains atteindrait un «nouveau sommet» en 2024-2025, malgré des prévisions revues à la baisse sous l’impulsion de l’UE. À 2315 millions de tonnes (Mt), elle «devrait se hisser à un nouveau sommet en 2024-2025, et faire 16 Mt de plus en glissement annuel, y compris des gains pour le blé (+5 Mt), le maïs (+3 Mt), le sorgho (+3 Mt), l’avoine (+2 Mt) et l’orge (+1 Mt)», d’après un rapport. Ce pic de production est lié à un «record» en soja, à 419 Mt, «avec de grosses récoltes attendues chez tous les principaux producteurs». Les nouvelles prévisions du CIC apparaissent toutefois en recul de 6 Mt par rapport à juillet, «y compris des réductions pour l’orge, le blé et le sorgho, l’UE représentant une grande partie de la baisse». «En tenant compte de stocks d'ouverture plus faibles, l'estimation des stocks de report est en baisse de 5 Mt» sur un mois, ce qui tient compte de  perspectives plus serrées chez les principaux exportateurs». Ils sont prévus à 581 Mt, marquant une diminution de 1% par rapport à 2023-2024 pour atteindre «leur plus bas niveau en dix ans».

Prunes «Lovita»: récolte 2024 en légère baisse et entrée d’un nouveau distributeur

Alors que la saison commerciale de la prune à chair rouge «Lovita» doit démarrer début septembre, l’entreprise éditrice de variétés fruitières French Fruit Lovers a annoncé une récolte de près de 800 t en France, contre 1000 t l’année passée, rapporte un communiqué de presse le 19 août. En Espagne, la récolte devrait rester stable, avec 300 t récoltées, comme en 2023. Parallèlement, l’entreprise française annonce l’entrée d’un nouveau distributeur agréé, le producteur indépendant de fruits Coccolo. Installée à Cavaillon (Vaucluse), l’entreprise produit des pommes, des poires et des abricots sur 370 ha, ainsi que, depuis 2021, les prunes Lovita, à chair rouge et en forme de cœur. «Après quelques essais dans nos vergers, nous avons constaté le potentiel agronomique et gustatif de la variété», souligne son dirigeant Franck Coccolo, cité dans le communiqué. La prune Lovita a fait son apparition sur les marchés français et européens en septembre 2019. «Les premiers retours d’expérience de la commercialisation de 2019 ont attesté de l’intérêt des consommateurs pour une prune haut de gamme telle que Lovita, la priorité étant désormais aux produits de qualité à forte satisfaction gustative», avaient alors souligné les opérateurs.

Tomates d’industrie: la filière italienne va collaborer sur le risque de fraudes (presse)

Le syndicat agricole majoritaire italien Coldiretti, l'Association nationale des conserves industrielles de légumes (Anicav) et Filiera Italia (promotion de la gastronomie italienne) ont signé un accord de collaboration fin juillet, rapporte le site AgroNotizie, afin de défendre le caractère distinctif des productions italiennes et d'informer sur les risques de trouver du faux «made in Italy», en renforçant la traçabilité de l'origine de la matière première. «L'accord vise à valoriser et à renforcer la tomate italienne tant à l'étranger que sur le marché intérieur, en garantissant aux consommateurs que notre production est de qualité et 100% italienne avec l'engagement de lutter contre les cas de fraude même limités», déclare Giovanni De Angelis, directeur général d’Anicav. Fin juillet, les autorités italiennes ont saisi 176 000 boîtes de purée de tomates dépourvues de tout élément permettant de déterminer leur origine. L’accord prévoit aussi la promotion de la durabilité environnementale, éthique et sociale, la communication, le soutien à la reconnaissance des appellations d'origine, l’innovation technologique et le soutien à l’application du principe de réciprocité pour les pays tiers exportant vers le marché de l'UE.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.