Mayotte: lourds dégâts en filière avicole, pertes moindres en bovins (interprofession)
À Mayotte, la quasi-totalité du cheptel de volailles de chair et une partie des poules pondeuses ont été anéanties par le cyclone Chido, selon le décompte de l'association interprofessionnelle de Mayotte (AIM) chez ses adhérents, qui forment les filières agricoles formelles de l'île. Pour les œufs, le principal opérateur de l'île – qui représenterait 60% de la production du département – a perdu 30% du cheptel, réduit à 50 000 pondeuses. «L'une des urgences est de les maintenir en vie, pour qu'elles puissent se remettre à produire quand elles seront moins stressées», indique la secrétaire générale de l'AIM, Sophie Dupille. Quant aux volaille de chair, le cheptel évalué à 120 000 poules a été presque anéanti, réduit à 1500 poules. Tous les bâtiments d'élevage sont détruits. Le couvoir et l'usine d'aliments restent opérationnels, de même que l'abattoir qui a subi quelques dégâts. Le recensement est plus compliqué pour les bovins, souvent situés dans des zones sans moyens de communication. Il aurait subi de moindre pertes: «Le cheptel est toujours là», indique Sophie Dupille. En filières végétales, la production maraîchère et les bananiers sont anéantis; la dizaine de serres sont hors d'état de fonctionner. Seulement 10% des arbres fruitiers seraient encore debout (orangers, citronniers, manguiers caféiers...).
Mayotte: «pont maritime civil», dons alimentaires de la grande distribution
Les autorités ont annoncé un «pont maritime civil» qui va démarrer dans la nuit au départ de La Réunion, avec 200 conteneurs attendus le 22 décembre dans l'archipel meurtri, dont 88 d'eau. Les distributeurs alimentaires ne sont pas en reste, même si les supermarchés et leurs tarifs plus élevés qu'en métropole sont inaccessibles à de nombreuses bourses mahoraises. Deux grandes enseignes nationales sont présentes sur l'île, via des partenariats: Carrefour et Intermarché, respectivement deuxième et troisième distributeurs français, derrière E.Leclerc. Carrefour est franchiseur du géant des outre-mer Groupe Bernard Hayot (GBH), qui détiendrait environ 40% du marché de la grande distribution à Mayotte, selon une source. Dès dimanche, le p.-d.g. Alexandre Bompard avait annoncé sur le réseau social X le don par Carrefour de «50 tonnes de marchandises de première nécessité (eau minérale, riz, pâtes...) en coordination et avec le soutien de GBH». Selon Carrefour mercredi, les denrées partiront jeudi par bateau de La Réunion. De leur côté, les Mousquetaires/Intermarché ont un contrat d'approvisionnement avec la Sodifram, environ 60% du marché. Son patron Thierry Cotillard a annoncé le 18 décembre «un don de 120 tonnes de nourriture» par Intermarché et Netto, «expédiées dès que possible par avion, en lien avec les autorités».
«Mégabassines» : la justice déclare illégales quatre réserves de substitution du Poitou
La cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé illégales, le 18 décembre, les autorisations délivrées à quatre réserves de substitution du Poitou, dont celle contestée de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), au motif qu’elles «ne comportent pas de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées», prévue par le Code de l’Environnement. Plus précisément, la cour estime que l'implantation des quatre retenues dans «un secteur sensible» pour l’outarde canepetière, une espèce menacée, est «de nature à détruire tout ou partie de l’habitat de cette espèce et lui porte une atteinte caractérisée». Dans l’attente de «la délivrance éventuelle» d’une dérogation, la cour a donc suspendu les mises en chantier et les futurs remplissages en eau des quatre ouvrages. «L’eau stockée» à la date de décision dans la réserve de Sainte-Soline, la seule des quatre dont la construction est achevée, pourra néanmoins être utilisée cet été «par les agriculteurs raccordés», sans toutefois «donner lieu à un nouveau remplissage», précise la cour. Début décembre, des associations environnementales avaient attaqué les autorisations délivrées par l'État pour construire et exploiter seize réserves de substitution agricoles dans le Marais poitevin, dénommées «mégabassines» par les opposants, dont celle de Sainte-Soline qui cristallise les oppositions depuis une violente manifestation autour du chantier en mars 2023.
Pac post-2027: premières propositions des députés Chassaigne et Le Peih
Dans un rapport d'étape sur les plans stratégiques nationaux (PSN) de la Politique agricole commune, présenté le 18 décembre, les députés André Chassaigne (PCF) et Nicole Le Peih (Ensemble pour la République) font de premières propositions pour la Pac post-2027, reprenant notamment à leur compte l'idée soumise par la Commission européenne d'un Fonds temporaire pour une transition agroalimentaire juste (FTAJ). Sur ce modèle, ils demandent un «fonds spécifique pour financer la transition agroécologique, abondé par des fonds supplémentaires». Et cette enveloppe fonctionnerait selon une clé de répartition fondée «sur les contraintes géographiques, l'usure des sols, et l'utilisation des produits phytosanitaires». Il pourrait notamment prendre la forme d'un «bonus financier conséquent pour la non-utilisation des produits phytosanitaires». Grâce à ce fonds, les deux députés proposent, en parallèle, de relâcher les exigences; ils plaident par exemple pour «décorréler le financement des exigences environnementales du premier pilier», autrement dit revenir sur le principe des éco-régimes. Position traditionnellement française, ils demandent aussi d'augmenter le budget de la Pac, notamment pour muscler le «soutien au revenu». Sur la question de la redistribution des aides, ils proposent de «commander plusieurs études», et de mettre en place un fonds de péréquation pour être «plus équitable».
Installation: les députés Chassaigne et Le Peih veulent recentraliser le soutien
Dans un rapport d'étape sur les plans stratégiques nationaux (PSN) présenté le 18 décembre, les députés André Chassaigne (PCF) et Nicole Le Peih (Ensemble pour la République) dénoncent «les inégalités de traitement» dans les aides à l'installation distribuées aux jeunes agriculteurs «à cause d'une décentralisation trop conséquente». Pour la programmation 2023-2027, le gouvernement français avait décidé de confier la charge des aides non-surfaciques du second pilier de la Pac (aides à l'installation et à l'investissement) aux conseils régionaux, faisant craindre au syndicalisme majoritaire des distorsions selon les régions. D'après le recensement publié par les députés, le montant maximum de la dotation jeune agriculteur (DJA) va de 30 000 euros en Bretagne et Normandie, à 84 000 euros en Île-de-France, et le minimum de 12 000 en Occitanie, à 25 000 en Normandie et Bourgogne-Franche-Comté, avec des modulations très variables selon les régions. Pour pallier ces «inégalités», ainsi que celles constatées à l'échelle de l'UE, les deux députés proposent d'«intégrer dans le premier pilier de la Pac l'aide à l'installation afin de proposition une gestion harmonisée sur tout le territoire». Ou à défaut d'adopter «une gestion centralisée, en France, de l'aide à l'installation pour les jeunes agriculteurs».
Vision de l’agriculture : le Copa-Cogeca dévoile ses pistes pour l’avenir du secteur
Alors que le nouveau commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, doit présenter en février (potentiellement le 19) sa Vision sur le futur de l’agriculture, les agriculteurs et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont publié, le 18 décembre, leur propre feuille de route. Concrètement, elles souhaitent définir «un accord de compétitivité équitable pour les agriculteurs et les coopératives». Parmi les principales recommandations, le principal lobby agricole européen appelle, notamment, à une plus grande simplification, à une augmentation du budget de la Pac et des financements supplémentaires en dehors, à une amélioration de la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire ou encore à une stratégie pour le renouvellement générationnel. En outre, elles misent «une approche équilibrée en matière de la durabilité» et la possibilité d’utiliser des «méthodes innovantes de production». Enfin, après l’annonce de la fin des négociations UE/Mercosur et dans l’optique de l’élargissement à l’Ukraine, le Copa-Cogeca milite pour une politique commerciale de l'UE alignée sur les intérêts agricoles.
Influenza aviaire: comme attendu, la France retrouve son statut «indemne»
Comme attendu, la France a retrouvé le 17 décembre son statut «indemne» de l'influenza aviaire, aucun nouveau foyer ne s'étant déclaré depuis un mois, a annoncé le lendemain le ministère de l'Agriculture. Le niveau de risque sur le territoire métropolitain avait été relevé à «élevé» en novembre, ce qui impliquait par exemple l'obligation de mettre les animaux à l'abri dans certains cas. Le statut «indemne», qui lève ces obligations, «ouvre des perspectives plus favorables pour nos filières», a indiqué le ministère de l'Agriculture dans un communiqué de presse. La France n'avait plus le statut «indemne» depuis août. Douze foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont au total été depuis détectés dans des élevages de volailles, et trois dans des basses-cours. La surveillance des deux derniers sites infectés, dans les Landes et dans l'Allier, a été levée le 15 et 16 décembre. «Une vigilance constante doit néanmoins être maintenue par tous les acteurs de la filière», précise le ministère de l'Agriculture, qui rappelle que le virus circule toujours chez les oiseaux sauvages en Europe, en particulier dans les couloirs de migration.
Porc/PPA : des audits de biosécurité des petits élevages lancés en janvier par l’ANSP
Au cours de l’année 2025, 3000 audits de biosécurité contre la PPA devraient être pratiqués dans des petits élevages de porcs et de sangliers grâce à un financement étatique de 2 millions d’euros, selon un communiqué du ministère diffusé le 13 décembre. L’Association nationale sanitaire porcine (ANSP) a été choisie pour mener à bien la formation de 600 auditeurs et la réalisation de ces 3 000 audits. En pratique, la formation s’appuiera sur l’Ifip-Institut du porc pour la formation des auditeurs et sur la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV et son réseau) pour la mobilisation des vétérinaires et la réalisation des audits de biosécurité. Les premiers audits seront organisés dès le mois de janvier 2025, prévoit le communiqué. Les élevages éligibles à la prise en charge de l’audit sont ceux qui ont commercialisé moins de mille porcs en 2023, ainsi que tous les élevages de sangliers. Tous les élevages concernés doivent recevoir un courrier les en informant. La FNP (éleveurs de porcs) a fortement réclamé cette mesure. Elle considère que la moitié des élevages, représentant 85% de la production porcine, ont été audités.
Céréales d’hiver : les semis affichent un «rebond limité», le blé dur au plus bas
Selon les premières estimations publiées le 17 décembre par le ministère de l’Agriculture, les semis des grandes cultures d’hiver montrent un «rebond limité des surfaces». «Les superficies semées augmenteraient sur un an, sauf pour l’orge et le blé dur, mais resteraient toutefois inférieures aux moyennes quinquennales», indique une note. Dans le détail, le blé tendre est prévu à 4,5 Mha, marquant une hausse de 8,7 % après les «très faibles surfaces de la campagne 2024», soit un «niveau bas au regard des trente dernières années». Seulement 1% d’augmentation des surfaces est affiché en Centre-Val de Loire et Grand Est. Le blé dur poursuit sa chute. A 0,2 Mha (-1,9 %), il est au «plus bas niveau depuis trente ans, inférieur de 13% à la moyenne 2020-2024 et même de 21% en Occitanie, première région en surface». L’orge d’hiver est estimée en légère baisse, à 1,23 Mha (-0 ,8 %). Côté triticale, la sole se redresse à 290 000 ha (+14 %) après le point bas de l’an dernier. Le colza se stabilise par rapport aux deux dernières campagnes, à 1,33 Mha (+0,6 %), notamment en Centre-Val de Loire, première région productrice. Dans le Grand Est, une hausse des surfaces de 8 % est revanche annoncée.
Vin : la région Occitanie dévoile une stratégie d’adaptation dotée de 5 M€ sur trois ans
La région Occitanie a dévoilé le 18 décembre de nouvelles mesures de soutien à la vitiviniculture, autour d’«une stratégie d’adaptation à l’évolution des marchés et au changement climatique» dotée de 5 M€ jusqu’en 2026. Ce «contrat de filière», issu d’une concertation menée par la chambre d’agriculture, vise «trois défis», selon la présidente Carole Delga : l’utilisation des ressources en eau, l’adaptation des modes de production, la conquête de nouveaux marchés. Il s’ajoute aux 10 M€/an de soutien au secteur. L’innovation constitue le pilier des 15 nouvelles mesures, a souligné le vice-président Jean-Louis Cazaubon. Une d’entre-elles consiste à proposer «les variétés de demain», en s’appuyant sur des essais de micro-vinifications. L’adaptation des modes de production passe par l’intelligence artificielle, avec des outils d’aide à la décision sur l’adaptation au changement climatique : quatre coopératives pilotes et 45 viticulteurs doivent s’impliquer, à partir d’une expérience menée en Grèce. En vue de conquérir des marchés, le contrat de filière prévoit de conjuguer la collecte de données et les capacités d’analyses interprofessionnelles.
Fruits et légumes transformés : 2023, année positive pour la production et les industriels
En 2023, les volumes de fruits et légumes livrées à l’appareil de transformation français ont atteint 1,7 millions de tonnes, soit une progression de 6,8% par rapport à l’année précédente, a-t-il été indiqué lors d’une visioconférence de FranceAgriMer le 18 décembre. Le chiffre d’affaires à la production progresse fortement à 550 M€ (+39% par rapport à 2022). Portées par la hausse de la demande des transformateurs, les surfaces implantées augmentent de 1% sur la période pour atteindre 153 600 ha (vergers à double fins inclus). Les fabrications industrielles progressent pareillement de 1% en volume mais connaissent un chiffre d’affaires en forte hausse: +11% en 2023 (5,64 milliards d’euros), reflet de l’inflation. Début 2024, la filière continuait à être attractive à la production même si la demande des transformateurs devait rester relativement stable après une année 2023 qui a permis de reconstituer les stocks, souligne FranceAgriMer. Et malgré les inquiétudes à propos d’un excès d’eau suite à la météo de la fin 2023 dans certaines régions productrices -surtout en fruit: «Les aléas climatiques aurons nécessairement des conséquences sur les volumes livrés aux usines». Ce à quoi s’ajoute aussi la difficulté de lutter contre les bioagresseurs, alors que les filières sont mobilisées trouver des alternatives en période plus sèche.
Pommes : marché du jus et des compotes en croissance, dans un contexte morose
Avec 166,9 millions de litres (Ml) vendus, la pomme est le seul parfum de jus de fruits à avoir enregistré une croissance en 2023, a indiqué FranceAgriMer lors d’une visioconférence le 18 décembre. En tout, cela a représenté 15,7 % des parts de marché des jus de fruits (en volume) en France, marquant une progression de 2,3% des volumes par rapport à 2022, dans un contexte où le marché total des jus de fruits a reculé de 6,7%. À noter que sur les 166,9 Ml de jus de pommes vendus, la France en produit 70,7 Ml, principalement sous forme de «pur jus», soit environ 42,4 % du total. Parallèlement, 228 millions Ml de de jus et nectars multifruits ont été vendus, dans lesquels la pomme sous forme de «pur jus» ou de «jus à base de concentré» peut être utilisé comme base. Dans un contexte marqué par une forte inflation alimentaire, FranceAgriMer souligne que les «purs jus» ont subi «un repli», au profit des jus à base de concentré. Côté compotes, le service du ministère de l’Agriculture observe un regain des achats des ménages en 2023. «La compote est un marché structurellement en hausse depuis plusieurs années grâce à une série d’innovations lancées par des marques fortes : le rayon frais, la gourde, le sans sucres ajoutés ainsi que la diversification des recettes», note-il.
Tomate d’industrie : une filière française toujours loin de l’autonomie
A l’occasion d’une visioconférence de FranceAgriMer sur les chiffres 2023 des fruits et légumes transformés le 18 décembre, Robert Giovinazzo, directeur de la Sonito a reconnu que la filière française était encore loin de l’autonomie: «les dérivés de tomates français approvisionnent seulement 10% du marché national alors qu’ils atteignaient plus de 30% à la fin des années 90» a-t-il regretté. La France importe aussi bien des sauces (36%) des concentrés (33%) que des conserves (31%) pour un total d’environ 1,3 millions de tonnes. Elle s’approvisionne principalement en Espagne et l’Italie qui représentent plus de 85% des volumes importés. D’autre pays sont fournisseurs comme l’Allemagne (8% des conserves), la Belgique (6% des sauces) ou les Pays-Bas: «il peut s’agir de ré-export, mais il n’est pas exclu une origine extra-européenne», convient Robert Giovinazzo rappelant les cas d’étiquetage déficient récemment en Italie du Sud. La France doit jouer sur les deux tableaux, amont et aval. Pour l’amont, le projet Tommates est en phase de maturation jusqu'à l'automne 2025 pour aller vers la phase de réalisation sur cinq ans ensuite. Il faut aussi muscler l’outil industriel: «Nos usines pour le moment ne peuvent transformer qu'un peu moins de 200 000 tonnes. Nous ne pouvons donc pas subvenir pour le moment».
Agrivoltaïsme : Dijon Céréales et TotalEnergies visent 200 MW d’ici à 2030
La coopérative Dijon Céréales et TotalEnergies renforcent leur partenariat visant à codévelopper des projets agrivoltaïques en région Bourgogne Franche-Comté, ont-ils annoncé le 16 décembre, fixant un cap à 200 MW d’ici 2030. «Plusieurs projets (sont) en cours de développement pour plus de 300 hectares», selon un communiqué commun. «TotalEnergies et Dijon Céréales ont ainsi l’ambition d’installer au moins 200 MW de projets agrivoltaïques en région Bourgogne-France-Comté d'ici 2030.» Leur partenariat, démarré en 2020, s’est déjà concrétisé par un démonstrateur à Channay (Côte-d’Or). Le site, ayant accueilli depuis 2021 «plus de 1 000 visiteurs» professionnels et institutionnels, vise à convaincre de l’intérêt des panneaux photovoltaïques bifaciaux verticaux pour l’agriculteur. Il s’agit de «renforcer la résilience de notre agriculture tout en répondant aux enjeux d’une énergie plus verte», déclare Christophe Richardot, directeur général de Dijon Céréales. Les agriculteurs de Bourgogne Franche-Comté sont «de plus en plus soumis aux aléas climatiques, ce qui nécessite de proposer des solutions innovantes pour favoriser la pérennité de leurs exploitations», selon le communiqué.
Biodiversité: France Stratégie propose de déduire sa valeur de la non-artificialisation
Dans une note d'analyse publiée le 18 décembre, France Stratégie pointe les «limites» des évaluations monétaires de la nature. Elles «se concentrent sur l’évaluation des variations de bien-être associées à certains services écosystémiques bénéficiant directement aux activités humaines», explique l’organisme public. La note fait référence notamment aux chiffres de l’Evaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese) et de la Commission européenne, qui estiment la valeur monétaire associée à huit services écosystémiques en France entre 18 et 49 milliards d’euros par an, soit 0,6 % à 1,8 % du PIB. «Ces estimations ne peuvent cependant être interprétées comme la valeur de la nature», indique France stratégie. Comme approche complémentaire, l’organisme public propose de «privilégier l’évaluation des coûts de renaturation ou de maintenance permettant d’atteindre les objectifs de bon état écologique des écosystèmes». Pour cela, il suggère d’exploiter l’objectif "Zéro artificialisation nette" pour «déduire, via le coût associé au respect de cette contrainte, une valeur associée à la non-artificialisation».
Etats-Unis: accord au Congrès pour éviter le «shutdown», des fonds pour l’agriculture
Les principaux dirigeants des partis politiques du Congrès américain sont parvenus, le 17 décembre à l’accord budgétaire afin d’éviter le «shutdown» (paralysie des services publics) qui pourrait débuter dès le 21 décembre. Il s’agit d’une mesure provisoire valable jusqu’au 14 mars. L’accord en question doit à présent être validé avant la fin de la semaine par la Chambre des représentants, contrôlée par le parti Républicain, avant de basculer vers le Sénat à majorité démocrate. Une fois ces étapes passées, le président des Etats-Unis Joe Biden devra le promulguer. Dans le détail, ce texte comprend notamment 100,4 milliards de dollars (Md$) d'aides supplémentaires contre les catastrophes naturelles, dont 21 Md$ destinés à soutenir les agriculteurs touchés par les inondations et autres pertes. Une autre aide de 10 Md$ d'assistance économique aux agriculteurs est également prévue pour faire face au faible prix des matières premières et au coût élevé des intrants. Dès janvier 2025, les républicains disposeront de la majorité au Congrès et pourront mettre en musique le programme de Donald Trump qui redeviendra président des Etats-Unis le 20 janvier.
Luzerne déshydratée: Olivier Morant nommé président de Luzerne de France
Dans un message posté sur le réseau X le 18 décembre, la section Luzerne de France de la Coopération agricole indique avoir nommé Olivier Morant à sa présidence. Il remplace Éric Masset, qui occupait cette fonction depuis neuf ans. Olivier Morant est agriculteur dans la Marne, président de la commission Luzerne de Tereos et membre du conseil coopératif de Tereos, indique-t-il sur son compte LinkedIn.
Betterave à sucre: Alexis Hache devient président de l'ITB
Dans un communiqué paru le 18 décembre, le conseil d'administration de l'institut technique de la betterave (ITB) annoncé la nomination d'Alexis Hache à sa présidence, épaulé par Anne Despouy comme vice-présidente. Ils succèdent respectivement à Alexandre Quillet et Bruno Labilloy.