Importations ukrainiennes: extension partielle des mesures de sauvegarde, sans le blé
Les colégislateurs de l'UE sont parvenus à un accord politique dans la nuit du 19 au 20 mars sur la prolongation des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine jusqu’au 5 juin 2025. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont choisi de n’étendre que partiellement le champ d’application du dispositif de «frein d’urgence» automatique aux céréales et au miel. Si l'avoine, le maïs, les gruaux vont désormais être inclus dans le système (en plus de la volaille, des œufs et du sucre), ce ne sera pas le cas du blé qui devrait cependant faire l'objet d'une attention particulière de Bruxelles. La Commission européenne s’engage ainsi «à renforcer le contrôle des importations de blé et d'autres céréales» et «à utiliser les outils à sa disposition en cas de perturbations du marché». Autre changement, le délai d’activation de cette mesure est raccourci de 21 à 14 jours mais la période de référence reste toutefois la même (niveaux moyens d’importation de 2022 et 2023). Déjà validé par la commission du Commerce international du Parlement européen le 20 mars (par 24 voix contre 10), le compromis doit à présent être formellement entériné par les institutions. En parallèle, l’exécutif européen réfléchit aussi à la possibilité d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations agricoles russes, dont les céréales et les oléagineux. Pour le Copa-Cogeca, « sans modification de la période de référence et sans inclusion du blé, cette proposition […] reste donc inacceptable ».
Importations ukrainiennes : les blocages agricoles se poursuivent en Pologne
Les agriculteurs polonais ont continué leur mouvement de contestation le 20 mars avec la mise en place de barrages routiers à travers tout le pays. L’objectif reste le même : protester les mesures environnementales de l’UE mais surtout contre les importations de produits agricoles en provenance de pays tiers, notamment d’Ukraine. «Plus de 580 manifestations sont prévues aujourd'hui dans toute la Pologne, auxquelles près de 70.000 personnes devraient participer», indique un communiqué de la police. L’accès à Varsovie et à d'autres grandes villes comme Cracovie, Wroclaw, Poznan ou Bydgoszcz sont paralysés. Cela vient s’ajouter aux blocages mis en place aux points de passage de Swiecko et Gubinek, au niveau de la frontière avec l’Allemagne depuis le 17 mars. Cependant, la Pologne n’est pas isolée puisque le même jour, les agriculteurs tchèques ont organisé des manifestations similaires. Le passage de la frontière germano-tchèque à Strazny a même été immobilisé pendant une heure. «Environ 1 600 tracteurs et autres machines agricoles sont dans les rues», a même déclaré le porte-parole de la Chambre agraire tchèque.
Céréales: réunie à la Bourse, l'interprofession appelle au soutien face à l’offensive russe
À l’occasion de la 15e matinée Export et Bourse de l’exécution organisée par l’interprofession des céréales, Intercéréales, son président Jean-François Loiseau est revenu sur la concurrence russe qui «met en péril les fondamentaux du marché céréalier». Selon M. Loiseau, la Russie a développé «une armada extraordinaire de combat pour envahir le terrain de jeu des acheteurs de céréales, dont le continent africain». La présence russe se manifeste notamment en Égypte et en Algérie, où elle domine largement les importations de blé. «Aujourd’hui, 70% des importations égyptiennes de blé sont russes», souligne ainsi Roland Guiragossian, responsable du bureau d’Intercéréales Algérie, Égypte et Moyen-Orient. De même, l’office public chargé de l’approvisionnement en céréales en Algérie (OAIC) est «petit à petit sorti du giron français». En 2023-2024, il a ainsi importé 1,6 MT de blé russe, «soit 40% des achats de campagne», selon M Guiragossian. Face à un tel constat, M. Loiseau en appelle à une réponse politique pour la France «retrouve sa place agricole et agroalimentaire» sur le marché mondial. Présent lors de cet échange, le ministre délégué chargé du commerce extérieur Franck Riester a assuré le soutien du gouvernement, pour ouvrir notamment de nouveaux marchés céréaliers. Par ailleurs, le ministre souhaite organiser «des réunions spécifiques filière par filière pour faire un point sur toutes les destinations stratégiques d’exportation».
Biosourcé / intrants : Bruxelles présente un plan d'action «Construire l'avenir avec la nature»
La Commission a présenté, le 20 mars, un plan d’action visant à stimuler les biotechnologies et la bio-industrie dans l'UE. La communication intitulée «Construire l'avenir avec la nature» identifie les moteurs et les obstacles à l'innovation et à l'adoption de ces technologies en vue de moderniser des secteurs comme l’agriculture, la sylviculture, l’énergie, l’alimentation humaine et animale. La Commission européenne s’engage à simplifier la réglementation de l’UE et raccourcir les délais de commercialisation des innovations biotechnologiques notamment pour accélérer l'autorisation de mise sur le marché de biopesticides et d'engrais d'origine biologique durables et à faible risque. La communication souligne également que la Commission développera d’ici 2025 des méthodologies pour garantir une comparaison équitable entre les produits d'origine fossile et les produits d'origine biologique. Elle envisage aussi un étiquetage spécifique pour les bioproduits afin de mieux les valoriser. Et si nécessaire une loi européenne sur les biotechnologies pourrait être annoncé en 2025. Enfin, la Commission européenne réexaminera la stratégie de l'UE en matière de bioéconomie (dont la dernière mise à jour date de 2018) d'ici fin 2025.
Nutrition animale/sucre: l'usine d'Amiens de Metex placée en redressement judiciaire
Le tribunal de commerce de Paris a placé le 20 mars en redressement judiciaire l'usine amiénoise du biochimiste Metabolic Explorer (MetEx), qui produit des acides aminés, principalement pour l'alimentation des animaux d'élevage, a indiqué la direction du groupe. Le tribunal a placé l'usine, qui emploie quelque 300 salariés, «en procédure de redressement judiciaire avec six mois de période d'observation», a déclaré à l'AFP Rudolph Hidalgo, directeur général adjoint de cette société de biochimie basée à Clermont-Ferrand, mise en difficulté notamment par la flambée des prix de l'énergie, puis du sucre. L'usine produit habituellement 100 000 tonnes d'acides aminés par an, essentiels pour la croissance musculaire des animaux d'élevage (essentiellement de la lysine). «On va utiliser ces six mois pour trouver des investisseurs (...) ou des repreneurs», a ajouté M. Hidalgo, précisant que le groupe connaîtra lundi 25 mars la décision concernant la demande de placement en redressement judiciaire de l'usine de Carling (Moselle), ainsi que la demande de procédure de sauvegarde pour le siège de Saint-Beauzire, près de Clermont-Ferrand. Le groupe, qui s'est mis depuis quelques mois en quête d'investisseurs, indique avoir reçu des lettres d'intention d'un «très grand industriel français» et d'un «industriel asiatique», sans préciser lesquels.
Affichage environnemental: cinq indicateurs complémentaires, rapport imminent
Lors d’une journée technique de l’Institut du porc (Ifip) sur l’affichage environnemental, le 20 mars, l’ingénieure à l’Ademe Audrey Rimbaud a donné des précisions sur cette méthode dont les derniers arbitrages doivent être rendus ce printemps. Mme Rimbaud a confirmé que le format de l’affichage «validé par le ministère» de la Transition écologique sort de la logique de notation du Nutriscore (échelle colorimétrique A,B,C,D,E ) pour «aller vers un dispositif qui reflète le coût environnemental des produits». Ainsi, plus le score (ou coût) environnemental sera élevé, plus l’impact sera fort sur l’environnement. «Ce qui est proposé, mais pas validé définitivement, ce serait un score numérique en valeur absolue de zéro à l’infini», a précisé Mme Rimbaud. La méthode de calcul prend en compte seize indicateurs d’analyse de cycle de vie et «cinq indicateurs complémentaires» sur : «les haies, les prairies permanentes, la taille des parcelles, la diversité culturale et un indicateur sur l’équilibre et résilience territoriale liés au chargement territorial». Par ailleurs, le conseil scientifique «un peu indépendant», inclus dans la gouvernance de la démarche, publiera un deuxième rapport «très prochainement».
Élevage/ICPE: la «parallélisation» des procédures a mal tourné, selon l'UGPVB
Dans un communiqué paru le 19 mars, les groupements d'éleveurs bretons de l'UGPVB font un bilan négatif des évolutions réglementaires des dernières mois, ajoutant aux griefs déjà connus – notamment contre la directive IED ou la loi d'orientation agricole (LOA) – une alerte sur les conséquences de la loi Industrie verte, adoptée à l'automne. Pour rappel, le texte, qui doit entrer en application en octobre, met en place la «parallélisation» des procédures d'autorisation des installations classées (ICPE) ; la consultation publique serait ainsi lancée dès que le dossier de demande d’autorisation est jugé «complet et régulier», ce qui devait avoir pour effet de raccourcir les délais d’instruction. Mais, selon l'UGPVB, le texte allonge ce faisant la durée de l'enquête publique, qui passerait de un à trois mois, et instaurerait une obligation de réunion publique en début et en fin de procédure. Autant d'évolutions qui peuvent dissuader les éleveurs de se lancer, estiment les groupements. Qui plus est, l'UGPVB craint que les services instructeurs n'allongent la phase préparatoire au dépôt du dossier afin de tenir les délais imposés pour son examen. Par ailleurs, l'UGPVB reste sur sa faim, après la publication du projet de rehaussement des seuils d'évaluation environnementale de 2000 à 3000 emplacements pour les porcs de production ; elle aurait souhaité une évolution identique pour les seuils d'autorisation.
Climat: la FAO critiquée pour avoir «omis» de recommander de manger moins de viande
Des experts ont accusé l'agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) d'avoir omis une consommation moindre de viande parmi ses recommandations destinées à affronter la crise climatique, une mise en cause vivement rejetée le 19 mars auprès de l'AFP. Dans un article publié le 18 mars dans la revue scientifique Nature Food, des experts américains, néerlandais et brésiliens jugent que le rapport de la FAO sur les moyens d'éradiquer la faim dans le monde sans dépasser la hausse globale de température de 1,5°C fixée par les accords de Paris en 2015 «n'est pas à la hauteur». Le rapport de la FAO, publié durant la COP de décembre à Dubaï, «omet des interventions clé au potentiel démontré pour améliorer des résultats en matières environnementale et sanitaire, et notamment la réduction de la production et la consommation de nourriture de source animale», affirment ces experts. Mais le responsable technique de ce rapport, David Laborde, voit dans ces critiques une «simplification majeure» du rapport, qui, selon lui, affirme que les régimes alimentaires «doivent absolument (changer) pour la santé de la planète et des êtres humains», tout en étant «explicite sur l'empreinte carbone» du bétail. Mais parmi les 120 actions recommandées par la FAO ne figure pas l'appel à produire ou manger moins de viande ou de produits laitiers, «négligeant ainsi les interventions les plus évidentes et urgentes pour réduire les émissions dues à la production alimentaire». David Laborde réplique en refusant de «limiter les discussions au problème de la viande».
Betteraves à sucre : l’ITB alerte sur un «risque élevé» de jaunisse en 2024
Dans un article paru le 19 mars, l'Institut technique de la betterave (ITB) alerte les producteurs qu’un «risque élevé» de jaunisse pour 2024. Alors que la date moyenne d’arrivée des pucerons vecteurs de la jaunisse est prévue à l’échelle nationale le 28 avril, l’ITB incite à démarrer la surveillance «très tôt, dès la levée des betteraves», en raison d’une erreur possible du modèle «d’une dizaine de jours». Malgré une abondance prédite «élevée», l’institut témoigne toutefois d’une «incertitude forte». «Cette estimation dépendra avant tout des températures du printemps et des vents dominants», précise-t-elle. Pour rappel, la pression jaunisse s’était révélée «faible à modérée» lors de la précédente campagne, qui avait inauguré l’interdiction des néonicotinoïdes. Afin d’accompagner les producteurs de betteraves dans cette surveillance, l’ITB et les services agronomiques de sucreries précisent qu’elles mettent à la disposition des producteurs des outils spécifiques, parmi lesquels une carte interactive des seuils d’intervention, une fiche permettant de gérer les réservoirs viraux ou encore une fiche pour l’implantation de plantes compagnes. Ces dernières peuvent en effet «limiter l’arrivée des pucerons sur la parcelle et leur dissémination», souligne l’ITB.
Chlordécone: en Martinique, une charte tripartite pour renforcer la sensibilisation
L’association des maires de Martinique (AMM), la préfecture et l’ARS du territoire ont signé, le 15 mars, une charte d’engagement pour accentuer la mobilisation contre les risques liés au chlordécone, rapporte France Antilles dans un article du 18 mars. Ce partenariat prévoit d’amplifier les diagnostics des sols, les tests individuels de chlordéconémie, et l’information sur le processus d’indemnisation des victimes. Est aussi prévu un déploiement sur tout le territoire des programmes "Jafa communes" "Jafa écoles" qui promeuvent une alimentation à moindre risque d’exposition à la chlordécone. Des «ambassadeurs "Jafa chlordécone et autres pesticides" seront formés pour accompagner la population. Le premier vice-président de l’AMM, Fred-Michel Tirault, s’est réjoui que les trois instances se dirigent vers «un travail collaboratif». «Cette charte qui s'étend sur trois ans va permettre de donner des moyens à l’AMM pour aller au plus près des populations, pour faire passer un message, expliquer…», a indiqué M. Tirault. Il a précisé que des fonds assez conséquents seront alloués aux communes et que «il y aura un bilan tous les ans pour réajuster l'enveloppe».
Glyphosate: le parquet de Vienne classe l'enquête diligentée sur Bayer pour tromperie
Le parquet de Vienne a annoncé le 19 mars renoncer à poursuivre le groupe chimique allemand Bayer, accusé par un collectif d'ONG d'avoir omis des données sur les risques liés à l'utilisation du glyphosate, un herbicide controversé. «L'ensemble des plaintes concernant le glyphosate ont été examinées. Elles ont été rejetées et l'enquête en cours classée», a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère public. L'association autrichienne de défense de l'environnement Global 2000 avait présenté en septembre 2023 au parquet de Vienne de nouveaux éléments contre Bayer, qui a racheté en 2018 l'américain Monsanto, fabricant du célèbre Roundup. «Dans son dossier de demande de ré-autorisation, Bayer a exclu indûment des données défavorables ou présenté de manière erronée des résultats», avait alors déclaré à l'AFP Helmut Burtscher-Schaden, biochimiste de Global 2000. L'objectif était «de tromper les autorités et le public sur la nocivité réelle» du produit, de dissimuler ses «effets néfastes sur le système nerveux du glyphosate», en particulier chez les femmes enceintes et les jeunes enfants, selon le document présenté à la justice. Bayer, qui se débat avec quantité de procès aux Etats-Unis liés aux effets cancérigènes présumés du glyphosate, avait de son côté nié avoir «fait de la rétention d'études scientifiques».
Pesticides/pommes: l’ANPP craint que le chantier sur les impasses s’avère stérile
Interrogé sur le cycle de travail sur les molécules interdites qui s’est ouvert le 15 mars, l’Association nationale pomme poires (ANPP) craint que ce chantier n’élargisse pas le panel de solutions des producteurs. «Du côté de la ministre déléguée (Agnès Pannier-Runacher, NDLR) je pense qu’il y a des volontés de faire bouger les lignes, de façon très pragmatique. Mais à quel niveau se prendra la décision ? Si c’est encore à niveau interministériel, il ne se passera rien», s’est inquiété son directeur Pierre Venteau le 20 mars. Les deux principales problématiques de la filière pommes sont le puceron et la punaise. «Sur le puceron, ce qui nous pose problème ce sont les interdictions des néonicotinoïdes acétamipride, sulfoxaflor, flupyradifurone, qui sont utilisables encore aujourd’hui – notamment acétamipride et flupyradifurone – chez nos concurrents». Concernant la punaise, l’ANPP dit s’être vu refuser une dérogation de 120 jours, en 2020 et 2021, pour utiliser l’Etofenprox, «une matière active utilisée en Italie sur les fruits à pépin» et «autorisée en France mais pas sur pommier et pas sur punaise». L’association veut l’intégration de ces solutions dans la «boîte à outils» des producteurs pour permettre une «lutte efficace». «On porte cette demande depuis 18 mois maintenant», a souligné Pierre Venteau.
Vin : dans le bordelais, une nouvelle campagne d’arrachage ouverte en avril (préfecture)
Après une première campagne d’arrachage de vignes cet hiver dans le bordelais, une deuxième sera ouverte en avril, selon les mêmes modalités, a annoncé le 19 mars la préfecture de Gironde. L’enveloppe initiale de 30 M€ (jusqu’à 38 M€ si nécessaire) prévue par l’Etat n’est en effet consommée qu’à hauteur de 24 M€. Jusqu’ici, un peu plus de 700 dossiers ont été déposés dans le cadre du dispositif de renaturation, avec engagement de conservation des parcelles en zone «naturelle» pendant vingt ans, selon le communiqué. S’y ajoutent quelque 500 dossiers dans le cadre du dispositif de diversification financé par le CIVB (interprofession). Pour cette autre option, les demandes excèdent l’enveloppe de 19 M€ disponible, avait indiqué le 22 décembre le ministère de l’Agriculture. Le plan d’arrachage totalise ainsi 1 211 dossiers pour une surface d’environ 8 000 ha avant instruction. Et les premiers versements des aides de 6 000 €/ha sont prévus en avril. «91 % des dossiers ont été pris en charge par les services instructeurs de l’État, soit 1 090 dossiers et l’instruction est finalisée pour près de la moitié d’entre eux, indique la préfecture. Les courriers de notification des aides sont en cours d’envoi pour les 200 premiers dossiers complets. »
Vin : avec des stocks reconstitués en 2023, le bourgogne a ralenti sa chute en GMS
Deux récoltes généreuses ont permis au vin de bourgogne de reconstituer ses stocks en 2023, ralentissant la chute des ventes en grande distribution, a indiqué le 20 mars l’interprofession (BIVB). «Enfin, après de nombreuses années de déficit, nous allons avoir suffisamment de vin pour approvisionner les marchés», s’est réjoui le président Laurent Delaunay. Le vignoble affiche une récolte de 1,9 Mhl (+9%) l’an dernier. Conséquence en début de campagne, le disponible à la propriété est en hausse de 12% par rapport à la moyenne quinquennale. De quoi envisager «des prix peut-être un tout petit peu plus raisonnables», d’après lui. Ce facteur pèse sur les ventes en GMS, même si l’interprofession explique leur recul par «une consommation de vin plus occasionnelle». En 2022, le bourgogne a perdu dans ce circuit 24,8% en volume, 14% en valeur. Une chute des achats qui s’est atténuée en 2023, avec des baisses respectives de 9% et 2%. «Le retour sur ce marché de la grande distribution sera difficile compte tenu des nouveaux codes de consommation, du coût de la vie qui ne fait qu’augmenter», concède le BIVB. Même contexte «mouvementé» à l’export, où les ventes de bourgogne ont baissé l’an dernier de 6% en volume, pour un chiffre d’affaires de 1,5 Mrd€ quasi-stable.
Eau/Sainte-Soline : les Soulèvements de la terre annoncent des «actions directes» fin mars
Dans un communiqué de presse du 19 mars, le collectif Les Soulèvements de la Terre (SLT) – que le gouvernement a cherché à dissoudre en vain l'an dernier –, a annoncé «le calendrier de sa 7e saison d'actions directes de masse pour la défense des terres et de l'eau» pour les cinq mois à venir. Il débute par un appel à converger à proximité de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), du 22 au 31 mars. Un an auparavant, la commune avait été le théâtre de violents affrontements entre gendarmes et opposants aux «bassines», ces retenues d’eau dédiées à l’irrigation agricole. À la suite de ces affrontements, le gouvernement avait engagé une procédure de dissolution du collectif, mais le Conseil d’État lui avait infligé un camouflet en annulant la décision en novembre dernier. Rendez-vous est également pris dans le Massif Central le 11 mai, afin de «lutter contre le projet de construction des deux plus grosses méga-bassines de France au profit de la multinationale Limagrain et de sa production de semences de maïs», souligne le communiqué. Aux yeux du collectif «continuer d’investir dans cette filière en creusant des bassines qui demain ne se rempliront pas, c’est repousser le nécessaire changement de modèle agricole». Alors que le rendement du maïs s’est effondré de 54% en 2022, il estime que «cette année "exceptionnelle" est appelée à devenir le nouveau standard».
Eau: la FNSEA veut pouvoir construire des retenues dans les zones humides «probables»
Lors d’une conférence de presse le 20 mars, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a fait part de sa volonté de modifier l’arrêté du 9 juin 2021 qui «ne prévoit pas de pouvoir construire des réserves d’eau dans les zones humides». Dans le détail, le responsable syndical souhaite que les agriculteurs puissent construire des ouvrages de stockage d’eau dans les zones humides «probables» – les zones humides comprennent trois «classes», qui totalisent 29% du territoire français. L’article 4 de l’arrêté du 9 juin 2021 stipule que «l'implantation d'un plan d'eau en zone humide ne peut intervenir que s'il participe à l'opération de restauration de la zone humide», ou selon certaines conditions (projets d’«intérêt général majeur», bénéfices supérieurs à ceux de la préservation de la zone humide, alternatives inaccessibles, réduction et compensation de l’impact, etc.). Selon M. Rousseau, les collectivités locales peuvent «déclasser» les zones humides probables si des prélèvements de sol «apportent la preuve» qu’elles ne sont pas des zones humides. La demande de la FNSEA s’inscrit dans un chantier plus large de mise en cohérence des différents zonages qui s’appliquent à l’agriculture (urbanisme, environnement, Pac, etc.).
Manifestations: la FNSEA espère rencontrer Macron début avril pour «sortir de la crise»
«Ce qui se profile, c’est que l’on puisse rencontrer le président de la République pour essayer de sortir de cette crise dans les premiers jours d’avril», a indiqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau en conférence de presse le 20 mars. Une déclaration qui intervient après le report d’une réunion prévue la veille avec Emmanuel Macron. «On n’est là pour faire durer le mouvement, on est là pour obtenir des décisions concrètes», a appuyé M. Rousseau, alors que la mobilisation a démarré en novembre. Les syndicats majoritaires ont rencontré Gabriel Attal le 19 mars pour faire le point sur les 62 mesures annoncées début février par le gouvernement. De son côté, la FNSEA lui a présenté les «cinq blocs» qu’elle estime prioritaires (élevage, moyens de production, compétitivité, trésorerie et «dignité», dont les retraites). «Notre principal sujet, c’est comment et quand», résume le président de la FNSEA. Une nouvelle réunion avec le Premier ministre est prévue lundi 25 mars, à la veille du congrès du syndicat, du 26 au 28 mars à Dunkerque. «Marc Fesneau a confirmé sa venue» à la clôture de l’événement jeudi 28, a affirmé M. Rousseau. Et de prédire que les agriculteurs «risquent de lui demander des comptes», en particulier sur le curage des cours d’eau, sujet sensible dans la région après les récentes inondations.
Manifestations: plainte déposée après l'épandage de lisier à Bordeaux
La mairie de Bordeaux a annoncé le 19 mars avoir déposé une plainte contre X pour dégradations après l'épandage de lisier le 11 mars, lors d'une manifestation d'agriculteurs sur le Miroir d'eau, emblématique esplanade sur les quais classés par l'Unesco. Situé face aux façades historiques du XVIIIe siècle de la place de la Bourse, cet équipement pourvu de brumisateurs a été envahi par des agriculteurs la semaine dernière lors d'une manifestation, à l'appel de la Coordination rurale (CR), qui visait initialement le siège de la région Nouvelle-Aquitaine. Des pneus avaient été brûlés sur la place, du fumier déversé et du lisier pulvérisé sur la surface du Miroir d'eau. «Des études complémentaires sont en cours sur le niveau de dégradation de l'équipement, surtout en sous-sol», a précisé un porte-parole de la mairie écologiste, confirmant des informations du quotidien régional Sud Ouest. D'après Dominique Bouisson, adjoint au maire de Bordeaux cité par le journal, du lisier «s'est glissé dans tous les interstices» de l'esplanade prisée des enfants aux beaux jours et une vidange des 800.000 litres d'eau de l'équipement, potentiellement contaminés, n'est «pas exclue». La réouverture printanière du Miroir d'eau, initialement prévue début avril, pourrait être retardée, a confirmé la mairie.
Versement des aides Pac: FNSEA et JA manifestent devant la Draaf à Nantes
La FRSEA et les Jeunes agriculteurs des Pays de la Loire ont mené une «action symbolique» devant la Draaf à Nantes le 20 mars pour «demander que les promesses faites [par le gouvernement sur le versement des aides Pac] soient tenues», rapporte Ouest-France (article payant). Cette action s'est déroulée «pendant une réunion réunissant les représentants syndicaux de la région avec les responsables de la Draaf, de l’ASP et les DDT», précisaient la FDSEA et les JA de Maine-et-Loire dans un communiqué la veille. Alors que Gabriel Attal s’est engagé, le 1er février, sur «un versement des aides de la Pac d’ici au 15 mars» (sans préciser le périmètre), les syndicats ligériens estiment que «le compte n’y est pas». Et de pointer en particulier les «aides bio et MAEC de l’année 2023, mais aussi les aides couplées végétales et l’assurance récolte». Ces aides ne font effectivement pas partie de celles visées par la date du 15 mars (DPB, ICHN, aides couplées animales), selon des informations communiquées par le cabinet du ministre de l’Agriculture à Agra Presse début mars. Lors d’un point presse le 12 mars, la Rue de Varenne a indiqué que les aides couplées végétales seront versées durant «le premier trimestre 2024» (entre mi-mars et début avril selon les cultures). Concernant les MAEC et les aides à la bio, «le paiement a débuté en mars et va se poursuivre au cours du premier semestre».
Foncier : dans le Val-de-Marne, mobilisation contre un projet de prison sur des terres agricoles
Plus de 500 personnes, dont des élus et parlementaires du Val-de-Marne, ont pris part le 18 mars à une réunion publique de combat contre le projet d’un centre pénitentiaire sur des terres agricoles à Noiseau, rapporte Le Parisien. Dans un communiqué, la chambre régionale d’agriculture d’Ile-de-France exprime un avis défavorable. «Nous dénonçons une volte-face totale à la sobriété foncière prêchée par les services de l’Etat», déclare le président Christophe Hillairet, cité dans le document daté du 14 mars. «Ce projet ne cesse de faire l’unanimité contre lui, soulevant une opposition de la part des élus de tous bords, de la commune, des communes limitrophes, du département, de la région et des habitants du territoire», poursuit-il. Et de critiquer la procédure lancée par l’Etat en vue de la qualification en projet d’intérêt général. La chambre juge «insensée» l’artificialisation de terres à «haute valeur agronomique», alors que la région compte 4 200 ha de friches. Autre grief, un système de drainage à Noiseau «dont la destruction serait préjudiciable bien au-delà du secteur» d’implantation de la prison. Le projet met à mal l’installation d’un jeune, menace la pérennité de deux exploitations agricoles, ajoute le communiqué.
Lait: après douze ans à la tête de la FNPL, Thierry Roquefeuil passe le relai
«L’enjeu, c’est de renouveler les générations», a déclaré le président de la FNPL (FNSEA, producteurs de lait) depuis 2012, Thierry Roquefeuil, à l’occasion de l’assemblée générale (AG) de l’organisation qui fête ses 80 ans, le 19 mars. «Le renouvellement des générations d’agriculteurs passe aussi par un renouvellement au niveau des administrateurs de la FNPL. Il faut se régénérer», a-t-il poursuivi. Éleveur dans le Lot, Thierry Roquefeuil ne brigue pas de nouveau mandat et son remplaçant doit être désigné le 9 avril parmi les 36 membres du conseil d’administration élus en AG. Pour le moment, aucun candidat ne s’est publiquement déclaré. D’autres figures du syndicat sont sur le départ: le vice-président de la FNPL et président du collège producteurs de l’interprofession laitière (Cniel) Ghislain de Viron, le secrétaire général de la FNPL Daniel Perrin, ainsi que Martial Marguet, membre du bureau de la FNPL et président de l’Institut de l’élevage. Le nouveau bureau syndical sera élu en même temps que son président, le 9 avril. D'autres membres du bureau actuel restent au conseil d’administration, c'est le cas notamment de Marie-Andrée Luherne (Morbihan), Ludovic Blin (Manche), Yohann Barbe (Vosges), Gilles Durlin (Pas-de-Calais), Stéphane Joandel (Loire), Frédéric David (Ille-et-Vilaine) et Samuel Bulot (Côte-d'Or).