Négociations commerciales : les industriels ont obtenu 1,5 % de hausse des prix
Les industriels de l'agroalimentaire ont obtenu 1,5 % de hausse moyenne des prix lors des négociations commerciales avec la grande distribution, alors qu'ils demandaient +5,7 %, a indiqué le 22 avril le médiateur des relations commerciales agricoles dans son bilan 2025. En dehors de la filière lait, les augmentations acceptées ont souvent été « inférieures au niveau de matière première agricole déclaré par les industriels », avec dans certains cas des « baisses de prix », note-t-il dans l'Observatoire de la négociation commerciale (ONC). Dans le détail, pour 2025, les industriels avaient demandé en moyenne 5,7 % de hausse, contre 4,5 % en 2024. Les plus fortes hausses demandées (jusqu'à 10 %) ont concerné les produits à base de café, de chocolat ou encore le jus d'orange, dont les cours mondiaux ont fortement augmenté. L'observatoire précise que la hausse demandée a été moindre sur les produits laitiers, le beurre ou la viande bovine. Les distributeurs n'ont répondu qu'en partie à ces demandes, en acceptant une hausse de 1,5 %, avec de grandes disparités selon les produits. Dans le secteur de l'épicerie salée, les industriels ont dû baisser leurs prix de 1,5 %. La grande distribution a accepté des hausses de 2 % sur les produits laitiers et de 4,5 % sur l'épicerie sucrée, avec une hausse plus prononcée pour les produits à base de café et de chocolat.
Pac : Bruxelles valide les modifications du PSN français pour la campagne 2025 (ministère)
« La Commission européenne a approuvé, le 15 avril, la version révisée du plan stratégique national (PSN) français » pour la campagne 2025, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 22 avril. Paris avait soumis à Bruxelles, le 6 novembre 2024, cette cinquième modification du PSN, qui constitue la déclinaison hexagonale de la Pac. Parmi les principales nouveautés – toutes déjà connues –, la nouvelle mouture du PSN donne aux agriculteurs « la possibilité d'activer le critère de diversification, comme alternative au critère de rotation » au titre de la BCAE 7. Concernant la BCAE 8 (maintien des éléments du paysage), « il sera possible d’adapter la période d’interdiction de taille des haies au niveau départemental », ajoute le ministère. « Un cadrage sera précisé par décret », en application de la LOA. Il s’agit aussi de « mettre en œuvre la réglementation européenne sur la protection des zones humides et des tourbières » (BCAE 2). Bruxelles a également validé la revalorisation de deux aides, le « bonus haies » de l’éco-régime et l’aide couplée à la pomme de terre féculière. Prochaine étape : « la révision à mi-parcours du PSN, en cours d’élaboration et qui s’appliquera aux campagnes 2026 et 2027 », rappelle la Rue de Varenne, qui doit remettre sa copie avant le 31 mai.
Chambres d’agriculture : en Loir-et-Cher, l’élection du président annulée, le bureau maintenu
Saisi par la Coordination rurale, le tribunal administratif d’Orléans a annulé, dans une décision du 17 avril, l’élection d’Arnaud Bessé (FDSEA) à la présidence de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, tout en maintenant celle du bureau. Le 3 mars, M. Bessé avait été réélu alors que la CR avait remporté la majorité des voix du collège 1 (chefs d’exploitation) lors du scrutin de fin janvier. Lors de l’élection du président, après deux premiers tours sans vainqueur, la CR avait souhaité changer de candidat pour le troisième tour : plus âgé, Philippe Beaujouan aurait pu bénéficier de la règle qui favorise le doyen en cas d’égalité. Un changement refusé par la préfecture au motif que M. Beaujouan n’était pas candidat lors des tours précédents. Les élus CR avaient alors quitté la session et M. Bessé avait été élu, avant de démissionner peu après. « Ni les dispositions du Code rural et de la pêche maritime, ni aucun autre texte ou principe n'interdit à un membre élu d’une chambre départementale d’agriculture qui n'a pas été candidat aux tours précédents de se porter candidat aux fonctions de président de la chambre pour le troisième tour de scrutin », a estimé le tribunal, adoptant « le même raisonnement que pour l’élection du maire par un conseil municipal ».
Confédération paysanne : des motions adoptées sur le Posei et la place des femmes
À la suite du 28e congrès de la Confédération paysanne, du 15 au 17 avril à Langres (Haute-Marne), le comité national élu compte « 64 membres, dont près de 44 % de paysannes », et il élira le secrétariat national en son sein les 14 et 15 mai, dont un nouveau porte-parole, apprend-on sur le site du syndicat. Plus de 300 confédérés ont adopté à l’unanimité le rapport d’orientation fixant la ligne pour les deux prochaines années, ainsi que 11 motions incluant : une demande de « révision de la répartition du Posei » (Outre-mer) pour que « tous les paysans cotisant à la MSA y accèdent, en priorité celles et ceux qui diversifient leurs productions et contribuent à l'autonomie alimentaire locale » ; un appel à « poursuivre le travail engagé » pour « la place des femmes dans le monde agricole » et « contre les violences sexistes et sexuelles » ; un soutien à « la mobilisation contre le projet TGV Lyon-Turin qui va détruire plus de 1 500 ha de terres agricoles ». Dans son rapport d’orientation, le syndicat réaffirme sa volonté de défendre l’élevage (face aux difficultés sanitaires, climatiques, de renouvellement des générations, d’accès aux abattoirs…), d’obtenir « des prix minimums garantis, notamment lors des discussions à venir sur l'Organisation commune des marchés agricoles » (au niveau européen) ou encore de « faire évoluer la Pac ». Il critique aussi Egalim, jugé inefficace.
Loup : le Conseil d’État maintient l’arrêté-cadre sur les tirs de défense
Dans une décision du 18 avril, le Conseil d’État a rejeté l’essentiel des deux requêtes déposées par plusieurs associations de protection de l’environnement contre l’arrêté-cadre du 21 février 2024 sur les tirs de défense contre le loup, confirmant ainsi la légalité du texte. Publié en parallèle du Plan Loup 2024-2029, cet arrêté interministériel, qui facilite et renforce ces tirs, avait été attaqué en avril 2024. Suivant l’avis de son rapporteur public, la plus haute juridiction administrative a écarté l’ensemble des griefs des ONG. Pour les magistrats, les tirs répondent bien aux objectifs fixés par le Code de l’environnement de «prévenir des dommages importants causés à l’élevage», tout en permettant le «maintien de l’espèce [lupine] dans un état de conservation favorable». Les juges n’ont pas estimé que ces mesures présentent un «caractère injustifié et disproportionné», ni qu’elles contreviennent au principe de précaution. En revanche, comme préconisé par le rapporteur public, le Conseil d’État a annulé les dispositions de l’instruction du 23 février 2024 de la préfète coordinatrice du Plan loup portant sur la non-protégeabilité des élevages bovins, équins et asins. Une décision sans effet, car ce dispositif a par la suite été cadré par un arrêté du 7 février 2025, ainsi que par un amendement gouvernemental adopté dans la LOA.
Œufs : la part d’œufs de poules en cage recule en restauration collective (enquête)
La restauration collective concédée et les grossistes sont sur la voie de la transition vers les œufs hors cage, selon l’enquête publiée le 16 avril par l’association Anima (anciennement L’assiette végétale). D’importantes sociétés de restauration collective sont très avancées dans l’œuf et les ovoproduits alternatifs : API Restauration et Sodexo sont à 100 %, comme Garig, RPC et Terres de Cuisine ; Compass et Restoria sont à 80 %. Chez les grossistes, les taux d’œufs hors cage sont plus réduits. Les plus engagés des fournisseurs majeurs de la restauration collective et commerciale sont, dans l’ordre décroissant Transgourmet (45 %), Pomona (37 %), Pro à Pro (34 %), le réseau Krill (Even Distribution) avec 30 % et Sysco (29,5 %). Marly Distribution, qui approvisionne l’hôtellerie parisienne, devance les grossistes interrogés avec 70 % d’œufs et ovoproduits alternatifs. « Les grossistes sont globalement en retard dans leur transition, mais nos échanges avec eux montrent que la plupart y travaillent, à des rythmes toutefois variables », commente l’association dans son rapport. Anima se félicite de progrès en cours, Sysco ayant annoncé 40,4 % de hors cage en février 2025, contre 29,5 % en moyenne sur 2024, et Pomona 44 % en septembre 2024, contre 37 % en moyenne sur 2024.
Alimentation : le Cese veut en faire une « Grande cause nationale »
Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a adopté ce 22 avril en séance plénière (par 94 voix sur 122) un avis prônant une politique interministérielle de l’alimentation et proposant des solutions contre la précarité alimentaire et les déséquilibres nutritifs. « Pour le Cese, l’urgence sociale et sanitaire en matière d’accès pour tous à une alimentation de qualité exige de lui consacrer une politique interministérielle pilotée au plus haut niveau et de déclarer ce thème comme Grande cause nationale », déclare-t-il dans le document élaboré par sa commission Territoires, agriculture et alimentation. Cette politique nationale serait déclinée au niveau territorial par des Projets alimentaires territoriaux (PAT). La restauration collective publique soutiendrait les filières locales à travers une commande publique plus accessible (jusqu’à 100 000 € HT sans publication). Pour soutenir l’aide alimentaire, le Cese propose notamment de rembourser aux associations habilitées la TVA portant sur leurs achats de denrées d’intérêt nutritionnel. Le Cese appelle enfin promouvoir le Nutri-score et à indiquer l’origine des ingrédients végétaux sur les produits transformés et vendus préemballés.
Allégations environnementales : avant le trilogue, les demandes des agriculteurs bio de l’UE
À l’approche de la deuxième réunion des négociations interinstitutionnelles concernant la directive européenne sur les allégations environnementales, le 24 avril, l’organisation d’agriculture bio Ifoam a transmis, le 22 avril, une lettre avec ses principales demandes afin de « garantir la crédibilité [de l’UE] contre l'écoblanchiment ». Adressée aux négociateurs, l’organisation y appelle notamment à indiquer dans le texte final que la méthode de l’empreinte environnementale du produit (PEF) dans le contexte des produits agroalimentaires n'est pas recommandée. En outre, elle souhaite que l'introduction d'une procédure simplifiée pour la justification de certaines allégations environnementales soit « soigneusement définie et accompagnée d'orientations claires et d'une révision périodique », avec un champ d’application limité. Pour éviter un fardeau administratif supplémentaire, l'Ifoam plaide pour que les systèmes ou labels reconnus existants allant au-delà des exigences du règlement bio soient soumis à la procédure simplifiée. Enfin, elle souhaite une période de mise en œuvre plus longue que celle proposée (six mois), « compte tenu de la complexité du cadre et des ajustements requis au niveau national ».
Fruits à noyau : en Espagne, des tempête de grêle en Estrémadure, retards en Murcie
Un épisode de « grêle intense et localisée » a frappé la zone de Vegas Altas en Estrémadure (sud-ouest de l’Espagne) le 16 avril, notamment à Villanueva de la Serena, Don Benito, Hernán Cortés, Ruecas et Santa Amalia, rapporte l’analyste Michael Sanchez Escriva sur LinkedIn, reprenant et détaillant des informations de la presse locale. Les cultures affectées sont principalement la « prune de table (marché frais, précoce) », écrit-il, « la nectarine précoce, variétés en début de campagne » et la « pêche plate et ronde – Big Top, Early Blush, Royal Glory ». Environ 1 000 ha ont été touchés, 230 ha de pruniers détruits, 93 exploitations stoppées (travail interrompu), avec « plus de 1 M€ de pertes évaluées (main-d’œuvre seule, hors pertes de marchandise) », selon lui. Par ailleurs, d’après la même source, la Murcie (sud-est de l’Espagne) annonce « un retard de 8 à 10 jours sur la récolte de fruits à noyau précoces », qui concerne la nectarine jaune Nerolis, la pêche blanche Madras, la pêche jaune Kitty et la paraguayenne Bora Bora. C’est le résultat d’un « hiver plus froid que la normale en début de saison », précise l’analyste, d'un « printemps plus long à démarrer », d'une « accumulation thermique insuffisante en mars-avril » et d'un « retard de floraison sur les variétés à besoin de froid moyen ».
Fruits et légumes : les importateurs de Perpignan retirent leur plainte contre Ségolène Royal
Le Syndicat national des importateurs-exportateurs de fruits et légumes (SNIFL) de la plateforme commerciale et logistique Saint-Charles International (Perpignan) a finalement décidé de mettre fin aux poursuites engagées à l’encontre de Ségolène Royal devant le tribunal correctionnel de Perpignan, indique le syndicat dans un communiqué le 22 avril. Une décision prise « dans un souci d’apaisement avec la production nationale », à la veille de l’ouverture du salon Medfel. On se remémorera la plainte déposée pour « diffamation publique » par le SNIFL à la suite des allusions tenues le 30 janvier 2024 par Ségolène Royal dans l’émission « Julie jusqu’à minuit » sur BFMTV, mettant en doute la qualité des « produits bio espagnols ». La plainte est par ailleurs retirée dans un contexte d’ordonnance de renvoi au 26 juin et d’absence de réitération des propos de la part de cette personnalité politique. (Florence Rabut)
Eau : en Bretagne, la justice annule partiellement deux « arrêtés sécheresse» préfectoraux
Par trois arrêts du 15 avril, la cour administrative d’appel de Nantes, saisie par l’association « Eau et Rivières de Bretagne », s’est prononcée sur la légalité des arrêtés préfectoraux du Finistère, du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine qui fixent le cadre des restrictions temporaires des usages de l’eau dans ces départements, dits « arrêtés sécheresse ». Résultat : « La cour annule très partiellement les arrêtés-cadres des préfets du Morbihan et du Finistère », indique la juridiction dans un communiqué, « au motif que ceux-ci n’ont pas défini les conditions de fond dans lesquelles le préfet peut, à titre exceptionnel, adapter les mesures de restriction d’usages de l’eau, à la demande d’un usager », autrement dit accorder des dérogations. Les préfets du Morbihan et du Finistère ont « deux mois » pour modifier ces arrêtés-cadres, et les conditions à préciser dans ces textes doivent tenir compte des « enjeux économiques spécifiques, de la rareté, des circonstances particulières et de considérations techniques », conformément à l’article R. 211-67 du Code de l’environnement. Sur l’absence de réalisation d’une évaluation environnementale, la cour a en revanche répondu qu’aucun texte ne l’impose.
Eau : en Paca, vers des économies d’eau grâce à la modernisation des réseaux d’irrigation
La région Paca a fait le point, le 18 avril en conférence de presse, sur son plan Or bleu, lancé en 2023, et sur sa situation hydrique. Alors que « les cultures irriguées représentent 70 % du chiffre d'affaires de l’agriculture régionale et utilisent les deux tiers des prélèvements annuels en eau, tous usages confondus », rappelle un communiqué, la Région agit pour « la recherche d’économies d’eau en agriculture par la modernisation des réseaux d’irrigation ». Premier volet (hors concession régionale du canal de Provence) : le financement des investissements de modernisation des canaux, création et extension de réseaux d’irrigation et des ouvrages de substitution d’eau. « Sur la programmation 2014-2022, 127 projets ont été soutenus », rapporte l'exécutif régional. Deuxième volet : « étudier les possibilités de renforcement des investissements de la Société du Canal de Provence par un allongement de la durée de la concession ». Autre action : l’appel à projets Feader lancé en 2024 pour moderniser les infrastructures d'hydraulique agricole (11 projets soutenus avec près de 10 M€). La région rappelle qu’elle consacre en tout « 80 M€ d’investissements par an jusqu’en 2028 pour des projets d'extension, de modernisation et de réhabilitation d’ouvrages hydrauliques ».
États-Unis : l’USDA réoriente les fonds des programmes agricoles en faveur du climat
La secrétaire américaine à l’Agriculture Brooke Rollins a annoncé le 14 avril l’annulation des « Partenariats pour des produits de base intelligents face au climat », lancés par l’administration Biden en 2022, et leur transformation en programmes de « Promotion des marchés pour les producteurs », afin de l’aligner sur les priorités actuelles de l'administration Trump. Concrètement, les partenariats existants ne seront poursuivis que si un minimum de 65 % des fonds fédéraux bénéficient aux producteurs, que si les porteurs de projet ont inscrit au moins un producteur au 31 décembre 2024 et qu’ils ont effectué un paiement à au moins un producteur avant cette même date. L’USDA justifie ce changement par le fait que la majorité des projets retenus comportaient « des frais d’administration exorbitants » et fournissaient « moins de la moitié du financement fédéral directement aux agriculteurs ». Pour Brooke Rollins, cette initiative a été principalement conçue « pour promouvoir la nouvelle arnaque verte au profit des ONG, et non des agriculteurs américains ». Et d'ajouter : « Nous corrigeons ces erreurs et réorientons nos efforts pour préparer nos agriculteurs à une ère de prospérité sans précédent. »
Enseignement agricole : changement à la présidence d’Agrivia (Isara-Isema)
Issue de l’union de l’école d’ingénieurs Isara et de la business school agri-agro Isema le 1er septembre 2024, Agrivia franchit une nouvelle étape avec la nomination de Markus Sandmayr à la présidence de son conseil d’administration. Cadre de direction dans l’industrie agroalimentaire pendant plus de 25 ans (notamment au sein de Danone en France, Allemagne, Autriche, Suisse et Pays-Bas), il souhaite « bâtir un avenir agricole et alimentaire plus durable, innovant et inclusif » à la présidence de l’institution. « La création d’Agrivia va ouvrir de nouvelles possibilités pour renforcer nos connexions fortes avec le monde professionnel et mieux accompagner les acteurs de la filière agri-agro », indique Markus Sandmayr. L’union Agrivia se donne pour ambition de répondre à trois enjeux majeurs : nourrir le monde en préservant les ressources, construire un futur agricole et alimentaire pérenne à impacts positifs et anticiper les bouleversements métiers. Mariant la sphère éducative au monde professionnel, l’Union mise en particulier sur le Clas (Center for Living Agroecology and Food Systems) dédié à la recherche, au conseil et à l’innovation en agroécologies et systèmes alimentaires durables, ainsi que sur le Hub des audacieux, un espace-test dédié à ceux qui veulent innover et entreprendre pour repenser l’alimentation. (Florence Rabut)